2008 11 Franz Ferdinand Billet

« Ce soir, c'est le GRAND soir : Franz Ferdinand (à mon humble avis, l'un des trois groupes majeurs de la décennie, avec Arcade Fire et QOTSA) est de retour. Avec un nouvel album, pas encore sorti, et en plus, à la Cigale ! La Cigale, c'est quand même merveilleux : moins de monde (même bourrée jusqu'à la gueule comme ce soir !), une position confortable pour attendre lorsqu'on arrive les premiers à la balustrade de côté... Une bonne conversation avec nos voisines, et le temps passe vite jusqu'à 19 h 30 et l'entrée en scène de Get Well Soon.

2008 11 Get Well Soon 018

Get Well Soon : premier choc de la soirée, indubitablement... La musique du jeune prodige berlinois, Konstantin Gropper, gagne en puissance ainsi interprétée sur scène, avec le renfort de cinq musiciens, dont une trompette magnifique, élément émotionnel impeccable, qui serre le coeur sur les meilleurs morceaux, et fait voyager l'âme sur tous les autres. Bon, la voix de Konstantin n'est pas parfaite, loin de là, mais il se rattrape largement en injectant ce soir dans ses sublimes mélodies une intensité, voire, par moments, une violence magnifiques. En 40 minutes, on visitera les sommets de l'album... en fait tous les sommets de l'album : du coup, c'est un best of impeccable, un mini-concert presque parfait, malgré (peut-être à cause de...) l'esprit d'amateurisme qui souffle sur ce groupe. Le meilleur morceau du set est le plus électrique, et aussi mon préféré de l'album, If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting (titre génial, non ?), avec ses "Ooh Baby Ooh Baby, Pull The Trigger" mémorables. Et en plus, alors que le chaos des guitares tendues se mue doucement en ressac mélancolique, sur lequel on sent presque le temps qui passe et nous tue, on en vient à se demander : où est-ce que ce gamin a trouvé le recul pour écrire ce genre de chansons, qui frôlent l'abime avant de tutoyer les cimes ? A revoir impérativement, et vite !

2008 11 Yo Majesty 050

On est inquiets à propos de Yo Majesty, pronostiqué hip hop, donc particulièrement déplacé ici ce soir. Et de fait, c'est du hip hop pur et dur (enfin tel qu'un non-expert comme moi l'imagine..) et c'est complètement déplacé. Reste à admettre que l'ennui - doublé de révulsion - initial laisse peu à peu place à de la curiosité, puis à un certain intérêt : le DJ est déchaîné, l'une des deux filles a une voix soul d'enfer (dommage qu'elle crie au lieu de chanter, ça pourrait être beau...) et quand les BPM s'accélèrent, difficile de ne pas bouger la tête. Je n'irai quand même pas jusqu'à lever les bras pour singer ces ridicules mouvements des rappeurs... Mais enfin, dans le genre (qui m'ennuie profondément), c'est sans doute ce qui se fait de mieux...

Répétons le bien fort : Franz Ferdinand est l'un des trois groupes majeurs de la décennie, avec Arcade Fire et QOTSA. Cela ne fait pas deux minutes qu'ils sont sur scène et c'est l'évidence même, ce groupe est tout simplement cinq coudées au-dessus du reste ! Ce soir, Franz Ferdinand a TOUT, absolument TOUT : les chansons, lumineuses, dansantes, excitantes, quasiment toutes parfaites ; le son, funky, tranchant, entêtant ; la pose, définitivement rock (à un moment, je me demande si l'on a vu un seul groupe avec cette classe sur scène depuis le Clash de l'époque de "London Calling", et je n'ai absolument pas l'impression d'exagérer, croyez-moi), avec un leader charismatique, drôle et fascinant (c'est bien simple, Alex Kapranos, c'est la classe de Bowie, sans la distance, et avec l'humour en plus !). Bon, j'arrête... Et puis non ! Ce soir, ça a été une heure (seulement, on aurait dit que quinze minutes avaient passées... seulement !) PARFAITE, le concert rock ultime, pas seulement le MEILLEUR concert de l'année et de loin, mais l'un des 10 meilleurs de ma vie. J'arrête ? Vous n'y étiez pas, je sais que vous avez la haine, c'était si dur de trouver des tickets, bouh ouh ouh..

