Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

21 octobre 2020

Le Villejuif Underground / Byan's Magic Tears / Hoorsees - Samedi 11 Janvier 2020 - Maroquinerie (Paris)

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie Billet

Pour la reprise de l’année vingt-vingt, alors que Paris reste largement paralysée par la grève des transports et qu’il faut bien du courage aux piétons forcés pour sortir de chez eux et rejoindre les salles de concerts, nous avons joué la sécurité en pariant sur la soirée Gonzaï à la Maroquinerie, avec les joyeux excités du Villejuif Underground (sans doute l’un des groupes les plus cools du moment !) en tête d’affiche, et le shoegaze incandescent de Bryan’s Magic Tears en support. Et avec une soirée alimentée en boissons par la maison Ricard, et annoncée comme archi-complète ! Déception impossible donc !

2020 01 11 Hoorsees Maroquinerie (11)

20h00 : la Maro n’est malheureusement pas encore bien remplie quand les Parisiens de Hoorsees montent sur scène. Hoorsees, c’est avant tout un auteur-compositeur, Alex (ou Alexin ?), qui s’est – judicieusement – adjoint l’aide d’un groupe percutant, pour nous proposer ses chansons en live. Alex d’ailleurs est un excellent chanteur – chose méritant d’être signalée, car les vocaux sont régulièrement une faiblesse des groupes français, même les meilleurs – et également un compositeur notable, puisque toutes les chansons jouées ce soir sont immédiatement catchy. Musicalement, disons qu’on est alternativement dans le Rock anglais à guitares et dans la ligne des 90’s new-yorkaises : même si on peut trouver ça et là des similitudes avec des groupes connus, toutes ces références sont parfaitement digérées et ne sautent pas aux yeux comme c’est parfois le cas. Hoorsees nous offre donc en ouverture de la soirée 35 minutes d’une musique élégante, plutôt inspirée, qui aura le bon goût de conclure le set avec une belle intensité sur TV & Bad Sports. Et en plus, ce qui ne gâche rien, Alex a un joli sens de l’auto-dérision (enfin, on espère…) quand il nous convie au stand de merchandising pour acheter leur disque, et aussi « admirer ses cheveux… ». Bref, Hoorsees, encore plus ou moins inconnu au bataillon, est une jolie découverte, une de plus, au sein d’une scène française vraiment réjouissante !

2020 01 11 Bryans Magic Tears Maroquinerie (4)

21h00 : On a le plaisir de retrouver Bryan’s Magic Tears, un groupe qui décidément ne déçoit jamais avec sa musique estampillée nineties, puissante, mélodieuse et parfois même agressive. Le son est excellent ce soir, et très fort qui plus est, même si la voix de Benjamin Porte est un peu sous-mixée. Bryan’s Magic Tears, ce sont trois guitares en fusion, portées par une rythmique impressionnante : pas de claviers cette fois, Lauriane se concentrant sur la basse, mais honnêtement, ça ne nous aura pas manqué. Durant 50 minutes d’un set qui montera à mi-course à des hauteurs étonnantes, on se laissera emporter dans un tourbillon sonique fascinant… et diablement bienfaisant, avant un final percutant sur un Son of a Witch qui balaie tout sur son passage. Oui, Bryan’s Magic Tears n’est pas loin d’être un grand groupe, de classe internationale : il ne nous reste plus qu’à regretter l’attitude des musiciens ce soir, particulièrement peu démonstratifs, voire peu amicaux (la fatigue ?). C’est dommage, avec un peu plus de communication et de générosité, leur musique en serait encore plus irrésistible…

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie (11)

22h20 : plus d’une demi-heure de retard pour Nathan Roche et son Villejuif Underground, on s’inquiète forcément un peu, craignant un set raccourci. Le public est désormais constitué en grande partie de fans hardcore du groupe, qui sont clairement ici ce soir pour s’amuser. On s’accroche à nos retours au premier rang, en se préparant pour une soirée agitée : gonzo ou gonzaï, comme promis !

Nathan n’a pas l’air trop en forme, entre son écharpe bien chaude qui lui entoure la tête et son explication quant au fait qu’il s’est bousillé le dos et qu’il ne pourra pas danser comme d’habitude (ordre de son ostéopathe !). Il nous explique bien vite qu’ils n’ont eu que le temps de répéter ce nouveau set une seule fois… avant-hier ! Et en plus, on remarquera que Nathan ne connaît pas les textes de ses chansons, puisqu’il doit avoir recours à des anti-sèches pour pouvoir chanter. Bref, la soirée ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, et de fait, le démarrage avec John Forbes et Back Packers est assez poussif, on va dire sympa au plus. Heureusement, le final de Haunted Chateau s’enflamme, et on peut comprendre un peu de quoi il s’agit en fait, avec ce Villejuif Underground paradoxal : un jeune artiste australien, dont le style peut évoquer un Lou Reed laid-back, a été pris en otage par une bande de banlieusards fous furieux qui ont sans doute un fond de nostalgie pour le bordel des années 90, quand entre la Mano Negra, les Wampas ou les Bérus, on savait s’amuser dans la capitale !

Sur scène, c’est un bordel sans nom avec le matériel disposé de manière précaire, avec pour chaque chanson quelques courtes discussions sur ce qu’il convient de faire, et de brefs moments d’improvisation générale, qui voient néanmoins le groupe retomber toujours brillamment sur ses pieds. On prend son mal en patience pendant ce démarrage de set un peu chaotique en admirant Thomas, le fantastique bassiste – malheureusement dans le noir, les éclairages ce soir étant en dessous de ce qu’on attend à la Maroquinerie – dont le jeu de scène spectaculaire n’empêche pas une redoutable efficacité mélodique.

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie (39)

Et puis arrive le morceau emblématique, le Villejuif Underground, et la Maro explose littéralement de bonheur : chaos complet dans la salle, le pastis a dû allumer la mèche, même si c’est une douche de bière qui retombe sur nos têtes aux premiers rangs. Au milieu de la furie joyeuse qui a transformé le parterre de la Maro en salle de récréation d’asile d’aliénés, nous reviennent les souvenirs de semblables moments de bonheur rock’n’rollien : difficile de croire que le Rock serait une musique de vieux, alors que nous sommes entourés de jeunes filles déchainées qui passent visiblement une très bonne soirée en sautant dans tous les sens et en hurlant de plaisir. Soit le genre de chose que tout le hip hop du monde ne pourra jamais leur (nous…) offrir !

A partir de là, pas de repos pour les braves :  Wuhan Girl, Can You Vote for Me? et Post Master Failure sont avant tout d’excellentes raisons de faire n’importe quoi, de bousculer tout le monde. Sur scène, le Ricard coule à flot, d’ailleurs les musiciens de Bryan’s Magic Tears viennent prendre part à la fête, un verre à la main. Nathan paraît régulièrement dépassé par l’énergie et le positivisme de ses compères, visiblement très confiants dans leurs propres capacités à s’en sortir dans n’importe quelle situation !

On approche des 23h30 fatidiques, I Like Pernety serait presque la conclusion idéale, mais on rajoute un dernier morceau pour la route… Devant, nous nous sentons un peu fatigués pour le coup, avec des douleurs un peu partout du fait des coups pris durant la mêlée générale. L’aftershow commence dans la foulée, mais nous décidons de battre en retraite, après une soirée aussi riche en sensations fortes… D’autant qu’il faut songer à rentrer chez soi, sans métro…

Bref, nous Parisiens, aimons souvent considérer que la vie commence en deçà du périphérique, mais une chose est désormais certaine : "Villejuif is burning !"

 

La setlist du concert de Hoorsees

Intro

Major League of Pain

Get Tired

Merry Grime (Major League of Pain – 2019)

Give It Up

Horror Sees (Major League of Pain – 2019)

Boyhood (Major League of Pain – 2019)

Pitfall (Youth EP – 2017)

Overdry

TV & Bad Sports (Major League of Pain – 2019)

 

La setlist du concert de Bryan’s Magic Tears

4 AM (4AM – 2018)

Marry Me (4AM – 2018)

CEO (4AM – 2018)

Happy and Tired (Bryan’s Magic Tears – 2016)

Change (4AM – 2018)

Ghetto Blaster (4AM – 2018)

Slamino Days (4AM – 2018)

Sweet Jesus (4AM – 2018)

Son of a Witch (Bryan’s Magic Tears – 2016)

 

La setlist du concert du Villejuif Underground

John Forbes (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Backpackers (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Haunted Château (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Ghost of the Water (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Les Huîtres à Cancale (nouvelle chanson)

I'm Sorry J.C (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Le Villejuif Underground (Heavy Black Matter – 2016)

Wuhan Girl (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Since Everything Changes (le Villejuif Underground – 2016)

Can You Vote for Me? (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Post Master Failure (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Encore:

I Like Pernety (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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16 octobre 2020

Katerine - Lundi 16 Décembre 2019 - Cigale (Paris)

