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« Depuis leur concert de l’année dernière à l’Olympia, l’étoile The Cure n’a cessé de monter au firmament du rock "moderne"… Et voici qu’un nouvel album, "Pornography", encore plus extrémiste (au point que l’on peut honnêtement se demander si Robert Smith et ses sbires peuvent aller encore plus loin dans leur configuration actuelle !) a encore fait monter l’excitation. C’est donc un public encore plus nombreux, et surtout d’un enthousiasme bien plus "forcené" qui remplit à nouveau l’Olympia, plébiscitant les tourbillons morbides et déchirants de The Cure.

Après un autre film d’animation prétentieux et ennuyeux au possible (ils nous avaient déjà fait le coup en Octobre 1981, donc nous ne nous sommes pas préoccupés outre mesure !), cette fois avec des sortes de marionnettes Nô assez déplaisantes, ce fut un peu plus d’une heure et demie de délire à la fois brûlant et glacé (un paradoxe que The Cure maîtrise parfaitement !), de violence hallucinée et de désespoir cruel… Et aussi pour nous une heure et demie juchés sur le dossier (oui, le dossier !) des pauvres fauteuils pourpres de l’Olympia. Une heure et demie à hurler et acclamer la confirmation d’un grand, grand groupe.

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Heureusement, même si l’atmosphère, stridente, extrême, en permanence baignée dans un halo de lumière rouge, était à 100% "pornographique" (l’album a d’ailleurs été joué dans son intégralité, je crois…), Robert et sa bande nous ont quand même rassérénés en revisitant leurs trois albums précédents, et je dois dire qu’après les déluges de douleur de One Hundred Years, j’ai été heureux de retrouver, même dans des versions qui m’ont paru plus tendues, des joyaux comme Play For Today, A Strange Day ou A Forest (un morceau toujours aussi redoutable sur scène, la basse de Simon Gallup faisant des merveilles !). Le set s’est terminé, comme l’album, par la descente aux enfers de Pornography, tout en écho et en tourbillons de guitare…

Le rappel nous a d’abord permis de savourer deux flashbacks de bonheur, avec les merveilleux 10-15 Saturday Night et Killing An Arab… même s’il était clair ce soir que The Cure a laissé ce genre de musique – que j’aimais tant, personnellement – derrière lui… D’ailleurs le dernier morceau, de plus de 10 minutes, et que je ne connaissais pas, a été particulièrement impressionnant de terreur bouleversante… au point qu’il m’a même semblé entrevoir certains autour de nous écraser des larmes…

A noter que les cheveux ont poussé depuis l’année dernière, que le “look” du groupe est devenu plus… spectaculaire, avec des maquillages morbides (au rouge à lèvres ?)… mais que la communication entre Robert Smith et ses fans reste toujours aussi minimale !

Nous sommes sortis de l’Olympia littéralement terrassés. Si c’est ça "le traitement", on peut se demander s’il ne vaut pas mieux se satisfaire de "la maladie". A quand "la guérison" ? Pas de sitôt, à en juger l’intensité de l’extraordinaire concert de ce soir… »

 

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Les musiciens de The Cure sur scène :  

Simon Gallup : bass and piano

Robert Smith : vocals, piano and guitar

Laurence Tolhurst : drums

 

La set list du concert de The Cure :

The figurehead (Pornography – 1982)

(Seventeen Seconds – 1980)

The drowning man (Faith – 1981)

A short term effect (Pornography – 1982)

Cold (Pornography – 1982)

At night (Seventeen Seconds – 1980)

Splintered in her head (inédit)

Three imaginary boys (Three Imaginary Boys – 1979)

Siamese twins (Pornography – 1982)

Primary (Faith – 1981)

One hundred years (Pornography – 1982)

The hanging garden (Pornography – 1982)

Play for today (Seventeen Seconds – 1980)

A strange day (Pornography – 1982)

A forest (Seventeen Seconds – 1980)

Pornography (Pornography – 1982)

Encore

10.15 Saturday night (Three Imaginary Boys – 1979)

Killing an Arab (single – 1978)

Forever / All Mine (inédit)

Les deux photos illustrant cette chronique n'ont pas été prises à l'Olympia mais datent de la même tournée. Merci à ceux qui les ont prises et postées sur Internet.