1981_10_Elliott_Murphy_Eldorado_Billet« Cela fait quand même six ans que je n’ai pas vu Elliott Murphy sur scène, six ans depuis cette mémorable soirée au Palais d’Hiver de Lyon : j’avais fait le mur pour quitter le dortoir du Lycée du parc où j’étais alors interne, le palais d’Hiver étant littéralement à deux pas de là, et j’avais enfin pu voir en chair et en os celui qui étais alors l’un de mes héros, en ces années de disette musicale, avant que le punk n’explose à la face du monde. En 1981, Elliott Murphy n’est plus le « next big thing », juste un troubadour parmi d’autres, plus ou moins viré par sa maison de disques, d’après ce que j’ai compris, suite à l’insuccès de « Just A Story From America » en 1977… D’où peut-être un aspect alimentaire ( ?) de cette tournée solo dans un pays (La France) où il a naguère rencontré une certaine reconnaissance… une tournée qui malheureusement ne promet pas les mêmes délices que la première fois, alors que le « Murph » jouait ses belles chansons en versions «tout électriques ».

1981 10 Elliott Murphy 01Oui, le concert acoustique est une discipline risquée, et seuls quelques maîtres – ou petits maîtres peuvent s’y aventurer… Bravo à Elliott, donc, pour avoir relevé ce défi qui n’avait rien d’évident : il faut bien avouer que, si ses chansons sont superbes et sa personnalité fort sympathique (c’est étonnant la chaleur humaine qu’il dégage, et la facilité qu’il a à établir un lien avec ses fans… à condition de comprendre la langue anglaise, bien entendu !), il ne me semblait pas a priori avoir la carrure et le charisme nécessaires pour tenir, seul, le public en haleine pendant une heure et demi… Et pourtant, ça a marché ! Ça a marché grâce à la qualité des anciennes chansons (You Never Know What You’re in For, Rock Ballad, Anastasia, quelles merveilles ! …), devenues de nouveaux classiques, et qui tiennent la route toutes seules. Mais ça a marché aussi donc grâce à la connivence d’un public tout acquis à la cause de Murphy (je pense en particulier au moment où Elliott nous a demandé de faire les chœurs comme si nous étions les Ronettes, sur Drive All Night !), et qui s’est révélé ce soir parfaitement à l’écoute des états d’âme d’un rocker qui semble devenir, avec les années qui passent, de plus en plus un complice de nos vies qui passent. Presque un ami… ?

Ceci dit, je sors de ce beau concert pas forcément convaincu par le potentiel commercial de ce musicien hors pair, qui semble désormais avoir emprunté un chemin solitaire, loin de la réputation qu’il avait il y a cinq ans quand on parlait de lui comme du nouveau Bob Dylan !

1981 10 Elliott Murphy 02Un dernier mot sur la salle, l’Eldorado, que je découvrais à l’occasion : sorte d’ancienne salle de music-hall dont on retire visiblement les sièges pour les concerts de rock (encore qu’on voit mal le public d’Elliott Murphy casser les sièges, mais bon… le rocker a mauvaise réputation !), elle est particulièrement agréable, d’une dimension humaine sans être étriquée, et le son était excellent, même si je me doute que sonoriser une guitare et une voix n’est pas bien sorcier !»

Note : Les photos sont de Sylvain, que je remercie vivement d'avoir accepté que je les utilise ici.

 

La setlist du concert d’Elliott Murphy :

You Never Know What You’re in For (Night Lights – 1976)

Hollywood (Lost Generation – 1975)

Rich Girls (Night Lights – 1976)

Just a Story From America (Just a Story From America – 1977)

Last of the Rock Stars (Aquashow – 1973)

How’s the Family (Aquashow – 1973)

Hometown (Aquashow – 1973)

Graveyard Scrapbook (Aquashow – 1973)

Drive All Night (Just a Story From America – 1977)

Rock Ballad (Just a Story From America – 1977)

Visions of the Night (Lost Generation – 1975)

Change will Come (Affairs – 1980)

Talkin’ About America (Affairs – 1980)

Anastasia (Just a Story From America – 1977)

Let Go (Just a Story From America – 1977)

Marilyn (Aquashow – 1973)

Route 66 (Bobby Troup Cover)