1990_02_The_Stranglers_Brixton_Academy_Billet« Cette fois, ça sent le pourri au royaume des Etrangleurs ! Une reprise alimentaire d’un hit 60’s, 96 Tears, une tournée reportée de 6 mois… pas vraiment un sentiment d’urgence, quoââ… Sur scène, les hommes en noir sont entourés d’une troupe de plus en plus nombreuse, et le doublage de Hugh Cornwell par le brillant John Ellis (ex-Peter Hammill Band, ex-Peter Gabriel, et membre des Purple Helmets, ombre des Stranglers depuis quelques années…) est pour le moins inquiétant quand on considère la redoutable cohésion du groupe jusque-là…1990_02_The_Stranglers_Brixton_Academy_02

L’incroyable Jet Black est toujours un haineux hystérique, acclamé à chaque décharge sur ses peaux par un fan club très particulier… Cornwell a toujours une voix et un style à la guitare tranchants, même lorsqu’il se fait fouetter par une écolière pour illustrer le propos de l’une des anciennes chansons les plus corrosives redécouvertes ce soir… Burnel ballade toujours sa démarche de karatéka intello avec, quand même, de moins en moins de marques de mépris envers son fidèle public… Dave Greenfield, dans le noir, balance toujours de foudroyants nuages de poison, particulièrement denses sur l’immortel Down in the Sewer

1990_02_The_Stranglers_Brixton_Academy_03Et pourtant, en 1990, le groupe unique qui depuis près de 15 ans trône tout en haut de nos fantasmes n’existe pour ainsi dire plus : deux heures et demi de musique autrefois unique, aujourd’hui dévitalisée ne laisseront le public que tiède et dubitatif. Sympathique, le choix de morceaux délaissés… Mais qui, finalement, a envie d’entendre uniquement un enchaînement de morceaux mineurs (beaucoup d’extraits de « The Raven ») ou un peu oubliés (Walk On By) joués sans entrain ?

Au milieu de ce marasme, quelques perles : un Nuclear Device rude et rugueux, un All Day and All Of The Night serré et heavy, mais surtout, planté en plein milieu du set, une formidable « descente dans les égouts ». Ah, si seulement ils n’avaient joué que ces 10 minutes-là, on aurait pu se croire revenus en 1976 ! »