Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

01 février 2019

Editors - Vendredi 23 Mars 2018 - Olympia (Paris)

2018 03 23 Editors Olympia Billet« L'amour des groupes de rock, c'est comme l'amour tout court, ça va, ça vient : on est passionné, on se lasse, on va voir un peu ailleurs, et puis ça peut être la rupture. Ou bien le retour bien sagement au bercail... pour découvrir que tout a changé, que rien n’est plus comme avant… Tenez, prenez le cas d'Editors, ça a démarré avec un gros, gros coup de foudre (“The Back Room”, “An End Has a Start”), avec un très fort sentiment d'urgence qui nous fait nous sentir très jeunes à nouveau. Et puis la musique d’Editors a changé (“In This Light…”), ce qui est bien : il faut varier les plaisirs, éviter de tomber dans la routine, la répétition stérile. Malheureusement les claviers sont devenus envahissants, la voix de Tom Smith a tout envahi, le bon esprit Rock s’est évanoui : on a lâché l'affaire, sans trop de regrets. Et puis voilà, en mars 2018, Editors sort un sacré bon disque ("Violence"), un disque particulièrement inspiré, sans pour autant revenir à ses racines post-punk. Tom Smith continue de regarder ailleurs, assume l'héritage de Bowie, voire même du prog rock, tout en insistant pour sonner “moderne”... et on se sent retomber amoureux. Il faut absolument vérifier ça "sur pièce" : l'Olympia sera l'écrin parfait pour de vraies retrouvailles après un flirt rapide à Rock en Seine en 2016. Le problème évidemment, c'est qu'on n'est pas tout seul sur le coup, et le premier rang est dur à assurer, même en arrivant tôt. Le prix à payer pour retrouver une ancienne passion qui a suivi son chemin sans nous, quoi !

2018 03 20 Public Service Broadcasting Olympia (28)20h00 : Public Service Broadcasting, ce sont trois Anglais plus un écran sur lequel sont projetés des clips video - disons "historiques" - qu'ils illustrent par un accompagnement instrumental, généralement complété par des extraits de vieux enregistrements de discours de propagande ou de publicités télévisées… Bref un truc furieusement conceptuel, probablement assez “tongue in cheek”, puisque J. Willgoose Esq. (si, si !), un ex producteur de BBC World Service, prétend, je cite, « vouloir apprendre des leçons du passé au travers de la musique du futur » ! On pourrait a priori attendre du post rock façon Godspeed You Black Emperor, mais on est plutôt dans l'exploration - techniquement impeccable, il faut le souligner - de divers genres, allant du krautrock (de plus en plus à la mode) au funk en passant par le rock indie noisy. Le grand attrait de cette musique instrumentale assez austère est la section rythmique, et en particulier une batterie puissante qui confère une vraie vie à ce qui ressemblerait plus sinon à de purs exercices de style : sur le bien nommé Go!, décollage électro-rythmique assez irrésistible en effet, Public Service Broadcasting arrive d’un coup à soulever l’ensemble du public de l’Olympia et recueille les fruits de son obstination. Dommage que tout n’ait pas été du même calibre ! Bref, on a saisi le concept, on a apprécié la virtuosité technique, mais au bout d'une demi-heure on a fini par s'ennuyer un peu. Tout cela est sans doute un peu trop calculé, trop cérébral.

2018 03 23 Editors Olympia (16)21h00 : la belle salle de l’Olympia est pleine à craquer et bruisse d’un indiscutable sentiment d’excitation générale. Même si le public n’est pas tout jeune, je dois admettre que Editors a atteint un certain niveau de popularité, et que sa métamorphose électronique lui a été bénéfique sur ce point-là. Le rideau se lève sur une scène décorée de manière assez impressionnante par une accumulation de formes métalliques vaguement menaçantes. Editors reste basé sur son trio initial, le massif Russell Leech à la basse sur la droite, le redoutable Edward Lay derrière ses fûts, constituant à eux deux une remarquable section rythmique (même si pas mal d’électronique y est ajoutée…), et le spectaculaire Tom Smith, qui me paraît d’entrée bien allumé ce soir. L’irremplaçable Chris Urbanowicz a donc été remplacé depuis cinq ans par la paire Justin Lockey, guitariste transparent et quasi inaudible sur scène (alors qu’il est placé juste en face de moi !) et Elliott Williams aux claviers, invisible d’où je suis… Les lumières sont basses, principalement dans les bleus et les rouges, un cauchemar pour les photos, mais une ambiance spectaculaire garantie !

On attaque avec le stupéfiant (au moins sur l’album…) Hallelujah (So Low), du genre Muse rencontre Peter Gabriel, avec ses attaques soniques dantesques, malheureusement réduites à leur plus simple expression ce soir du fait d’une sono déficiente – ça restera le cas tout le set, ce son vraiment trop peu puissant pour la musique de Editors – et une balance mal faite (défaut rapidement réglé, heureusement). Cette petite frustration digérée, Tom attaque… un titre peu convaincant du faiblard "The Weight of Your Love”, et je me rappelle d’un coup pourquoi j’avais alors abandonné le groupe : cette emphase romantoc à la Simple Minds, même si ça plaît encore à une bonne partie du public, c’est vraiment déplacé à notre époque ! Je serre des dents, me disant que cette soirée a peut-être bien été une erreur…

2018 03 23 Editors Olympia (51)… jusqu’à Violence, magistral, qui s’allonge dans une transe électronique que ne renierait pas New Order, et qui me rassure : le nouvel album n’est pas un leurre, il y a quelque chose qui se passe à nouveau chez Editors. La température dans la salle monte d’un cran, les bras commencent à se lever – toujours un bon signe, ça, les bras qui se lève ! Le set bifurque alors dans une exploration en quatre titres des deux premiers glorieux albums, et il faut bien admettre que, même si nous sommes tous heureux d’entendre à nouveau les mélodies de Munich ou An End has a Start, il ne reste plus grand-chose de la force et de l’urgence sublime sans la guitare d’Urbanowicz et avec la manière histrionique dont Tom les chante : un non-événement, finalement, et cet Editors-là est bel et bien mort et enterré !

Curieusement, car ce n’est pas un titre forcément essentiel dans la discographie de Editors, ce sera In this Light… avec ses synthés sépulcraux qui remettront le concert sur la bonne voie, confirmant que le présent d’Editors est bel et bien électronique, au grand dam de nos cœurs de rockers passionnés pour les guitares bruyantes. Tom Smith est complètement dans l’outrance désormais, dans une théâtralité permanente, qu’on peut juger un tantinet forcée, mais qui a le mérite d’appuyer sur tous les boutons qu’il faut quand il s’agit d’exciter les spectateurs ! Finalement, Tom a gardé ces gestes et ces poses convulsives qui nous rappelaient feu Ian Curtis, mais il a maintenant la présence scénique d’un Peter Gabriel post-Genesis : une référence étonnante, mais qui m’a sauté aux yeux. Et puis c’est ce qui sera pour moi le sommet musical de la soirée, une version stupéfiante de Nothingness, bien supérieure cette fois à celle de l’album. La voix de Tom a désormais des accents soul, et la conjugaison de cette exacerbation des sentiments avec l’orchestration électronique est absolument parfaite : « We wait in line for nothingness / this angel needs some tenderness, tenderness » sera sans doute la phrase de la soirée, celle qui me restera en mémoire toute la nuit. Marrant, il y a à ce moment-là sur scène quelque chose de l’intensité émotionnelle d’un Future Islands… ce qui montre combien Editors a évolué par rapport à ses débuts post punks.