2019 12 16 Katerine Cigale Billet

Philippe Katerine est un artiste grand public, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il ne soit pas singulier, audacieux, etc. Il l’est même sans doute bien plus que la majorité des groupes de rock français, sans même parler des artistes hip hop ou r’n’b ! Mais c’est plutôt que faire la queue devant la Cigale avec le public de Katerine est une expérience bien différente de celle que nous vivons normalement avant un concert : tout cela est bel et bien très sage, et même l’énervement général créé par le mouvement de grève actuel ne semble pas toucher les fans du plus célèbre vendéen de France, tout heureux d’être là, d’avoir réussi à trouver une place pour cette première soirée à la Cigale, logiquement sold out…

2019 12 16 Eveno Cigale Paris (3)

19h50 : après un faux départ de quelques minutes, la voix de Philippe Katerine nous annonce Eveno (prénom Philippe) en "vedette américaine". En fait un quinqua fringant en costume, qui mélange virtuosité à la guitare classique et comique façon années 50. Il fait donc chanter aux premiers rangs, visiblement ravis, Petit Papa Noël, la Marseillaise et puis… la Reine d'Angleterre ! Il se lance dans une parodie de flamenco qui fera grincer les dents des amateurs de cette belle musique, puis dans une bossa nova clicheteuse. Il dédiera l'une de ses deux seules chansons à Anna Karina, décédée aujourd'hui, avant de nous offrir un sketch grotesque où il fait l'amour à sa guitare, lui faisant du coup un bébé - une petite guitare... Puis il termine ses 20 minutes par Dans la vie faut pas s'en faire… Le public applaudit, on dirait presque que les gens ont passé un bon moment. Accablant, c'est le mot qui nous vient à l'esprit… Tiens, Eveno est en fait un collaborateur musical de Philippe Katerine... mais il aurait fait une bonne première partie pour les Stranglers au début des années 80…

20h30 : l’entrée des musiciens sur scène se fait par les narines d’un grand nez gonflable, avec poils et tout et tout. Tout le monde est habillé, non pas en crotte de nez, mais en pyjama pour bébés moulant, ce qui ne s’avère pas forcément très seyant, surtout porté par Philippe Katerine (… mais c’est bien entendu volontaire…), lui-même dissimulant partiellement sa bedaine et ses genitalia grâce à un boa noir du plus bel effet. Il est accompagné par cinq musiciens : un guitariste, une bassiste, deux claviers et un batteur, et disons tout de suite que, si le son sera impeccable toute la soirée, on ne peut pas dire non plus que le groupe soit particulièrement original ni puissant. Mais nous supposerons que personne n’est là ce soir pour les musiciens, mais bien pour cet étrange énergumène, tellement brillant et tellement décalé, qu’est Katerine.

2019 12 16 Katerine Cigale (2)

On attaque par le formidable BB Panda, avec sa mini-charge parodique anti-Macron (…qui ne sait pas reconnaître les champignons), et qui permet quand même à Katerine de nous chanter que nous sommes tous de C.O.N.S. Stone avec Toi fonctionne bien mieux que sur l’album, et juste quand on se souvient que la soirée va être consacrée à l’intégralité de “Confessions”, Katerine nous fait le grand plaisir de son inoubliable Louxor J’adore : rien à dire, ça envoie, c’est toujours aussi drôle et efficace, même si c’est surtout un grand moment de comédie, entre le public et Katerine, chacun jouant avec délectation son rôle. « Et je coupe le son ! » 

La banane a évidemment le même rôle fédérateur vis-à-vis du public, mais Katerine va ensuite nous proposer de revisiter un certain nombre de ses chansons dans un “pot-pourri”, ce qui va nous valoir un grand quart d’heure de doux délire – et d’hilarité – générale alors que vont se succéder des scénettes plus ou moins théâtrales, qui, soyons réalistes, représentent finalement le cœur de la popularité de Katerine : si son gag prémonitoire sur Marine Le Pen – avec en plus l’usage des fameux faux-nez phalliques et fausses oreilles - fait rétrospectivement froid dans le dos, le jeu de dégoût sur la Moustache ne va quand même pas très loin… Le set se termine au bout d’une heure – ou, du moins semble se terminer – sur un 88% efficace, avec l’aide évidemment bienvenue de Lomepal.

2019 12 16 Katerine Cigale (15)

Avouons que nous sommes quand même un peu déçus, à ce stade : malgré le charisme scénique, voire même l’autorité naturelle, de Philippe Katerine, sa facilité à jouer à l’amuseur public a emmené le set vers une inconséquence, qui est en dessous de ce que l’on attend d’un artiste aussi ambitieux…

… Heureusement, il ne s’agissait que d’un entracte, avec changement de costume pour Katerine et sa troupe… et on a envie de dire que les “les choses sérieuses vont commencer”. Oui, car la seconde partie du concert, celle où Katerine et ses musiciens ont revêtus d’élégantes vestes, va s’avérer d’un tout autre calibre. On enchaîne les meilleurs titres de “Confessions”, comme La Converse avec Vous, ou en tout cas les plus “près de l’os” comme le déchirant Aimez-moi. En costume bleu clair, oui, Katerine fait son âge, et sa sûreté artistique impressionne sur ces chansons où l’émotion affleure… Incorrigible, Katerine nous simule une crise cardiaque, pour réapparaître torse nu, serviette autour du coup, et nous rassurer… Pas certain que ce genre de mise en scène ajoute quoi que ce soit à des chansons aussi inspirées qu’un Parivélib’, capable de nous faire aimer à nouveau notre ville en dépit du chaos actuel.

Et il nous reste encore le rappel : en chemise de nuit transparente et couronné de plumes, le clown semble nous être revenu. Sauf qu’il est seul, et que, a cappella, il nous chante un Moment Parfait. Et que c’est absolument bouleversant. A pleurer même de tant de beauté. A côté de moi, un fan s’écrie : « Philippe, tu es un poète ! ». Il a raison bien sûr, mais quand on a vécu ces deux minutes de pure suspension du temps qu’a été Moment Parfait, ce n’est même pas la peine de souligner l’évidence : Philippe Katerine est GRAND. »

 

2019 12 16 Katerine Cigale (37)

La setlist du concert de Katerine :

Première partie

BB Panda (Confessions – 2019)

Stone avec toi (Confessions – 2019)

Louxor J'adore (Robots après Tout – 2005)

Compliqué (Le Film – 2016) (a capella)

Blond (Confessions – 2019)

La banane (Philippe Katerine – 2010)

Amour (Planète Rap) / Excuse-Moi (Robots après Tout – 2005)

Le Grand Medley : Point noir sur feuille blanche (Confessions – 2019) / Des Bisoux (Philippe Katerine – 2010) / Moustache (Philippe Katerine – 2010) / Le 20-04-2005 (Robots après Tout – 2005) / KeskesséKcetruc (Confessions – 2019) / La Reine d'Angleterre (Philippe Katerine – 2010) / Philippe (Philippe Katerine – 2010) / Rêve Affreux (Confessions – 2019) / Des Bisoux (Philippe Katerine – 2010) / Point noir sur feuille blanche (Confessions – 2019)

La clef (Confessions – 2019)

88% (Confessions – 2019)

Deuxième partie

Bonhommes (Confessions – 2019)

Aimez-moi (Confessions – 2019)

La converse avec vous (Confessions – 2019)

Duo (Confessions – 2019)

Patouseul (Magnum – 2014)

Parivelib' (Philippe Katerine – 2010)

Madame De (Confessions – 2019)

Encore:

Moment parfait (Le Film – 2016) (a capella)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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11 octobre 2020

L'Epée / You Said Strange - Samedi 14 Décembre 2019 - Cigale (Paris)

2019 12 14 L Epée Cigale

Pour ceux d’entre nous, les plus aguerris, qui se souviennent des années 70, l’existence de “super-groupes” était à l’époque un grand sujet d’hilarité : ces musiciens, souvent parvenus à un succès notable dans leur formation d’origine, qui s’acoquinaient entre eux pour monter de nouvelles structures, la plupart du temps temporaires, nous semblaient la plupart du temps ridicules, le résultat de l’accumulation de noms célèbres en une alliance improbable ne donnant dans 99% des cas qu’une musique sans intérêt. Il était facile de comprendre le besoin de retrouver un peu de liberté en dehors d’un groupe connu, voire le plaisir de s’amuser entre copains, mais pourquoi donc nous infliger ces albums informes qui résultèrent généralement de ces parenthèses pas si enchantées que ça ?

