1990_02_Lloyd_Cole_Hammersmith_Odeon_Billet« Première partie superbement rock : les See See Rider font du bruit, des chansons moites, cassent leurs cordes, jettent leurs instruments par terre et sortent. Un groupe à suivre…

1990_02_Lloyd_Cole_Hammersmith_Odeon_01Lloyd, lui, avec son groupe très pro de requins américains, la crème de la scène new-yorkaise post-punk (ah, la guitare de Robert Quine… d’ailleurs pas assez mise en valeur ce soir !), ne risque guère le dérapage incontrôlé… Pourtant, il faut reconnaître au bougre un certain courage pour se départir ainsi de tous les signes de son anglicité (j’ai même cru déceler un zeste d’accent américain dans sa voix, le snob !), et de se présenter devant son ancien public de midinettes londoniennes en reniant tout en bloc : son pays, son succès passé et ses anciennes chansons (juste une poignée 1990_02_Lloyd_Cole_Hammersmith_Odeon_04jouées ce soir, apparemment celles qui lui font encore plaisir…). Du coup, l’album fait pâle à côté du déferlement rock que le nouveau Lloyd Cole, prétendument déniaisé, propose désormais… Ouverture bizarre sur Je t’Aime Moi Non Plus (!!), fermeture sur une reprise de Presley, et entre les deux, une heure et demi de belles chansons, assénées certes sans grâce (… en tous cas sans la grâce dont il faisait preuve dans sa vie antérieure…), mais avec une conviction et une sincérité indiscutables. L’américanisation de notre ancien intello européen semble avoir fait muer son cynisme de timide en une hargne et une joyeuse méchanceté de digne rocker. A l’image de la belle et sobre reprise d’un titre déjà étonnant de Lou Reed, A Gift. L’âge, le cuir noir, la barbe de trois jours et l’alcool ne vont pas si mal à Lloyd Cole : le public londonien s’est laissé conquérir, sans trop en vouloir au traître… même si l’on se doute que la presse anglaise ne se laissera pas aussi facilement séduire. En tous cas, pour moi, en 1990, certains héros des eighties vieillissent plutôt bien, à l’image de leurs modèles évidents, de Lou Reed à Bob Dylan… »