2018 03 23 Editors Olympia (83)The Racing Rats, insignifiant malgré la ferveur du public, confirme encore que Editors a bel et bien passé son chemin, et le set principal se termine sur un Ocean of Light vraiment trop bas du front, trop facile, même si je dois dire que toute l’Olympia est aux anges, et que Editors a complètement gagné les cœurs ce soir. Y compris le mien, en fait.

Un rappel copieux, qui ne commence pas très bien, tant la version solo (à la guitare acoustique) du superbe No Sound but the Wind est gâchée par l’outrance avec laquelle Tom chante : ce cirque théâtral n’est vraiment pas nécessaire quand on a une si belle chanson ! Heureusement, les quatre derniers titres de la soirée seront absolument parfaits : Cold est un morceau sublime, certainement l’un des meilleurs de toute la discographie de Editors, Magazine transcende complètement, grâce à l’enthousiasme des fans (même le balcon de l’Olympia est debout maintenant), son statut de single assez mal choisi, et… Papillon, bien entendu, vient nous inonder de joie, nous mettre même les larmes aux yeux. La nuit se terminera par un Marching Orders springsteenien, idéal pour créer ce sentiment de communion un peu basique qui reste quand même incontournable lorsqu’un concert de Rock est réussi…

En quittant la salle, j’entends les inévitables vieux punks – dont je fais partie, je sais, je sais – déplorer le manque de présence des guitares : ils n’ont pas tort, mais, à condition d’admettre que Editors est un groupe parfaitement de notre époque, préoccupé de modernité, pour le meilleur et pour le pire, force est d’admettre que le concert de ce soir a été une démonstration de force. Tom Smith, même s’il a abandonné les tonalités sépulcrales qui firent sa réputation, et même s’il en fait décidément trop sur scène, reste un chanteur et un showman passionnant. S’appuyant sur de nouvelles chansons ayant retrouvé l’excellence des premières années, Editors est un groupe sur lequel il faut à nouveau compter…

« This life requires another name / oh, I got lucky this time in the hunt for atonement »

Il reste encore tant de chansons tristes à composer… »

 

Les musiciens de Public Service Broadcasting sur scène :

J. Willgoose Esq. – guitar, keyboards

Wrigglesworth - drums

JF Abraham – bass guitar, trumpet

 

La setlist du concert de Public Service Broadcasting :

People Will Always Need Coal (Every Valley – 2017)

Progress (Every Valley – 2017)

Spitfire (Inform-Educate-Entertain – 2013)

Go! (The Race for Space – 2015)

Gagarin (The Race for Space – 2015)

Everest (Inform-Educate-Entertain – 2013)

 

2018 03 23 Editors Olympia (162)Les musiciens de Editors sur scène :

Tom Smith - chant, guitare, piano

Russell Leetch - basse, synthétiseur, chœurs

Edward Lay - batterie, percussions, chœurs

Justin Lockey - guitare

Elliott Williams - claviers, synthétiseur, chœurs

 

La setlist du concert de Editors :

Hallelujah (So Low) (Violence – 2018)

A Ton of Love (The Weight of your Love – 2013)

Darkness at the Door (Violence – 2018)

Formaldehyde (The Weight of your Love – 2013)

Violence (Violence – 2018)

No Harm (In Dream – 2015)

Lights (The Back Room – 2005)

Blood (The Back Room – 2005)

Munich (The Back Room – 2005)

An End Has a Start (An End Has a Start – 2007)

In This Light and on This Evening (In This Light and on This Evening – 2009)

Eat Raw Meat = Blood Drool (In This Light and on This Evening – 2009)

Nothingness (Violence – 2018)

Belong (Violence – 2018)

Sugar (The Weight of your Love – 2013)

The Racing Rats (An End Has a Start – 2007)

Ocean of Night (In Dream – 2015)

Encore :

No Sound but the Wind (Tom solo) (Violence – 2018)

Cold (Violence – 2018)

Magazine (Violence – 2018)

Papillon (In This Light and on This Evening – 2009)

Marching Orders (In Dream – 2015)

 

Compte-rendu publié à l'époque sur le blog manitasdeplata.net

 

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25 janvier 2019

Django Django - Samedi 10 Mars 2018 - La Cigale (Paris)

2018 03 10 Django Django Cigale Billet« Est-ce que quelqu'un se souvient encore en 2018 de la “new rave” et de ses “fluo kids” qui enflammèrent un court instant l'Angleterre dans les années “zéros” ? Encore une vaguelette qui est venue mourir à bout de forces sur la plage désertée de nos exigences musicales. Il y avait pourtant de l'idée dans ce mariage pop - rock - électro pour danser joyeusement sur les ruines d'un monde qui n'était déjà plus guère reconnaissable. Le même genre d'oubli qui engloutit rapidement nos chez Klaxons guette sans doute les ex-prodiges de Django Django, dont le premier album, créatif et amusant, avait éveillé un vague espoir. En 2018, Django Django joue effrontément la carte pop, sans doute pour raviver l'intérêt d’un public déjà fatigué par ses poses avant-gardistes qui n'ont pas débouché sur grand-chose. En 2018, on sait que la révolution ne viendra pas d'eux, on est passé à autre chose : on ne retourne probablement à Django Django guère que pour “danser intelligent”. C'est donc le moment idéal pour aller les apprécier sur scène.

2018 03 10 Man of Moon Cigale (9)20h00 : se présenter sur scène sous les auspices de Ghost Rider, passé dans sa quasi intégralité sur la sono avant de jouer la moindre note, est pour le moins... suicidaire : personnellement, je suis déjà entré en transe sur la voix d’Alan Vega quand Man of Moon, duo écossais post-punk / post-rock minimaliste, attaque son set… Oh, ils sont indiscutablement capables de marteler ces vieux clichés bruitistes ténébreux qui marchent encore et toujours sur nos âmes fatiguées ! Mais si la transe tour à tour butée et hébétée a son charme - d'ailleurs la Cigale applaudira plutôt chaleureusement la prestation visiblement sincère de Chris Bainbridge à la guitare et au chant et de Michael Reid à la batterie -, il est impossible de transcender tout cela sans la capacité (que Vega avait, justement) de basculer vers une saine folie, ou, à défaut, de suggérer quelque déviance inquiétante. Trop sage, trop appliqué, Man of Moon nous laisse en rade alors que nous ne demandions pas mieux qu'un petit trip dans l'espace où nul ne nous entendrait crier.