L’Épée est peut-être un supergroupe, combinant nos Limiñanas préférés, Anton Newcombe en vacances de son Brian Jonestown Massacre, et enfin Emmanuelle Seigner, qui amène au groupe son obsession pour le Velvet Underground et sa voix de chanteuse yéyé française… Mais c’est surtout l’alliance de musiciens hétérogènes décidés à tenter de faire ensemble une musique qu’ils seraient (peut-être ?) incapables de faire seuls : pour faire simple, disons que nos joyeux lurons ont décidé de poursuivre sous le format d’un véritable groupe la collaboration fructueuse entamée en 2018 pour “Shadow People”, le dernier album des Limiñanas… L’existence de l’Épée a donc créé un buzz - logique vu le profil de ses membres -, mais surtout une réelle attente de la part d’un public sevré de démarches musicales originales. Pourtant, la Cigale n’est pas totalement remplie ce soir, sans doute du fait des difficultés de transport causées par la grève massive de la RATP et de la RER qui paralyse Paris…

2019 12 14 You Said Strange Cigale (15)

19h35 : You Said Strange est un quatuor de Normandie, dont la (très bonne) réputation a grandi à force d’aligner méthodiquement des concerts et des tournées. Ils se définissent comme psyché, on a eu surtout le sentiment ce soir à la Cigale d’un shoegazing inspiré, et, il est vrai, un peu plus lumineux peut-être que celui de leurs ancêtres anglais. Sans beaucoup de lumière, par contre, sur scène – sans doute pour respecter la tradition, donc… -, on est obligé de se concentrer sur la musique, ce qui est très bien, car les compositions de You Said Strange sont tout simplement excellentes, accrocheuses dès la première écoute sans être gratuitement pop. L’avant dernier titre, The Way to the Holy War (Jesus), s’avérera le plus marquant, avec une grande intensité – qui manquait peut-être un peu à certains morceaux précédents, mais l’exercice de la première partie dans une salle encore peu remplie n’est pas des plus faciles ! Sur leur site, les Normands parlent pas mal de croyance, de prières, de sainteté, de rédemption : pas forcément le genre de prêchi-prêcha qu’on a l’habitude d’entendre dans le Rock, mais bon, il faut reconnaître que nous avons là un groupe talentueux et singulier.

20h45 : La scène est joliment décorée, avec tapis au sol, lampes exotiques et surtout une splendide épée / symbole en plein centre. Il y a du monde, car en plus du quatuor emblématique de l’Épée aligné sur le devant, nous avons quatre musiciens “au second plan”, contribuant au son assez monstrueux qui sera celui du groupe. On sait qu’à la Cigale on bénéficie la plupart du temps d’un excellent son, et ce soir, ça sera parfait, avec la voix d’Emmanuelle bien audible malgré le déluge de guitares saturées (en moyenne quatre guitares en même temps, et parfois même cinq, ce qui est quand même un vrai bonheur pour les amateurs de l’instrument !).

2019 12 14 L Epée Cigale (8)

Bon, la soirée commence progressivement avec une mise en place sur la narration de la Brigade des Maléfices, où tout ce joli monde prend ses marques. Emmanuelle, entièrement de noire vêtue, assure un show minimal au centre, se contentant d’onduler derrière son micro, et de lever les bras en guise de danse exotique : ce n’est pas vraiment grave, la grande majorité des gens dans la salle étant venus plutôt pour se faire exploser les oreilles sur une version “noise” du Velvet Underground. A droite, ce bon Anton – qui évidemment rameuté ses fans – reste caché derrière ses cheveux, et est assez discret pendant la première partie du set, mais, on va le voir, va se rattraper sur la fin. A gauche, Marie et Lionel constituent le noyau dur de la musique, ou plutôt son cœur battant, ceux qui ajoutent le petit plus d’émotion au cœur de la tempête…

Plus la soirée avance, plus le set prend de l’ampleur, avec des guitares de plus en plus impressionnantes : comme le faisait remarquer un ami, il y a une différence essentielle entre le son et le style d’Anton et ceux de Lionel, et cet écart est à même de créer un déséquilibre, mais ce soir, sans doute avec l’aide des autres guitaristes et du son puissant, une véritable osmose s’opère. Si l’on a pu regretter l’absence de Bertrand Belin sur On Dansait avec Elle, laissant Emmanuelle un tantinet exposée, il faut bien dire que l’enchaînement Shadow People / Ghost Rider est imparable, et balaie toutes les réserves que l’on a pu avoir sur le concept du groupe : si l’album “Diabolique” a quelques faiblesses, celles-ci disparaissent sur scène.

2019 12 14 L Epée Cigale (16)

Le set se termine au bout d’un peu plus d’une heure avec une partie de guitare phénoménale d’Anton sur son Istanbul is Sleepy, le titre qu’il avait écrit pour les Limiñanas. Le bougre est désormais bien à fond, et ça fait vraiment plaisir à voir.

Rappel en forme de déluge d’électricité, avec deux instrumentaux (ou quasi…) surpuissants, Un Rituel Inhabituel et The Train Creep A-Loopin (les Limiñanas, encore…), où les deux guitares de Lionel et Anton font des merveilles. Un niveau sonore un peu plus élevé nous aurait certainement permis d’atteindre l’extase totale, mais la législation française étant ce qu’elle est, nous ne pouvons plus que rêver à ces tourments proches du cataclysme qu’un My Bloody Valentine, par exemple, savait faire naître à la fin du siècle dernier…

On se quittera donc après une heure vingt d’un concert qui a dépassé nos espérances. Les plus cyniques parmi nous n’ont pas pu s’empêcher de remarquer que les seuls vrais moments de folie dans la salle ont été provoqués par les morceaux des Limiñanas : ce n’est pas faux, mais c’est certainement négliger l’importance d’Emmanuelle au sein de ce projet original qu’est L’Épée.

 

2019 12 14 L Epée Cigale (37)

La setlist du concert de l’Epée :

La brigade des maléfices (Diabolique – 2019)

Une lune étrange (Diabolique – 2019)

Last Picture Show (Diabolique – 2019)

Dreams (Diabolique – 2019)

Beginning of sorrows

On dansait avec elle (Diabolique – 2019)

Grande (Diabolique – 2019)

Shadow People (The Limiñanas cover)

Ghost Rider (Diabolique – 2019)

Lou (Diabolique – 2019)

Jacob Wilkins

Shiny Shiny (Ghost Rider EP – 2019)

Istanbul Is Sleepy (The Limiñanas cover)

Encore:

Un rituel inhabituel (Diabolique – 2019)

The Train Creep A-Loopin (The Limiñanas cover)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

 

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06 octobre 2020

!!! - Mardi 3 Décembre 2019 - Maroquinerie (Paris)

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie Billet

Voilà près de 20 ans que !!! (prononcez Chk Chk Chk, bien entendu !) existe, et il est plus qu’un peu douloureux de voir ce groupe new-yorkais extraordinaire confiné en 2019 dans une aussi petite salle (aussi sympathique soit-elle…) que la Maroquinerie… une Maroquinerie heureusement complète pour l’occasion.

2019 12 03 BABii Maroquinerie (1)

20 h 00 : au milieu de la scène est installée une étrange plateforme surélevée, sur laquelle trône un peu de matériel électronique – percussions et ordinateur -, et quand l’heure de la première partie arrive, nous avons la surprise de voir une très jeune femme se hisser dessus, s’installer à genoux, et nous annoncer en riant qu’elle s’appelle BABii, et que ce sera son premier concert à Paris. Si l’on passe sur la curiosité d’assister à un concert entièrement donné à genoux (BABii tient une baguette dans sa main droite, avec laquelle elle frappe occasionnellement les percussions, et son micro dans la gauche), on est d’abord intéressé par l’approche minimaliste d’une artiste qui fait parler d’elle en ce moment de l’autre côté de la Manche : une voix haut perchée, une musique électronique à la fois rêveuse et dramatique, pas mal de samples, voilà une électro qui pourra rappeler dans sa démarche celle de Björk par exemple. Le problème, on s’en aperçoit vite, c’est que tout cela manque et de structure et de consistance, ce qui fait que notre attention s’égare vite. Chaque morceau se termine un peu abruptement, sans logique ni nécessité, et BABii se sent obligée de marquer le coup à chaque fois par un « thank you » assorti d’un rire nerveux vite irritant. Bref, rien ne nous permet d’affirmer que nous aurions assisté là à la naissance d’une future artiste majeure…

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (2)

21 h 00 : en 2019, !!! évolue donc toujours en formation réduite (par rapport à ce que l’on a pu connaître aux débuts du groupe…) de quatre musiciens, et deux vocalistes : Nic Offer, bien sûr, désormais grisonnant, mais sinon largement inchangé, y compris dans ses tenues scéniques improbables (cette fois, un short, un t-shirt et une veste taillés dans le même tissu à carreaux !), et une nouvelle chanteuse au style et à la voix soul assez remarquables, Meah Pace. Andreoni – sublime guitariste et bassiste, rappelons-le, et instrument fondamental de l’excellence scénique du groupe -, Quatterone et Cohen sont heureusement toujours là, fidèles au poste…

Comme le dernier album, “Wallop”, le laissait prévoir, le groupe s’est éloigné du “dance punk” sauvage de ses débuts, et propose désormais de la soul et du funk beaucoup plus consensuels. Le set, annoncé comme l’interprétation live de “Wallop”, va donc principalement être composé des chansons de cet album, frustrant légèrement les fans qui aimeraient comme toujours profiter des grands morceaux incendiaires des débuts ! Néanmoins, n’ayons pas trop d’inquiétude pour autant : si le groupe ne réalise plus désormais ce tour de force qui consistait à mettre le feu à la salle PLUSIEURS FOIS par soirée, il reste maître de ces montées en puissance soudaines qui font qu’il est littéralement impossible de ne pas vibrer à l’unisson et se lancer dans la danse !

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (22)

Nic est resté, et heureusement, égal à lui-même : se comparant ironiquement à un raver des années 90, il passera tout le set soit au contact direct du premier rang, soit à danser au milieu du public. Voici quelqu’un qui est physiquement engagé, d’ailleurs il plaisantera sur les 5 kgs qu’il a perdus depuis le début de la tournée !

