2014 05 The Maine Carioca Club SP Billet

« Est-ce bien raisonnable à 56 ans passés d'écouter encore du "rock ado" ?  C'est une question qu'on est en effet en droit de se poser, surtout en arrivant dans un Carioca Club bondé, alors que les portes n'ont ouvert que 5 minutes plus tôt (je me souviens alors qu’il y avait un « meet and greet » organisé pour les fans avant le concert, ceci expliquant donc cela... The Maine, groupe proche de son public !). En voyant la moyenne d'âge, très, très peu élevée, je comprends aussi pourquoi le concert de The Maine est programmé à 19h30, dans une ville comme São Paulo où l’on a plus l'habitude des 23h30 : il y a sans doute couvre-feu familial pour une grande partie du public ! Et en plus, la frénésie ado (le public me semble plus qu’aux trois quarts féminin aujourd’hui !) fait que le tout premier rang, une fois n'est pas coutume, ne m'est même pas accessible. Je dois me contenter du second – avec une bonne visibilité quand même - et faire contre mauvaise fortune bon coeur : ce n'est pas si mal...

The Maine, c'est un combo américain à peu près inconnu en France, voire en Europe, mais qui remplit les salles de ce côté de l'Atlantique (deux concerts sold out à São Paulo quand même...), avec son power pop classique qui louche d’ailleurs de plus en plus vers une sorte de folk rock springsteenien, assorti de paroles plutôt fines sur les états d’âme de la jeunesse américaine. Et leur dernier album, "Halloween Forever" frôle l'excellence, en plus... justifiant donc ma présence en cette fin d'après-midi d’un dimanche de pont (le 1er mai), alors même que j'ai décidé de réduire encore mes sorties concerts, pour me concentrer sur les groupes et artistes vraiment intéressants. 

2014 05 Nick Santino Carioca Club SP (6)

18h30 : les centaines de minettes dans la salle hurlent déjà lorsque Nick Santino (ex-A Rocket To the Moon, autre groupe passé inaperçu hors des Amériques) entre en scène, guitare acoustique en bandoulière. Je vis encore l’un de ces moments de surprise quand je me rends compte que ce très jeune inconnu (pour moi) a un vrai fan club ici au Brésil ! Bon, sa musique, un folk énergique des plus standards, ne révolutionnera rien, mais on peut aussi trouver rassurant qu'il y ait encore autant de jeunes gens à ne pas s'intéresser outre mesure aux pop stars synthétiques de notre époque, et à vouloir exprimer les mêmes choses humaines, simples, comme le faisaient leurs parents, sans se vouloir electro, hip hop ou même psyché à outrance. Au troisième morceau, surprise et ravissement, les musiciens de The Maine montent sur scène pour accompagner Santino : hystérie dans la salle, on s'en doute, et un petit shot bien agréable de rock'n'roll des plus classiques, refrains accrocheurs à l'appui. Avant-goût de ce qui devrait suivre, les filles sont folles en particulier du guitariste Kennedy Brock, au look élégant de rock star hollywoodienne, sorte de Jeff Buckley émacié, barbu et plus middle of the road. Un dernier morceau acoustique sans grande saveur,  et Santino s'en va, visiblement heureux. 26 minutes sympathiques mais pas indispensables.

2014 05 The Maine Carioca Club SP (13)

C’est à 19h15, soit quinze minutes avant l’horaire prévu que John O’Callaghan – au look décidément bien plus grunge que sur les vidéos mignonnes que j’ai vues – et son The Maine lancent leur set avec une intro bidouillée et sonique un peu décallée par rapport au style musical du groupe, avant d’attaquer les hostilités sur Run, excellent titre typiquement power pop, extrait du dernier album : il y a trois guitares électriques sur scène, les musiciens ont tendance à sauter dans tous les sens et font le spectacle, John est arcbouté sur son micro, livrant une performance intense, bref, tous les éléments pour un bon concert de wockandwoll sont là. Le son n’est pas parfait (caractéristique du Carioca Club ?), pas assez clair ni compact, la voix de John paraît nettement plus banale que sur disque, et il est immédiatement évident que The Maine joue ses titres sur scène de manière un peu différente... ce qui est plutôt bien... sauf que l’impression donnée est surtout que le groupe n’arrive pas à recréer le sentiment de cohésion et la bonne tenue de ses enregistrements, et qu’il a tendance à compenser ce manque par de l’énergie un peu confuse, et beaucoup d’interactions avec son public.

