1979 04 08 Lew Lewis Reformer Marquee Club Londres 01

Tiens, ce sont les vacances de Pâques, alors pourquoi ne pas en profiter pour aller faire un tour à Londres ? Aussitôt dit, aussitôt fait. Le but de cette promenade de quelques jours n’est pas particulièrement « rock’n’roll » car dans notre petit groupe, ma passion pour la musique qui fait du bruit n’est pas complètement partagée… Sur les murs de Londres, de belles affiches annoncent la récente sortie de Secondhand Daylight, le deuxième album de Magazine, que je n’ai pas encore acheté ni donc écouté. Il ne sera malheureusement pas possible de voir Magazine sur scène pendant la durée de notre séjour, mais j’insiste pour aller au moins passer une soirée au célébrissime Marquee Club, et ce, quelque soit le groupe qui passe !

Ce sera donc Lew Lewis Reformer, et ma foi, on aurait pu tomber bien plus mal : l’ex-frontman de Eddie & The Hot Rods a monté un nouveau groupe, mais la musique est toujours dans le même esprit, du bon vieux pub rock des familles. Le genre de truc, avouons-le, que j’avais trouvé excitant au tout début, et surtout avec le premier album du Dr. Feelgood, mais qui avait été rapidement balayé par la vague punk (… que le pub rock avait pourtant clairement inspirée !). Même si Lew Lewis bénéficie d’une petite célébrité en France, j’avoue n’avoir jamais écouté ses chansons, et je le connais surtout sa réputation pour un jeu de scène sauvage.

En fait je suis surtout heureux de pouvoir découvrir le Marquee Club de Wardour Street à Soho, l’un des lieux les plus mythiques de Londres… même si la spécialité locale a toujours été le blues rock. Et d’ailleurs, dès que Lew Lewis débute son set, je me rends compte que sa musique est au moins autant blues rock que purement pub rock. Le mec a indéniablement une classe folle, il est rapidement très énervé, et, même si sa voix n’est pas extraordinaire, il joue de l’harmonica avec une telle énergie qu’il est quand même assez fascinant. Le groupe qui l’accompagne joue vite, la guitare est tranchante, bref rien à redire… si ce n’est que les compositions ne me paraissent pas toutes vraiment notables.

Même si le public bouge un peu, ce n’est pas la folie dans la salle (et heureusement, dans une certaine mesure, un vrai concert punk à Londres, ce serait sans doute trop pour mes copains !), et ça me donne en effet un peu l’impression d’être au pub en train d’écouter un groupe sympa. Le « fameux » Wait – repris en chœur par le public - fait d’ailleurs très Dr. Feelgood, c’est indiscutable… Meilleur moment de la soirée pour moi, Win or Lose, accrocheur et plus mémorisable, mais sans doute parce qu’à ce moment-là, il y a un peu de Joe Strummer dans le chant et de The Clash dans le refrain.

Bref, pas la soirée de l’année, mais le genre d’expérience qui laisse un bon souvenir !

 

Les musiciens du concert de Lew Lewis Reformer :

Lew Lewis – vocals, harmonica

Johnny Squirrel – bass, vocals

Rick Taylor – guitar, vocals

Buzz Barwell - drums