Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

18 juillet 2021

Olivier Rocabois - Samedi 17 Juillet 2021 - Secret Garden / Life Is a Minestrone (Champigny-sur-Marne)

2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (3)

Il y a plein de gens qui l’ont remarqué, mais certainement pas encore assez de monde au courant : Olivier Rocabois a sorti l’un des plus beaux disques de pop « classique » - on va dire pour expliquer de quoi on parle, dans la lignée de nos chers Divine Comedy et XTC -, de cette année… mais, faute à la pandémie, il n’a pas encore eu l’occasion de le défendre sur scène.

Cette soirée (ou cette fin d’après-midi plutôt) « Secret Garden » a été organisée par l’association Life is a Minestrone : dans un jardin donc, et à une adresse, en Région Parisienne, tenue secrète (sauf bien entendu pour ceux qui avaient confirmé leur présence) ! C’est une chance à ne pas manquer de voir et d’entendre Olivier interpréter pour la première fois l’intégralité – ou presque – de son Olivier Rocabois Goes Too Far en live.

Après des semaines de grisaille, de froid et de pluie, le soleil a miraculeusement fait son apparition cet après-midi : les conditions sont idéales, dans ce beau jardin où des poules assez étranges vaquent à leurs occupations, et où une vingtaine d’invités ont pris place, un verre à la main pour la plupart, pour savourer en direct la beauté de ces chansons à l’humeur romantique et souvent joliment « excessives ».

Olivier est à la guitare acoustique et accompagné par son complice, virtuose et pince-sans-rire, Jan Stümke aux claviers : Olivier porte la même chemise hawaïenne que dans son dernier clip, celui de High is High. Quant à Jan, il est d’une classe folle avec son costar et sa pochette. Si l’on se dit que ça va être a priori un défi de reproduire à deux un album aussi riche, aussi foisonnant que …Goes Too Far à deux, dès le réjouissant High is High, qui vient en second après une intro un peu prudente avec une chanson plus ancienne, on sait que non, pas du tout : la combinaison guitare – piano et la voix vite magnifique d’Olivier (après un démarrage timide où l’on a senti que le « performer » avait perdu l’habitude de chanter face à un public), font naître dans nos têtes des sensations grandioses, symphoniques parfois même.

2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (0)

En se concentrant – ce qui n’est pas facile en plein jour, il faut bien l’admettre –, on retrouve intacte l’émotion que l’on a ressentie en découvrant Sound of Waves, le premier morceau de l’album : ce sentiment de splendeur qui fait que l’on classe désormais Olivier très haut dans la liste de nos compositeurs actuels préférés. Bon, il faut reconnaître qu’il y a indiscutablement quelque chose de Divine Comedy dans la musique d’Olivier, mais on parle de convergence plutôt que d’inspiration… Hometown Boys est le premier sommet du set, avec un final qui soulève littéralement l’âme, une chanson que l’on attend avec impatience de voir jouée sur scène avec tous les musiciens de l’album !

« Je suis super intimidé, en fait… » nous avoue Olivier. D’ailleurs Alors, sur Arise Sir Richard, sa chanson clin d’œil à Ringo Starr dont le texte est plus que conséquent, paf ! Le trou de mémoire ! Pas grave, on reprend au début, personne ne s’en plaindra – et puis le piano est sublime sur cette chanson… Et la meilleure manière de se décontracter, c’est bien sûr de plaisanter : les vannes fusent entre Olivier, Jan, nos hôtes et le public.

Arrive « Une valse en si mineur, The Whip of Chimene ! ». Il s’agit en fait de Ship of Women, un morceau qui survit même à l’amputation de ses cordes pourtant si bouleversantes, grâce à sa mélodie aux airs de chanson de marins bretons et grâce à son texte étonnant (« You are a postman / Thinking he's a rockstar / You're a plumber / Self-convinced he'll become a pornstar / Cause we're underused / Life is very short / We need something more »). Bref, second gros coup de cœur du set…

2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (12)

Si Let Me Laugh Like a Drunk Witch nous est vendue comme « une chanson aussi énergisante que du Weetabix » (hein ?), on se régalera encore bien plus sur la reprise du The Mole from the Ministry, présentée par Olivier comme « une chanson sur l’espionnage et les drogues de synthèse », des Dukes of the Stratosphear (alias XTC, pour ceux qui l’ignoreraient) : dépouillé de ses bizarreries psychédélico-délirantes, c’est un joyau pop dont Olivier sublime la mélodie pour nous.

Après un Coming of Spring en « hommage à Jim Morrison », il est temps de boucler le set (cela fait plus d’une heure qu’on savoure cette musique étonnante…) avec I’d Like to Make My Exit with Panache… Et My Wounds Started Healing, seul absent de l’album sur la setlist, alors ? Olivier expliquera qu’il faut vraiment plus de musiciens pour le jouer, on attendra donc le passage sur scène avec un groupe, prévu pour septembre.

On se quitte avec un vrai / faux rappel, Over the Moon, une « chanson maudite enregistrée 3 fois en 4 ans... » et visiblement aimée par les fidèles qui sont là… puis en se donnant rendez-vous pour très, très bientôt.

Bravo et merci à Life is a Minestrone pour cette initiative, qui fait vivre la musique en cette période de transition, où l’on ne sait pas encore « sur quel pied danser ». En tout cas, dans ce jardin secret du mois de juillet, on a eu le temps d’un concert la tête dans les étoiles.

 

La setlist du concert d’Olivier Rocabois :

Ever Your Friend (All If – Absolute Poetry – 2017)

High as High (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

The Sound of the Waves (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

Zombie Apocalypse Mango Survival Kit

Hometown Boys (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

Arise Sir Richard (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

Green Green Gardens (All If – Absolute Poetry – 2017)

Ship of Women (Single – 2019)

2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (18)

Let Me Laugh Like a Drunk Witch (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

Tonight I Need (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

The Mole from the Ministry (The Dukes of Stratosphear cover)

In My Drunken Dreamscape (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

The Coming of Spring

I’d Like to Make My Exit with Panache (Olivier Rocabois Goes Too Far – 2021)

Encore

Over the Moon

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11 juillet 2021

We Hate You Please Die / Cheap Teen au Tremplin Rock & Folk Radio - Samedi 10 Juillet 2021 - Terrasse du Trabendo

2021 07 10 Tremplin Rock & Folk Radio Supersonic @ Trabendo Billet

C’est avec un peu d’hésitation que nous nous sommes rendus à 19h à la Terrasse du Trabendo, pour la finale du Tremplin de Rock & Folk Radio, tant l’idée d’enchaîner autant de sets à la suite, avec des groupes que nous ne connaissions pas ou pas assez – mis à part les étonnants Cheap Teen – nous paraissait épuisante à l’avance. Mais voilà, c’est We Hate You Please Die qui a été rajouté au dernier moment au programme et qui va conclure la soirée : avec un album de la trempe de Can’t Wait to Be Fine à défendre, on ne pouvait s’attendre qu’au meilleur…

Bon, on nous explique d'emblée les règles du jeu : chaque groupe a 30 minutes pour nous convaincre, ensuite on vote par SMS, etc. On se dit que, du coup, ce sera le groupe qui aura ramené le plus de monde avec lui qui gagnera, et pas forcément le plus talentueux. A la fin, on découvrira que les votes du public ne comptent qu’à 50% et que le reste des voix est donnée par un jury…

2021 07 10 Orange Signal Supersonic @ Trabendo (9)

20h : Le Tremplin commence avec Orange Signal, un jeune groupe de Lyon. La famille et les amis sont bien là pour soutenir, et il règne une ambiance bon enfant bien sympathique. Sur scène, avec trois guitares, ces jeunes gens la jouent plutôt classic rock US, ce qui change finalement agréablement des influences habituelles de la scène Rock actuelle. Tout n’est pas encore très carré chez Orange Signal, et les meilleurs moments de leur set seront finalement les moins « électriques » : un Some Rest qui propose une alternance bien vue de moments calmes et d'accélérations, ou un New Beginning, chanté à quatre voix, avec l’aide d’une seule guitare acoustique… A noter que tout cela est bien chanté, ce qui confirme que le jeune Rock français a vaincu son problème endémique d'absence de vrais chanteurs (même s'il a fallu pour ça passer à l'anglais...). Avec un peu plus de maturité, tout cela pourrait devenir intéressant…