J’ai réussi à atteindre le premier rang, sur la gauche, je suis dans une position idéale pour profiter du concert et aussi prendre quelques photos correctes, mais petit à petit, je décroche et l’excitation des premières minutes ne se renouvelle pas. Bien sûr, ne connaissant que le dernier album, dont finalement peu de titres seront joués ce soir (Run, Happy, Fucked Up Kids, Sad Songs, si je ne m’abuse...), j’ai un peu de mal à joindre ma voix aux choeurs exaltés des fans, mais je crois surtout que le groupe est trop brouillon, la setlist trop mal construite, sans logique particulière, avec des alternances mal venues de morceaux mid tempo et de passages vraiment faibles, pour que le set ne décolle jamais vraiment. Plus la soirée s’avance, plus John passe du temps à déblatérer un peu à tort et à travers (lorsqu’il raconte qu’il a taché son pantalon ce matin en pétant alors qu’il se lavait les dents, embarrassant a priori ses musiciens qui tentent de couvrir sa voix avec leurs instruments, une limite est franchie... heureusement qu’une bonne partie du public ne saisit pas bien son anglais très américain !), ce qui nuit évidemment plus encore à l’atmosphère...

On fait monter sur scène une jeune fille qui prétend, pancarte à l’appui, qu’elle n’a jamais été embrassée, pour lui faire de chastes bisous, puis une autre pour chanter au micro, et qui sera surtout occupée à se faire des selfies d’elle et de John (putains de smartphones !) pour ensuite poster les clichés sur Facebook... Le set finit bizarrement dans une sorte de désintégration musicale involontaire, tout le monde sur scène paraissant plus disposé à se faire photographier avec le drapeau brésilien devant le public qu’à terminer en beauté. John nous fait un petit discours sur la nécessité d’être « nice » les uns avec les autres (plus tôt, il a bien rappelé aux ados qu’il ne fallait pas prendre de drogues...), en particulier sur « Fucking Twitter », me laissant quand même un peu sceptique quant aux valeurs rock’n’rolliennes de The Maine. Pas de rappel, alors que, vraiment, j’aurais (on aurait tous, non ?...) eu besoin d’un peu d’énergie pour repartir plus heureux. Dommage... Bizarre...

2014 05 The Maine Carioca Club SP (51)

Il est 20h50, il y a au moins une chose de bien, c’est que je serai de retour à la maison très tôt ! »

 

Les musiciens de The Maine sur scène :

John O’Callaghan (vocals, guitar, keyboards)

Kennedy Brock (guitar)

Garrett Nickelsen (bass guitar)

Pat Kirch (drums)

Jared Monaco (guitar)

+ additional musician (keyboards, guitar) 

 

La setlist du concert de The Maine :

Run (Forever Halloween – 2013)

Right Girl (Black & White – 2010)

My Heroine (Pioneer – 2011)

Happy (Forever Halloween – 2013)

Jenny (Pioneer – 2011)

Fucked Up Kids (Forever Halloween – 2013)

I Must Be Dreaming (Can’t Stop Won’t Stop – 2008)

Some Days (Pioneer – 2011)

You Left Me (Can’t Stop Won’t Stop – 2008)

Ice Cave

Misery (Pioneer – 2011)

Inside Of You (Black & White – 2010)

We All Roll Along (Can’t Stop Won’t Stop – 2008)

Into Your Arms (Can’t Stop Won’t Stop – 2008)

Sad Songs (Forever Halloween – 2013)

Growing Up (Black & White – 2010)

Like We Did (Windows Down) (Pioneer – 2011)

We’ll All Be (Can’t Stop Won’t Stop – 2008)