2011 06 The Raveonettes Sala Heineken Billet

« Même si les Raveonettes ne m'ont jamais vraiment "soufflé" en live, je dois reconnaître que j’apprécie de les voir sur scène, qu'ils font partie des groupes - un peu "de seconde zone" - auxquels j'aime bien être fidèle au fil des années : autrefois puristes (... mais pas trop) du rock bruitiste, ils ont oscillé doucement entre nostalgie 60's à grand renfort de fuzz, pop moderne et rock sombre,... mais ils ont toujours assuré le spectacle, avec un minimum d’élégance et de conviction.

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Première partie surprenante - dans le bon sens - ce soir à la Sala Heineken : un jeune groupe espagnol (dont je n’arriverai pas à savoir le nom), tout timide, nous joue une sorte de Rock Indie US, entre - disons - Pavement et Luna... Voix incertaines, guitares tour à tour légères et soniques, voici un groupe qui s’impose néanmoins quand la machine « rock » s'emballe, que les deux guitares se durcissent... Il se passe alors indéniablement quelque chose d’intéressant sur scène, et le public encore clairsemé répond avec enthousiasme. Un final bruyant totalement satisfaisant, après 40 minutes, et voici sans nul doute l'une des formations espagnoles les plus intéressantes que j'aie vues depuis mon installation à Madrid ! Dire que, au moment où j'écris ces lignes, je ne sais toujours pas de qui il s’agit ! (*)

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Luis – que j’ai convaincu de m’accompagner ce soir – et moi tuons le temps en parlant musique et en essayant soigneusement d’éviter les sujets professionnels (on est dimanche soir et le lundi matin est encore loin...), jusqu’à ce que The Raveonettes montent sur scène, avec une petite dizaine de minutes de retard sur l’horaire annoncé. Vu l’heure, dix heures bien passées, il est clair que le set ne va pas être très long ce soir ! Sur scène, deux mini batteries (installées pour être « jouées debout »), trois amplis, deux pieds de micro pour Sune et Sharin, et c’est tout. C’est un peu surprenant, cette absence de claviers, alors que le dernier album, « Raven In The Grave » en est rempli ! Je crains l’utilisation de « bandes » préenregistrées, surtout qu’aux pieds de Sune il y a une mini set list indiquant visiblement sur quelle pédale appuyer pour envoyer chaque chanson, et je n’ai pas tort d’avoir peur : le concert débute par un épouvantable Recharge & Revolt (déjà un morceau atroce sur l’album, je dois dire...) entièrement enregistré, sur lequel les musiciens font une sorte de playback : Sun Rose n’a même pas sa guitare à la main, il essaye sans convaincre d’assurer une posture de lead singer au micro, et tout cela est tout simplement pitoyable ! Je suis littéralement consterné ! Mais ce début de panique dure heureusement peu, car dès War In Heaven, Sune Rose s’empare de sa guitare, les deux musiciens additionnels se placent derrière les batteries pour assurer un fracas tribal assez réussi, et on retrouve – dans un style quand même très différent de celui de leurs débuts – The Raveonettes ! Comme souvent (comme toujours ?), les voix sont sous-mixées, mais la guitare régulièrement brillante de Sun Rose illumine chaque morceau. Luis et moi remarquons que Sharin semble avoir encore épaissi (l’effet « fricadelles » ?), mais elle reste pour le moins fascinante ave sa basse massive et ses vocaux éthérés. C’est à ce moment que les problèmes sonores semblent se multiplier, avec en particulier un larsen envahissant sur le micro de Sharin, larsen qui l’oblige à chanter face à face avec Sune sur le micro de celui-ci : un bonheur pour faire des photos, même si comme d’habitude, le faible éclairage sur la scène (malgré des piliers lumineux du plus bel effet disposés autour des musiciens) est un peu frustrant. Quand éclate Love In a Trashcan, avec son riff excitant, tout le monde est soulagé et heureux : le concert a pris son envol, et on devrait passer une belle soirée...

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Et puis non ! Il y a quelque chose qui ne marche pas ce soir : Sun Rose paraît toujours furieux du son (même si, à mon humble avis, on en est désormais au meilleur de ce que la Sala Heineken peut offrir...), quand il communique avec le public, son anglais est tout simplement incompréhensible. The Raveonettes enchaînent alors une suite de chansons où il se passe de moins en moins de choses intéressantes, et on sent nettement l’apathie envahir le public madrilène (pourtant si prompt à s’enflammer d’habitude...) et les musiciens sur scène. Le fait de jouer la quasi intégralité du dernier – et très moyen – « Raven In the Grave » n’aide évidemment pas, mais même d’excellents titres comme Evil Seeds ou Ignite n’ont aucune résonnance ce soir en live ! Il faut arriver à Attack Of The Ghost Riders (« The good old days... » comme le marmonne Sune Rose) pour qu’on se réveille enfin. Le set se termine au bout de 55 minutes par un joli My Time’s Up, morceau qui conclue aussi en douceur le dernier album.

Heureusement, la relative mauvaise impression que The Raveonettes nous ont laissé ce soir sera corrigée par un bon rappel, avec un Forget That You’re Young très pop (le seul moment pop de la soirée), sans basse d’ailleurs, chanté par Sharin, qui confirme à mon avis que le virage « gothique » du groupe est une erreur. Le rappel se conclut dans le chaos sonore le plus jouissif (pour les masochistes comme moi qui adorent avoir les tympans qui sonnent ensuite toute la nuit), avec Sun Rose et Sharin traditionnellement à genoux devant leurs amplis pour en tirer le vacarme le plus déchirant possible.

Voilà, 70 minutes et c’est bouclé, certainement le set de The Raveonettes le plus « en demi-teinte » que j’aie vu à date. Luis et moi sortons dans la rue mouillée suite à un fort orage que, bien sûr, nous n’avons pas entendu. L’été se fait attendre cette année à Madrid, l’air est frais, et demain matin Luis s’envole pour le Danemark, patrie de The Raveonettes. Pas sûr que ce concert assez moyen, sans grande âme, lui ait donné très envie de poursuivre sa découverte du Rock Scandinave ! »

(*) Finalement, quelques jours plus tard, je découvrirai qu'ils s'appellent Cosmen Adelaida et sont madrilènes...

 

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La setlist du concert de The Raveonettes :

Recharge & Revolt (Raven In the Grave – 2011)

War in Heaven (Raven In the Grave – 2011)

Let Me On Out (Raven In the Grave – 2011)

Dead Sound (Lust Lust Lust – 2007)

Noisy Summer (Chain Gang of Love – 2003)

Love in a Trashcan (Pretty In Black – 2005)

Lust (Lust Lust Lust – 2007)

Apparitions (Raven In the Grave – 2011)

Evil Seeds (Raven In the Grave – 2011)

Ignite (Raven In the Grave – 2011)

The Love Gang (Chain Gang of Love – 2003)

My Tornado (Whip It On EP – 2002)

Attack of the Ghost Riders (Whip It On EP – 2002)

Heart of Stone (In and Out Of Control – 2009)

My Time's Up (Raven In the Grave – 2011)

Encore

Forget That You’re Young (Raven In the Grave – 2011)

Aly, Walk With Me (Lust Lust Lust – 2007)