2011 11 Veronica Falls Point Ephemere Paris Billet« Une semaine de vacances à Paris pour faire découvrir la capitale à Inés, c'est aussi l'opportunité de renouer pour une brève soirée avec le vieux rituel des concerts avec l'ami Gilles. Pas d'événement musical exceptionnel en cette semaine pluvieuse et froide à Paris, malheureusement, juste l'occasion de découvrir un jeune groupe dont on dit du bien, Veronica Falls, au sein d'un programme "festival" ("musiques volantes", quoi que ce soit que ça veuille dire... !!!). A priori, ce soir, l'amitié passera avant la musique, surtout que Patricia a prévu de nous rejoindre ! Finalement, Inés est trop fatiguée à la fin de cette deuxième journée de tourisme pour braver l'humidité du Quai de Valmy, et je me trouve donc seul devant la porte du Point Ephémère à 19 h 15.

De Veronica Falls, je ne connais pas grand' chose, sinon les références glanées sur le net et la chanson Found Love in a Graveyard, qui nous caresse dans le sens du poil, nous amoureux de la pop velvetienne de Galaxy 500 et des Feelies bucoliques. Bah, on verra bien...

Une bonne demi-heure d'attente sous l'auvent du Point Ephémère alors que la pluie redouble sur le canal, et ce sont les retrouvailles avec Philippe M (qui attendait à quelques mètres de là et que je n'avais pas vu), Gilles puis Pat qui arrive la dernière après un long périple depuis sa lointaine banlieue, compliqué par une grève des trains. 20 h, c'est l'ouverture des portes, la salle est bien chaude, contrairement à mes souvenirs.

2011 11 Mai Point Ephemere Paris 01020 h 30 : Mai ("... Comme le mois, ou bien le prénom asiatique" dira la chanteuse...) débute la soirée devant un parterre pas très garni. Mai, c'est une grande blonde scandinave avec une voix de lolita (innocente perversité, donc...), mais bien placée, accompagnée par un ancien de Autour de Lucie, Fred, qu'elle vannera régulièrement après qu'il se soit planté dans l'intro d'un nouveau morceau, jusqu'à visiblement l'irriter... Sens de l'humour ou tensions dans le groupe ? En tous cas, Mai nous offrira un beau set de 32 minutes, avec de jolies compositions dans un genre vaporeux séduisant. Quelques morceaux plus nerveux et pop (enfin, il ne faut pas exagérer) prouveront que Mai a plus d'une corde à son arc. Nous sommes tous plutôt positivement impressionnés, voilà une bien belle mise en bouche.

2011 11 ExitMusic Point Ephemere Paris 037Changement intégral du matériel pour le quatuor de Brooklyn, ExitMusic. Changement d'ambiance aussi : après les douces sucreries de Mai, c'est presqu'un choc d'entendre la voix de la petite chanteuse brune, Aleksa Palladino, du côté des grandes pythies (Patti Smith, Siouxsie), une voix portée par l'excellente guitare électrique de son partenaire Devon Church. Nous sommes partis pour 35 minutes d'une musique sombre, hypnotique, parfois intense et envoûtante, mais qui semble errer sans but dans un labyrinthe de sons dark et électriques. Il y a sans doute un manque de vraies chansons, qui fait que l'on s'engourdit lentement, et que la fascination s'épuise. Et puis l'absence totale de communication, entre arrogance et timidité (on leur laissera le bénéfice du doute), c'est quand même épuisant : pas besoin de faire la gueule quand on fait de la musique, non ?

Nouveau changement complet de matériel pour le quatuor star de la soirée, Veronica Falls. Un peu plus de lumière que pour les sets précédents, un côté "ligne claire", pop moderne et fraîche, de la gentillesse et de l'enthousiasme, les deux garçons et les deux filles de Veronica Falls nous changent agréablement de la mine renfrognée de ExitMusic.