Et voilà que, le groupe ayant à peine entamé Freedom ! ’15, la technique les trahit ! Tout le monde s’affaire autour de l’ordinateur pour essayer de comprendre le problème afin de pouvoir le résoudre, tout le monde sauf l’ami Nic, entertainer total qui va donc monter au front tout seul, et proposer d’interpréter un titre à la demande… Bel effort ! Débutant a capella, puis appuyé par les musiciens en mode improvisation, Nic enlève le morceau, et démontre clairement à la fois son talent et sa générosité !

Le set reprend de plus belle, et le public se fâche quand Nic annonce le dernier morceau : sous la pression générale, voilà donc la setlist rallongée pour satisfaire les fans parisiens ! On termine par une version très fun et irrésistible de This Is the Door, avec dialogue / dispute entre amoureux (Meah et Nic) plus vraie que nature. Un petit régal…

Tout le monde attend, espère, réclame Yadnus, nous aurons droit à la place à All My Heroes are Weirdoes pour nous rappeler combien était efficace le bon vieux dance punk d’antan. Avec un jeu de basse infernal de la part de Mario Andreoni, Slyd termine la soirée sur une haute note d’excitation… Termine… ? Non ! Car le public bien chauffé refuse de quitter la salle ! Et voilà Nic, Meah et les autres qui reviennent encore une fois, visiblement ravis de l’accueil reçu ce soir.

Eh oui, une bonne heure et demie passée à danser, un grand sourire jusqu’aux deux oreilles, c’est le cadeau bienfaisant que nous offert !!! en cette froide soirée d’hiver, dans une Maroquinerie torride !

 

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (36)

Les musiciens de !!! sur scène :

Nic Offer – vocals

Rafael Cohen – vocals, guitar, keyboards

Mario Andreoni – guitar, bass

Dan Gorman – keyboards, percussion, background vocals

Paul Quattrone – drums

Meah Pace - vocals

 

La setlist du concert de !!! (reconstituée de mémoire, car différente de celle apparaissant sur le papier, le set ayant été modifié du fait des problèmes techniques du groupe et des demandes du public !) :

$50 Million (Wallop – 2019)

Couldn't Have Known (Wallop – 2019)

Off the Grid (Wallop – 2019)

In the Grid (Wallop – 2019)

Serbia Drums (Wallop – 2019)

Dancing Is the Best Revenge (Shake the Shudder – 2017)

Slow Motion (Wallop – 2019)

Bassline

Freedom! '15 (As If – 2015) (cut short due to sound issues)

Must Be the Moon (Myth Takes – 2007) (audience request)

NRGQ (Shake the Shudder – 2017)

Rythm of the Gravity

My Fault (Wallop – 2019)

One Girl / One Boy (Thr!!!er – 2013)

This Is the Door (Wallop – 2019)

Encore :

All My Heroes are Weirdoes (Myth Takes – 2007)

Slyd (Thr!!!er – 2013)

Encore 2 :

All U Writers (As If – 2015)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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01 octobre 2020

Robert Forster - Jeudi 28 Novembre 2019 - Boule Noire (Paris)

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire Billet

Cela a été très difficile ce soir de choisir de ne pas aller au Trabendo applaudir le meilleur groupe scénique actuel, The Psychotic Monks, pour rejoindre un public très mûr (doux aphorisme) à la Boule Noire et accueillir l'un des rares passages en France d'un artiste australien qui marqua les années 80 : Robert Forster, co-leader des fantastiques Go-Betweens, un homme à qui il nous semblait impensable de ne pas aller témoigner tout le respect qu'il mérite. Surtout que l'on ne parle pas d'un artiste épuisé, auquel on n'accorderait que le crédit de la nostalgie, puisqu'il a publié cette année l'un de ses tous meilleurs albums, “Inferno”, rempli de mélodies irrésistibles, de textes sincères et malins, et porteur d'une vision aussi simple que profondément décalée par rapport à notre époque.

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (5)

20h40 : Robert Forster nous avait promis de venir accompagné de son épouse au violon – d’ailleurs c’était même inscrit sur le billet… - mais il est bel et bien seul, avec sa guitare acoustique, sur la scène de la Boule Noire, par ailleurs remplie de fidèles des Go-Betweens. On aurait aimé avoir un mot d’explication sur cette absence, mais on n’en saura rien de plus…

En attaquant son set par trois chansons de son ancien groupe, dont I’m All Right, premier extrait de leur plus bel album, “16 Lovers Lane”, Robert nous envoie clairement un signe – celui que personnellement, nous n’avions pas envie de recevoir -, c’est que nous allons regarder un maximum ensemble dans le rétroviseur. C’est franchement dommage quand on a du matériel impeccable à jouer comme celui de “Inferno” : et d’ailleurs nous n’aurons droit qu’à trois pauvres titres de ce disque, à notre grande frustration.

Robert, vêtu comme à la ville, a tout du gentleman vieillissant, y compris l’auto-dérision et la rigidité que l’on associe naturellement à son physique. Auto-dérision dont il fera amplement usage tout au long de la soirée, au point que cela finira par en être un peu lassant : entre ses déclarations sur le fait qu’il ne sait pas très bien jouer de la guitare, qu’il n’a aucune imagination ce qui l’oblige à ne raconter que des histoires vraies (en introduction de German Farmhouse), qu’il ne va pas arriver à jouer le solo sur la fin de la chanson, et ce d’autant qu’il n’a aucun musicien pour l’accompagner, ce qui rend un solo de guitare ridicule (Life Has Turned A Page), et ses ronchonnements répétés sur l’éclairage pourtant impeccable ce soir, on ne peut pas dire que ce tout ce qui sort de la bouche de Robert ce soir soit passionnant. Le public rit, un peu par politesse sans doute, mais le lien empathique entre l’artiste et ses fans, si essentiel à la réussite d’une performance solo, ne s’établira que très tardivement, et sans doute trop faiblement.

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (11)

One Bird in the Sky est un morceau sublime qui conclut “Inferno” de la plus belle des manières, et nous n’aurons droit qu’à une version plate ce soir, qui soulèvera pourtant les premiers cris d’enthousiasme dans la salle, après un démarrage du set assez laborieux. Les premiers chœurs s’élèveront spontanément dans la Boule Noire sur Spring Rain, ce qui change évidemment tout, et contribue à établir enfin une atmosphère d’amour commun pour ces grandes chansons… qui ne sont pas toutes à leur avantage ce soir dans ces versions non seulement très dépouillées, mais surtout trop retenues.

Après le fameux “solo” de Life Has Turned a Page, Robert demande aux gens qui publieront un compte-rendu de ce concert sur leur blog de bien le mentionner : c’est donc fait, Robert !

In the Core of a Flame est encore un crowd pleaser, si on ose dire, mais ce sera enfin une très belle version de Danger in the Past, avec une participation active du public, qui justifiera notre présence, tant à Robert qu’à nous les fans, ce soir à la Boule Noire. On est alors dans ce qu’on peut considérer comme un rappel, même si Robert ne fait plus de rappels, puisqu’il nous avoue (sans surprise) ne plus avoir envie de jouer à ce jeu-là. Il se plante au milieu de 121, nous invite à venir le rejoindre au stand de merchandising en annonçant qu’il signera n’importe quoi, même des disques et des livres qui ne sont pas les siens. Il nous quitte sur un Dive for your Memory qu’on aime s’imaginer dédié à la mémoire de son acolyte Grant McLennan, non sans être venu nous serrer la main au premier rang.

Bon, les commentaires entendus dans la salle ne sont pas trop enthousiastes (on aura même entendu le mot : “poussif” !), mais nous, nous regretterons surtout que, étant donné les limitations “techniques” de Robert, il ne se soit pas plus ouvert à nous : puisqu’il prétend ses chansons réalistes et autobiographiques, nous aurions aimé entendre les souvenirs de ce désormais vétéran de la musique indie, ou au moins quelques anecdotes personnelles qui auraient rendu ce set de 1h35 plus généreux, moins… “impersonnel”.

