1992_11_Nits_Bataclan_Billet« Ayant désormais définitivement (?) enterré toute chance de succès public grâce au minimalisme expérimental de « Ting », cette rencontre glacée entre pianos et percussions, les Nits se retrouvent aujourd’hui devant un club certes restreint, mais encore plus enthousiaste sans doute de fans parisiens ! Et, paradoxe, ils nous offriront ce soir un show plus direct, plus spectaculaire, moins éthéré que celui de la tournée précédente, le trio de base étant agrémenté pour l’occasion de deux musiciens supplémentaires, un percussionniste – un peu superflu quand on sait l’impressionnante technique de Rob Kloet derrière ses fûts – et un bassiste.1992_11_Nits_Bataclan_07

Alors, sans pour autant atteindre tout-à-fait les sommets live des époques « Kilo » ou « In the Dutch Mountains », les Nits redeviennent l’un des spectacles scéniques les plus impressionnants et les plus drôles que l’on puisse voir… Lorsque, au milieu de Cars and Cars, troisième morceau de la setlist ce soir, tout se met miraculeusement en place, le piano devient orchestre symphonique, et l’émotion chavire littéralement le public, en l’un de ces moments de grâce magique qui est la marque des grands concerts.

1992_11_Nits_Bataclan_04La setlist est composée – logiquement – principalement de larges extraits de « Ting », et je dois reconnaître que, malgré mes légères réticences vis-à-vis d’un album que je trouve trop « intello », les chansons sont toutes magnifiées, et certainement rendues plus humaines par l’interprétation lyrique et sensuelle qui en est faite sur scène. Comme toujours, les classiques sont évidemment au rendez-vous, de Dutch Mountains à Nescio, à qui Henk et sa bande infligent une transformation radicale : longue introduction avant que l’on reconnaisse la chanson favorite du public français, variations mélodiques et rythmiques, puis finale grandiose ! Sans doute la plus belle version que j’ai entendue à date de ce « mini-classique » !

Il est certes banal de louer l’impressionnante technique instrumentale des Nits, mais on ne dira jamais assez notre émerveillement face à la richesse émotionnelle de cette musique, qui transcende facilement la technicité et la sophistication des sons et des mélodies…

Alors, une fois encore, en espérant qu’il y en aura des dizaines d’autres, nous ferons ce soir une interminable ovation aux Nits !  »

Les musiciens des Nits sur scène :1992_11_Nits_Bataclan_05

Martin Bakker : bass

Henk Hofstede : guitars, vocals

Rob Kloet : drums

Peter Meuris  percussion, violin

Robert Jan Stips : keyboards