2021 07 10 Cheap Teen Supersonic @ Trabendo (15)

20h55 : Depuis la dernière fois qu’on les a vus, au même endroit il y a presque un an, en première partie de Bandit Bandit, Cheap Teen a encore fait de beaux progrès : leur garage punk a gagné en originalité, en maturité aussi : avec plus de syncopes, plus de dissonances, plus de rythmes dansants aussi, même s’il reste heureusement plein de larsens, de distorsion et de coups de colère. Le chanteur-guitariste est toujours très intense, très absorbé dans sa musique, et son parlé-chanté est très efficace. Mais Cheap Teen n’est pas que cérébral, il offre toujours de belles accélérations qui soulèvent l'enthousiasme dans la fosse (magnifiques moments de folie sur Down by the Castle, par exemple). « Fuck this country, fuck this nation ! » : Right Now nous a été présentée comme une chanson d'amour, mais le chanteur vient se confronter au premier rang avec une détermination impressionnante. Sur No Future, il entre dans le moshpit porté par les danseurs : punk un jour, punk toujours... Follow Me conclut le set dans une frénésie totale et avec un sentiment d’apocalypse sonore. Notre verdict : Cheap Teen va être difficile à battre, ce soir...

2021 07 10 Figurz Supersonic @ Trabendo (8)

21h45 : On change radicalement de registre avec FIGURZ, un trio de Montpellier à l’excellente réputation. La configuration du groupe est inhabituelle : deux guitares et une batterie. Curieusement, par rapport à leur bel album, Another Kid Comedy, le côté pop / Arctic Monkeys (à cause du chant qui évoque la voix d’Alex Tuner) disparaît largement en faveur d’une ambiance un peu « stoner » : Pearl, en intro, nous emporte bien, mais dès la seconde chanson, Smuggler, le chanteur a un problème de guitare, qui oblige ses acolytes à nous faire patienter sans lui… Ironique, si on a bien compris que la maison Gibson a prêté ses guitares (mais on se trompe peut-être…) : il devra finalement en emprunter une à Luc de Orange Signal, mais la dynamique du set est cassée, avec une petite dizaine de minutes de passage à vide, avant que FIGURZ reprenne le dessus et puisse terminer son morceau. Mustang, un morceau qui sonne très heavy, relance la machine : ça tape dur et les deux guitares font maintenant des merveilles. June, plus lent, permet d'apprécier la maîtrise des musiciens, vraiment remarquable. Le dernier morceau, Matchers, démarre un parfait générique de fin d'un roadmovie US, avant un passage lourd et une montée en puissance finale avec une explosion de riffs. Malheureusement, sans doute à cause du problème technique du début, voilà un set qui a manqué un peu d'âme, et ne semble d’ailleurs pas avoir captivé le public plus que ça. En tout cas, c’est un groupe original, déjà en pleine maîtrise de son style, qu’il nous faudra revoir très vite…

2021 07 10 Bilbao Kung Fu Supersonic @ Trabendo (7)

22h45 : Bilbao Kung-Fu, c'est vraiment autre chose. D’abord, on se dit que ces jeunes gens sont bien barrés dans leur tête : avec un look qui semble sorti des « Bronzés » (… même si le t-shirt Sonic Youth du batteur aurait dû nous servir d'avertissement), des paroles en français plutôt simples (« J’aperçois l’Arc-en-Ciel / Il est si réel… ». Second degré ?), mais le tout joué avec une puissance de feu tétanisante. Les deux guitares font un bordel d'enfer et la Terrasse du Trabendo explose littéralement. Tout le monde braille en chœur : « J’aperçois l’arc en ciel ! », et je me rends compte qu’on peut envoyer balader le second degré, il y a une force de conviction incroyable dans cette musique. Les solos nous déchirent les tympans, prévoir des méga acouphènes pour demain. Les passages instrumentaux ne peuvent qu’être qualifiées de pure folie furieuse. Le final du set est littéralement à se taper la tête contre les murs et à se déchirer les cordes vocales. Bilbao Kung-Fu vient de Bordeaux, et ces garçons ont inventé quelque chose d'encore inconnu : une osmose entre Motörhead et les Ramones, dans un esprit Bérurier Noir qui chanterait les hymnes populaires de Téléphone, mais de retour dans les années 70, quand on jouait encore du Rock Psyché avec une conviction qui n’avait pas été usée. Ou bien, je ne sais pas, quelque chose d'autre qui n’a absolument rien à voir avec cette description stupide. Il va falloir explorer ça, et très vite ! Je plains le groupe qui va devoir jouer après Bilbao Kung-Fu…

2021 07 10 We Hate You Please Die Supersonic @ Trabendo (18)

23h35 : … sauf que ce n’est pas n’importe quel groupe qui vient ensuite, c’est We Hate You Please Die ! Du coup, il n’y a pas à s’en faire, le charisme et l’énergie stupéfiante de Raphaël, la puissance de feu du groupe, et la qualité des nouvelles chansons vont faire des miracles, une fois encore.

Il y a d’abord la minute d’intro progressive de Exhausted pour que Raphaël retrouve ses marques, après une année sans concert (« Le dernier vrai concert qu’on a joué, c’était ici, l’année dernière, et c’était de la folie. Il y en a eu un autre après, mais les gens étaient assis, je n’ai pas trop aimé » - Raphaël fait allusion à un court set à la Seine Musicale début octobre 2020…), et aussi pour que nous, nous nous préparions, et puis… la furie WHYPD se déverse. Et le public devient fou, à nouveau : au premier rang, les barrières sont à deux doigts de céder sous la pression, qui ne va d’ailleurs pas baisser un seul instant durant les 55 minutes du set !

Les titres de Can’t Wait to Be fine se succèdent, l’album sera joué dans sa quasi-intégralité, et on peut vérifier que ce renouvellement de la setlist propulse le groupe en avant… même si l’énergie punk est toujours bien là. Au bout de trois ou quatre morceaux, Raphaël, qui donne toujours de sa personne sans mesurer ses efforts, semble déjà physiquement éprouvé, mais il en plaisante : « Bah, c’est pas comme le vélo, en fait… Et d’ailleurs j’aurais peut-être dû en faire, du vélo, pendant tous ces mois… ». Mais il repart à l’assaut du public. Car Raphaël va faire quatre ou cinq incursions dans le moshpit (quatre ou cinq ? Au bout d’un moment, on ne les compte plus !), jouissant clairement de la frénésie générale, de ce sentiment de vie, d’intensité que procurent les concerts. Ce sentiment qui nous a tellement manqué pendant ces longs mois de privation.

2021 07 10 We Hate You Please Die Supersonic @ Trabendo (15)

Musicalement, le groupe est toujours terrible, d’ailleurs par moment, on se demande comment fait Joseph avec sa seule guitare pour construire un tel mur du son ! Barney est magnifique, mais c’est quand même Melancholic Rain, l’une des rares chansons survivantes du premier album, qui fait complètement basculer le public dans une extase indescriptible. Et puis Raphaël annonce : « Cette chanson-là, c’est celle que nous jouerons si un jour on nous invite à l’Elysée ! ». We Hate You Please Die, puissante, et assez bouleversante aussi quand Raphël fait chanter tour à tour les personnes du premier rang. D’ailleurs, Raphaël semble très ému ce soir, et ce n’est pas seulement, on le jurerait, un effet de son goût – et de son talent – pour une certaine théâtralité.

On enchaîne par une excellente cover de Bad Girls, de M.I.A., puis vient le trio gagnant de la soirée : Coca Collapse, grande chanson punk, DSM-VI, avec son beau refrain pop qui nous fait penser à chaque fois aux Buzzcocks (un refrain que Rafaël savoure visiblement…), et enfin le majestueux, car totalement désespéré et pourtant rempli d’espoir Can’t Wait to Be Fine.

Et c’est fini. Il est minuit et demi, et nous venons de prendre une sacrée dose de rock’n’roll !