21h00 : Vincent, Jim, Tommy et Dave entament leur concert par un court morceau étrange, un peu psalmodié, que personnellement je ne replace sur aucun de leurs trois albums… mais c’est peut-être ma mémoire qui flanche. Une introduction décalée par rapport à un set qui va être, on va le réaliser très vite, totalement construit pour le plaisir immédiat du public : l’impeccable Marble Skies est joué tout de suite, et pose les bases de l’heure et demi qui va suivre, un enchaînement des titres les plus pop de Django Django, principalementtirés du premier et du troisième albums. Le groupe n’a visiblement plus la tête à l’expérimentation, et n’alternera pas ce soir chansons faciles et électro avant-gardiste.

2018 03 10 Django Django Cigale (16)Les musiciens sont vêtus de blanc et de couleur claire, permettant aux jeux de lumières de jouer avec leurs silhouettes de manière spectaculaire, et le fond de la scène est illuminé en permanence de projections vidéo créant de beaux effets visuels. Malgré l’absence d’amplification sur la scène, tous les instruments passant sur la sono, le son est bon, même si les harmonies vocales “façon Beach Boys” qui caractérisent les meilleurs morceaux du groupe ne seront pas toujours autant mises en valeur qu’elles le méritent. Mais le plus frappant pour moi, oserais-je même parler de déception, c’est la simplification de la texture musicale par rapport aux albums : beaucoup moins de claviers, un son finalement assez traditionnel, on ne peut pas dire que Django Django essaie même de transmette en live l’ambition des meilleurs passages de ses albums.

Surface to Air, chanté par Vincent qui reconnaît avec humour que l’absence de la voix de Self Esteem n’aide pas la chanson, sera une vraie frustration, et je commence à trouver assez irritants les petits cris (gloussements) que pousse Vincent chaque fois qu’il en a l’occasion. Le public de la Cigale, très investi, n’est clairement pas de mon avis, et les titres extraits du premier album, plus baroques, fonctionnent parfaitement comme “crowd pleasers” : Vincent fait rallumer la salle de temps en temps et une forêt de bras se dresse, dans la fosse comme au balcon.

2018 03 10 Django Django Cigale (41)Heureusement arrive le tour de Sundials, la chanson la plus “Beach Boys” de “Marble Skies”, moment superbe qui me plonge néanmoins dans un abime de réflexion : je réalise qu’il y a désormais chez Django Django une ambition “pop classique” qui m’évoque le XTC de la grande époque. Oui, c’est ça, Sundials pourrait être une chanson de Colin Moulding, et, croyez-moi, c’est un sacré compliment dans ma bouche !

Mais l’heure avance, et la setlist se concentre maintenant sur les hits du premier album, à l’efficacité indiscutable : WOR, Life’s a Beach ou Skies over Cairo dispensent la joie dans le public, et nous reviennent facilement en mémoire, six ans – déjà - après l’apparition bruyante et remarquée du groupe.

Un rappel généreux de trois titres, avec le magnifique Champagne – peut-être la chanson la plus réussie de “Marble Skies” – en sandwich entre Storm et l’inévitable Silver Rays en conclusion, qui confirme que Django Django a atteint son objectif : se positionner sur scène comme un groupe de Rock populaire – finalement assez proche d’un Two Door Cinema Club par exemple – et non plus comme un projet musicalement ambitieux (comme c’était le cas à l’époque de Born Under Saturn…).

Quelque part, je trouve ça un peu dommage, même si ce n’est pas très étonnant dans le panorama sinistré du Rock anglais actuel. Bref, je sors de la Cigale en restant vaguement sur ma faim, mais soyons honnête, je fais partie d’une minorité… »

 

Les musiciens de Django Django :

David Maclean (drums)

Vincent Neff (voice and guitar)

Jimmy Dixon (bass guitar, vocals)

Tommy Grace (synthesizers)

 

2018 03 10 Django Django Cigale (76)La setlist du concert de Django Django :

Marble Skies (Marble Skies – 2018)

Shake and Tremble (Born Under Saturn – 2015)

Tic Tac Toe (Marble Skies – 2018)

First Light (Born Under Saturn – 2015)

Surface to Air (Marble Skies – 2018)

Waveforms (Django Django – 2012)

In Your Beat (Marble Skies – 2018)

Sundials (Marble Skies – 2018)

Further (Marble Skies – 2018)

Skies Over Cairo (Django Django – 2012)

Default (Django Django – 2012)

Life's a Beach (Django Django – 2012)

WOR (Django Django – 2012)

Encore:

Storm (Django Django – 2012)

Champagne (Marble Skies – 2018)

Silver Rays (Django Django – 2012)

 

 

Ce compte-rendu a déjà été publié en mars 2018 sur Benzine Mag :

https://www.benzinemag.net/2018/03/15/live-report-django-django-a-la-cigale/

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15 janvier 2019

King Gizzard & The Lizard Wizard - Jeudi 1er Mars 2018 - Bataclan (Paris)

2018 03 01 King Gizzard Bataclan Billet« Finalement, et c’est un vieux de la vieille qui vous le dit, la musique en 2018, ce n’est plus aussi barré que ça a été. D'ailleurs Mark E Smith est mort, ça c'est un signe, non ? Du coup, il faut profiter plus que jamais des rares originaux qui nous restent. De ces types ou de ces groupes qui, en ne se prenant pas au sérieux, savent faire de la musique "savante", ou tout au moins concernée, ambitieuse même tout en souriant. Des types comme l’intense John Dwyer, par exemple, avec ses Oh Sees à géométrie variable mais toujours dans l’expérimentation jouissive. Ou comme le jovial Ty Segall, qui n'a pas peur de rire sur scène. Ou, vous m’avez vu venir, comme les Australiens de King Gizard & The Lizard Wizzard, avec leurs cinq albums publiés en 2017, qui sont passés insensiblement du stade de farfelus furieux pour amateurs de rock garage azimuté à celui de solide espoir pour le Rock de demain. D'où un Bataclan bien, bien complet pour ce groupe qui excite tout le monde sans avoir encore vendu grand-chose au grand public. D’où une ambiance d'attente particulièrement joyeuse à l'intérieur de notre salle Rock tant aimée, le genre d’atmosphère qui redonne foi à ceux qui, comme moi, se déclarent occasionnellement fatigués par le manque de détermination des musiciens contemporains. Dehors il fait encore froid, les derniers restes d'une semaine sibérienne, mais dedans la météo nous prédit un concert chaud bouillant et mouvementé !

2018 03 01 Mild High Club Bataclan (17)19h50 : Mild High Club arrivent avec la crédibilité d'avoir fait un album avec King Gizzard (le jazzy "Sketches of Brunswick East") ... mais vont rapidement, et terriblement, nous décevoir : à la fin de leurs 30 minutes réglementaires, autour de moi, on parle de musique d'ascenseur (« …mais ça passe moins vite qu'un trajet en ascenseur ! ») ou de pizzeria (« …sauf qu'il n'y a même pas de pizza à manger ! »). Alex Brettin a l'air tout gentil et chante ses compos jazzy, lounge, mais molles de chez molles, avec une voix à la limite de la mièvrerie. Les musiciens qui l’entourent n’ont pas l’air plus concernés que cela, et le grand moment de ces 30 minutes trop, mais trop gentilles, c'est quand Stu Mackenzie – avec son look de Viggo Mortensen juvénile - vient jouer de la flûte traversière avec Mild High Club : le public acclame l'effort. Mais l'effort de quoi ? Bref, une drôle d'entrée en matière pour cette soirée !

