1982_11_T_l_phone_Hippodrome_Pantin_Billet« Je dois avouer que je n’ai jamais été un grand fan de Téléphone : avec la voix un tantinet pénible de Jean-Louis Aubert et des textes en français qui frôlent la naïveté, avec des compositions qui n’ont, il faut bien le dire, pas grande originalité, je trouve que Téléphone, malgré son immense succès populaire, fait quand même un peu ridicule par rapport à l’évolution du rock depuis le début des années 60… C’est l’album « Au Cœur de la Nuit » qui m’a, pour la première fois, accroché à Téléphone, car j’ai cru y sentir une noirceur, une douleur, bref un soupçon de maturité nouvelle pour le groupe. Mais le problème de Téléphone en 1982, c’est celui de tout groupe parvenu à la 1982_11_T_l_phone_Hippodrome_Pantin_02maturité, au succès maximum : que faire maintenant, comment préserver en soi la foi qui a tant aidé à atteindre les sommets ? Ce problème est d’ailleurs aggravé par l’exigüité du monde francophone, dont les limites sont difficilement franchissable pour un groupe de rock ayant choisi de chanter en français…

 

Oui, en 1982, alors que commercialement, le groupe est au sommet, avec un disque pépère, surproduit et lourdement bruyant, comme pour en cacher le vide d’inspiration, Téléphone ne semble plus pouvoir offrir à ses fans, venus par milliers sous la toile de chapiteau de « l’hippodrome », et toujours transis d’amour pour le groupe, qu’un concert « professionnel », où le niveau sonore et la technique (désormais acceptable, après des années « d’amateurisme ») des 1982_11_T_l_phone_Hippodrome_Pantin_03musiciens sont là pour faire « comme si… »… Comme si l’énergie des premiers jours existait encore. Oui, le son est désormais excellent, le groupe assure, mais je me surprends à préférer les moments un peu moins carrés, comme Le Chat chanté maladroitement par Corinne. Bon, c’est sûr que Cendrillon est une chanson qui touche sa cible, avec cette sensibilité adolescente qui a toujours été la grande caractéristique de Téléphone, et qui fait même parfois oublier qu’on a des adultes en face de soi… Au final, impossible de prétendre que ce n’était pas un bon concert, mais pour moi, c’était aussi un concert « limité ». Dure limite, oui ! »

Photos: Patrick M.

Les musiciens de Téléphone :

Jean-Louis Aubert : Guitare / chant

Louis Bertignac : Guitare / chant

Richard Kolinka : Batterie

Corine Marienneau : Basse