Comme quoi, l’élégance et la distinction d’un véritable gentleman, même aussi talentueux que Robert Forster, ce n’est pas vraiment compatible avec la qualité d’un concert…

 

La setlist du concert de Robert Forster :

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (15)

Born to a Family (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

Spirit (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

I'm All Right (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

Let Me Imagine You (Songs to Play – 2015)

Clouds (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

One Bird in the Sky (Inferno – 2019)

Here Comes a City (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

Darlinghurst Nights (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

German Farmhouse (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

Spring Rain (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Life Has Turned a Page (Inferno – 2019)

Love Is a Sign (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

Inferno (Brisbane in Summer) (Inferno – 2019)

Remain (Inferno – 2019)

In the Core of a Flame (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Learn to Burn (Songs to Play – 2015)

Danger in the Past (Danger in the Past – 1990)

Head Full of Steam (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Surfing Magazines (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

121 (Calling From A Country Phone – 1993)

Dive for Your Memory (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

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26 septembre 2020

The Shivas - Lundi 25 Novembre 2019 - Point Ephémère (Paris)

2019 11 25 The Shivas Point Ephémère Billet

La Musique a des vertus curatives indiscutables, et il nous est arrivé à tous de soigner un mal-être, ou un chagrin plus profond, en nous laissant emporter par les émotions d’un morceau ou d’un album qui nous parle… Et, pourquoi pas, si nous avons la chance d’avoir un bon groupe qui passe dans le coin, d’aller danser sur du vieux garage rock psyché des familles, pour oublier un court instant nos… pensées noires. Or, “Dark Thoughts”, le dernier album de The Shivas, parle justement de ça, de l’équilibre nécessaire entre obscurité et lumière, de la peine et de la joie, qui permet à la musique d’avoir du sens, en plus des sensations physiques qu’elle provoque…

2019 11 25 Dharma Bum Point Ephémère (5)

20h30 : … mais ce sont d’abord les Rouennais de Dharma Bum qui ouvrent la soirée dans un Point Ephémère pas tout-à-fait rempli : ils racontent avoir beaucoup écouté Soul Sacrifice, de Santana, et ça s'entend d'emblée ! Back to Woodstock, avec cette musique chaleureuse, portée par la puissance d'une batterie et de percussions omniprésentes. Les guitares s'enflamment et les cheveux sont longs, on a quitté l'étroitesse de nos années 10 pour retrouver la folie épique d'une autre époque, plus généreuse… Même si Dharma Bum n'a rien d'un revival band, et qu'ils savent intégrer dans leur délire ici une dureté (DBX, remarquable, plus beau moment du set) et là un sens de la fête (Mind Madness en conclusion, présenté comme un "morceau pour la teuf !) qui nous sont bien contemporaines. On chicanera sur la voix, en peu en retrait, et sur certains morceaux, moins accrocheurs, mais on a passé 40 minutes assez délectables.

21h30 : le quatuor de Portland a choisi la couleur rouge comme étendard, et arbore un look des plus classiques pour un groupe de garage US, si l’on pense en particulier à la coupe de cheveux sixties de Jared. Mais le sixième album de The Shivas, “Dark Thoughts”, a aussi confirmé un savoir-faire mélodique et une complexité certaine qui dépasse les standards festifs du genre… Et d’ailleurs, la bande à Jared va bien nous confirmer l’importance de ce nouveau disque en commençant par en jouer la totalité des morceaux, pas tout-à-fait dans l’ordre quand même, ce soir !

2019 11 25 The Shivas Point Ephémère (6)

En démarrant très fort le set avec l’enchaînement des irrésistibles Gloria, Turn me on et le très accrocheur Playing on the Radio (avec ses ba-ba-ba très velevetiens), The Shivas tentent d’accrocher même la frange de leur public qui ne connaît pas encore leur dernier opus, et ça marche ! Puis Kristin sort de derrière ses fûts, confie ses baguettes à Jeff, le second guitariste, et vient nous interpréter la ballade sirupeuse et mélodramatique If You See Me : la complicité entre Kristin et Jared est évidente, ainsi que leur plaisir de jouer. Tout l’album va donc défiler ainsi, avec ses sommets : Can’t Relax, explosif, Feel Surreal, délicieusement psychédélique, et la très lyrique et très belle conclusion qu’est Can't you feel it too ?

Jared annonce en avoir terminé avec le nouvel album et nous propose donc de passer à de plus vieilles chansons, au grand soulagement, j’imagine, d’une partie du public, qui est venue avant tout pour danser et faire la fête. Plus traditionnellement garage peut-être, les titres qui suivront seront surtout l’occasion pour Jared de nous offrir un véritable festival de solos de guitare incandescents. Ça bouge bien dans la salle, l’ambiance est joyeuse et amicale comme nous le souhaitions : nous avons personnellement bien apprécié une belle version de You make me wanna die, et bien entendu l’énergie qui s’est dégagée des derniers morceaux d’un set de 1h20, conforme à ce que l’on attend d’un groupe comme The Shivas.

Il reste néanmoins que la soirée n’a jamais basculé dans cette frénésie que l’on attend inévitablement pour ce genre de musique, et que, malgré leur plaisir évident à jouer – et la qualité de leurs compositions – The Shivas sont restés ce soir au Point Ephémère un peu trop sages, pas assez sauvages !

 

La setlist du concert de Dharma Bum :

Intro looper

We Both Know

Worship the Ease (Deux EP – 2019)

Ladybug (Deux EP – 2019)

Eisbär

Disconnected

DBX

Neon Lover (Deux EP – 2019)

Mind Madness

 

2019 11 25 The Shivas Point Ephémère (25)

Les musiciens de The Shivas sur scène :

Jared Molineux – vocals, guitar

Jeff Boyardee – guitar, drums, backing vocals

Eric Shanalfelt – bass

Kristin Leonard – vocals, drums

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21 septembre 2020

Starcrawler - Mercredi 20 Novembre 2019 - Petit Bain (Paris)

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (3)

Encore un choix difficile ce soir à Paris : faut-il privilégier Temples, qui viennent de sortir un autre bon album, ou nos éternels chouchous du Rock garage, les Fleshtones, ou bien encore les prometteurs Starcrawler dans la petite salle assez magique du Petit Bain ? Dur, dur ! Ce sera finalement Starcrawler, punks angelenos que nous suivons depuis leurs débuts explosifs, malgré un second album qui les révélaient un peu "rentrés dans le rang"... et parce que leurs précédents passages à Paris avaient prouvé qu'ils pouvaient surprendre !

20h17 : on ne sait pas très bien si Pretty Sick est en retard ou en avance, les horaires de ce soir ayant changé à deux reprises... Le trio new-yorkais – Sabrina Fuentes et ses deux spadassins - semble très jeune, et a la fougue que l'on attend de leur âge. Un choix d'instruments inhabituel, puisque ce sont deux basses qui sont en avant, assumant à la fois le rôle traditionnel de la rythmique et celui de la guitare, absente. Pourquoi pas ? Du coup, le son est bien caverneux comme on aime, et la voix se place par là-dessus de manière… variable, dénotant un amateurisme qu’on aimerait trouver sympathique.

2019 11 20 Pretty Sick Petit Bain (14)

Du coup, la musique de Pretty Sick fluctue entre une agressivité séduisante, et un chaos certainement involontaire. Si l’on apprécie l'esprit de cette musique rebelle et mal peignée, à l'image des musiciens, qui honorent la meilleure tradition de la Big Apple (nous avons pensé un instant aux débuts de Sonic Youth, sans doute une association d’idées du fait de la bassiste-chanteuse aux longues jambes…), le résultat est tout simplement médiocre. Le dernier titre (a priori une reprise que nous n’avons pas reconnue…), presque glam, est le plus accrocheur, le plus punchy, ce qui nous permet de nous quitter quand même sur un bon feeling après 30 minutes vraiment pas au niveau de ce que l’on écoute de nos jours en première partie… N’y avait-il pas plutôt la possibilité de programmer l’un de ces innombrable excellents groupes français qui rament pour se faire entendre de nos jours ?

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (9)

21h17 : Starcrawler, le quatuor angeleno qui monte, qui monte – au moins aux Etats-Unis – effectue une entrée en scène explosive, qui nous rassure immédiatement sur la bonne santé de leur esprit punk : Arrow de Wilde n’a pas pris un gramme, est toujours vêtue de lambeaux de vêtements portant les traces de ses sanglantes exactions précédentes, qui lui donnent cet aspect de possédée d’un film gore de série Z, tandis que Henri a bouffé du lion ce soir, tant il ne tient pas en place et nous offre un festival de guitare et d’acrobaties, de grimaces psychotiques et de poses rock’n’rolliennes. Au milieu du déluge sonore, nous reconnaissons Home Alone : le son est délicieusement fort et aigu, la voix d’Arrow malheureusement un tout petit peu en retrait - en tous cas d’où nous sommes placés, sur la gauche juste en face des deux amplis (surmontés du traditionnel mouton en peluche ou en plastique…) – de Henri. On remarque immédiatement la puissance terrifiante de la section rythmique, et on se demande comment un petit jeunot à l’apparence si calme comme Tim Franco peut déclencher un tel séisme. Reconnaissons-le tout de suite, Starcrawler, ce sont quand même de sacrés musiciens, ce qui n’est pas habituellement ce qui frappe le plus chez des punks rockers.

Henri porte très élégamment son désormais traditionnel costume de scène blanc et rouge façon country crooner de Las Vegas, et Arrow semble ce soir beaucoup plus professionnelle, plus sous contrôle, même si elle nous décline son habituel répertoire de regards déments et de contorsions mi-gracieuses, mi épileptiques : ce soir, pas d’agression des premiers rangs, pas de (faux) sang craché sur le public durant le final de Chicken Woman, juste une petite caresse sur le crâne et une tape sur la joue de notre voisin !

Le set a donc démarré sur les chapeaux de roue, même s’il faudra quand même quelques morceaux pour que tout se mette en place, entre un groupe qui trouve ses marques et commence à cracher son Rock à pleine puissance, et un public qui va s’abandonner peu à peu à un pogo frénétique, avec un moshpit assez violent qui va envahir la quasi-totalité de la (petite) fosse du Petit Bain. Ambiance garantie, avec même quelques ces petits accrochages entre spectateurs – devenus inhabituels, maintenant que groupes et public se sont civilisés ??? - qui témoignent de la frénésie du set.

