1978 10 The Stranglers Bataclan Billet« Les Stranglers sont un groupe qui me fascine, et ce depuis leur étonnant premier album, “Ratus Norvergicus”, presque du rock progressif joué par des « vieux » plus agressifs pourtant que les plus jeunes punks : un cocktail surprenant et excitant. ET depuis, ça n’a fait que s’améliorer, avec les deux albums suivant, et en particulier le génial “Black and White” qui vient de sortir, et qui m’a convaincu d’aller ce vendredi à ma salle favorite de Paris, le Bataclan, qui m’a déjà offert quelques concerts mémorables – les Doctors of Madness, The Clash…

Après une première partie française assez dispensable, voilà les Etrangleurs de Guildford sur scène : émaciés, tendus, presque antipathiques, ils sont bel et bien « punks », malgré leur âge un peu plus avancé que la moyenne des jeunes groupes apparus depuis un an et demi. Le niveau d’agressivité qui se dégage du groupe dès les premiers morceaux, plutôt extraits de leur deux premiers albums, est assez stupéfiant, je dois dire, et même dans la salle, je trouve qu’on n’est pas aussi détendus qu’on a pu l’être à d’autres concerts punks ces derniers mois : bref, les Stranglers et leur public, c’est pas des rigolos ! No More Heroes, une vraie tuerie, l’un de les morceaux préférés de ces dernières années, enchaîné avec un Something Better Change brutal, sur lequel Hugh Cornwell vitupère particulièrement concluent brillamment cette introduction du set qui a déjà mis une bonne partie du public à genoux…

Il est temps d’attaquer la pièce de résistance, le redoutable “Black and White”, avec ses ambiances morbides, glauques, mais aussi plus complexes, plus ambigües aussi que les provocations sexistes des deux premières albums. Et là, je dois dire que je suis estomaqué : c’est encore du brutal, certes, mais c’est aussi magnifique, car ces diables de Stranglers sont de super musiciens – Dave Greenfield aux claviers se compare aisément à un Ray Manzarek, et l’odieux Jean-Jacques Burnel (un Frenchie qui hait visiblement les Frenchies) déverse nous un son de basse néanderthalien qui nous cloue au sol ! Voici un groupe exceptionnel, qui combine la folle originalité et la rage du punk avec un vrai génie des compositions mélodiques, dans ce qui est déjà une sorte de sommet du rock en cette fin des années 70. Death and Night and Blood, et le génial Nice’n’Sleazy, mes deux titres préférés de l’album sont interprétés avec une furia maximale, et je selle un pacte de sang avec les Stranglers, qui tiendra, je l’espère, des années… Le set se termine par le sublime Toiler on the Sea, grand morceau un peu progressif qui nous entraîne dans des aventures maritimes échevelées, au milieu de pirates et de fantômes hargneux. Sublime…

Oui, ce soir, je viens de voir un groupe qui, d’un coup, compte énormément pour moi, qui touche tous mes points sensibles, qui remplit toutes mes attentes. Un peu plus de sympathie envers leur public aiderait peut-être quand même le groupe à séduire un plus grand public, auquel la qualité de ses chansons le destine. A suivre, indiscutablement… »

1978 10 The Stranglers Bataclan 01Les musiciens de The Stranglers sur scène :

Hugh Cornwell – guitare, chant

Jean-Jacques Burnel – basse, chant

Jet Black – Batterie

Dave Greenfield - Claviers

La setlist du concert de The Stranglers : (Remarque : manque le rappel)

Ugly (Ratus Norvegicus – 1977)

I Feel Like a Wog (No More Heroes – 1977)

Burning Up Time (No More Heroes – 1977)

Bring on the Nubiles (No More Heroes – 1977)

Hanging Around (Ratus Norvegicus – 1977)

London Lady (Ratus Norvegicus – 1977)

No More Heroes (No More Heroes – 1977)

Something Better Change (No More Heroes – 1977)

Curfew (Black and White – 1978)

Do You Wanna? / Death and Night and Blood (Black and White – 1978)

Nice'N'Sleazy (Black and White – 1978)

Threatened (Black and White – 1978)

Sweden (All Quiet on the Eastern Front) (Black and White – 1978)

Tank (Black and White – 1978)

5 Minutes (single – 1978)

Toiler on the Sea (Black and White – 1978)