2016 08 26 Rock en Seine Billet Jour 1« Mon deuxième Rock en Seine, après ma première tentative en 2015. Deux jours sur les trois cette fois, le vendredi avec Emilie – venue spécialement de Strasbourg pour voir enfin son groupe favori de tous les temps, Two Door Cinema Club – et le dimanche avec Clément et Virginie, la programmation du samedi ne m’enthousiasment pas outre mesure – sans parler de la nécessité de prendre un jour de repos entre les deux, à mon âge ! La météo est clémente – pas de pluie prévue – mais il fait ne pas craindre la chaleur, des températures caniculaires menaçant les organismes les plus faibles.

2016 08 26 Bastille RES (33)Arrivée avec Emilie vers les 17h15 sur le site, il n’y a pas trop de monde, ce qui permet un passage des contrôles rapides (nous y voyons même l’ami Thierry avec son épouse), et surtout nous donne le temps de prendre un verre dans un bar, puis d’admirer la petite expo d’affiches alternatives… avant de rejoindre la Grande Scène, où nous allons passer la fin de l’après-midi et la soirée. Il n’y a pas non plus foule, mais le premier rang – la barrière - est intégralement occupé, ce qui nous oblige à nous installer “au second rang”, assis tranquillement sur les plaques métalliques placées au bord de la scène : pas idéal, mais je compte bien que des places se libèrent pour Two Door Cinema Club. L’attente commence, pas trop pénible, car, contrairement aux prévisions, le ciel est un peu voilé, et il y a quelques souffles d’air, le tout rendant l’atmosphère respirable.

18h45 pile, ma première journée de Rock en Seine 2016 commence donc avec Bastille, groupe pop anglais clairement chéri par les jeunes filles de 15 à 20 ans qui accueillent leurs héros avec un enthousiasme réjouissant. Bien entendu, Dan Smith, le leader présente le quota requis de “cuteness” pour conférer à son groupe le statut envié outre-Manche de groupe à minettes. Côté musical, le pire est immédiatement à craindre avec une première chanson hideuse, Bad Blood, qui répond malheureusement aussi à toutes nos attentes dans le genre : mélodie creuse, gimmicks ridicules, paroles stéréotypées, pas grand-chose à sauver. Et, même si le set de une heure qui suivra sera un peu moins désastreux, il ne se hissera que rarement au simple niveau de “plaisant” : cette musique n’a aucune substance, elle ne fait que reprendre des idées, des sons, déjà usés depuis longtemps par le rock anglais dans sa version la plus populaire (au mauvais sens du terme), et Bastille n’arrive même pas à compenser son dramatique manque d’originalité par un semblant d’énergie. Quand on n’est pas trop irrité par les bidouillis enfantins aux claviers, on peut quand même admirer la gentillesse du chanteur (qui a même essayé quelques mots en français…) et son engagement vis-à-vis de ses jeunes fans, puisqu’il nous gratifiera d’une courageuse – enfin n’exagérons rien – immersion dans le public. Un premier set médiocre donc, voici un groupe que je prendrai bien soin de ne pas réécouter.

2016 08 26 TDCC RES (17)Une heure d’attente maintenant avant LE groupe que nous sommes venus voir, Two Door Cinema Club…  une heure qui se passera ma foi fort agréablement, grâce à nos voisins très sympathiques avec lesquels nous échangeons des souvenirs d’anciens combattants (des concerts, bien entendu), et grâce aux types de la sécurité, qui nous alimentent aimablement en eau fraîche. Emilie arrive à se placer à la barrière grâce à une défection au premier rang. Tout est donc impeccable pour assister au set… Un petit coucou à l’ami Robert qui continue à arpenter Rock en Seine pour nous en offrir les plus belles images, et nous sommes fin prêts…

20h45 passé de quelques minutes, la Grande Scène est maintenant occupée par un demi-cercle de grands panneaux lumineux, qui prouvent que Two Door Cinema Club ont augmenté leur niveau d’ambition, et qui vont, indéniablement, rajouter du spectacle au set qui va suivre. TDCC, ce l’est plus en fait que le trio Alex Trimble, le chanteur rouquin à la voix stupéfiante, Sam Halliday, le remarquable guitariste au son si caractéristique, et Kevin Baird, le solide bassiste barbu : les autres musiciens ne sont guère que des accompagnateurs pour les tournées… Mais la première surprise de ce soir, c’est indiscutablement le look d’Alex : cheveux longs, barbe rousse et piercing dans le nez, il n’a plus grand-chose à voir avec le presque adolescent trop propret que j’avais découvert à Lollapalooza il y a un peu plus de 3 ans : une affirmation un peu caricaturale de la “maturité” du groupe ? Pourquoi pas, car dès qu’explose Cigarettes in the Theatre, morceau qui ouvrait le premier et génial premier album du groupe – qu’on comparait alors à un “jeune Franz Ferdinand, en plus dansant (sic)”, il est indéniable que nous sommes ce soir face à une formation puissante, qui n’usurpe pas sa place sur la Grande Scène de Rock en Seine. La guitare de Sam Halliday est omniprésente, et devient dantesque dans le contexte spectaculaire de la nuit qui tombe sur St Cloud et du light show superbe qui nous est offert. Two Door Cinema Club est maintenant un groupe qui déménage, soutenu par un son assez énorme mais parfaitement lisible – et je pense combien les nabots de Bastille ont encore à apprendre pour devenir un tant soit peu crédibles face à un public qui n’est pas si différent, dans le fond (jeune et féminin…) : ceci dit, en cherchant la petite bête, certains pourront regretter ces muscles nouveaux chez des gens dont on chérissait la fragilité, mais je ne pense pas que ce soir, on ait envie de bouder notre plaisir. Car les chansons, enfin principalement celles du premier album, “Tourist History” sont toujours absolument irrésistibles, et le bonheur c’est simplement de chanter en chœur et de danser sur – au hasard - Do You Want It All ou sur What You Know.

