2014 03 Jagwar Ma Audio Club 05

« Deux mois de disette musicale et puis voilà les bonnes nouvelles qui se bousculent,  à commencer par l'apparition surprise des Australiens - très à la mode - de Jagwar Ma, programmés ce jeudi soir dans un nouveau club, l’Audio Club, juste à côté d'ailleurs de la fameuse Vila Country dédiée à des musiques bien plus traditionnelles et aussi plus... populaires. Petit problème, l'heure officielle annoncée sur le billet, 21 heures, est erronée,  et on m'annonce quand j'arrive - seul encore une fois car personne n'a voulu m'accompagner - que les portes n'ouvriront pas avant 22 heures, et qu'il ne faut pas attendre Jagwar Ma avant 23h30 ! J'ai bien envie pour le coup de rentrer chez moi pour passer la soirée avec ma petite famille, mais Inès me persuade de rester et d'attendre. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour pouvoir écouter de la musique !

Jagwar Ma, j'avoue que j'aime bien : l'album « Howlin » organise la rencontre du Madchester des 90’s avec la pop psyché des origines, avec une fraîcheur revigorante. Il faudra voir ce que ça donne en live ! Malheureusement, une fois entré dans le club - vers 22h15 -, un club certes tout neuf et tout beau, force est de constater que l'organisation des lieux est des plus rudimentaire pour un concert : il n'y a pas vraiment de scène,  juste une estrade à peine surélevée (20 cms maxi) devant le matériel – assez impressionnant de Jono Ma. La guitare de Gabriel Winterfield et la basse de Jack Freeman sont là, avec un unique ampli pour chacun, mais pas trace d'une vraie sono de concert... inquiétant ! Bon, il ne me reste plus qu'à prendre mon mal en patience...

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... Et de la patience, je vais en avoir besoin, parce que ce ne sera que quelques minutes avant minuit que l’unique roadie de Jagwar Ma commencera la vérification du matériel... pour découvrir que l’ampli de Gabriel ne fonctionne pas ! Moments de panique au sein de l’organisation, mais une solution sera trouvée, et à 00h25, le trio entre enfin sur scène, dans une obscurité quasi complète qui ne sera que très rarement troublée par quelques spots : bonjour pour les photos, heureusement que je suis au premier rang... Première impression sur les musiciens : Jono Ma derrière ses tables ne sera guère visible pendant le set, Freeman aura pour toute attitude scénique un léger headbanging et une absence totale de sourire et de désir de communiquer avec le public... Quant à Winterfield, une fois passée la surprise de son physique – 1m50, vaguement simiesque -, c’est à lui qu’incombe d’être le visage et la voix du groupe. Malheureusement, l’homme, pour paraître sympathique, n’a rien d’une bête de scène, et il faut bien dire que ce côté statique du groupe empêchera régulièrement le set de décoller vraiment dans les moments où les machines de Jono Ma montent en volume et en intensité.

Contrairement à ce que je craignais, le son s'avère plutôt bon, et c'est la sono de la boîte qui relaie les voix et les instruments, d'où une impression d'étrangeté spatio-temporelle, le son du groupe devant nous venant de derrière ! Mais, dans le cas d'une musique aussi furieusement psyché que celle de Jagwar Ma, pourquoi pas ? La voix de Gabriel est nettement moins en place que sur l'album, il a d'ailleurs tendance à brailler de temps en temps... mais Jagwar Ma compense ce côté "peu professionnel" sur scène par un son plus punchy - impressionnant travail de Jono Ma qui, régulièrement,  "monte le son" et met la pression... - et souvent renforcé par des guitares (Gabriel ou Jono) agressives. Si l'on ajoute la qualité des compositions du groupe, assez remarquable, ce set devrait être de la bombe, bébé, non ? Eh bien non, ce soir, la mayonnaise ne prend jamais vraiment, ou alors retombe vite après avoir monté : est-ce la faute au public, plus typiquement "indie" que "dance"... et sans doute un peu fatigué par l'attente interminable qui a précédé ? Pas sûr, puisque tout le monde chante les paroles des chansons en choeur, avec cet enthousiasme typique du public brésilien ! Non, c'est bien le groupe qui a du mal à créer l'événement, à faire basculer la soirée dans la transe que sa musique invoque toujours sans finalement l'atteindre. Faute de moyens peut-être (tout cela sonne bien jeunot et inexpérimenté encore), faute de conviction aussi (les quelques paroles de Gabriel célébrant ce premier concert bresilien dans la vie de Jagwar Ma sonnent assez convenues...), faute aussi d'un répertoire assez étoffé puisqu'en moins de 45 minutes, tout est dit : le trio quitte la scène quasi sans un regard pour nous, et nous n'aurons pas de rappel. Bad Vibes, et ce d'autant que les dernières minutes de Four se sont mal passées, un début de pogo à gauche de la scène ayant fait tomber une jeune femme par terre, faute d'avoir une scène à quoi se raccrocher. Bref, une première rencontre avec Jagwar Ma bien loin de l'extase annoncée par les chroniques parisiennes, et un sentiment de "non événement" pas franchement agréable, visiblement partagé par tous les spectateurs vaguement déconfits.

Bon, pour me réconforter, je vais préférer me souvenir de deux beaux moments du set : les irrésistibles Uncertainty, et Let Her Go, deux grandes chansons qui ont mis pour quelques minutes un sourire sur toutes les lèvres. »

 

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Les musiciens de Jagwar Ma sur scène :

Gabriel Winterfield – lead vocals, guitar

Jono Ma – guitar, synths, drum machines, samplers

Jack Freeman – bass, backing vocals

 La setlist du concert de Jagwar Ma :

The Throw (Howlin – 2013)

What Love (Howlin – 2013)

Uncertainty (Howlin – 2013)

Man I Need (Howlin – 2013)

Exercise (Howlin – 2013)

Let Her Go (Howlin – 2013)

Come Save Me (Howlin – 2013)

Four (Howlin – 2013)