On nous annonce que c’est Cheap Teen qui a gagné le Tremplin, ce qui n’est que justice, vu la qualité des chansons du groupe et leur excellence scénique… même si la prestation de Bilbao Kung-Fu, répétons-le, aura été elle aussi exceptionnelle.

Il est temps de quitter les amis avec lesquels nous avons dansé, hurlé… vécu en fait à nouveau un peu de notre belle « vie d’avant » pendant plus de quatre heures, temps de féliciter les gagnants du Tremplin, forcément très heureux. Et temps de rentrer chez nous essayer de dormir, ce qui ne sera pas facile après une telle excitation. Can’t Wait to Be Fine ? Don’t Wait to be Fine !

 

La setlist du concert de FIGURZ :

Pearl (Another Kid Comedy – 2020)

Smuggler (Another Kid Comedy – 2020)

Mustang (Another Kid Comedy – 2020)

June (Another Kid Comedy – 2020)

Matchers (Another Kid Comedy – 2020)

 

La setlist du concert de Cheap Teen :

4 Boys in a Lake (Questioning One’s Balance EP – 2021)

Dida

Down by the Castle (Questioning One’s Balance EP – 2021)

Stardust

Right Now (Questioning One’s Balance EP – 2021)

No Future

Mainstream

Follow Me

 

La setlist du concert de Bilbao Kung-Fu :

Intro

L’Arc-en-Ciel

Supernova

Recherche des Équilibres

Intro 2

Respecte

Oh !

 

2021 07 10 We Hate You Please Die Supersonic @ Trabendo (12)

La setlist du concert de We Hate You Please Die :

Exhausted + ADHD (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Paula (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Barney (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Vanishing Patience (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Epiphany (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Otterlove (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Luggage (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Terminal (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Melancholic Rain (Kids Are Lo-Fi – 2018)

Minimal Function (Kids Are Lo-Fi – 2018)

We Hate You Please Die (Kids Are Lo-Fi – 2018)

Bad Girls (M.I.A. cover)

Coca Collapse (Waiting Room EP – 2020)

DSM-VI (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Can't Wait To Be Fine (Can’t Wait to Be Fine – 2021)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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10 juillet 2021

Wild Fox en Soirée Take Me Out (Supersonic) - Vendredi 9 Juillet 2021 - Terrasse du Trabendo

2021 07 09 Wild Fox Supersonic @ Trabendo Billet

Ce soir, ça va faire du bruit sur la Terrasse du Trabendo, avec deux jeunes groupes très prometteurs dans leur genre, Purrs, d’Angoulème, et Wild Fox, d’Angers… A condition quand même qu’il ne pleuve pas, le ciel étant plutôt menaçant à l’heure de l’ouverture des portes, à 19 heures. Les organisateurs des soirées Take Me Out ont d’ailleurs remplacé la bâche rouge emblématique qui protégeait partiellement la scène et les premiers rangs (sur la gauche) par un canopy : le matériel des groupes sera mieux protégé en cas de pluie… mais c’est un peu dommage, on l’aimait bien, cette bâche…

2021 07 09 Purrs Supersonic @ Trabendo (19)

20h30 : Purrs, ça veut dire « ronronnements », et ce n’est pas un nom très approprié pour un groupe comme le quatuor d’Angoulème qui nous offre ce soir un post punk intense, avec en sus de très belles parties de guitare. Leur set commence en outre très fort avec Tribe, et ses vocaux énervés qui vont bien et qui donnent envie à tout le monde de chanter avec eux. Mieux encore, certaines fins de morceaux s'avèrent particulièrement puissantes, le groupe devenant alors une machine infernale qu’il semble impossible d’arrêter... Seul petit bémol, une certaine uniformité des compositions, ou tout au moins du niveau d'intensité, ce qui fait que l'attention redescend un peu à la longue. On notera une excellente chanson, plus originale, Navy, « sur la guerre », comme annonce le batteur, en nous encourageant curieusement à faire la guerre devant la scène (on imagine que c’était plutôt un encouragement au pogo…). Le final a été moins concluant (Buzzing), alors que ce set de 40 minutes aurait mérité de se terminer en apothéose… Ils nous ont avoué que cela faisait un an et demi qu’ils n'avaient pas joué sur scène, mais ça ne s'est vraiment pas entendu ce soir. Encore un groupe à suivre dans une France décidément de plus en « Rock » au milieu d’un monde qui ne s’intéresse plus à cette musique…

2021 07 09 Wild Fox Supersonic @ Trabendo (5)

21h45 : Démarrage en force de Wild Fox (à ne pas confondre avec leurs voisins de Nantes, Mad Foxes, bénéficiant eux aussi d’une excellente réputation – décidément, les renards ont la cote dans l’Ouest…) avec Gin Less, un morceau datant de leurs débuts : électrifiant, tendu, élégant, bénéficiant d’une irrésistible accélération punk « classique » sur la fin, voilà une chanson qui met immédiatement tout le monde d’accord, ces mecs ont la classe, et se détachent clairement du lot.

Des musiciens étonnamment jeunes – ce qui fait très plaisir à voir – qui jouent bien, précis et dur, une musique certes riche d’influences, mais dotée finalement d’une vraie personnalité, et donc surtout cette énergie incroyable qui va faire peu à peu basculer la Terrasse tout entière dans une frénésie de pogos : Wild Fox nous offre une superbe expérience ce soir, qui nous console un peu de toutes ces musiques live dont nous avons été privés pendant des mois.

L’un des « trucs » qui accroche avec Wild Fox, ce sont ces parties vocales à deux voix qui dialoguent, qui font régulièrement mouche, une approche qu’on a envie de les encourager à développer : après tout, il n’y a pas tant de groupes français qui ont la chance d’avoir deux chanteurs convaincants dans leurs rangs !

2021 07 09 Wild Fox Supersonic @ Trabendo (11)

Les nouveaux titres du EP sorti en début d’année sonnent logiquement un peu plus « mûrs », mais on ne peut pas parler d’assagissement d’un groupe qui va « envoyer du lourd » tout au long des 45 minutes qui leur sont imparties. On apprécie d’ailleurs beaucoup le nouveau morceau, Zenzile (???), prometteur, avant un final énorme et bruitiste sur Lock, dont on a envie qu’il ne s’arrête jamais… même si on a les oreilles qui sifflent et le dos rompu par les coups – amicaux, entendons-nous bien – reçus de la part des danseurs surexcités pendant que nous nous accrochions aux barrières vite déglinguées qui nous empêchaient à peine de tomber.

Bref, « un pur moment de rock’n’roll », comme disait l’autre, il y a si longtemps déjà. Merci à Purrs, à Wild Fox, et bien sûr une fois encore au Trabendo et au Supersonic.

 

Les musiciens de Wild Fox sur scène :

Jack – Guitare et chant

Josic – Guitare et chant

Lucas – basse

Jean -batterie

 

2021 07 09 Wild Fox Supersonic @ Trabendo (15)

La setlist du concert de Wild Fox :

Gin Less (Sly Taste EP – 2018)

Mursees (Wanker’s Juice EP – 2019)

Under Rod's Mind (Night Has Come EP – 2021)

Chester (Wanker’s Juice EP – 2019)

Silver Bones (Night Has Come EP – 2021)

Feel (Night Has Come EP – 2021)

Way Down (Night Has Come EP – 2021)

Numb Legs (Night Has Come EP – 2021)

Zenzile (new song)

Lock (Wanker’s Juice EP – 2019)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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03 juillet 2021

Fuzzy Vox en Soirée Take Me Out (Supersonic) - Vendredi 2 Juillet 2021 - Terrasse du Trabendo

2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo Billet

Et un an plus tard, on se retrouve au même endroit - la terrasse du Trabendo - plus ou moins dans la même situation - même si la situation sanitaire est un peu moins tendue, en attendant un mois de septembre qu'on nous promet difficile… Les soirées Take Me Out (sans le A du mois d’août, cette fois…) du Supersonic, c'est notre bulle d'oxygène et de bonheur de l'été. Pas de groupes étrangers en tournée, et c’est tant mieux pour l'excellente scène française qui récoltera, on l'espère, un peu plus d'attention à une époque où le Rock n'est plus une musique po-pu-lai-re. Même si le temps en ce début de mois de juillet n'est guère de saison, on a bien l'intention de passer une soirée torride avec Fuzzy Box !