Le set ne durera qu’une courte heure – les TDCC auraient quand même pu profiter des cinq minutes supplémentaires que le programme leur avait accordées pour nous gratifier d’autres pépites de “Tourist History”, mais bon… La découverte des nouvelles chansons du futur troisième album, à paraître en octobre ne permet pas de trancher : Bad Decisions est un titre funky inégal, sur lequel Alex prend un falsetto qui évoquera la grande époque de Prince et Michael Jackson, tandis que le single Are We ready (Wreck), déjà connu, est efficace dans un style un peu différent de la pop précieuse des deux premiers albums. Bref, on verra bien… En tous cas, tout le monde a l’air content dans le public autour de moi, et je suis prêt à parier que ce set de TDCC restera dans les mémoires comme l’un des meilleurs de cette première journée de Rock en Seine. On a hâte de les revoir pour leur prochaine tournée à l’occasion de la sortie du nouvel album !

2016 08 26 The Last Shadow Puppets RES (6)Une heure dix à attendre encore, un peu plus serrés cette fois du fait de l’arrivée des grappes surexcitées des jeunes fans d’Alex Turner – certaines déjà à moitié en larmes ! Je ne suis pas sûr d’avoir envie de (re)voir The Last Shadow Puppets, malgré mon admiration pour Turner et Kane, tant le style musical de leur duo me laisse largement froid, mais nous sommes si bien placés au premier rang de la Grande Scène que ce serait un peu ridicule de déclarer forfait.

23 h 00 passées : le quatuor à cordes s’installe dans le fond de la scène, à gauche – donc loin de nous qui sommes sur la droite – et commence à s’échauffer. Il nous fait donc patienter un peu avant l’arrivée du groupe, et surtout d’Alex et Miles, accueillis par la public de Rock en Seine comme des dieux vivants. Ca y est, ça y va de sa petite larme un peu partout autour de nous, alors que The Last Shadow Puppets explose littéralement sur scène. Soyons clair, ce ne sera pas vraiment un concert ce soir, au sens où il me semble que la musique n’importera pas beaucoup : niveau sonore finalement exagéré par rapport au style musical, voix d’Alex et de Miles pas formidablement mises en valeur, absence d’une construction émotionnelle quelconque, les chansons d’enchaînant rapidement en semblant s’annuler les unes les autres (un défaut d’ailleurs endémique des sets de Arctic Monkeys, je le remarque à chaque fois)… Non, ce soir, nous sommes conviés à la mise en scène carrément outrancière d’une double célébration : celle de la star Alex Turner par son public, et celle de l’amitié absolue, folle même (de l’amour fou ?) par Miles et Alex, qui ne semblent être ici que l’un pour l’autre.

L’heure et demi que nous allons vivre va être assez incroyable, même si la musique avec laquelle The Last Shadow Puppets va tenter de nous assommer est loin d’être aussi bonne que les fans le disent : Alex Turner, en particulier, n’a plus rien à voir avec le post ado coincé et un peu désagréable des débuts, il arpente la scène, se déhanche, provoque, minaude… on ne l’a jamais vu comme ça… et les filles hurlent ! Miles Kane – qui a pris du poids et de l’âge - quant à lui, a adopté une attitude disons “scorsesienne” de mafieux en peignoir, à la fois débonnaire et agressif. Mais c’est quand ils sont dans les bras l’un de l’autre, et ils le seront beaucoup ce soir, que Miles et Alex nous jouent la bromance absolue, presque l’histoire d’amour : inoubliable duo de plusieurs chansons sur un seul micro, dans les bras l’un de l’autre – capturé par une caméra à bout portant assez envahissante – avec échange de bisous.

