1991_02_22_Pistepirkko_Espace_Ornano_Billet« L’avantage, pour nos « 22-Coccinelles » de vivre en Islande, ou en Finlande, je ne sais plus, c’est que nul ne trouve rien à redire à ce raccourci spectaculaire qu’ils prennent entre country hippie, surf destroy et je ne sais quoi encore pourvu que ça soit bien « garage » ! On sent que toute la culture rock de ces 30 dernières années a été ingurgitée par 22-Pistepirkko et ressort naturellement comme ça, sans complexes ni logique particulière non plus... ce qui permet à la critique déboussolée de parler de fraîcheur, de musique de dimension humaine, etc. etc.1991_02_22_Pistepirkko_Espace_Ornano_05

Début choc pour voir qui va quitter la salle, en quinze minutes de fracas même pas vengeur, simplement systématique, appliqué (Bare Bone Nest), puis visite cool et un peu dilettante des titres plus connus, avec une nonchalance qui frise littéralement le scandaleux : le manque de conviction sur le magnifique Frankenstein est quasi criminel ! L’ennui se met à rôder, personne ne semble vraiment concerné, ni sur scène, ni dans la salle... Et puis, après quelques 1991_02_22_Pistepirkko_Espace_Ornano_04morceaux acoustiques plus joviaux, même s’il est difficile de faire le tri entre naïveté et cynisme, tout se met enfin à faire sens. Quelques reprises de standards garage pour nous mettre de meilleure humeur, et la partie finit par être gagnée par 22-Pistepirkko...

Quand même, quels drôles d’oiseaux : un bassiste-organiste qui semble par instants mûr pour la camisole, un batteur virtuose et bob garçon, et puis ce P.K. Karänen à la voix tordue, unique, au look semblant tout droit sortis des photos surannées de Neil Young période « After The Goldrush »... et qui semble toujours hésiter entre froideur ironique et complicité avec son public... »