2008 08 The Last Shadow Puppets Olympia Billet

« Je ne sais pas pourquoi, mais cette soirée commence un peu entre deux eaux : ni Gilles B ni moi n'avons vraiment envie d'être là pour les nouvelles élucubrations de la starlette tête à claques, Alex Turner, et j'ai un peu l'impression que la "saison" n'a pas encore commencé. D'ailleurs, un concert fin août, avant "la rentrée", ça rime à quoi ? Mais bon, devant l'Olympia, la jeunesse n'est visiblement pas du même avis, qui doit assiéger l'entrée de la salle depuis deux heures de l'après-midi, vue la queue devant nous ! C'est un peu un miracle, mais nous nous retrouvons quand même au premier rang, bien sur la gauche, mais il n'y a pas lieu de se plaindre. L'attente est un peu longue jusqu'à 20 heures, qui nous permet de réécouter "Harvest" quatre fois (4 !) de suite... Ça tombe bien, vu que c'est un album qu'on a dû déjà entendre 125.653 fois depuis sa sortie !

2008 08 Ipso Facto 003

20 h 00, les quatre filles d'Ipso Facto - qui nous avaient fait faux bond en première partie des Long Blondes il y a quelques mois - montent sur scène... dans une quasi obscurité bleutée... qui nous sera (leur sera ?) imposée pendant les trente minutes qui suivent ! Dommage, car les minettes paraissent bien craquantes, avec un look photocopié sur Louise Brooks. La musique d'Ipso Facto peut évoquer les Doors (l'orgue), Siouxsie (la voix et la présence fantômatique), les Smiths (la guitare), avec une certaine rigidité, originale certes, mais qui n'incite pas à extérioriser les passions. Bref, on apprécie cette musique un peu martiale et lugubre, mais on a du mal à ressentir quoi que ce soit. Peut-être le stress de jouer dans une "grande" salle ? Il faudrait les revoir pour se faire une idée.

Un bon point d'entrée pour Turner et Kane, la présence d'un orchestre "classique" d'une grosse dizaine de musiciens sur scène, derrière le groupe lui-même, d'ailleurs à moitié déguisé en costards (et même cravates pour certains). On n'est pas là a priori pour écouter du rock... encore que...! Le set commence avec des morceaux de l'album - médiocre, à mon humble avis - des Last Shadow Puppets, très honorablement servis, avec une profondeur et un punch qui manquent aux versions studios. On voit tout de suite qu'Alex Turner fonctionne sur un mode complètement de celui qu'il a adopté avec Arctic Monkeys : détendu, souriant, visiblement heureux de partager la responsabilité de tout ce cirque avec son meilleur pote, Miles Kane (par ailleurs, rappelons-le pour les novices et les étourdis, chanteur de The Rascals, un groupe qui sonne beaucoup comme The Coral...). Et ça change pas mal de choses. D'autant que, au milieu des morceaux sages de l'album, commencent à débouler des météorites impressionnantes : Kane prend la direction des choses, sa guitare se met à littéralement enchanter le concert : on pense évidemment beaucoup à The Coral avec ces fragments de cavalcades psychédéliques, et c'est très bien comme ça !

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Surprise, voici Alison Mosshart (par ailleurs chanteuse de The Kills, rappelons-le pour les étourdis et les novices) qui vient pousser la chansonnette, sur un joli Paris Summer : voix impeccable, toujours aussi mignonne, que du bonheur ! Et puis il se passe quelque chose : Kane nous bombarde avec un autre OVNI et on se dit qu'on pourrait bien assister à la naissance d'un vrai BON groupe. Ça s'appelle Cyst, a priori, et c'est très impressionnant, ma foi ! La fin du set sera plus banale, et un ennui poli retombe sur le public, qui me semble applaudir et hurler en pilotage automatique (C'est quand même Alex Turner sur scène, la première star de l'âge de l'Internet, rappelons-le pour les novices et les étourdis...). Mais Turner et Kane paraissent tous deux vraiment ravis, bras dessus bras dessous, et on a envie de partager leur enthousiasme juvénile. Pour finir, un beau rappel, avec une version surprenante de l'un de mes morceaux favoris du Bowie pré-"Space Oddity", In the Heat of the Morning, dont je dois être à peu près le seul dans la salle à connaitre la version originale : d'ailleurs, oui, je suis le seul à chanter les paroles à tue-tête (enfin, pas si fort que ça, vu comme je chante faux !). Une dernière chanson brutale et tendue de Miles Kane (In My Room), et c'est fini, après une très courte heure.

Morale : un concert moyen, mais avec quelques très hauts pics de qualité, à mon humble avis dus surtout au grand talent de Kane, qu'il va falloir suivre dans le futur, en particulier avec ses Rascals. En tout cas, à partir du moment où une bonne partie des chansons vraiment réussies jouées par un groupe ne figurent pas sur son album, on doit reconnaître que l'on a affaire à quelque chose de beaucoup plus intéressant et singulier que ce à quoi nous nous attendions. Une preuve de plus qu'il faut garder les oreilles et l'esprit bien ouverts, et oublier ses préjugés ! »

 

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La setlist du concert de The Last Shadow Puppets :

Calm Like You (The Age Of The Understatement - 2008)

The Age Of The Understatement (The Age Of The Understatement - 2008)

Black Plant (The Age Of The Understatement - 2008)

Only The Truth (The Age Of The Understatement - 2008)

The Chamber (The Age Of The Understatement - 2008)

Gas Dance (B Side – Single - Standing Next To Me)

My Mistakes Were Made For You (The Age Of The Understatement - 2008)

Paris Summer (with Guest Alison Mosshart Of The Kills)(Nancy Sinatra & Lee Hazlewood Cover)

Hang the Cyst (B Side - Single- Standing Next To Me)

Separate And Ever Deadly (The Age Of The Understatement - 2008)

I Don't Like You Anymore (The Age Of The Understatement - 2008)

Little Red Book (Burt Bacharach Cover)

The Meeting Place (The Age Of The Understatement - 2008)

Time Has Come Again (The Age Of The Understatement - 2008)

Standing Next To Me (The Age Of The Understatement - 2008)

Encore

In The Heat Of The Morning (David Bowie Cover)

In My Room (The Age Of The Understatement – 2008)