20h50 : le Bataclan est bourré jusqu’à la gueule (pas de crash barriers, au premier rang on est collés contre la scène) et on retrouve vite son éternel problème d’atmosphère étouffante quand le septette de King Gizzard & The Lizard Wizard lance sa cérémonie. Le début est absolument stupéfiant, n’ayons pas peur des mots : Rattlesnakes, le fameux morceau d’introduction de "Flying Microtonal Banana", représente parfaitement la richesse du projet des Australiens : nous faire sauter au plafond d’excitation tout en gravant des mélodies immédiates dans notre cortex et en flattant notre intelligence grâce à des concepts puissants ! Pas besoin d’avoir déjà écouté la plupart des chansons de King Gizzard pour être capable de les chanter en quelques minutes, ça marche à tous les coups : « Rattlesnake / Rattlesnake / Rattlesnake / Rattles me… », ce n’est certes pas compliqué à reprendre avec Stu, je l’admets. Mais faire basculer la totalité de la fosse du Bataclan chauffé à blanc dans l’hystérie après cinq minutes de concert, ça, ça vous pose un groupe ! Incroyable ce que c’est bon de ressentir ça à nouveau ! Je regarde autour de moi au premier rang, et tout le monde – filles et garçons, jeunes et moins jeunes - me paraît extatique. Je me retourne et je vois que derrière moi, ça saute de partout : la joie est totale !

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (10)Bon, mais sur scène, que se passe-t-il ? Au centre, deux batteries aux couleurs italiennes (?) se font face, et Cavanagh et Moore se déchaînent en permanence avec une fureur et une puissance qui propulsent les morceaux du groupe – même les moins "garage" - vers un ailleurs quasi supersonique. Skinner, le bassiste, élément essentiel du moteur de King Gizzard, se retrouve du coup coincé en arrière-plan, et nous le verrons peu, même si heureusement, le son de sa basse est parfaitement présent : il faut dire qu’au Bataclan, même au premier rang, le son est toujours impeccable ! Sur la gauche, Ambrose Kenny Smith, très décontracté, porte à lui seul la responsabilité des claviers, tandis que la plus grande partie de la scène est dédiée aux trois guitaristes, qui vont nous offrir un festival éblouissant durant l’heure vingt cinq du set. Stu Mackenzie concentre logiquement la plupart des regards, et se permet quelques fantaisies scéniques, plantant en particulier sa guitare devant l’ampli situé derrière les batteries, dans un style punk / metal simple et de bon goût... En comparaison avec la légèreté assez joviale de Stu, Joe Walker est lui dans une indéniable austérité – sans même parler de ses interventions vocales, en général théâtrales et sinistres -, tandis que Cook Craig joue la carte de l’élégance discrète. Bref, King Gizzard est un groupe à l’apparence finalement anodine, qui ne laisse en rien présager une musique aussi exceptionnelle, aussi DANTESQUE…

Alors que le concert progresse, et gagne peu à peu en richesse et en profondeur, je suis saisi par de curieux flashbacks : cette musique, qui ressemble parfois à une sorte de prog rock primitif, avec des rythmiques krautrock et des ambiances oscillant entre Moyen-âge et Orient (l’effet durant la première partie du set de ces fameuses microtonalités !), me ramène à mes souvenirs de jeunesse, mes transes aux concerts du Magma de Christian Vander ou de Can, voire de Van Der Graaf Generator quand Peter Hammill testait sa guitare électrique. Il y a quelque chose ce soir de la folie échevelée et de l’ambition un peu naïve du début des seventies, et je me rends compte que ça fait furieusement du bien d’écouter une musique qui n’obéit à aucun formatage, à aucun stéréotype contemporain. Une musique qui n’a littéralement peur de rien, et surtout pas de l’excès ou du ridicule. Il est évident que cette liberté de ton explique l’amour tellement visible que son public porte à King Gizzard…

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (20)… mais pas seulement… Car il y a aussi notre furieuse envie, née de l’écoute à répétition de l’incroyable "Nonagon Infinity", de headbanguer, de sauter comme des petits pois mexicains, de slammer, de hurler des anathèmes diaboliques, bref de savourer les joies basiques, voire primitives, du garage rock le plus extrême. Alors, pour nous faire plaisir, King Gizzard and The Lizard Wizard accélèrent régulièrement le set, et nous offrent notre portion congrue d’hystérie. Rien à redire là-dessus, sauf peut-être un arrière-goût de trop peu… ?

Bon, le plus beau moment de la soirée sera pour moi Crumbling Castle, la mémorable ouverture de "Polygondwanaland", avec sa mélodie un peu médiévale et définitivement serpentine… qui sera joué assez curieusement en trois parties, avec des breaks inattendus au milieu. La magie si particulière des morceaux de King Gizzard vient peut-être de cette tendance inhabituelle à superposer parfaitement instruments et parties vocales, créant une sorte de sidération jubilatoire, encore accentuée lorsque les deux ou trois guitares jouent à l’unisson, propulsées par la frénésie infernale de la section rythmique.

On attend alors un couronnement du set avec une série de crowd pleasers extrêmes, mais Stu et ses potes, toujours facétieux, nous offrent une longue conclusion jazzy, plus décontractée, mais pas moins fascinante. Les Australiens nous quittent rapidement, mais non sans avoir photographié le public extatique du Bataclan, sur des « Thank You » préenregistrés. Il n’y aura pas de rappel.

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (25)La leçon à tirer de cette claque mémorable que nous venons de prendre est simple : il y a encore et toujours de l’espoir pour le Rock, il suffit simplement de laisser s’exprimer son imagination et de se lancer ensuite sans peur et sans complexes ! Merci à nos nouveaux Australiens préférés de nous rappeler ainsi aux vertus essentielles de la musique. De la musique vivante.