2021 07 02 WHACKS Supersonic @ Trabendo (10)

20h35 : WHACKS, c'est le punk rock idéal pour ceux qui se souviennent encore - même si l'âge les a rattrapés - de 1976, quand quelque chose de nouveau, d’inédit, s’apprêtait à exploser dans les caves londoniennes. Ce mélange d'énergie, de léger cynisme, et d’aspiration à la plus grande simplicité faisait qu'on pouvait chanter les chansons en chœur dès la première écoute. Parfait pour le pogo (petit moshpit formé sur la terrasse du Trabendo, avec même quelques beaux exemples de tarés chiants qu'on a envie de latter...), parfait pour s'amuser entre amis en hurlant les refrains, parfait pour se sentir jeunes pour toujours, immortels peut-être en temps de pandémie. Des musiciens qui jouent bien sans faire les malins, un chanteur juste buté comme il faut - un petit air de gosse turbulent qui touche au cœur - mais qui sait faire monter la pression. Que demander de plus ? Un peu plus de maturité ? Leur chanson la plus efficace, Junglemen, ils disent l’avoir écrite quand ils avaient 16 ans… En tous cas, vu l'air réjoui de tous ceux qui m'entouraient, ces 35 minutes qui ont paru bien courtes étaient parfaites pour nous. 

2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo (7)

21h45 : « Nous sommes Fuzzy Vox, de Joinville-le-Pont », « Ça fait un an et demi que nous n’avons pas donné de concert ! », « Nous avons fait comme tout le monde, sorti un album en période de confinement, ce n’était peut-être pas une bonne idée ». On avait entendu dire beaucoup de bien du trio Fuzzy Vox, dont la musique était décrite souvent comme du garage rock, du rockabilly, et on ne sait quoi encore... Ah oui, de la déconne ! Et de fait, après quelques sourires bizarres qui laissent augurer du meilleur, Hugo Fabbri démarre avec un Free aux bonnes sonorités garage qui mettent de bonne humeur. On voit immédiatement que Hugo est né pour être là, sur la scène : il bouge bien, il harangue les spectateurs vite massés contre la barrière comme s’il s’agissait de potes de toujours qu’il peut inciter sans crainte à « foutre le bordel ». Bref il dégage à la fois une sympathie immédiate et une vraie prestance. Avec lui, une section rythmique à l’efficacité sans faille, avec mention particulière pour le batteur à l’excellente technique et qui prend feu régulièrement.

Mais le meilleur chez Fuzzy Vox, et c’est un plaisir de pouvoir dire ça, ce n’est même pas l’énergie qu’ils dégagent (sur la fin, je penserai même un peu aux Fleshtones, sans même mentionner le cérémonial de la célébration de la batterie, pompé (?) sur les maîtres du garage rock). Non, le meilleur, ce sont les chansons, ce qu’on n’écrit pas si souvent que ça à propos de la jeune et dynamique scène Rock française. Dès Stay Here, avec son rythme syncopé et ses dissonances qui évoquent une sorte de mélange entre le premier XTC et le Blur de “Parklife”, on peut dire qu’on est tous emballés ! Starkiller, qui suit, est une véritable bombe, qui donne furieusement envie d’écouter “Program & Control”, ce fameux album à l’excellente réputation sorti en début d’année… Un album que le groupe annonce d’ailleurs jouer dans son intégralité et dans l’ordre ce soir !

2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo (15)

Si Spaceship et Charm – ce dernier avec un très beau final qui monte en puissance – ralentissent un peu l’allure, la suite va faire exploser littéralement la Terrasse du Trabendo, transformée en gigantesque moshpit, nous obligeant à nous accrocher aux barrières qui ont bien du mal à résister à la pression. Pour présenter Endless Conversations, Hugo annonce qu’il parle beaucoup lui-même, et nous suggère de lui crier de « fermer sa gueule » : du coup « Ferme ta gueule ! » deviendra le slogan de la soirée. Quand Mario Kart, célébration du jeu vidéo démarre, Hugo repère une jeune femme aux cheveux bleus en train de slammer et nous prévient : « Si vous la laissez redescendre, on arrête la chanson ! ». Et bien sûr, c’est ce qui se passe… La chanson doit reprendre à son début, et la jeune fille finit propulsée sur scène, et Lola – c’est son nom, nous l’apprendrons vite – terminera le concert comme membre du groupe à part entière, un tambourin à la main. Rien à dire, ces mecs ont vraiment un bon esprit !

Reggaeton chante leur haine – et la nôtre – de la musique du même nom, avant que le set ne se termine sur un Let You Go surprenant, aux accents soul, mais aussi très pop britannique des sixties, voire des seventies. Décidément, Fuzzy Vox a plusieurs cordes à son arc. Rappel mérité, alors que le public ne se calme pas, un rappel qui se termine façon classic rock sur des solos de guitare, de basse et de batterie, pour la plus grande joie de tous.

1h15 de bonnes chansons et d’énergie positive, une soirée de Rock exemplaire, et encore un excellent groupe à rajouter à notre longue liste de gens à suivre. Décidément, et même si nous avons manqué l’ouverture la veille avec Johnny Mafia, l’été au Parc de la Villette s’annonce bien !

Les musiciens de Fuzzy Vox sur scène :

Gregoire Dessons - basse

Hugo Fabbri – chant, guitare

Jeremy Norris - batterie

 

2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo (26)

La setlist du concert de Fuzzy Vox :

Free (Program & Control – 2021)

Clowns (Program & Control – 2021)

Stay Here (Program & Control – 2021)

Starkiller (Program & Control – 2021)

Spaceship (Program & Control – 2021)

Charm (Program & Control – 2021)

Endless Conversations (Program & Control – 2021)

Mario Kart (Program & Control – 2021)

Alone In The Summer (Program & Control – 2021)

Reggaeton (Program & Control – 2021)

Let You Go (Program & Control – 2021)

Encore:

Unknown

I Want Drums (Ba-Da-Boom EP – 2017)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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27 juin 2021

Last Train - Vendredi 26 juin 2021 - Elispace (Beauvais)

2021 06 25 Last Train Elispace Beauvais Billet

De temps en temps, il faut sortir du confort et de l’entre-soi de Paris et de la région parisienne, pour aller se frotter à la réalité du Rock en “Province”, souvent beaucoup plus difficile pour les groupes et les artistes, mais mettant en même temps en valeur l’incroyable travail fait localement par des passionnés de musique live. La difficulté persistante d'assister à des concerts de Rock, alors que la vie artistique reprend, très lentement quand même, nous a conduit à privilégier la bonne ville de Beauvais en ce vendredi soir de juin gris et pluvieux. L'Elispace de Beauvais accueille en effet dans sa grande salle (plus de 4000 places en jauge normale, réduite à moins de 1000 avec sièges et espacement entre les groupes de spectateurs) le festival Blues autour du Zinc, avec pour cette première soirée les chouchous de bien des rockers français, les Mulhousiens de Last Train. Le problème est qu'à 19h30, heure programmée pour le début des hostilités, le public reste bien clairsemé, ce qui fait quand même de la peine quand on pense au travail fourni par les organisateurs de ce festival, plusieurs fois repoussé pour cause de pandémie…

2021 06 25 Nijinski Elispace Beauvais (21)

19h35 : on n'est pas forcément optimistes au départ quant à NiJinski, le groupe local en première partie. Heureusement on a tort… NiJinski est un trio - guitare, chant, basse, pas de batterie, remplacée par une boîte à rythme - qui attaque d’abord dans un registre de chanson française “à texte”, porté par un bon son assez rude, dont une guitare parfois abrasive. Le chanteur a une vraie présence et une voix grave et abîmée qui en impose. Les morceaux suivants sont plus classiquement rock, voire même pop (sans perdre pour autant leur rudesse…), chantés en anglais. On revient à un beau morceau atmosphérique en français, racontant une histoire d'amour de Tennessee Williams (Little Horse ?), avant une seconde partie du set plus blues rock : on oscille disons entre Bashung et Arno, pour situer un peu le genre. Le dernier morceau, assez accrocheur (Facel Vega ?), sur l'accident de voiture qui coûta la vie à Albert Camus, a un texte qui joue de manière ludique avec les titres des œuvres de l’écrivain. 40 minutes plutôt stimulantes, une sorte de proposition très française - avec les références littéraires, donc - mais néanmoins Rock.

