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Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
3 juin 2016

Paul McCartney - Mercredi 26 Novembre 2014 - Allianz Park (São Paulo)

2014 11 Paul McCartney Allianz Parque SP Billet

« Commençons par des faits, des faits importants ou dérisoires, mais qui vont nous aider à parler de ce concert de Paul McCartney à São Paulo le 26 novembre dernier :

- Les Brésiliens sont peut-être la nation de la planète qui vénère le plus les  Beatles, qui semblent ici être encore un groupe en activité. Du coup, Paulo est passé une dizaine de fois par le Brésil au cours des dix dernières années.

- La pluie, qui avait déserté São Paulo depuis près d’un an, a recommencé à tomber, et de manière torrentielle, le 25 novembre, soit le jour du premier concert de McCartney en ville. Les deux concerts se sont donc déroulés en partie sous une pluie battante – heureusement un peu moins forte la seconde nuit. Paul = Rainmaker ?

- Les concerts du 25 et 26 novembre ont servi à l’inauguration de l’Allianz Parque, le stade de l’équipe de Palmeiras, qu’on nous présente comme le plus moderne du continent. Près de 45.000 personnes assistèrent à chacun des deux spectacles.

- Voilà dix ans que Paulo tourne avec son groupe actuel (sans nom), soit plus longtemps que la carrière des Beatles ou de Wings. Et ce groupe est absolument étonnant... Pourtant, on ne connaît à peine les noms des musiciens.

Passée la galère pour parvenir au stade un jour de pluie, alors que le quartier de Barra Funda est saturé par les fans de Paul, en voiture, à pied ou en transports en commun (hein ?), Inés et moi nous installons dans les gradins de l’Allianz Parque vers les 19h30, soit une demi-heure avant l’horaire officiel du début du set. La vue est parfaite sur la scène – très loin de nous bien entendu -, et le stade est en effet assez bien conçu pour les spectacles, comme promis. Tout s’annonce bien, sauf que, bien sûr, McCa montera sur scène avec 45 minutes de retard, après nous avoir infligé le spectacle anodin de vidéos de pas très bon goût, reprenant des images de sa carrière entière, images peu à peu contaminées par l’invasion de taches de couleur... Bon, ça se veut artistique, c’est juste pas très beau. En plus, on a droit en fond sonore à de pénibles interprétations de titres des Beatles par d’autres groupes ou artistes, le tout avec un son horrible ! Nous prenons notre mal en patience en regardant le stade se remplir – jusqu’à la gueule – très lentement : les difficultés d’accès du public sont vraisemblablement la cause de ce retard... comme la nuit précédente, particulièrement châtiée par une pluie battante.

2014 11 Paul McCartney Allianz Parque SP (24)

21h45, donc : Paul McCartney est là, petit point sur une scène spectaculaire, heureusement bien reproduit sur de magnifiques écrans verticaux de chaque côté, qui vont nous permettre de suivre le concert dans un confort total. Il attaque avec Magical Mystery Tour, signe que nous aurons droit à la seconde set list de la tournée « Out There » : il y en a deux en tout et pour tout, et elles ne différent que de deux chansons, en intro, et en milieu du premier rappel (Get Back au lieu de Hi Hi Hi, tant mieux !), pas de surprise donc dans ce show hyper professionnel et extrêmement bien rôdé. Le son est pourri, d’entrée, mais s’améliorera rapidement, sans toutefois atteindre la qualité qu’on aurait aimé avoir.