« I don't want to be a crumbling, crumbling, crumbling castle / I don't want to fall into dust / I don't want nothing but to live on / The ache inside my keep spurs me on / I don't want to be visible… »

»

                                                  

Les musiciens de King Gizzard & The Lizard Wizard sur scène :

Stu Mackenzie – vocals, guitar, flute

Ambrose Kenny Smith – harmonica, keyboards, vocals

Joey Walker – guitar, vocals

Cook Craig – guitar, vocals

Lucas Skinner – bass guitar

Michael Cavanagh – drums, percussion

Eric Moore – drums, percussion

 

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (89)La setlist du concert de King Gizzard & The Lizard Wizard :

Rattlesnake (Flying Microtonal Banana – 2017)

Greenhouse Heat Death (Gumboot Soup – 2017)

Nuclear Fusion (Flying Microtonal Banana – 2017)

All Is Known (Gumboot Soup – 2017)

Welcome to an Altered Future (Murder of the Universe – 2017)

Digital Black (Murder of the Universe – 2017)

Han-Tyumi the Confused Cyborg (Murder of the Universe – 2017)

The Lord of Lightning (Murder of the Universe – 2017)

Polygondwanaland (Polygondwanaland – 2017)

Crumbling Castle (Polygondwanaland – 2017)

The Fourth Colour (Polygondwanaland – 2017)

Cellophane (I'm in Your Mind Fuzz – 2014)

Robot Stop (Nonagon Infinity – 2016)

Big Fig Wasp (Nonagon Infinity – 2016)

Gamma Knife (Nonagon Infinity – 2016)

The River (Quarters! – 2015)

God Is in the Rhythm (Quarters! – 2015)

 

 

Ce compte-rendu a déjà été publié à l'époque du concert sur Benzine Magazine : https://www.benzinemag.net/2018/03/04/live-report-king-gizzard-the-lizard-wizard/

 

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10 janvier 2019

Mando Diao - Samedi 17 Février 2018 - La Maroquinerie (Paris)

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie Billet« "A poil ! A poil !" crient deux très jeunes femmes derrière moi, visiblement toutes émoustillées par la plastique du beau Suédois sur scène : il vient de quitter sa chemise noire imbibée de sueur, dont les pans n'arrêtaient pas de se coller contre les cordes de sa guitare, et il se livre donc torse nu au désir de ses fans. Je ne peux pas m'empêcher de jubiler devant ce délicieux retournement de situation : les clichés du Rock ont la vie dure, mais l'expression du désir est universelle. A quand le harcèlement sexuel féminin ?...

… Maintenant que la Scandinavie a gagné une solide réputation pour ses polars rudes et complexes, combien faudra-t-il attendre pour qu'elle soit autant reconnue pour ses groupes de Rock ('n'Roll ou pas...) ? Et pourtant, et pourtant, la liste est longue et les genres les plus divers (en faisant l'impasse sur le Métal, également vigoureux près du cercle polaire me dit-on, à moi que ce genre indiffère au plus haut point) : The Raveonettes au Danemark, Kings of Convenience et Turbonegro en Norvège, Leningrad Cowboys, Hanoi Rocks et 22-Pistepirkko en Finlande, The Cardigans, The Hives, Jay Jay Johansen, The Sounds en Suède... Et Mando Diao, justement : très populaire chez eux et dans certains recoins du monde rock (comme en Allemagne, ou au... Japon !), voilà un groupe qui a du mal à percer en France, mais qui draine clairement ce soir à la Maro une bonne partie des expats scandinaves à Paris, vu la petite foule polyglotte massée devant l'entrée de la salle une heure avant l’horaire annoncé des hostilités.

2018 02 17 The OBGMs Maroquinerie (45)20 h : trois blacks et un blanc bien chevelu, et ce n'est pas du putain de hip hop (Halte aux clichés ! Halte aux clichés !), non c'est du putain de punk hardcore des familles : oOoh Baby Gimme More ! The OBGMs, c'est comme ça qu'ils s'appellent, viennent de Toronto, Ontario et vont nous offrir 30 minutes quasi parfaites : des morceaux qui envoient du bois (fragments de baguettes du batteur qui volent bas, d'ailleurs je récupèrerai comme souvenir une baguette presque intacte...), des musiciens qui se donnent à fond, et qui ne manquent pas d'humour. Ça plaisante entre les chansons, ça fait participer le public, et ça ramone méchant quand la musique s'accélère. A la fin le bassiste (chevelu donc) et le chanteur descendent jouer le dernier morceau au milieu du public, le spectacle est total, la Maro est drôlement chauffée : d'ailleurs ça fait un bail que je n'ai pas vu une première partie soulever cet enthousiasme. Ça s'appelle la magie du Rock, des petits gars qui en veulent, qui respectent et aiment leur public et des chansons jouées le pied au plancher : que demander de plus ? oOoh Baby Gimme More !

21 heures passées de quelques minutes : les Suédois seraient-ils moins ponctuels qu'on l'imagine ? Non, voilà nos cinq jeunes musiciens (la trentaine, malgré un succès qui date déjà de plus de 10 ans...) : ils sont vêtus de noir, vêtements cintrés mettant en valeur les physiques de jeunes dieux qu'on attend de leur origine (Halte aux clichés ! Halte aux clichés !). Björn Dixgård, le chanteur et leader depuis le départ de Gustaf Norén il y a trois ans, porte de superbes boots texanes, et évoque un peu un jeune John Lennon qui aurait le sourire de Javier Bardem.

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (14)Le set démarre par San Francisco Bay, une chanson que je ne connais pas, même si je suis visiblement le seul dans ce cas de toute la Maro, désormais archi bondée et transformée en sauna : toutes les caractéristiques de la musique de Mando Diao sont là, une sorte de classicisme rock un peu passe-partout, des mélodies immédiates que tout le monde est capable de chanter dès le second refrain, et surtout une belle énergie qui transforme chaque chanson en une célébration dionysiaque du rituel rock'n'rollien. Je me rends compte d'un coup que nous ne sommes que trois mâles au premier rang, le public étant constitué d'une large majorité de fans féminines de tout âge, venues chanter ces chansons qu'elles connaissent toutes par cœur et prendre du bon temps en pogotant, "headbangant", et matant joyeusement les attributs des jeunes Suédois. Eh bien, vous savez, moi, ça me va très bien comme ça !

Premier moment de satisfaction musicale avec Dancing All the Way to Hell, même si, comme souvent à la Maro, la belle voix soul et cassée de Björn n'est pas assez audible pour nous, au premier rang... Je suis par contre placé juste en face de la Rickenbaker de CJ Fogelklou, le bassiste au look glitter un peu décalé, et je me délecte de ses lignes de basse élégantes et du son si caractéristique de ce bel instrument. Good Times, au stomp irrésistible amène de larges sourires sur tous les visages, et Björn joue parfaitement son rôle archétypal de sex symbol gentiment provocateur. Mais Mando Diao, c'est aussi de belles accélérations punky, voire garage rock, comme sur The Band, premier incendie de la soirée. Malgré le peu de place vu l'affluence, un petit mosh pit s'est créé au centre, cette soirée prend décidément une allure des plus satisfaisantes !

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (20)Break Us, très attendu (enfin, par moi !), permet de mieux entendre la voix de Björn, descendu pour l'occasion se frotter à ses admiratrices, mais ce sera l'enchaînement hystérique de Down in the Past et Sweet Ride qui constituera pour moi le sommet d'un set placé sous le signe du plaisir. Patrik Heikinpieti, le batteur, nous invite d'un air furieux à exprimer plus bruyamment notre satisfaction. Il est temps de visiter les hits, les crowd pleasers et de faire basculer la Maro dans un vaste singalong extatique : Gloria - non pas celui des Them - se prête parfaitement à l'exercice. C'est aussi le moment du contact physique, je suis constamment bousculé par des jeunes femmes voulant toucher les musiciens. Le set se termine sur Ochrasy, un morceau mollasson et pas très bien joué, genre U2 imbibé d'Americana, dont je ne comprends pas trop l'intérêt…

Le rappel sera funky et... un peu stonien même, avec les réjouissants Shake et Dance with Somebody, et les poses de Björn et de Jens chantant dans le même micro en rajoutent dans le registre Glimmer Twins. Les musiciens ont du mal à quitter la scène, on serre les mains, on touche les doigts, on fait durer autant qu'on peut la bonne sensation de "communion" dans la joie typique d'un grand "live". Les oreilles sifflent un peu, signe que le volume sonore a été adéquat, il est temps de rentrer...