2021 06 25 Last Train Elispace Beauvais (1)

20h35 : la salle s’est bien remplie derrière nous, même si on est loin d’afficher complet ce soir, quand Last Train entre en scène sur un thème d’Ennio Morricone qui fait frissonner. Le look du groupe est un peu moins "noir et blanc" que lors de leur mémorable concert du Trianon en novembre 2019, mais leur volonté d’en découdre est inentamée, voire même décuplée par l’attente. Et on imagine bien que le spectacle de ce public assis à distance de la scène doit être frustrant pour ce groupe habitué à être au contact avec ses fans !

« This is the end of everything, A bunch of ashes into the wind » : les paroles de All Alone résonnent encore plus fort dans cette grande salle trop vide, devant un public assis et masqué, qui se contente de dodeliner de la tête sous l’assaut sonique du quatuor. Le son est parfait, même s’il aurait pu être un peu plus fort, le groupe joue compact et méchant, les deux guitares crachent de la lave en fusion, et Jean-Noël me semble chanter mieux que jamais. Nous sommes partis pour une heure de montagnes russes émotionnelles, la grande spécialité de Last Train : montées en puissance, oasis de calme, déchaînements torrentiels, accélérations, coups d’arrêt soudains… Cette musique, pas toujours facile à habiter, à apprivoiser sur disque, prend tout son sens sur scène, à travers la violence des échanges, grâce aux postures des musiciens qui sont comme des combattants, et surtout de par la générosité d’un groupe qui n’arrête pas de DONNER à son public.

Les lumières sont contenues, souvent dans le dos des musiciens qui apparaissent la plupart du temps seulement comme des silhouettes, interprétant une chorégraphie superbe… parfaitement rock’n’roll. On peut qualifier aussi la musique de Last Train de “classic rock”, tant elle repose sur des parties de guitare éblouissantes, mais aussi parce qu’elle ne joue pas le jeu de la mélodie pop, ni celui de la vitesse punk : on est plutôt dans la recherche à travers le son et ses variations de puissance d’une sorte d’EXTASE. Pour prendre le plus de plaisir possible à un concert de Last Train, plutôt que de danser et de frapper dans ses mains, mieux vaut se laisser dériver dans le flux incessant de sensations physiques que font naître les assauts sonores du groupe…

2021 06 25 Last Train Elispace Beauvais (13)

Au bout de trois morceaux, Jean-Noël nous annonce que nous avons l’autorisation de nous lever, pourvu que nous restions à nos places : personne ne se fait prier, tant il est difficile d’absorber physiquement cette musique si on reste assis. L’ambiance monte d’un cran, même s’il nous faut admettre que, sans la folie physique qui règne normalement dans une fosse “en fusion”, un peu de la magie que nous avions goûtée au Trianon sera perdue ce soir.

Mais arrêtons de nous plaindre, et même si Jean-Noël apparaîtra finalement frustré que nous ne nous avancions pas plus vers lui – nous respectons sagement les consignes, nous avons si peur que les concerts de Rock soient à nouveau interdits ! -, quel plaisir de vivre ça à nouveau…

Le rappel sera consacré aux dix minutes du miraculeux The Big Picture, un quasi-blues incantatoire et volcanique, avec son très beau texte sur la difficulté d’aimer : « Sometimes, I wish I could be a decade older / And wave these years goodbye to be with her / So she could turn me into a better man… » et son refrain qu’on chante ou qu’on murmure avec Jean-Noël : « 'Cause she's a woman and so much more / Oh she's a woman ». Morricone revient dans les haut-parleurs, c’est fini. Un peu plus d’une heure quinze de musique exigeante, puissante, régulièrement saisissante, nous a été offerte par l’un des grands groupes de scène français.

Quand est-ce qu’on les revoit ? Et pourquoi ne pas filer à Reims demain pour répéter l’expérience ?

 

Les musiciens de NiJinski sur scène :

Jérôme Jasmine (guitare/chœurs)

Fabrice Leroy (contrebasse/chœurs)

Patrice Juiff (textes, guitare, chant)

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22 juin 2021

KIM - Lundi 21 Juin 2021 - Pop In (Paris)

2021 06 21 KIM Pop In SB 04

La Fête de la Musique, j’ai toujours eu du mal. Je ne comprends pas trop pourquoi il devait y avoir un jour « réservé » à la musique. En cette année 2021, alors que, du fait de la menace toujours présente, de la pandémie, la Fête de la Musique n’aura pas lieu dans la rue, mais seulement dans les bars, les salles, etc., et lorsque l’ami KIM m’a « invité » à venir l’écouter au Pop In Bar, j’ai eu très envie d’y aller.

Si l’on oublie l’incident assez regrettable qui a vu les clients attablés devant le bar arrosés d’eau malodorante – du genre pot de chambre pour être clair -, la soirée en compagnie de KIM et d’une poignée de ses fans, au premier étage, a été assez réussie, avec ce mélange d’intimité, de proximité et de personnalisation du set qui est la grande arme de KIM.

21h05… KIM a apporté son dobro, ce qui va conférer à son set un aspect « root » un peu différent, qui portera clairement ses fruits lors du passage « blues / folk ». Mais sinon, par rapport à son « concert à la maison » de l’année dernière, je trouve KIM moins appliqué, moins soucieux de la qualité de son jeu ou de son interprétation : un jeu de guitare plus basique, la voix qui dérape très souvent quand il monte, on peut dire que ce soir c’est du vrai lo-fi !

Il débute par une chanson que je connais pas, demandée par un autre membre du Pizza Club, Sébastien, puis va explorer son riche répertoire récent, avec lequel je suis plus familier, alternant les hauts et les bas : Confinado – bâclé -, mais Soldiers of Creation (l’un de ses meilleurs titres, à mon avis), formidable ; Push the button non j’veux pas pécho le covid, basique, mais les Chanteuses, plutôt réussi parce que tout le monde chante avec lui ce maraboutdficelle construit à partir des noms de chanteuses qu’il aime… Une chanson plutôt embarrassante sur les Hémorroïdes qu’il a composé sous sa persona scato de Jean-Pierre Fromage, et un morceau dont le texte est de sa femme qui joue habilement sur les ambiguïtés de l’amour, etc.

2021 06 21 KIM Pop In SB 02

Le set est diffusé en live sur le Pizza Club (miracle du smartphone…), on se sent tout de suite plus nombreux ! KIM tente une version « créative » de Life On Mars?, qu’il doit enregistrer pour un acheteur de l’un de ses projets « d’albums uniques », mais comme il ne connaît encore ni les paroles, ni les accords, on va dire que je ne peux pas m’empêcher de l’arrêter en lui disant que la chanson est trop importante pour moi pour qu’il la massacre comme ça. A l’inverse, il nous interprète une interprétation décharnée et bouleversante du On the Beach de Neil Young, soufflant à nouveau le chaud et le froid.

Juste après une reprise élégante d’un titre de Fleetwood Mac, j’aurai droit juste pour moi à son habituelle titre de Daniel Johnston, Casper the Friendly Ghost. On termine ce set, qui aura quasiment duré une heure, par une belle chanson en russe dont le titre m’échappe (forcément). KIM décide que ça ira comme ça, car « on risque de propager le Covid si on reste plus longtemps », encore une de ses idées fantaisistes, mais bon…

Il est temps de rentrer à la maison : la terrasse du Pop In a été nettoyée de ses effluves nauséabondes, et il n’y a guère de fête dans la rue pour un 21 juin, ce qui me va très bien.

Les photos sont de SB, qu'il en soit remercié !