Quand je dis « pas de surprise », je ne suis pas certain qu’aucun d’entre nous ce soir à l’Allianz Parque ne souhaite vraiment avoir des surprises : nous sommes ici pour voir encore une fois l’un des géants absolus de la musique du siècle dernier (et de ce siècle aussi, soyons généreux), et il va interpréter pour nous des chansons qui, en plus d’être excellentes, font partie du patrimoine de l’humanité : des chansons sans lesquelles le monde ne serait pas ce qu’il est, et serait même probablement moins bon encore qu’il ne l’est. Ces chansons (Yesterday, Let It be, Blackbird, Lady Madonna, Eleanor Rigby, Something, Hey Jude, etc. etc.), on n’a pas du tout envie de les entendre massacrées par des initiatives « créatives » quelconques : on ne veut pas souffrir comme on souffre avec Dylan chaque fois qu’il reprend ses classiques sur scène ! Non, on adore le touring band de McCartney, qui arrive à sonner EXACTEMENT comme les Beatles, avec juste ce qu’il faut d’énergie live en plus pour créer une excitation qui sera la cerise sur le gâteau ! Et en plus, les Anderson, Ray, Wickens et Laboriel, ils donnent cette fabuleuse impression de ne pas arrêter de s’amuser durant les deux heures quarante du concert, et on voit bien que Paulo est content de jouer avec eux... Même que rapidement, à le voir si joyeux, on ne lui donnerait certainement pas ses 72 ans « officiels » !

Alors, et McCa, comment il était ce soir ? Eh bien, je dois dire que son habituelle jovialité un tantinet démago – on l’a si souvent traité d’hypocrite ! – passe comme une lettre à la poste : devant 40.000 personnes, de toute manière, mieux vaut en faire BEAUCOUP, non, pour arriver à passer la rampe ? Oui, Paul nous gratifie de sympathiques discours en portugais, avec quelques conneries au milieu, mais on ne lui en voudra pas, non ? Oui, Paul fait chanter, comme à chaque fois, tout le monde en choeur sur Obladi Oblada, sur (le pénible) Everybody Out There et sur l’inévitable final de Hey Jude : tout ça est d’une évidence qui fera grincer les dents de certains, mais pas les miennes, car Paul, il a tous les droits, à mon avis. Les critères de bon goût que l’on défend ardemment quand on parle de Musique, eh bien, lui, il a bien gagné le droit de s’asseoir dessus, il me semble. Parce que Paul, il joue toujours bien de tout – basse, guitare, piano -, et sa voix, si elle n’est plus depuis longtemps la merveille de ses jeunes années, tient quand même formidablement bien la route pendant près de trois heures, sur des trucs pas faciles à chanter ! Physiquement, Paul a minci un peu, et, malgré une coupe de cheveux discutable (mais ça a toujours été comme ça), il a maintenant une élégance naturelle qui lui autorise bien des excès. Pour tout dire, j’ai trouvé Paul - et ce concert - supérieur à celui que j’avais vu il y a 7 ans dans le cadre pourtant bien plus agréable de l’Olympia de Paris : sans doute est-ce parce que la démesure des stades et l’enthousiasme collectif d’un public populaire correspondent mieux à l’importance de la musique des Beatles, et aussi, parce que la distance et le gigantisme gomment les imperfections du spectacle, et le passage des ans sur les corps...

2014 11 Paul McCartney Allianz Parque SP (3)

Pas question de repasser ici en détail la quarantaine de morceaux de la set list, je voudrais seulement, pour le plaisir, noter certains temps forts de la soirée : Let Me Roll It, avec sa citation hendrixienne bien vue, Nineteen Hundred and Eighty Five, le premier moment vraiment excitant de la soirée, l’intensité de Maybe I’m Amazed, hommage grandiose aux années Linda, l’intemporalité de la mélodie de And I Love Her, qui fait briller les yeux autant que les téléphones portables (qui ont remplacé de leur lumière froide la chaleur des briquets de naguère), une magnifique interprétation de Blackbird (toujours pertinente à l’époque de Ferguson, malheureusement), le standard absolu qu’est toujours Lady Madonna, supporté par un beau montage vidéo de femmes célèbres, la surprise d’entendre interprétés « live » All Together Now (pour la « molequada », se délecte Paulo), Lovely Rita ou Mr. Kite – même si ce dernier est curieux sans l’ironie acide de Lennon -, le kidnapping émotionnel imparable de Something, l’énergie intacte de Back In The USSR, la pyrotechnie grandiose pendant Live and Let Die, la perfection transcendante de Day Tripper...