2011 11 Veronica Falls Point Ephemere Paris 047Et quand ça démarre, c'est encore beaucoup mieux que ce à quoi je m'attendais : ces rythmes syncopés, ces deux voix, masculine et féminine, qui se mêlent, pas très justes, mais tellement charmantes, cette impression immédiate de proximité, de bonheur, ça me rappelle... mais oui, c'est ça, mes très chers Bats, ce combo néo-zélandais qui m'avait tellement touché au début des années 90 ! Mais Veronica Falls, ce sont des Bats qui auraient beaucoup écouté les Feelies de "Crazy Rythms" et suivraient leur grand principe : une belle chanson pop, c'est encore plus gai quand c'est joué avec une mitraillette. Gilles B. évoque à ce sujet notre Wedding Present, ce n'est pas faux, mais chez Veronica Falls, c'est quand même plus bucolique, plus euh... country (la veine Johnny Cash, cette musique qui évoque le rythme d'un train dévalant la pente à toute allure...). A la guitare, sur la droite, Roxanne Clifford, petite femme en rouge à la frange brune envahissante, semble en permanence irradier l'énergie, et même si - comme je l'ai dit - elle ne chante pas très juste, elle est clairement l'âme de Veronica Falls. Au milieu de la scène, James Hoare, grand échalas qui me rappelle un peu Thomas Fersen en plus broussailleux, fait écho à la guitare et aux vocaux. A gauche, donc juste devant moi, la petite bassiste de noir vêtue joue avec un doigt, dans l'ombre. Au fond, le batteur frappe dur sur ces rythmes toujours plus rapides, et est le porte-voix du groupe. Les morceaux s'enchainent vite, trop vite, chacun semblant renouveler le petit miracle de l'évidence lumineuse de ce rock enthousiaste. Car je ne connaissais donc aucun morceau, en dehors de Found Love In A Graveyard - accueilli par les cris du public -, mais ils m'ont tous semblés immédiatement plaisants, ludiques, excitants. Au bout de trente courtes minutes, Veronica Falls termine son set sur le super-accéléré Come On Down (c'était écrit sur la setlist juste devant moi...), le genre de plaisir qu'on aimerait ne jamais voir finir. Le rappel de deux titres verra le groupe nous saluer par deux titres plus pop, alors que j'aurais préféré une dernière tentative de "transe", mais bon, ne faisons pas le difficile, voici une excellente découverte, et un concert un peu court (une quarantaine de minutes) mais rassérénant, qui est même passé à une ou deux reprises très près de l'excellence.

2011 11 Veronica Falls Point Ephemere Paris 046Je m'empare de la set list qui est devant moi, pendant que Philippe et Gilles font de même : trois set lists monopolisées, nous ne sommes pas très "fair" vis à vis des autres spectateurs (ah, oui, j'ai oublié de préciser que, au final, le Point Ephémère était très bien rempli). Un petit tour au merchandising pour acheter le CD de Veronica Falls, tout juste sorti (les éditions vinyles se sont arrachées, il n'y en a plus). Il est temps de quitter Philippe, Michael (qui est apparu pendant le set de Mai) et Gilles, avec un peu d'émotion, en sachant que nous ne nous reverrons sans doute pas avant plusieurs mois, et de raccompagner Pat qui, comme souvent, a des mésaventures de voiture et de parking ! Même si je regrette qu'Inés n'ait pas été là - cette soirée "voix féminines" (c'est peut-être ça, les "musiques volantes") lui aurait sans doute plu -, je suis ravi que la musique ait été aujourd'hui à la hauteur de l'amitié. »

Les musiciens de Veronica Falls sur scène :

Roxanne Clifford - lead vocals, guitar

James Hoare - guitar, vocals

Patrick Doyle - drums, vocals

Marion Herbain - bass

 

La setlist du concert de Veronica Falls :

2011 11 Veronica Falls Point Ephemere Paris 071

The Box (Veronica Falls – 2011)

Stephen (Veronica Falls – 2011)

Beachy Head (Veronica Falls – 2011)

Last Conversation (new song)

Bad Feeling (Veronica Falls – 2011)

My Heart Beats (new song)

Found Love in a Graveyard (Veronica Falls – 2011)

Buried Alive (new song)

Wedding Day (Veronica Falls – 2011)

Come On Over (Veronica Falls – 2011)

Encore:

Starry Eyes (Roky Erickson cover)

The Fountain (Veronica Falls – 2011)