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Dans la salle, c'est la folie comme peu de groupes semblent pouvoir jamais en déchaîner : la Cigale entière tangue, et sur le sublime Matinée, même sur l'estrade de côté, on a du mal à tenir debout dans la mêlée générale. Les slammers déferlent sur scène en vagues ininterrompues, Nick McCarthy les repousse à coup de guitare et à coup de pied, sans perdre sa bonne humeur ("Who's Next ?", crie-t-il d'un air ravi !), une jeune fille en rose exécute un plongeon parfait dans la foule, Alex s'arrête pour la féliciter... Plus tard un videur est entraîné à la suite d'un slammer par la foule qui l'aspire littéralement, c'est la panique. Je vois mon Gilles, seul au premier rang, qui essaie de survivre au milieu du chaos, je le vois prendre plusieurs coups de pieds dans la tête quand les slammers passent au dessus de lui, mais il continue à s'agiter comme un possédé. Take Me Out, et ce sont des milliers de personnes qui hurlent en même temps : régulièrement, on n'entend plus la musique tant les cris et les chants du public couvrent tout, je pense un instant aux fameux concerts des Beatles où les fans criaient plus fort que la sono... Ce soir, on en est à ce niveau-là d'excellence. Allez, on vit un moment historique !

A la sortie, tout le monde en conviendra, Franz Ferdinand est encore meilleur aujourd'hui qu'hier : Alex a appris à chanter (un peu) plus juste, les guitares sont toujours aussi tranchantes, et les nouvelles chansons - au moins 5 jouées ce soir - sont suffisamment différentes pour engendrer une curiosité nouvelle - plus funky, plus gaies, plus synthétiques, plus fun finalement, mais aussi rapidement mémorisables que les anciennes - tout en restant impeccablement dans l'esprit des précédentes : le set en ressort renouvelé, moins rock pur et dur, plus coloré, plus fou peut-être. Maintenant, les poses rock'n'roll et la furie électrique alternent avec de bons délires funky - voir la séance de percussions frénétiques sur la fin... Et le concert se conclue par This Fire, qui reste malgré son simplisme indiscutable un grand bonheur ainsi vociféré par des centaines de spectateurs alternant entre extase et furie.

Voilà, c'est fini ! Il n'y a rien à ajouter, c'était le retour de FRANZ FERDINAND. Et à la Cigale, en plus ! Impossible de dire s'ils seront aussi bons lors de leur tournée officielle, qui ne saurait tarder, mais je vous préviens d'avance : cela ne vaut pas la peine de courir le risque de louper ça ! »

Les musiciens de Get Well Soon :

Konstantin Gropper (voix, guitare)

Marcus (piano)

Daniel Roos (piano, accordeon, carillon, choeur)

Maximilian Schenkel (guitare, trompette)

Timo Kumpf (basse)

Paul Kenny (percussions)

Sebastian Benkler (trompette, tonneau métalique, choeur)

 

La setlist du concert de Get Well Soon :

Prelude (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

You, Aurora, You, Seaside (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

We Are Safe Inside While They Burn Down Our House (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

I Sold My Hands For Food So Please Feed Me (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

Listen! Those At Sea Sing A Song On Christmas Day (new song)

Lost In The Mountains (Of The Heart) (Rest Your Head You Will Get Well Soon - 2008)

 

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La setlist du concert de Franz Ferdinand :

Bite Hard (new song)

Do You Want To (You Could Have It So Much Better - 2005)

The Dark Of The Matinée (Franz Ferdinand - 2004)

No You Girls (new song)

Walk Away (You Could Have It So Much Better - 2005)

40’(Franz Ferdinand - 2004)

Turn it on (new song)

Take Me Out (Franz Ferdinand - 2004)

Ulysses (new song)

What She Came For (new song)

Michael (Franz Ferdinand - 2004)

Encore

Outsiders (You Could Have It So Much Better - 2005)

This Fire (Franz Ferdinand - 2004)