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20 juin 2021

Hoorsees / TH da Freak - Samedi 19 Juin - Boule Noire (Paris)

2021 06 19 Hoorsees & TH Da Freak Boule Noire Billet

En février 2021, les Parisiens vaguement dépressifs – comme ils se décrivent avec humour – de Hoorsees ont sorti leur premier LP, au milieu d’une situation de confinement qui ne se prêtait pas vraiment à une célébration. Ce n’était que partie remise, heureusement, et nous voilà en cet après-midi de juin, quelques jours à peine après la libération (partielle) de Paris, à la Boule Noire pour la « release party » de Hoorsees, l’album. Avec le renfort de TH da Freak, l’un de nos groupes français préférés, et avec deux sets consécutifs, l’un à 17h30, l’autre à 20h30, pour cause de jauge réduite, impossible de ne pas programmer un passage à notre chère Boule Noire, en ce samedi assombri par des menaces de pluies diluviennes sur la Région Parisienne.

2021 036 19 TH Da Freak Boule Noire (15)

18h : On est assis bien sagement sur nos chaises, masqués, savourant quand même une bière fraîche grâce au service à la place mis en place par la salle, en espérant que ce rituel ne perdurera pas trop, quand TH da Freak débute son set. Comme la dernière fois que nous l’avons vu sur la Terrasse du Trabendo, Thoineau est entouré de quatre musiciens sur scène, ce qui nous donne trois guitares : les meilleurs moments d’un set trop court (30 minutes seulement leur sont allouées) seront dus à ces guitares, qui parcourent allègrement un spectre musical très varié. De moins en moins « slacker », de plus en plus rock’n’roll / grunge / classic « heavy » rock / indie pop, la musique de TH da Freak confirme ce soir sa pertinence et son intemporalité. Quelques pics d’énergie ne suffiront pas malheureusement à faire que le public se lève (… mais aurions-nous eu le droit de la faire ?), et la voix de Thoineau aura été trop sous-mixée pour que nous puissions apprécier à leur juste valeur les mélodies des chansons. A moins que la frustration de ne jouer que si peu de temps, en première partie d’une « release party » qui n’était pas le leur ait provoqué ce léger sentiment d’un set trop dans la retenue ? En tous cas, notre foi en TH da Freak reste intacte.

2021 06 19 Hoorsees Boule Noire (15)

18h45 : Très peu de lumière – une constante de la Boule Noire, malheureusement – pour accueillir Hoorsees, qui se lancent d’emblée dans 45 minutes de ce shoegaze léger, pop parfois, qui les caractérise. Et que l’on a appris à connaître et aimer depuis que leur album tourne en boucle chez nous. Alexin a un look moins sage qu’autrefois – pas de cheveux soignés cette fois, comme lors de la Gonzaï Night à la Maro de janvier 2020 : la pandémie est passée par là !

On attaque par Major League, leur hommage à Pavement qui ne ressemble pas à du Pavement, et on est tout de suite plongé dans le bain : une musique aux tonalités claires et à la légèreté bienvenue, qui évoque bien pourtant la nostalgie shoegaze, avec toujours ces tonalités « Cure »… Une sorte de cocon dans lequel il fait bon se lover, se laisser bercer, un cocon à peine déchiré occasionnellement par de belles montées en intensité, comme sur un Give It Up qui fonctionne parfaitement sur scène.

2021 06 19 Hoorsees Boule Noire (10)

La setlist se concentre logiquement sur le nouvel album, mais nous aurons droit à une nouvelle chanson, dont Alexin nous dit que ce sera la première fois qu’ils la jouent sur scène (Jansport ?). Près de la fin, Alexin se demande comment il va faire pour assurer un second set après celui-ci, ayant perdu l’habitude de donner des concerts : il n’est pas le seul, on imagine bien, à avoir à se réadapter à une « vie normale », et encore une fois, de notre côté, on peut se demander pourquoi nous ne nous sommes pas levés une seule fois pendant le set. Surtout que le final de TV & Bad Sports ne manque ni de force, ni de panache !

Voilà, il est 19h30, et nous sommes déjà dehors, laissant nos places aux spectateurs du prochain set. Nous découvrons que Paris a été balayé au cours des deux dernières heures par un véritable déluge. Nous, protégés par la Musique, n’avons rien perçu de cette mini-apocalypse… Soit une belle allégorie du bien que peut nous faire cette musique jouée en live. Cette musique qui est de retour.

 

La setlist du concert de Hoorsees :

Intro

Major League (Hoorsees – 2021)

Teenage Boys (Youth EP – 2017)

Get Tired (Hoorsees – 2021)

Jansport (new song)

Video Games (Hoorsees – 2021)

Give It Up (Hoorsees – 2021)

Merry Grime (Major League of Pain EP – 2019)

Instant Tea (Hoorsees – 2021)

Overdry (Hoorsees – 2021)

Pitfall (Hoorsees – 2021)

TV & Bad Sports (Major League of Pain EP – 2019)

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11 juin 2021

La Femme / Altin Gün au Festival des Inrocks - Jeudi 10 Juin 2021 - Olympia (Paris)

2021 06 10 Festival Inrocks Olympia Billet

Voilà, voilà, c’est reparti... Enfin, c’est ce qu’on essaie de croire en attendant, devant l'Olympia en cette chaude fin d'après-midi de juin, l'ouverture de la salle pour la première soirée du Festival des Inrocks 2021. On fait une photo souvenir de notre très cher fronton lumineux, pour nourrir nos futurs souvenirs. L'organisation de la salle s’avère un peu vacillante quand il s’agit d’assurer un protocole sanitaire compliqué - contrôle des QRs codes attestant de notre bonne santé, vérification des pièces d'identité, bracelets collants distribués aléatoirement, placement par des "ouvreuses" pas bien briefées, etc.  On ne leur en veut pas, on est tellement contents d'être là. Même assis ("les concerts assis, ça ne tient pas debout !" est le nouveau mot d'ordre), avec un siège entre chaque groupe de spectateurs, même sans bière pour cause de bar fermé (alors que tous les bars parisiens sont ouverts... ne cherchez pas la logique !), oui on est contents d'être là... 

2021 06 10 Catastrophe Olympia (9)

19h15 : Catastrophe, un "collectif" français combinant comédie musicale aux effluves 70's avec un esprit farouchement variétés françaises classiques ouvre le bal. Musiciens et danseurs créent un spectacle permanent - qui par moment évoque une version pas tout à fait accomplie du show total offert par David Byrne et sa troupe lors de sa dernière tournée. Les vocaux sont régulièrement très beaux, et le set propose quelques jolies montées en puissance dansantes, voire presque funky, qui enthousiasment un public clairement sevré de danse et de fun. On pense çà et là à Jacques Demy et à Michel Legrand, même s'il y a un petit quelque chose d'un peu anodin dans cette re-création de stéréotypes très français d'une variété certes de haut niveau, mais quand même décalée par rapport à notre temps. La seule chanson en anglais, Party in my Pussy, introduit un peu de non-sens, qui manque dans les textes en français. Bertrand Burgalat fait une apparition en invité de luxe, et nous balance un Homme idéal très classe, très amusant aussi… forcément. Catastrophe demande au public de se lever et de danser sur place en restant devant nos sièges. C'est une toute petite libération, un peu à l'image de ce groupe un peu trop poli et lisse pour soulever - au moins de notre part qui aimons les sensations plus fortes - un vrai enthousiasme. Pourtant le final, plus physique, plus sensuel, de Encore prouve que quelque chose pourrait advenir. 45 minutes qui ont, en tout cas, beaucoup plu au public du festival.

2021 06 10 Altin Gün Olympia (14)

20h17 : dès qu'Altin Gün attaque, on respire. Fini la tiédeur, bienvenue à la transe. Il est d'ailleurs remarquable de constater combien le groupe a progressé depuis leur passage à We Love Green en 2019 ! D'entrée, on retrouve bien cette puissance musicale qui renvoie au psychédélisme californien de la fin des sixties. Et puis, bien sûr, parce que les racines du groupe sont turques, il y a ces ouvertures magnifiques vers la musique traditionnelle, avec Erdinç Ecevit comme toujours impérial et impassible derrière son saz. Et puis le groove devient électro, avec moult effets de synthés très seventies, quand les lumières - avec boule à facettes, obligatoirement - transforment l'Olympia en dance floor. Tout le monde était debout dès le premier morceau : chacun devant son siège mais au moins on pouvait danser, presque comme dans un concert "normal"...