Mando Diao n'a peut-être pas inventé l'eau tiède, et a sans doute le tort de jouer sagement une partition écrite par d'autres il y a déjà bien des années, de mélanger les genres musicaux au risque de diluer sa personnalité. Mais il le fait avec une générosité, un naturel qui lui permettent de dépasser finalement les clichés dont il s'abreuve. Cette musique est dansante, sexy, superficielle sans doute : mais, soyons honnêtes, n'est-ce pas là la définition même du Rock, tel que les Américains l'inventèrent il y a 60 ans et que les Suédois le pratiquent encore pour illuminer les longues nuits hivernales de Borlänge ? »

 

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (26)Les musiciens de Mando Diao sur scène :

Björn Dixgård - Chant, guitare

Jens Silverstadt – guitare, chant

Carl-Johan « CJ » Fogelklou – basse, choeurs

Patrik Heikinpieti – Batterie

Daniel Haglund - Claviers

 

La setlist du concert de Mando Diao :

San Francisco Bay (Ode to Ochrasy – 2006)

All the Things (Good Times – 2017)

White Wall (Hurricane Bar – 2004)

All My Senses (Ode to Ochrasy – 2006)

Dancing All the Way to Hell (Good Times – 2017)

Good Times (Good Times – 2017)

One Two Three (Good Times – 2017)

The Band (Bring ‘Em In – 2002)

Mr. Moon (Bring ‘Em In – 2002)

You Got Nothing On Me (« Give Me Fire » - 2009)

Break Us (Good Times – 2017)

Voices on the Radio (Good Times – 2017)

Down in the Past (Ode to Ochrasy – 2006)

Sweet Ride (Bring ‘Em In – 2002)

Gloria (« Give Me Fire » - 2009)

Ochrasy (Ode to Ochrasy – 2006)

Encore:

Shake (Good Times – 2017)

Dance With Somebody (« Give Me Fire » - 2009)

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05 janvier 2019

Belle and Sebastien - Mercredi 7 Février 2018 - Salle Pleyel (Paris)

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel Billet« Stuart Murdoch nous le rappelle, avant d’entamer un Dog on Wheels beau à en pleurer (d'ailleurs les larmes me sont venues aux yeux) : il y eut une époque où Belle and Sebastian était plus connu en France qu'en Grande Bretagne, entre 1996 et 1997. Du coup, il me semble évident. Irrésistible même, ce mélange d'ironie légère, de grâce aérienne et de joie un peu mélancolique (pour reprendre les termes de l'ami Xavier, retrouvé à la fin du concert, et avec lequel j'ai pu échanger à chaud mes – excellentes - impressions). Du coup, je demande quand même pourquoi c'était ce mercredi 7 février 2018 mon premier concert de Belle and Sebastian, un groupe dont je possède pourtant pas mal d'albums, depuis le sublime "If you're feeling sinister" ? Oui, pourquoi suis-je passé plus de 20 ans à côté de ce plaisir-là ?

2018 02 07 The Pictish Trail Salle Pleyel (11)Pourtant ce soir, ce n'était pas gagné : Paris et la moitié nord de la France paralysées par la neige, ce qui n'avait pas rendu facile l'accès à la Salle Pleyel, que l'on vienne de Rueil en Autolib comme moi, de Rouen en train comme Xavier, ou de Strasbourg en bus comme les huit musiciens de Belle and Sebastian (« On se serait cru dans Fargo », nous raconte Stuart avant de dédier sa prochaine chanson au conducteur du car...). Le premier rang assuré quand même malgré mon arrivée tardive, quelques minutes de répit pour contempler cette belle et grande salle plutôt dédiée au classique et à la variété, et c'est 20 heures...

... l'heure de découvrir la première partie, l'Écossais Pictish Trail (en fait, renseignement pris, l’homme se nomme plus rationnellement Johnny Lynch et Pictish Trail est évidemment son pseudonyme), joyeux plaisantin originaire de l'Ile d'œuf (Eigg Island, 150 habitants) qui nous fait rire avec ses blagues (« ... du coup j'ai peur quand je vois autant de monde qu'ici ce soir ! »)... mais ne nous charme pas autant qu’on l'aurait aimé avec sa musique. Tranchant avec son look de fada vaguement hippie, avec, je vous prie de noter, un maquillage métallique sur les joues et le nez, partagé avec ses musiciens, Johnny surprend d’emblée grâce à sa très belle et très pure voix d’ange, régulièrement élevée en haute-contre d’ailleurs. Inattendu, et ce d’autant que les accords éthérés de la guitare entrent en collision avec les sons grinçants, souvent parodiques qui sortent du synthé. Tout cela dénote un artisanat bien sympathique, et ce d’autant que l’humour et la gentillesse du bonhomme sont tangibles, mais toutes ces qualités réunies ne débouchent pas sur une musique vraiment conséquente. Il y a toujours quelque chose qui cloche dans la musique de Pictish Trail, et le pire c’est que c’est certainement volontaire ! Jusqu’au dernier morceau, le seul franchement rock, qui semble finalement ordonner tout ce foutoir bon enfant pour nous offrir quelques minutes de plaisir. Une drôle d’affaire !

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (21)21h00 : la scène de Pleyel est large et profonde, mais les musiciens de Belle and Sebastian sont nombreux, qui, outre leur fameux échange perpétuel d’instruments entre les morceaux (n’oublions pas qu’ils furent pionniers en la matière, et imités par de nombreux groupes ensuite !), nous gratifient de projections en arrière-plan de photos, vidéos et montages d’ambiance particulièrement pertinents par rapport aux textes et à l’atmosphère des chansons : ça démarre très fort avec de belles images en noir et blanc d’amour et de souffrance, rythmées par des mots faisant en écho avec le texte de Nobody’s Empire. Ça semble très pro en fait, et donc assez loin de l’image que le groupe avait à ses débuts de jeunes amateurs timides et dilettantes. Je m’inquiète un peu de ne pas retrouver la vieille magie - souvent célébrée - de cette musique tremblante, fragile : on sait combien le passage des années peut dessécher le cœur, combien la maîtrise technique acquise avec l’expérience repousse les fantômes timides de l’inspiration…

J’ai tort de m’inquiéter, car très vite, il est évident que le cœur du groupe bat toujours aussi fort : est-ce la voix, régulièrement bouleversante, de Stuart Murdoch, qui lorsque les chansons lui permettent de s’épanouir, nous saisit littéralement ? Est-ce la spontanéité qui règne visiblement sur le set, et qui fait que chaque chanson ressemble à une surprise que le groupe nous fait, mais se fait aussi à lui-même ? Je pense que c’est sur The Boy Done Wrong Again, premier extrait enchanté de l’immortel "If you're feeling sinister" que je m’avoue conquis, vaincu par ce groupe que j’ai finalement sous-estimé, un peu délaissé, au fil d’albums pas toujours complètement convaincants.

