2010 07 Vivian Girls Moby Dick Club Billet

« A priori, il paraîtrait que le groupe espagnol qui vient de monter sur la petite scène du Moby Dick Club en tant que « teloneros » (comprenez première partie) s’appelle Ameba, mais je dois dire qu’une visite sur MySpace ne m’a pas vraiment confirmé cette information. Car, si l’amibe est l’être le plus basique de la planète, comme nous le rappelle doctement Inés, à Juan Carlos et à moi, je ne peux pas dire non plus que l’évolution de ce quintette (deux filles qui chantent, dont une sympathique boulotte à la guitare et aux claviers) fasse particulièrement honneur à Darwin ! Ça ne commence pas trop mal, dans un mélange pop grinçant croisant psychobilly, surf music et références aux B-52’s, puis, rapidement, le charme des premières chansons laisse place à une musique de plus en plus pénible, mal construite, mal jouée (hormis la batterie, furieuse), très mal chantée, qui finit par nous taper sur la tête à force de dissonances mal maîtrisées (je n’oublierai pas de si tôt un titre épouvantable et interminable appelé, je crois, He Thinks I’m Pretty, ou quelque chose comme ça). Tout cela nous laisse assez choqués, déprimés, même, hormis l’ami Juan Carlos qui voit toujours, lui, le bon côté des choses.

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Il est 22 h 15 quand les trois filles de Vivian Girls finissent de régler leur set (pas de roadies, et on a vu la camionnette garée devant la porte du Moby Dick Club avec les filles assises dedans avant le concert, c’est sûr que ce rock là ne respire pas le luxe !) et attaquent dans la foulée I Have No Fun, premier extrait de leur second album qui sera largement à l’honneur ce soir : je grimace car le son me paraît vraiment frêle, surtout par rapport aux stridences de la premières partie, mais cela va s’améliorer très vite, pour arriver au bout de quelques titres à un équilibre assez satisfaisant entre tous les instruments, avec les harmonies vocales bien posées et claires, et le son de la basse, ossature fondamentale de la musique, joliment en avant (bon, il faut dire que Juan Carlos, Inés et moi sommes juste au premier rang devant l’ampli de la bassiste, ça aide). Dès le deuxième titre, d’ailleurs, Can’t Get Over You, avec sa mélodie typique noisy pop, chewing gum ou sparadrap qui colle bien à la semelle, le plaisir est là. Il est temps de décrire nos trois rockeuses de Brooklyn (qui comme on se le fait remarquer avec Juan Carlos, n’officient pas vraiment dans le genre pop music expérimentale typique de la nouvelle scène de cette ville) : à gauche, donc la plus loin de moi, la blonde Cassie Ramone (chouette pseudo..), que je décrirais comme un mélange de Scarlett J. efflanquée et de Charlotte Gainsbourg post adolescente et tartouée, chante et ramone (hi hi) à la guitare ; son jeu est basique, élémentaire, avec des solos à un doigt qui laissent d’abord un peu perplexe, puis rêveur, son chant pas toujours aussi juste que sur  disque, mais elle aimante les regards et est clairement la figure de proue du trio. Au centre, à la batterie, et je me suis demandé si c’était la Ali Koekler un peu ronde qu’on voit sur les photos, il y avait une brunette aux cheveux courts, efficace mais pas forcément très spectaculaire techniquement. A gauche, devant nous, la

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colonne vertébrale du groupe, l’impressionnante Kickball Katy, grande rousse flamboyante (et tatouée elle aussi…), musicienne souvent brillante, chanteuse accomplie (les harmonies vocales), et élément le plus spectaculaire du groupe. Sur la fantastique version de Out For the Sun jouée en avant dernière position avant le rappel, mon morceau préféré et de loin de Vivian Girls, Katy descendra de scène pour interpréter une bonne partie de la chanson au milieu de la fosse, entourée par le public (de mâles surtout) surexcités : Juan Carlos, à mon côté, n’aura d’ailleurs pas quitté des yeux du concert la belle Katy, et m’enverra plus tard un SMS me disant qu’il était tombé amoureux d’elle (LOL)… Musicalement, je suis surpris (positivement) par l’évolution du groupe, beaucoup moins garage, beaucoup plus mûr que sur son deuxième album, qui date de presque un an, je crois : la musique de Vivian Girls se civilise, se fait plus accrocheuse, plus séduisante aussi (je pense aux deux nouveaux morceaux joués ce soir, qui représentent un changement notable du style du groupe, avec des mélodies à tiroir, des changement de rythmes et une importance plus grande encore conférée aux vocaux). Au final, même si les deux dernières chansons, dont une en rappel, manqueront un peu de la furie qu’on a ressentie sur Our For The Sun, les 45 courtes minutes du set de Vivian Girls auront été totalement satisfaisantes.

Juan Carlos – qui a demandé poliment à son amour de bassiste la mini set list écrite au dos d’un ticket de fast food d’autoroute - et moi rejoignons Inés qui s’est repliée prudemment au bar, craignant pour ses tympans malmenés par le premier groupe, et sommes d’accord pour dire que le trio a vraiment le potentiel d’évoluer désormais, de s’éloigner un peu du garage punk des débuts pour construire une œuvre noisy pop, voire plus, digne de ses aînés, »

 

Les musiciens de Vivian Girls :

Cassie Ramone – lead guitar, vocals

Katy "Kickball Katy" Goodman – bass, vocals

Frankie Rose - drums, vocals

 

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La setlist du concert de Vivian Girls :

I Have No Fun (Everything Goes Wrong – 2009)

Can't Get Over You (Everything Goes Wrong – 2009)

Tell the World (Vivian Girls – 2008)

The Other Girls (new song)

Never See Me Again (Vivian Girls – 2008)

I Believe in Nothing (Vivian Girls – 2008)

Dance (If You Wanna) (new song)

The End (Everything Goes Wrong – 2009)

Second Date (Single – 2008)

Before I Start to Cry (Everything Goes Wrong – 2009)

When I'm Gone (Everything Goes Wrong – 2009)

Out for the Sun (Everything Goes Wrong – 2009)

Encore:

Wild Eyes (Vivian Girls – 2008)