2016 08 26 The Last Shadow Puppets RES (73)Si le psychodrame est aussi puissant, cinématographique presque – dommage que les lumières n’aient pas été un peu meilleures que ce rouge omniprésent, car il y avait des photos spectaculaires à prendre de ces poses extatiques ou provocatrices, parfaitement artificielles, et pourtant curieusement touchantes -, c’est aussi que ce soir est le dernier concert de la tournée des Last Shadow Puppets, donc potentiellement THE LAST ONE EVER, comme le laisse à demi entendre Alex, puisque la “formation” n’existe que sporadiquement – avec un schisme de 8 ans cette fois ! Alors que le set se clôt par une version ultra-fidèle et donc ultra-puissante de Moonage Daydream (inévitable hommage à Bowie, on les aurait détestés de ne pas le faire…), je me surprends à mesurer l’incroyable écart entre le show à l’Olympia de 2008 – où la reprise bowienne était In the Heat of the Morning : les deux post adolescents figés derrière leurs micros sont devenus deux stars déjantées, et si le set s’ouvre et se referme exactement de la même manière, entre Calm Like You et In My Room, on sent tout le drame de l’innocence perdue au cours de ces huit ans. Exactement comme Bowie entre “The World of David Bowie” et “Ziggy Stardust”, Alex est passé de la fragilité arrogante de ses jeunes débuts à une sorte de cynisme triste conjuré dans les excès du spectacle.

Je n’ai pas beaucoup parlé de musique, je me contenterai de noter que The Age of Understatement reste la chanson la plus imparable de The Last Shadow Puppets, et que c’était quand même bien sympa de nous offrir une reprise des Cactus de Dutronc.

Il est une heure moins vingt, commence pour Emilie et moi le lent retour à la maison, au milieu de la foule joyeuse mais inévitablement assommée de fatigue et de musique. Une première journée réussie ! »

 

Les musiciens de Bastille sur scène :

2016 08 26 Bastille RES (19)Dan Smith – lead vocals

Kyle Simmons – guitar, bass, piano, keyboards, backing vocals

Will Farquarson – guitar, bass, backing vocals, keyboards

Chris "Woody" Wood – drums, percussion

Charlie Barnes – guitar, piano, backing vocals

 

La setlist du concert de Bastille :

Bad Blood (Bad Blood – 2013)

Laura Palmer (Bad Blood – 2013)

Send Them Off! (new song)

Things We Lost in the Fire (Bad Blood – 2013)

Fake It (new song)

These Streets (Bad Blood – 2013)

The Currents (new song)

No Angels

Good Grief (new song)

Flaws (Bad Blood – 2013)

Two Evils (new song)

Icarus (Bad Blood – 2013)

Snakes (new song)

Of the Night (Bad Blood – 2013)

Pompeii (Bad Blood – 2013)

 

2016 08 26 TDCC RES (28)Les musiciens de Two Door Cinema Club sur scène :

Alex Trimble – lead vocals, rhythm guitar

Sam Halliday – lead guitar, vocals

Kevin Baird – bass, vocals, synths

Benjamin Thompson – drums

Jacob Berry - rhythm guitar, synths

 

La setlist du concert de Two Door Cinema Club :

Cigarettes in the Theatre (Tourist History – 2010)

Undercover Martyn (Tourist History – 2010)

Do You Want it All? (Tourist History – 2010)

This is the Life (Tourist History – 2010)

Changing of the Seasons (Single – 2011)

Sun (Beacon – 2012)

Bad Decisions (new song)

Something Good Can Work (Tourist History – 2010)

Are We Ready? (Wreck) (new song)

Next Year (Beacon – 2012)

Sleep Alone (Beacon – 2012)

Eat That Up, It's Good for You (Tourist History – 2010)

I Can Talk (Tourist History – 2010)

Someday (Beacon – 2012)

What You Know (Tourist History – 2010)

 

2016 08 26 The Last Shadow Puppets RES (82)Les musiciens de The Last Shadow Puppets sur scène :

Alex Turner – vocals, guitar

Miles Kane – vocals, guitar

James Ford – drums, percussion

Zach Dawes – bass, piano, guitar

Tyler Parkford − keyboards, backing vocals

Loren Humphrey − drums, percussion

+ String Quartet

 

La setlist du concert de The Last Shadow Puppets :

Intro (String intro)

Calm Like You (The Age of Understatement – 2008)

Aviation (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Used to Be My Girl (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

The Age Of The Understatement (The Age of Understatement – 2008)

Separate And Ever Deadly (The Age of Understatement – 2008)

My Mistakes Were Made For You (The Age of Understatement – 2008)

The Element of Surprise (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Standing Next To Me (The Age of Understatement – 2008)

The Bourne Identity (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Dracula Teeth (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Miracle Aligner (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Everything You've Come to Expect (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Sweet Dreams, TN (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Bad Habits (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Les cactus (Jacques Dutronc cover)

In My Room (The Age of Understatement – 2008)

(Extended outro)

Encore:

Meeting Place (The Age of Understatement – 2008)

The Dream Synopsis (Everything You’ve Come to Expect – 2016)

Moonage Daydream (David Bowie cover)

 

Ces compte-rendus ont déjà été partiellement publiés, à l'époque, sur mon blog manitasdeplata.net