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (32)

Starcrawler joue ses morceaux nettement différemment sur scène, ce qui est tout à leur honneur puisque l’exercice live ne devrait pas, à notre avis, consister en la répétition soignée des albums… mais on a souvent du mal à retrouver les chansons que l’on pensait pourtant bien connaître. L’absence de setlist sur scène ne nous aide d’ailleurs pas à nous repérer au cours d’un concert qui ressemble surtout à une attaque en règle de notre équilibre mental. I Love L.A. permet néanmoins à bien des spectateurs de reprendre pied, et de donner de la voix, au milieu de ce chaos de riffs cinglants et de rythmes radicaux.

Un petit (très petit) ventre mou au bout d’une quarante de minutes intenses, mais le moshpit ne faiblit jamais, et on est partis pour le final redoutable qui montre de Starcrawler est désormais devenu un groupe assez monstrueux en live, avec Bet My Brains et Train en sommets indiscutables. Henri est allé faire son crowdsurfing sans lâcher sa guitare, et Arrow elle-même ira d’ailleurs faire un tour sur les bras levés du public, même si nous avons eu l’impression bizarre que les spectateurs étaient nettement moins enthousiastes à soulever cette brindille assez effrayante ! Une heure quand même avant le rappel de dix minutes (Chicken Woman, donc, comme toujours… ?), ce qui dépasse nos attentes, surtout dans le registre épuisant pratiqué par Starcrawler.

Arrow nous fait donc son show habituel avec du (faux) sang plein la bouche, ce qui fait toujours son petit effet, même si l’on s’est désormais un peu habitués au spectacle. Elle sort en rampant – comme elle est rentrée sur scène, d’ailleurs – laissant le groupe terminer le final frénétique du morceau. Et comme d’habitude, Henri va chercher deux spectatrices dans la salle, leur confie ses deux guitares, leur explique comment placer leurs doigts sur le manche, et les abandonne pour terminer le morceau à sa place. Punk DIY not dead !

C’est fini, et tout le monde est content… Epuisé et content, ce qui est exactement ce qu’on attend de ce genre de soirée, non ? Nous, en tous cas, bien placés en face de Henri, nous avons pu profiter d’un véritable festival de guitare, d’autant plus remarquable que Henri ne joue qu’avec 3 cordes au lieu des 6 habituelles de l’instrument. Mais, bon dieu, comment fait-il pour en tirer ces sons ?

Nous voici donc rassurés quant à l’avenir de Starcrawler, dont on attendra maintenant le troisième album qui devrait être celui de la consécration. On croise les doigts !

 

Les musiciens de Pretty Sick sur scène :

Sabrina Fuentes – vocals, bass

Wade Oates – bass

Austin Williamson – drums

 

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (56)

Les musiciens de Starcrawler sur scène :

Arrow de Wilde – vocals

Henri Cash – vocals, guitar

Austin Smith – drums

Tim Franco – bass

 

La setlist du concert de Starcrawler :

Intro

Home Alone (Devour You – 2019)

Used to Know (Single – 2017)

Lizzy (Devour You – 2019)

Tank Top (Devour You – 2019)

Let Her Be (Starcrawler – 2018)

Ants (Single – 2017)

I Love LA (Starcrawler – 2018)

Pet Sematary (Ramones cover)

Rich Taste (Devour You – 2019)

No More Pennies (Devour You – 2019)

Born Asleep (Devour You – 2019)

Different Angles (Starcrawler – 2018)

Pussy Tower (Starcrawler – 2018)

Bet My Brains (Devour You – 2019)

Train (Starcrawler – 2018)

She Gets Around (Devour You – 2019)

Chicken Woman (Starcrawler – 2018)

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16 septembre 2020

Fontaines D.C. - Dimanche 10 Novembre 2019 - Bataclan (Paris)

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan Billet

Dublin brûle-t-il ? Cela fait des mois que le buzz enfle autour de la jeune scène post-punk de la capitale irlandaise, particulièrement autour de deux groupes qui excitent au plus haut point le public parisien, The Murder Capital et, surtout, Fontaines D.C. : un groupe qui remplit quand même un Bataclan en quelques heures, après un premier passage au Point Ephémère en avril dernier (passage qui a fait beaucoup de bruit !), et un seul album, “Dogrel”, il est vrai très réussi. Grosse, grosse attente donc ce soir, et beaucoup d'excitation et de joie dans la queue Boulevard Voltaire...

2019 11 10 The Altered Hours Bataclan (4)

20 h : The Altered Hours, c'est la version dublinoise du shoegaze : 40 minutes de bruit saccadé, obsessionnel, dans un brouillard sonore opaque. Mais les voix sont sous-mixées et la basse au contraire trop omniprésente, et cette mauvaise balance - rare au Bataclan - nous privera du plaisir que cette approche rageuse aurait pu nous assurer. C'est dommage, car sinon, on gage qu'on aurait plus apprécié cette combinaison voix féminine (une chanteuse blonde en colère qui a dû apprendre à se faire entendre au milieu du choc des pintes dans les pubs) / voix masculine (un guitariste frisotté à la belle prestance scénique), cette section rythmique brutale et inarrêtable, ces guitares portées à l'incandescence. Là, pour ce coup, on a eu du mal à entrer dans le set, qui nous a paru parfois un peu stérile malgré sa radicalité. Même s’il faudra les revoir dans de meilleures conditions, The Altered Hours, qui ne manifestent pas trop d'influences évidentes, confirment en tous cas l'intérêt de la scène dublinoise actuelle.

21h15 : c’est avec une petite demi-heure de retard sur l’horaire initialement prévu pour le démarrage de leur concert, et après deux fausses alertes qui ont commencé à nous inquiéter, que les musiciens de Fontaines D.C. déboulent, accompagnés – et on les en remercie de tout cœur – par une chanson des merveilleux Pogues. Le quintet dublinois n’a pas l’air au mieux de sa forme : Carlos, l’espagnol de la bande, a sa bouteille de vin rouge à la main, déjà bien entamée, et Grian Chatten n’a pas non plus le regard trop clair ! Ajoutons à ça que la posture du groupe, peu communicative et plutôt tranquille, ne correspond pas vraiment à l’urgence punk que dégagent certaines chansons de “Dogrel”. Nous voilà bien obligés d’admettre que nous n’assistons pas ici à la naissance de nouveaux Undertones – à notre humble avis, le meilleur groupe que l’Irlande ait jamais enfanté…

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (14)

Le set démarre puissamment avec l’impeccable Chequeless Reckless, redoutable déclaration d’intentions de la part d’un jeune groupe qui estime avoir des choses importantes à dire : « A sell-out is someone who becomes a hypocrite in the name of money / An idiot is someone who lets their education do all of their thinking… ». Deux évidences immédiates : le son est magnifique, ample, riche, et tranche donc avec le choix fait pour l’album d’un son plus maigre, presque décharné, laissant la majorité du travail à la voix et aux textes de Grian ; et, justement, Grian, avec sa morgue étudiée, affichant une sorte de dédain, ou tout au moins d’indifférence vis-à-vis de son public pourtant très échauffé, semble surtout inspiré par le grand Mark E. Smith que par Shane McGowan ! Fontaines D.C. est donc, ce concert en est bien la preuve, un groupe “à textes”, voire “à message”. Hurricane Laughter suit et confirme… Dommage quand même que Grian ne donne pas un peu plus de lui-même, et reste aussi détaché, flottant dans ses vêtements trop grands de trois tailles et balayant des yeux les spectateurs d’un air blasé. On peut finalement regretter l’ère des crachats, où ce genre de choses se serait terminé par une belle bataille rangée entre le groupe et le public à coups de glaviots, non ?

Cela dit, placés juste devant Carlos, nous sommes probablement à la place idéale, car le guitariste assure le spectacle à lui tout seul : grandes lampées de vin à la bouteille – on lui en apportera une seconde à mi-parcours… mais il aura la gentillesse de partager avec une fan assoiffée -, jolis coups de pied en l’air, interactions variées avec le premier rang, poses photogéniques, rien à redire à la générosité scénique du Madrilène !

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (10)

Le concert est en plein ventre mou, car, logiquement, tous les titres de “Dogrel” ne sont pas des brûlots punks… Et Fontaines D.C. a quand même un peu de mal à maintenir la tension, qui retombe lentement. Heureusement, voilà que déboule Too Real : « None can revolution lead with selfish needs aside / As I cried, I'm about to make a lot of money / … / Is it too real for ya? ». Le Bataclan bascule enfin dans la frénésie en hurlant « Is it too real for ya? ». Là, on retrouve beaucoup plus le véritable esprit de 77, dont se réclament quand même largement nos rebelles dublinois… Des flashes nous reviennent du fond de notre mémoire : le Clash, au même endroit, il y a 42 de ça, les harangues de Joe Strummer, les riffs de Mick Jones. Eux aussi n’avaient à l’époque qu’un seul album et quelques singles sous la ceinture… Bon, il faut s’y résoudre, Dublin ne brûle pas encore ! Mais au moins, quelques groupes comme Fontaines D.C. attisent les flammes…

On approche de la fin, il est temps de rendre hommage au fier folklore local, avec Dublin City Sky : « I was down the bottom half of some old bar in Chinatown / Me shoes had brought the rain and soaked the space for lookin' down / As drunk as love is lethal, I spun a lady 'round / And I kissed her 'neath the waking of a Dublin City sky… ». On peut tergiverser à propos de l’accent dublinois qu’affiche Grian, à demi-anglais, et élevé loin de l’Irlande, mais rappelons-nous aussi que Shane MacGowan était né dans le Kent ! Une heure a passé, la conclusion logique s’appelle Big : « My childhood was small / But I'm gonna be big ! ». Acceptons-en l’augure, même si ce soir, nous n’avons pas encore de futurs géants. Ça viendra sans doute, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Grian nous a bien dit : « We don’t do encores! », donc on plie les gaules tranquillement, au milieu des habituelles discussions entre amis : « C’était génial ! » « Moi, je me suis fait un peu suer ! » etc. etc. Et si nous choisissions de nous souvenir plutôt du remerciement de Carlos : « En France, c’est vrai que vous faites de bons vins rouges ! » ? A nous, ça nous va bien. La révolution peut bien commencer dans un verre.

