1982_07_Talking_Heads_Palais_des_Sports_Billet« Malgré les rumeurs persistantes de séparation qui se sont multipliées depuis un an, voici donc l’un de mes groupes chéris, Talking Heads, l’ex-groupe leader de la nouvelle vague américaine (mais tout cela paraît déjà bien loin, cinq ans déjà !), de retour et… au complet ! L’album le plus récent du groupe, « Remain In Light » (original, exubérant, mais pas l’un de mes préférés !) datant de la fin 1980, cette tournée a l’originalité de nous proposer la découverte-surprise du nouveau son de Talking Heads…

La première partie est assurée par le Tom Tom Club, projet parallèle de la blonde Tina Weymouth et du discret Chris Frantz, qui propose une musique festive et remuante, sans grande prétention (donc bien opposée aux projets assez conceptuels de Byrne auxquels les deux participent au sein des Talking Heads), mais joliment dansant et a priori tout-à-fait représentative de la culture musicale new yorkaise actuelle. A condition de ne pas attendre de Tom Tom Club des plaisirs plus sophistiqués que le groupe ne saurait offrir, on passe une bonne demi-heure à se trémousser. Dommage quand même que le groupe n’est pas à son répertoire plusieurs chansons de la qualité de Wordy Rappinghood, leur titre le plus connu en France !

 

1982 07 Talking Heads Palais des Sports 03Le concept de dédoublement des musiciens de Talking Heads par un second groupe, noir celui-ci, avait été violemment critiqué par la presse lors de la récente tournée US, plus d’ailleurs pour des raisons « idéologiques » que purement musicales ! Ce concept est à nouveau appliqué pour cette tournée, et il y a donc beaucoup de monde sur scène désormais à un concert de Talking Heads ! La scène est d’ailleurs joliment composée de deux niveaux, ce qui permet à Byrne, toujours aussi dynamique et intenable, de beaucoup courir et de faire le show comme jamais… Ceci dit, comme la critique l’avait justement souligné, la nouvelle configuration du groupe, le nouvel esprit très funky de la musique n’apporte pas grand-chose aux chansons anciennes du groupe, dont le principal attrait était justement d’être, au contraire, fragile, blanche et tremblante. Non, les moments vraiment excitants de la soirée, ce seront plutôt les nouveaux morceaux : convulsifs, dansants, élastiques, ils renouvellent largement la musique du groupe, et prouvent que les Talking Heads continuent à être l’un des groupes les plus créatifs de la planète. Leur mélange, parfaitement réussi, d’expérimentation new wave et de soul-funk classique et trépidante nous redonne espoir en l’avenir des Talking Heads, un groupe qui ne vit pas dans son passé glorieux. Ceci dit, mes meilleurs moments (à moi…) de la soirée furent la fin du set avec une version à fond la caisse du merveilleux Life During Wartime (toujours MON morceau préféré des Talking Heads), et le rappel avec l’inusable Take Me to the River, une reprise que le groupe s’est complètement appropriée, et qui le représente plus que n’importe quelle autre chanson…

1982 07 Talking Heads Palais des Sports 02Je quitte donc le Palais des Sports sur un sentiment un peu mitigé (il y a eu des hauts – très hauts – mais aussi des bas, lorsque la nouvelle formule musicale créait un décalage trop fort avec l’esprit original des morceaux, durant ce concert), mais quand même ravi d’avoir revu Byrne et sa bande en pleine effervescence ! »

Note : Les photos sont de Jean-Pierre V., que je remercie vivement d'avoir accepté que je les utilise ici.

La set list du concert de Talking Heads :

Psycho Killer (77 – 1977)

Love -> Building on Fire (Single – 1977)

Cities (Fear of Music – 1979)

Big Blue Plymouth (Eyes Wide Open) (David Byrne song)

Once in a Lifetime (Remain in Light – 1980)

Mind (Fear of Music – 1979)

My Big Hands (Fall Through the Cracks) (David Byrne song)

Big Business (David Byrne song)

I Zimbra (Fear of Music – 1979)

Swamp (new song)

Slink (Jerry Harrison song)

Houses in Motion (Remain in Light – 1980)

What a Day That Was (David Byrne song)

Life During Wartime (Fear of Music – 1979)

Encore:

Take Me to the River (Al Green cover) (More Songs about Buildings and Food – 1978)

Crosseyed and Painless (Remain in Light – 1980)