Inés et moi avons décidé de faire l’impasse sur le second rappel, nous voyant mal passer le reste de la nuit à essayer de regagner notre foyer dans le chaos paulistano, et nous avons donc quitté le stade alors que 40.000 personnes chantaient Yesterday a capella, ce qui constituera une très belle conclusion pour cette soirée surprenante d’enchantement.

J’ai cité plus haut la passion brésilienne pour les Beatles, mais nous aurons ri de bon coeur quand une voisine sur les gradins demandera à son mari, alors que Paulo dédie Something à son ami George : « Qui, Clooney ? ». Comme quoi... »

 

2014 11 Paul McCartney Allianz Parque SP (42)

Les musiciens de Paul McCartney sur scène :

Paul McCartney – vocals, bass, guitar, piano

Rusty Anderson – guitar

Brian Ray – guitar, bass, backing vocals

Wix Wickens – keyboards, backing vocals

Abe Laboriel Jr. – drums, backing vocals

 

La setlist du concert de Paul McCartney:

Magical Mystery Tour (The Beatles song – Magical Mystery Tour - 1967)

Save Us (New – 2013)

All My Loving (The Beatles song – With The Beatles - 1963)

Listen to What the Man Said (Wings song – Venus and Mars - 1975)

Let Me Roll It (Wings song – Band on the Run - 1974) (with "Foxy Lady" by Jimi Hendrix snippet)

Paperback Writer (The Beatles song – Single - 1965)

My Valentine (Kisses On the Bottom – 2012)

Nineteen Hundred and Eighty-Five (Wings song – Band on the Run - 1974)

The Long and Winding Road (The Beatles song – Let It Be - 1970)

 

2014 11 Paul McCartney Allianz Parque SP (47)

Maybe I'm Amazed (McCartney – 1970)

I've Just Seen a Face (The Beatles song – Help - 1965)

We Can Work It Out (The Beatles song – Single - 1965)

Another Day (single – 1971)

And I Love Her (The Beatles song – A Hard Day’s Night - 1964)

Blackbird (The Beatles song – The Beatles - 1968)

Here Today (Tug of War – 1982)

New (New – 2013)

Queenie Eye (New – 2013)

Lady Madonna (The Beatles song – Single - 1968)

All Together Now (The Beatles song – Yellow Submarine - 1969)

Lovely Rita (The Beatles song – Sgt. Pepper’s… - 1967)

Everybody Out There (New – 2013)

Eleanor Rigby (The Beatles song – Revolver - 1966)

Being for the Benefit of Mr. Kite! (The Beatles song – Sgt. Pepper’s… - 1967)

Something (The Beatles song – Abbey Road - 1969)

Ob-La-Di, Ob-La-Da (The Beatles song – The Beatles - 1968)

Band on the Run (Wings song – Band on the Run - 1974)

Back in the U.S.S.R. (The Beatles song – The Beatles - 1968)

Let It Be (The Beatles song – Let It be - 1970)

Live and Let Die (Wings song – Single - 1973)

Hey Jude (The Beatles song – Single - 1968)

Encore:

Day Tripper (The Beatles song – Single - 1965)

Get Back (The Beatles song – Single - 1969)

I Saw Her Standing There (The Beatles song – Please Please Me - 1963)

Encore 2:

Yesterday (The Beatles song – Help! – 1965)

Helter Skelter (The Beatles song – The Beatles - 1968)

Golden Slumbers (The Beatles song – Abbey Road - 1969)

Carry That Weight (The Beatles song – Abbey Road - 1969)

The End (The Beatles song – Abbey Road - 1969)

 

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Commentaires
Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...
  • Depuis que j'ai 15 ans, ce qui nous fait un bail, je fréquente les salles de concert de par le monde, au gré de mon lieu de résidence. Il était temps de capturer quelque part tous ces grands et petits moments d'émotion, de rage, de déception, de plaisir...
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