 

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (40)

Les musiciens de Fontaines D.C. sur scène :

Carlos O'Connell – guitar

Conor Curley – guitar

Conor Deegan III – bass

Grian Chatten – vocals

Tom Coll – drums

 

La setlist du concert de Fontaines D.C. :

Chequeless Reckless (Dogrel – 2019)

Hurricane Laughter (Dogrel – 2019)

Television Screens (Dogrel – 2019)

Sha Sha Sha (Dogrel – 2019)

A Hero's Death

The Lotts (Dogrel – 2019)

Lucid Dream

Roy's Tune (Dogrel – 2019)

Too Real (Dogrel – 2019)

Liberty Belle (Dogrel – 2019)

Boys in the Better Land (Dogrel – 2019)

Dublin City Sky (Dogrel – 2019)

Big (Dogrel – 2019)

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11 septembre 2020

Last Train / Bandit Bandit - Mercredi 6 Novembre 2019 - Trianon (Paris)

2019 11 06 Last Train Trianon Billet

Choix difficile ce mercredi soir à Paris pour tout amateur de musique à la recherche d’émotions fortes : entre The Murder Capital, Last Train et Jay Jay Johanson qui jouent en même temps dans la capitale (et dans trois salles complètes…), notre cœur balance… Mais c’est l’excellente réputation scénique des Français de Last Train qui nous convaincra que ce 6 novembre, ce serait au Trianon qu’il fallait être… Et a priori, vu les visages en larmes des spectateurs sortant du set à 22h30, notre décision aura été la bonne… Mais revenons en arrière de quelques heures…

2019 11 06 Bandit Bandit Trianon (4)

19h50 : Bandit Bandit est un combo lyonnais – en fait un duo / couple originaire de Montpellier, semble-t-il, renforcé par deux musiciens solides - qui, en 40 minutes puissantes, va lui aussi confirmer l'excellence de la nouvelle vague française. Vénéneuse, sensuelle, voici une musique qui emporte l’adhésion, et ce dès l'intro martelée de Néant. Le ballet des musiciens sur scène est inspiré, la musique pousse vers la transe. On pense - visuellement - à The Kills, dans le style danse de chats sauvages, mais la pulsation de la batterie nous enfonce des clous dans le crâne, avec un acharnement qui tient de la torture (une douce torture !)... Maëva chante comme une égérie des sixties - tantôt en anglais, tantôt en français - mais se laisse happer magiquement par l'extase. Le set se clôt un peu plus faiblement qu’il aurait dû, à la lisière seulement du chaos : pas certain que clore un concert garage-psyché par une mélodie au tzoura soit la meilleure idée de l’année... Bandit Bandit, c’est superbe, même si on sent que le groupe se retient un peu encore - le trac d'affronter le public parisien d'un Trianon complet ? -, et même si on regrette que le set n’ait jamais basculé dans l'hystérie comme le talent de Bandit Bandit le promettait. A revoir très vite pour une confirmation…

21h : Le Trianon est rempli jusqu'à la gueule ce soir d'un public à l'enthousiasme délirant pour accueillir les Alsaciens préférés de la planète Rock française, un groupe dont la renommée a grossi, grossi, ces 2 dernières années au fil de prestations live dantesques qui positionnent désormais Last Train comme le plus plausible héritier de la couronne de plus grand groupe populaire national (… si une telle chose existe encore, des décennies après Téléphone et Noir Désir !)… Et ce, en s'appuyant sur une musique qui est tout sauf commerciale, qui ne caresse personne dans le sens du poil : il n'est d'ailleurs pas aussi facile de qualifier, de cataloguer Last Train que l'on pourrait le penser a priori. Jean-Noël, l'explosif chanteur, sonne comme un Liam Gallagher recyclé grunge, tandis que le “rock à guitares" du groupe n'est pas tant dans la lignée indie noise (The Jesus & Mary Chain / Black Rebel Motorcycle Club) que leur style vestimentaire et leur amour de l'obscurité déchirée de flashs de lumière blanche le laisseraient imaginer. Non, dès le premier morceau de la soirée, All Alone, il est clair que le déferlement de puissance sonore et les montagnes russes émotionnelles de Last Train n'appartiennent qu'à eux, et aucune référence commode ne résiste devant cette vague de sensations qui oscille entre post-rock abstrait et hard-blues dantesque, où les deux guitares de Jean-Noël et de Julien dialoguent et construisent un fulgurant labyrinthe d'extases dans lequel nous sommes tous invités à nous perdre.

2019 11 06 Last Train Trianon (7)

Esthétiquement, ce que propose Last Train est tout bonnement superbe : de la disposition symétrique et rectiligne du matériel - avec l'alignement parfait des amplis Marshall de part et d'autre de la batterie bien au centre, à l'éclairage majoritairement blanc, en passant par le look strict et élégant des quatre musiciens, le soin apporté à l'aspect visuel est frappant (à l'image de la pochette du nouvel album, The Big Picture...). Mieux encore, sur une grande scène bien dégagée, la chorégraphie des trois musiciens arrive à la fois à être passionnante et spontanée : Last Train a un sens du - disons-le sans crainte - spectacle rock'n'roll (les gestes, les poses, les mouvements, toute cette élégance rageuse, toute cette classe impérieuse qui distinguent le Rock des autres musiques...) qui tranche avec le tout tout-venant. Bien entendu, le son est énorme, clair et parfait... même si le fait que nous soyons sortis de ce pandémonium de furie guitaristique sans acouphènes nous fait forcement regretter une époque où l'on pouvait encore jouer vraiment fort en live.

Last Train aborde clairement ce concert dans un Trianon sold out, où nous découvrirons aussi que les familles des jeunes musiciens ont pris place au balcon, comme une étape symbolique importante de leur carrière, comme une sorte d’apogée temporaire de leur encore brève carrière. Ce soir, les quatre amis vivent leur rêve, et, devant un public extatique, conquis depuis le premier riff, ils vont avoir à cœur de nous offrir le meilleur de leur musique. Plus le set avance, plus l'enjeu semble élevé, et plus le pari paraît audacieux mais réussi. On l'a dit, la musique de Last Train n'est pas si aisément saisissable que cela, oscillant au cours de longues fresques sonores entre une sorte de classicisme du Rock à guitares heavy - de Led Zep à Nirvana (n'ayons pas peur des références lourdes !) et une expérimentation plus abstraite, déchirante et déconstruite qui les rapproche de leurs pairs des Psychotic Monks. On regrette par instants le manque de chansons plus directes, plus "pop" peut-être, qui offriraient une éclaircie au milieu d'un parcours à si haute teneur émotionnelle, mais on se laisse happer à nouveau très vite par la frénésie et la tension exceptionnelles de cette musique en lévitation.

2019 11 06 Last Train Trianon (39)

Une heure s'est presque écoulée sans que nous y ayons pris garde, Jean-Noël marche littéralement sur l'eau, porté par la foule dans une fosse irradiante. C'est un grand moment. Mais le rappel va encore faire exploser tout cela, nous emmener plus loin encore. Vers les larmes.

Car ce rappel de trois titres alternant violence libératrice (Cold Fever) et douceur sublime (The Big Picture, immense morceau épique, qui sera l'absolu triomphe de la soirée) va voir advenir l'un de ces miracles si impensables, si rares qu'ils justifient à eux seuls une vie entière à faire ou à écouter de la musique. Tous les remerciements ont été formulés, les papas et mamans et les amis debout au balcon ont vu le triomphe de leurs enfants, les attentes du public ont été satisfaites, la soirée a été superbe, on n'espère plus rien d'autre... quand d'un coup, la digue se fissure, puis cède. Devant nous, juste devant nous, dans l'obscurité, les larmes se mettent à ruisseler sur le visage de Julien. Le chant magnifique de Jean-Noël semble se briser, la musique bascule dans un souffle vers autre chose : la grâce, le sublime, une sorte d'extase totale comme on en connait une ou deux fois, au mieux, chaque décennie. Les dernières minutes de ce concert seront comme une mise à nu de toutes nos émotions enfouies, qui se libèrent enfin sans retenue. Les lumières se rallument, la musique s'arrête. Sur scène, les musiciens s'enlacent, s'embrassent, en larmes. Autour de nous, plein de gens vivent la même chose : ici et là, on se serre dans les bras, on sanglote même. On ne se souvient même plus de la dernière fois où l’avoir vécu ça, une telle catharsis, une si belle libération.