Quand les guitares s'enflamment sur la double rythmique, le tout sur une mélopée orientale, on n'est pas si loin finalement de King Lizzard et ses expériences microtonales, jusqu'à ce que le chant splendide de Merve Dasdemir nous ramène autour de la méditerranée. Bref, un riche voyage à travers le temps et le monde, qui finit en transe sensuelle... qui ne devrait pas finir si vite d'ailleurs. Seulement 50 minutes alors qu'on aurait aimé un set complet de 1h30. Mais c'est la dure loi des festivals. Il faut céder la place aux suivants. Vite, vite, il faudra revoir Altin Gün !

2021 06 10 La Femme Olympia (3)

21h25 : leur dernier album, "Paradigmes", le laissait prévoir...on ne doit plus attendre de la Femme les bons délires scéniques vaguement punks qu'ils nous offraient encore à l'époque de "Mystère"..., et d'ailleurs l'entrée sur scène de la bande de biarrots le prouve : un costume blanc et une perruque blonde pour tout le monde, garçons et filles, pour un look seventies ringard et unisexe, un alignement de claviers, une musique clairement plus calme, avec juste un peu de guitare quand il faut quand même. Même si on chante tous les « pa, pa, pa… » sur Cool Colorado avec un vrai plaisir, l'atmosphère est assez sombre - bon, il n'y a pas non plus beaucoup de lumières sur scène, ce qui nous frustrera pour les photos -, et les chansons sonnent à la fois très pop (la référence Elli & Jacno, toujours…) et presque sépulcrales. Les voix des filles sont un peu plus soignées qu'avant, mais la Femme continue à sonner très amateur – ce qui est quand même une caractéristique gênant la partie du public attirée par des musiciens plus conventionnels.

2021 06 10 La Femme Olympia (20)

En fait, il y a des idées, de l'originalité, mais malheureusement pas beaucoup d'excitation, même si Sacha, toujours aussi déterminé à faire le show, quitte la perruque, puis la veste : exciter le public, jouer de son synthé en se roulant par terre, c’est son truc. On est quand même heureux de retrouver ce côté déjanté du groupe, même si on ne sent plus cette atmosphère de délire collectif qu’on aimait autrefois. Ce qui fait que l'intérêt commence à retomber… quand la Femme nous balance deux chansons punks, dont un Foutre le Bordel au titre bien réjouissant : en l'honneur du bon vieux temps, les copains sont même venus donner un coup de main sur scène… et dans la salle, on sent le bonheur des fans de la première heure. Petit pogo prudent devant nos sièges, oui ça fait du bien... Le concert se terminera dans des atmosphères sombres et sur une version psyché / dark de Vagues, qui dépasse un peu les limites de notre patience.

Près d’une heure dix de set, avec de jolis moments, mais quand même de vrais longueurs durant lesquelles il était difficile de maintenir sinon notre attention, du moins notre enthousiasme.

Ce soir, c’était clairement Altin Gün qui aurait dû faire la tête d’affiche, et on pourrait presque parler d’erreur de programmation de la part des Inrocks (… sans revenir sur la dispensable première partie qui n’était clairement pas à sa place ce soir…). Mais ce sont là de toute manière des critiques presque insignifiantes par rapport au plaisir que nous ont offert les Inrocks et l’Olympia : le plaisir de danser, d’être ensemble, de vibrer à nouveau sur de la musique live. Merci, merci, merci !

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30 mai 2021

Renaldo & Clara - Samedi 29 Mai 2021 - La Salamandra (l'Hospitalet de Llobregat)

2021 05 29 Renaldo & Clara Salamandra Barcelone

Grâce à des chiffres Covid19 plutôt bons et avec un poil d’avance sur la France, l’Espagne a repris une vie (un peu) plus normale, et des concerts sont organisés à nouveau depuis quelques semaines… même si, bien entendu, on parle de jauge réduite, de concerts assis avec masques et distanciation. C’est dans ces conditions, qui, on est bien d’accord, valent mieux que rien, que la Salamandra de Barcelone organise une “édition limitée” de son Let’s Festival, ce qui nous permettra ce soir d’assister, avec moins de 50 personnes, au set de Renaldo & Clara.

2021 05 29 Renaldo & Clara Salamandra Barcelone (11)

Renaldo & Clara, ce n’est pas un duo, mais un groupe que l’on imagine nommé ainsi en référence au film de Bob Dylan (même si je n’ai pas trouvé confirmation de cette hypothèse sur le net) : un groupe constitué autour de la chanteuse catalane Clara Viñals, qui officiait au départ plutôt dans le folk et a abordé avec son dernier album, “l’Amor Fa Calor”, un virage électro peut-être un peu opportuniste. De la musique agréable, facile, qui oscille entre sensibilité atmosphérique et mélodies potentiellement commerciales.

20h30 : sur scène, Clara est accompagnée d’un trio de musiciens – deux claviéristes qui joueront aussi l’un de la guitare et l’autre de la basse, et un batteur – et de deux choristes enjouées qui renforceront la richesse vocale du set tout en mettant une ambiance sympathique. Le son est excellent, mettant en valeur aussi bien les effets de synthés que la délicatesse de la voix de Clara, décidément une très bonne chanteuse si l’on ne craint pas ses intonations infantiles, dans le genre très couru en France aussi d’ailleurs, des “lolitas pop”. La scène de la Salamandra est très haute, ce qui offre une belle visibilité à un public debout, mais s’avère un peu inconfortable quand on est assis, et dans les premiers rangs.

2021 05 29 Renaldo & Clara Salamandra Barcelone (18)

Le set commence par des chansons de “l’Amor Fa Calor”, ce qui tombe bien car c’est le seul que je connais, un album paru l’année dernière mais, d’après ce que j’ai compris, jamais encore interprété sur scène. « D’après ce que j’ai compris »… car si Clara est plutôt bavarde entre les morceaux, qu’elle aime présenter, elle s’exprime… en catalan, qui est loin d’être facile à comprendre, même si on est bien d’accord que la connaissance du français, du portugais et de l’espagnol aide un peu. Bref, elle raconte plein de choses qui font visiblement sourire, voire rire le public local, ce qui est bon signe… mais ne nous éclairera guère sur ses compositions. On a à peu près compris que la Finestra, l’une des meilleures chansons de l’album, avait un rapport avec le confinement et le fait de voir le monde au dehors – pas besoin d’être très malin pour le deviner !

Cette musique à la fois gaie et mélancolique mériterait qu’on danse dessus, mais quand quelques spectateurs – incités par le groupe - tentent de se lever, le personnel de la salle leur demande de se rasseoir : notre liberté a clairement ses limites ! Du coup, le passage le plus réussi du set sera peut-être le moment intimiste où Clara nous interprète le très beau Llindar Absolut en solo, puis Gira-Sols en duo avec l’un des Renaldos…

2021 05 29 Renaldo & Clara Salamandra Barcelone (38)

De manière assez prévisible, mais agréable, la dernière partie du concert sera consacrée aux chansons les plus entraînantes (L'Atur És El Futur, L'Amor Fa Calor), même si l’on peut regretter que le groupe, qui en a clairement le potentiel, ne monte pas plus en intensité et se tient finalement dans une sorte de réserve, certes de bon goût, mais pas très rock’n’roll !

Le set se boucle sur un sing-along (« llum, llum, tut, tut » ou quelque chose du genre…) et on se quittera au bout d’une heure dix minutes charmantes, avec ce doux sentiment d’un (presque) retour à la normale.

Au stand de merchandising, Clara ne vend que des t-shirts, étant en rupture de CDs et de vinyles, m’expliquant – en espagnol, heureusement -, que l’usine de production a des problèmes. C’est quand même ballot, ça… quand on essaie de redémarrer la scène !