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (25)Au côté de Stuart, il est visible que Stevie Jackson, dont le physique tranche d’ailleurs avec le rigorisme miniature, vaguement veggie, qui est un peu l’image de Belle and Sebastian (« Cécile Aubry, encore merci ! »), assure une belle part du show, se donnant en spectacle avec une fougue qui dépasse régulièrement ses capacités de chanteur. Rappelons donc que, même si cela en irrite beaucoup, chez nos Ecossais, chanter faux fait partie du deal, et loin de gâcher les chansons, leur confère une sorte d’amateurisme sympathique (rappelez-vous le premier album d’Aztec Camera, ou toute la discographie de Galaxie 500 : il y eut dans les années 90 une véritable élégance du chant approximatif !).

Sarah, juste devant moi, est, elle, beaucoup plus réservée derrière son clavier ou avec son violon et sa flûte, et je trouve que ce ne sera que sur la fin du set qu’elle se lâchera, et rejoindra les autres dans la douce euphorie générale

Ce qui est bien avec une discographie aussi variée s’étalant sur 20 ans, c’est que Belle and Sebastian peuvent désormais nous offrir 1 heure et 35 minutes de musique parcourant toute une gamme de sentiments, de rythmes, de genres même, sans jamais pour autant nous perdre. Bien sûr, Stuart, au four et au moulin, est un peu le Monsieur Loyal de la bande : il s’assied au bord de la scène pour chanter plus près de nous, il raconte maintes anecdotes en se débrouillant même occasionnellement en français, il va discuter avec le jeune français recruté pour la soirée pour officier à la trompette et qui fait d’ailleurs un boulot superbe, il organise manu militari une invasion de la scène pour avoir orchestrer un ballet de fans lorsque la musique se fait plus groovy ! The Party Line, qui voit Stuart nous mimer la fièvre du mercredi soir debout sur son piano, nous réjouira tous, avant un finale, rappel y compris, qui revient, très logiquement, sur les premières heures, les plus magiques, du groupe.

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (61)Ce rappel, justement, qu’on nous présente ironiquement comme improbable et non prémédité, débute par une "song on request", choisie après réflexion et délibération entre Stevie et Stuart à partir des propositions du public. Sympathique, mais quand même anecdotique par rapport à ce qui va suivre : d’abord, un Fox in the Snow tremblant qui nous rappelle le goût de nos hivers d’enfance (bien différent, avouons-le, de celui de la neige d’aujourd’hui qui nous fait rager parce qu’elle bloque nos voitures…), et puis un Get Me Away From Here, I’m Dying qui pourrait servir encore et toujours d’étendard à une rébellion de la gentillesse et de la sincérité.

Pas très rock’n’roll, j’en entends qui disent. Oh que si, mes amis : cette musique est aussi punk que celle des jeunes américains de Starcrawler la semaine dernière, aussi rebelle dans sa détermination à avancer "wearing its heart on its sleeve", comme on dit là-bas. Bien sûr, Stuart, en bon Ecossais, a évoqué la Aulde Alliance, a maudit le Brexit (et rappelé qu’il souhaitait l’indépendance de l’Ecosse… pour que le pays puisse concourir à l’Eurovision !), mais sa vraie révolte, il la portait bien comme ça, dans cette humanité si apparente qui élève les meilleures chansons de Belle and Sebastian bien au-dessus de la concurrence.

Bref, je suis ressorti de Pleyel conquis, et si le verglas envahissait de nouveau les trottoirs et les rues de la capitale, mon cœur était, lui, bien au chaud. »

 

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (63)Les musiciens de Belle and Sebastian sur scène :

Stuart Murdoch – vocals, electric and acoustic guitar, keyboards

Stevie Jackson – vocals, electric and acoustic guitar

Chris Geddes – keyboards

Richard Colburn – drums and percussion

Sarah Martin – keyboards, violin, flute and vocals

Bobby Kildea – guitar and bass

Dave McGowan - bass, guitar, and keyboards

+ une violoncelliste et un trompettiste

 

La setlist du concert de Belle and Sebastian :

Nobody's Empire (Girls in Peacetime Want to Dance - 2015)

I'm a Cuckoo (Dear Catastrophe Waitress - 2003)

We Were Beautiful (How To Solve Our Human Problems Pt. 1 – 2017)

The Boy Done Wrong Again (If You're Feeling Sinister - 1996)

Another Sunny Day (The Life Pursuit - 2006)

Sweet Dew Lee (How To Solve Our Human Problems Pt. 1 – 2017)

Funny Little Frog (The Life Pursuit - 2006)

Piazza, New York Catcher (Dear Catastrophe Waitress - 2003)

A Summer Wasting (The Boy with the Arab Strap - 1998)

Seymour Stein (The Boy with the Arab Strap - 1998)

The Same Star (How To Solve Our Human Problems Pt. 2 – 2018)

Show Me the Sun (How To Solve Our Human Problems Pt. 2 – 2018)

Dog On Wheels (Dog on Wheels – 1997)

The Boy With The Arab Strap (The Boy with the Arab Strap - 1998)

The Party Line (Girls in Peacetime Want to Dance - 2015)

Judy and the Dream of Horses (If You're Feeling Sinister - 1996)

Encore:

Jonathan David (Push Barman to Open Old Wounds – 2005)

The Fox in the Snow (If You're Feeling Sinister - 1996)

Get Me Away From Here, I'm Dying (If You're Feeling Sinister - 1996)

 

 

 Ce compte-rendu a déjà été publié à l'époque du concert sur Benzine Magazine : https://www.benzinemag.net/2018/02/09/live-report-belle-and-sebastian-rechauffe-la-salle-pleyel-le-tepsd-un-cocnert/

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20 décembre 2018

Starcrawler - Mardi 23 Janvier 2018 - Point Ephémère (Paris)

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère« Le truc important et compliqué pour tout passionné de musique, c'est de surveiller constamment la naissance de nouveaux groupes ou artistes susceptibles de l'intéresser, et donc de ne pas trop louper les futurs grands de demain, ni même les groupes éphémères qui lui pourvoiront un plaisir non négligeable pendant quelques mois. L'atomisation extrême de la scène musicale contemporaine et l'ultra spécialisation des médias ne rendent pas cette tâche facile, et ce d'autant que la mode chez les intellectuels parisiens n'est clairement plus au rock qui fait du bruit ! Au milieu de ce cirque infernal de recommandations et de rumeurs, qui embrouillent les esprits plutôt qu'autre chose, le bruit que suscite Starcrawler semble être le signal que quelque chose est peut-être en train de se passer du côté de la scène punk angelena : un disque loin d'être génial mais remarquablement nerveux et dynamique relance l'excitation... Tenons-nous enfin les héritiers des Runaways et de X ? Cela valait le coup d'aller vérifier cela sur scène au Point Éphémère en cette soirée grise et pluvieuse (... après deux heures de route depuis Rouen où je travaillais cette semaine, quand même).