Last Train nous remercie, mais c'est bien nous qui devons les remercier, encore et encore, pour ce qu'ils nous ont offert ce soir : un cadeau de vie, de beauté et d'amour. La preuve que la Musique est toujours l'Art majeur, qui fait résonner à l'unisson nos âmes et nous élève.

Last Train, au Trianon, le mercredi 6 novembre 2019. Une pierre blanche.

 

2019 11 06 Bandit Bandit Trianon (24)

Les musiciens de Bandit Bandit :

Ari Moitier – basse

Anthony Avril – batterie

Hugo Herleman – guitare, voix

Maëva Nicolas - chant

 

La setlist du concert de Bandit Bandit :

Néant

Dimension

Fever (Bandit Bandit EP – 2019)

Siamese

Maux (Bandit Bandit EP – 2019)

Pixel (Bandit Bandit EP – 2019)

Nyctalope (Bandit Bandit EP – 2019)

Tachycardie

 

2019 11 06 Last Train Trianon (42)

Les musiciens de Last Train sur scène :

Jean-Noël Scherrer (chanteur et guitariste)

Julien Peultier (guitariste)

Timothée Gerard (bassiste)

Antoine Baschung (batteur)

 

La setlist du concert de Last Train :

All Alone (The Big Picture – 2019)

Way Out (Weathering – 2017)

House on the Moon (Weathering – 2017)

On Our Knees (The Big Picture – 2019)

One Side Road (Fragile EP – 2016)

Between Wounds (Weathering – 2017)

Disappointed (The Big Picture – 2019)

Fire (Weathering – 2017)

Leaving You Now (The Holy Family EP – 2015)

Encore:

Tired Since 1994 (The Big Picture – 2019)

Cold Fever (Weathering – 2017)

The Big Picture (The Big Picture – 2019)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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06 septembre 2020

Girl In Red - Mercredi 30 Octobre 2019 - Gaîté Lyrique (Paris)

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique Billet

Après son triomphe à la Boule Noire en mai dernier, et une apparition remarquée à Rock en Seine cet été (il est vrai un jour où la concurrence Rock était absente...), Marie Ulven, alias girl in red, remplit la Gaîté Lyrique sans avoir encore publié son premier album, ce qui n'est pas un mince exploit. Ce qui impressionne forcément des vieux routiers du Rock comme nous, c'est que le public ce soir est dans sa quasi-intégralité constitué de jeunes femmes n'ayant guère plus de 20 ans. Bien sûr, les jolis couples gays sont nombreux, mais il me semble qu'on ne peut plus "réduire" désormais le phénomène girl In red à la sphère LGBT. Et c'est très bien comme ça, vu la qualité de cette musique, certainement pas encore reconnue pour ses mérites.

2019 10 30 Isaac Dunbar Gaîté Lyrique (6)

20h : Isaac Dunbar a 16 ans (hurlements stridents du public…). Il arbore la panoplie du parfait rappeur, et bouge comme s'il était un cador du hip hop (hurlements stridents...). Il est américain du Massachussetts et dit des mots très gentils aux filles françaises qu'il aime (hurlements...). Il a une belle voix douce et chante, accompagné d'un batteur et d'un guitariste, des chansons sensuelles, dans un genre indécis marketé sous l'étiquette passe-partout d'indie pop, mais évoque un peu un jeune Michael Jackson. Tout ça est plutôt séduisant, malgré le jeu de scène bondissant pas très approprié. Même si certaines chansons sont un peu informes, et diluent notre attention, Isaac est un tout jeune homme talentueux, dont l'enthousiasme "juvénile" fait plaisir à voir (hurlem...).

21h : Marie Ulven fait figure de vétérane par rapport à Isaac Dunbar, avec ses 20 ans, mais elle n’a toujours qu’une paire de EP à défendre en public, ce qui fait que le set de ce soir ne dépassera pas les 60 minutes. Quand on utilise le terme de “défendre”, ce n’est vraiment pas le bon tant il est rare de voir un public aussi totalement conquis, corps, cœur et âme, à une artiste que celui de girl in red ! Les filles ont fait la queue des heures dans le froid dehors pour être le plus près possible de la scène, elles connaissent toutes les paroles de toutes les chansons par cœur, qu’elles chanteront toute la soirée, et chaque mot sortant de la bouche de la très volubile Marie est accueilli par des rires, des applaudissements, des cris. Les déclarations d’amour et les demandes en mariage se succèdent également… Bref, tout cela rappelle franchement l’adoration qui a longtemps entouré un Morrissey, dont la bedroom pop idéale, comme on dit désormais, semble avoir inspiré la musique de Marie Ulven…

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (9)

Bad idea! lance la soirée, et toutes les aiguilles montent immédiatement dans le rouge. Les quatre jeunes musiciens qui accompagnent Marie sont déchaînés, un gigantesque pogo se déclenche dans la salle, du premier au dernier rang, les cris sont assourdissants. Avec un son bien plus fort et bien plus clair qu’à la Boule Noire, avec un groupe qui semble s’être désormais “trouvé”, et joue rapide et concis comme les groupes anglais ne savent plus jouer aujourd’hui, les chansons de Marie ne peuvent plus être qualifiées en live de “dream pop” : c’est plutôt une “tuerie” systématique que girl in red nous offre. Le son cristallin des deux guitares carillonnantes rappelle certes Johnny Marr ou les débuts de Two Door Cinema Club, l’écho sur la voix de Marie et les tonalités surf de certaines chansons évoquent The Drums, mais la musique de girl in red a déjà gagné le droit de dépasser ses influences et de n’être qu’elle-même.

Dead girl in the pool, peut-être la meilleure chanson de girl in red, en tout cas celle qui conjugue le plus intimement mal être existentiel et énergie ado… pardon juvénile, est un triomphe. La Gaîté Lyrique n’est plus qu’un chaudron brûlant dans lequel crépitent et se percutent un millier de pop corns en folie. We fell in love in october est l’occasion de voir des centaines de spectateurs sortir leur feuille de papier portant le titre de la chanson, “october” étant écrit en rouge : il est toujours étonnant de constater comment une communauté de fans sait s’organiser pour créer ce genre de happening, qui touche droit au cœur. Watch you sleep, que Marie dit avoir chanté pour sa mère la veille, est LE moment d’émotion de la soirée, et prouve bien que girl in red a du potentiel derrière l’immédiateté de ses chansons pop dévalées à fond la caisse.

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (34)

Il faut maintenant revenir sur ces intermèdes, parfois trop longs, qui voient Marie parler, parler, parler, d’une façon que l’on peut trouver vaguement irritante, tant elle dit clairement ce qui lui passe par la tête, sans qu’on puisse vraiment saisir la plupart du temps quel est son propos. Cette logorrhée, parfois assez naïve, est très éloignée des discours de nombre de performers professionnels, qui “manipulent” la foule à l’aide de plaisanteries ou d’anecdotes qu’ils répéteront invariablement chaque soir. Marie, elle, papote comme si elle était avec des copines, et il faut bien dire que quelque chose de sa candeur, de son honnêteté passe : une vraie émotion se dégage de ces mini-confessions sur son grand amour, sur sa fatigue d’un trop long voyage ce matin-là, sur sa décision de mettre ses histoires de cœur au second plan par rapport à la musique et au besoin d’écrire (enfin) ce fameux premier album… On est peu à peu charmé, séduit presque par cette jolie âme que Marie nous dévoile avec tant de simplicité, d’honnêteté. Et on se dit que, au-delà de l’efficacité de ses compositions, c’est bien cette VERITE qu’elle nous laisse toucher qui fait d’elle une artiste importante de son temps. Une artiste profondément AIMEE.

Il est temps de conclure la soirée : « cette chanson a changé ma vie ! » dit Marie, et c’est parti pour une version intense et festive de i wanna be your girlfriend. Marie saute dans le public, pour un court crowd surfing, tandis que sur scène, les musiciens sont à fond. Tout cela n’est pas si loin, malgré la douceur qui se dégage de Marie, du véritable esprit punk de 1977 : faites de la musique qui parle de vous, qui parle aux autres, sans vous soucier d’être professionnel, sans vous préoccuper de ce que pensent les gens. Eh oui, en 2019, Marie Ulven est une véritable punk.

Quand, un jour peut-être, Marie sera devenue une grande star planétaire, on se souviendra avec émotion de cette soirée du 30 octobre à la Gaîté Lyrique.

 

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (37)

La setlist du concert de girl in red (ordre figurant sur la setlist mais modifié):

bad idea! (chapter 2 EP – 2019)

4am (chapter 1 EP – 2018)

rushed lovers (new song)

summer depression (chapter 1 EP – 2018)

i need to be alone. (chapter 2 EP – 2019)

forget her (single – 2018)

we fell in love in october (single – 2018)

say anything (single – 2018)

watch you sleep. (chapter 2 EP – 2019)

i’ll die anyway. (chapter 2 EP – 2019)

dead girl in the pool. (chapter 2 EP – 2019)

girls (chapter 1 EP – 2018)

i wanna be your girlfriend (chapter 1 EP – 2018)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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