 

Les musiciens de Renaldo & Clara sur scène :
Clara Viñals - voix, guitare

Víctor Ayuso - basse, claviers

Genís Bagès - batterie

Hugo Alarcón – guitare, claviers

+ deux choristes

 

2021 05 29 Renaldo & Clara Salamandra Barcelone (36)

La setlist du concert de Renaldo & Clara :
Millions (L'Amor Fa Calor – 2020)

Per Fer-te Una Idea (L'Amor Fa Calor – 2020)

La Finestra (L'Amor Fa Calor – 2020)

Història (L'Amor Fa Calor – 2020)

Monument (Els Afores – 2017)

Una Vegada (L'Amor Fa Calor – 2020)

Els Afores (Els Afores – 2017)

Fent Amics (Els Afores – 2017)

Llindar Absolut (Els Afores – 2017)

Gira-sols (Fruits Del Teu Bosc – 2014)

No Penso en Res (L'Amor Fa Calor – 2020)

D. (Renaldo & Clara EP – 2009)

L'Atur És El Futur (L'Amor Fa Calor – 2020)

Rodones (L'Amor Fa Calor – 2020)

L'Amor Fa Calor (L'Amor Fa Calor – 2020)

Encore:

Uns Graus Més (Els Afores – 2017)

La Finestra (L'Amor Fa Calor – 2020)

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01 mars 2021

Elliott Murphy - Vendredi 9 Octobre 2020 - Le Plan (Ris-Orangis)

2020 10 09 Elliott Murphy Le Plan Billet

Quand nous avions parlé à Elliott Murphy en octobre 2019, à l’époque de la sortie de son excellent nouvel album “Ricochet”, nous avions sereinement pris rendez-vous pour son concert d’anniversaire rituel au New Morning, en mars 2020. Il était totalement impossible d’imaginer alors que le monde allait s’écrouler au début de l’année, et que le set du New Morning serait l’un des tous premiers annulés, quelques jours seulement après le début du confinement. Il n’était donc que justice de faire le trajet jusqu’à Ris-Orangis pour assister au retour sur scène d’Elliott – avec Olivier (Durand) et Melissa (Cox) – dans un Plan nouvellement aménagé pour offrir des concerts assis, dans un parfait respect des règles sanitaires…

2020 10 09 Elliott Murphy Le PLan (4)

Sept mois sans jouer sur scène pour Elliott, ce sont d’après lui les plus longues “vacances” qu’il ait jamais prises, et il faut bien admettre que ça ne doit pas être très facile de revenir face à une petite centaine de personnes assises et masquées. Heureusement, l’ami Olivier est là en support avec sa guitare magique, tandis que Melissa va enrichir les chansons de nappes de violon. Si la salle n’est pas remplie ce soir malgré la jauge réduite – effet de l’éloignement de Ris-Orangis ? manque de publicité faite autour de ce concert ? – on peut compter sur un petit contingent du Murphyland pour animer la salle !

« Oh won't you be my night connection / I'll give you true highway affection / Please don't ask where we're goin' / I'm tryin' to race the light / And we can drive all night… » : Murphy attaque la soirée par le merveilleux Drive All Night, mais dans une version ralentie, rendue mélancolique par l’ajout du violon… qui transforme cette célébration joyeuse de la fougue adolescente et des possibilités d’un futur ouvert à la vie en une sorte de rappel nostalgique de la beauté des choses que nous avons perdues depuis l’arrivée du Covid19… Elliott nous rappelle que le Plan est la salle où il a fait connaissance d’Olivier, même s’il ne se souvient pas exactement de l’année, ou bien ne sait pas la dire en français : s’il a fait de notables progrès dans notre langue (peut-être un effet positif des vacances forcées ?), tout n’est pas encore parfait…

2020 10 09 Elliott Murphy Le PLan (14)

On enchaîne par Made in Freud, un extrait de l’album “Beauregard” quasiment jamais joué en live, mais c’est surtout le magnifique Someday All This Will Be Yours qui sonne particulièrement amer en ce moment : quel est donc ce monde que nous laissons à nos enfants ? La promesse d’avenir inhérente à la paternité a un goût de cendres, et ce set, admettons-le, ne sera pas porté par l’enthousiasme auquel Elliott et Olivier nous ont habitués au fil des années… L’interprétation enlevée du réjouissant – et également très rare sur scène - Deco Dance, illuminée par le violon de Melissa, ne change pas fondamentalement le “mood” de la soirée, d’autant que siffler pour accompagnement Elliott sous le masque n’a rien d’évident ! La colère de What the Fuck is Going On, une « protest song » (à la manière d’Elliott…) écrite à l’occasion de la crise économique de 2008 est tellement pertinente aujourd’hui. Elliott plaisante quand même en nous demandant si nous comprenons son français, sans doute difficile à cause de son fort « accent parisien »,… même si l’accent du Havre d’Olivier est pire !

Fix me a Coffee, tiré de “Soul Surfing”, confirme qu’Elliott a plutôt choisi de nous régaler de raretés ce soir en lieu et place de ses “hits” (enfin, on se comprends…), mais une ligne comme « We have so much in common / our favorite number is 3… » fait toujours son petit effet. Et quand Elliott plaisante en expliquant que son porte-harmonica, acheté en 1971, est « la seule pièce encore d’origine en moi ! », on peut se demander si la nostalgie du temps qui passe ne se conjugue pas à la fatigue que nous ressentons tous à ces concerts qui ne peuvent pas totalement en être ?

Et, de fait, c’est quand la set list embrasse franchement la tristesse délicate de trois immenses chansons, You Never Know What You’re In For, Navy Blue et l’incomparable On Elvis Presley’s Birthday – qui nous brise le cœur à chaque fois -, que le set décolle véritablement, et qu’on retrouve le génie d’Elliott, et les raisons pour lesquelles on n’a jamais cessé de l’adorer depuis son apparition dans nos vies au début des 70’s…

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Mais il est temps de boucler la soirée, avec deux récompenses, A Touch of Kindness – et son solo toujours aussi sidérant d’Olivier – et, bien entendu, Last of the Rock Stars. Elliott nous a demandé de nous lever pour que nous nous sentions tous un peu plus “normaux”…, mais nous ne pouvons bien entendu pas bouger de devant nos sièges…

Petite plaisanterie avant d’interpréter Better Days en rappel, Elliott fait mine d’appeler son ami Springsteen en coulisses pour qu’il le rejoigne, en vain… Bah, la prochaine fois sans doute, quand la fin de la pandémie permettra à Bruce de prendre l’avion à nouveau !

Elliott annonce que le confinement ne l’a pas inspiré, et qu’il a écrit une seule nouvelle chanson, le jour où le confinement a pris fin. Et qu’elle s’appelle Hope. On en restera donc là-dessus, après 1h45, soit une durée de set un peu courte pour Elliott, sur une chanson d’espoir. Dont nous avons tellement besoin.

Merci à Elliott d’être toujours là, à nos côtés, et, bien entendu, au Plan pour cette réorganisation qui nous permet d’assister à nouveau à des concerts ! »

 

Les musiciens d’Elliott Murphy sur scène :
Elliott Murphy – chant, guitare, harmonica

Olivier Durand – guitare, chœurs

Melissa Cox – violon, chœurs

 

2020 10 09 Elliott Murphy Le PLan (32)

La setlist du concert d’Elliott Murphy :
Drive All Night (Just a Story from America – 1977)

Made in Freud (Beauregard – 1998)

Someday All This Will Be Yours (Ricochet -2019)

Take That Devil Out of Me (Elliott Murphy – 2010)

Deco Dance (Night Lights – 1976)

I Want to Talk to You (La Terre Commune – 2001)

What the Fuck Is Going On (Ricochet -2019)

Fix Me a Coffee (Soul Surfing – 2002)

Chelsea Boots (Prodigal Son – 2017)

Alone in My Chair (Prodigal Son – 2017)

You Never Know What You're In For (Night Lights – 1976)

Navy Blue (Notes from the Underground – 2008)

On Elvis Presley's Birthday (12 -1990)

A Touch of Kindness (Coming Home Again – 2007)

Last of the Rock Stars / Shout / Last of the Rock Stars (Aquashow – 1973)

Encore:

Better Days (Bruce Springsteen cover) (Ricochet -2019)

Hope (new song)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

Posté par Excessif à 07:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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