2018 01 23 Grit Point Ephémère (4)20h30 : Grit, jeune groupe français qui essaie de percer sur le champ de bataille du rock traditionnel déserté désormais par le public comme par les media. Un quatuor jeune et qui n'en veut, comme on disait autrefois, quatre musiciens très compétents techniquement qui proposent une musique à la fois agressivement rythmée et curieusement décalée. Oscillant donc entre riffs à l'américaine et déconstruction mélodique bien de chez nous. Marcus, le chanteur, qui essaie d'impliquer le public un peu indifférent entre les chansons, et ses acolytes dégagent une énergie joyeuse, mais curieusement, après un démarrage prometteur, le set ne décolle jamais et l'intérêt retombe. Plus de 35 minutes pas inintéressantes mais qui tombent un peu à plat. Bref, malgré la sympathie qu'ils dégagent, pas forcément l'avenir du rock à guitares en France.

Je suis un peu inquiet car Arrow de Wilde (quel nom !), la chanteuse de Starcrawler a la réputation d'asperger copieusement le public de liquides divers, et je suis placé ce soir presque au milieu du premier rang (il est vrai que la scène du Point Éphémère n'est pas large !)... Je ne suis pas sûr de sauver mes vêtements de cette soirée...

21h30 : l'obscurité se fait et l'excitation est palpable dans un Point Éphémère bien rempli... même si le premier rang est surtout occupé par des photographes d'un certain âge et non par de jeunes fans surexcités. Sans doute l'image vaguement sulfureuse d'anorexique cracheuse de faux sang de Arrow... A moins que, plus tristement, cela soit surtout le fait que le rock'n'roll joué dans le respect des canons du genre n'attire plus guère que des vieux barbons de mon âge !

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (11)Dans l'obscurité, trois musiciens s'installent, guitare à gauche, basse à droite, batterie au centre, le format classique (tiens, c'est drôle il me semblait qu'il y avait deux guitares dans Starcrawler...). La silhouette arachnéenne de Arrow se discerne dans le noir : elle nous tourne le dos, agenouillée devant la batterie (une position qu'elle va en fait adopter systématiquement entre les morceaux durant tout le set). Wham Bam Thank you Mam, c'est parti ! Un torrent de sensations immédiat : le son, fort et brutal, avec une guitare omniprésente, hystérique, fait immédiatement culminer l'excitation comme aux beaux jours des seventies. Arrow déploie son corps comme un insecte géant devant le micro et l'impression est assez tétanisante, figeant le public fasciné (?) qui du coup semble hésiter à basculer immédiatement dans le pogo qui s'imposerait pourtant. Très grande, très, très maigre - on n'a sans doute jamais vu encore une chanteuse de ce format-là - Arrow est vêtue d'un body couleur crème (les tons de la pochette de l'album) et d'un gant et d'une sorte de bas-cuissarde cloutés, une tenue qui pourrait être ultra sexy sur un corps plus... féminin, mais qui évoque plus ici une sorte de menaçante monstruosité, en accord avec sa voix froide. Son visage, quasiment toujours dissimulé derrière ses cheveux rouges, n'affiche que morgue et indifférence, voire mépris, dans une attitude qui est le parangon des clichés rock'n'roll (disons l'école Johnny Thunders, entre hébétude et isolement royal). Un choc, indéniablement, on comprend le buzz conséquent autour du groupe.

A sa droite, l'exact opposé, Henri Cash à la guitare : vêtu de noir avec quelques franges blanches, ne tenant pas en place, sautant partout et sans arrêt, moulinant sa gratte avec des gestes outranciers, offrant sans cesse un spectacle d'énergie juvénile rassérénant l’éternel adolescent en nous, il est l'âme de Starcrawler, la foi en la jeunesse éternelle du rock n roll, le parfait contrepoids à la morbidité intense de Arrow. Il grimace, il provoque, il rit, il décharge des riffs fulgurants avec une aisance terrassante : on l'aime instantanément !

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (27)Les deux autres, Tim Franco à la basse, tout jeune lui aussi et tout sage, avec l'air surpris d'être déjà là à son âge, sur une scène parisienne, et Austin Smith le batteur chevelu, appliqué et essentiel, complètent un combo finalement assez exemplaire.

Je ne reconnais pas les premiers morceaux, je me dis que je n’ai pas écouté suffisamment encore l'album, jusqu’à ce que Love’s Gone Again, et puis l'emblématique I Love L.A. me rassurent… Mais je me rends compte tout de suite qu'ils sont tous transcendés par le live, qu'ils acquièrent une puissance et une magie que les versions studio n'ont pas : Starcrawler est un vrai groupe de scène et ça, c'est un vrai bon point !! Je suis même surpris par la passivité du public ce soir : il y a bien un petit mosh pit joyeux et bon enfant derrière moi, mais je ne suis même pas bousculé, un comble ! Non, malheureusement, j’ai le sentiment désagréable que le public parisien est un peu venu ce soir contempler un phénomène de foire, et que ce bon rock’n’roll roboratif dont le groupe nous abreuve est secondaire. Et pourtant, quand Henri et Arrow chante ensemble, se répondent, comme sur Love’s Gone Again, les fantômes de X viennent faire un petit tour sur scène, et je fonds littéralement. Mais bon sang, pourquoi n’y a-t-il que moi qui m’excite au premier rang ?

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (54)Arrow vient repousser du pied mon voisin de gauche, puis vient tripoter le visage de mon voisin de droite, j’échappe pour le moment à son attention malgré ma chemise blanche qui tranche avec les t-shirts noirs autour de moi ! Jusqu’à ce qu’elle vienne se moucher au-dessus de moi. Pas trop grave si l’on compare aux glaviots sur nos vêtements et dans nos cheveux à la sortie de certains concerts en 1977… J’attends le fameux faux sang avec un peu d’appréhension, quand même !

Bon, les titres de Starcrawler font en général dans les deux minutes, donc, malgré les pauses de Arrow pour se recharger en fluides divers (toujours agenouillée ou accroupie devant la batterie, nous tournant le dos, donc…), et en dépit d’un joli cafouillage dans l’obscurité quand la guitare de Henri se débranche et que c’est un peu une galère pour retrouver le bon câble dans le noir, le set passe très vite, trop vite. What I Want nous fait chanter en chœur (enfin, quelques-uns d’entre nous…), et Pussy Tower avec ses deux voix est un vrai rêve. C’est évidemment le riff de Train, pompé sur QOTSA mais on leur pardonne, qui annonce la fin proche du set, et c’est là que Arrow se met à déglutir du sang : c’est bien impressionnant, mais il y a si peu de lumière ce soir au Point Ephémère que je ne pourrai pas immortaliser la scène. Et puis, j’essaie aussi en même temps d’éviter les éclaboussures, pardonnez-moi ! Chicken Woman, le meilleur morceau de l’album, nous est annoncé par Henri comme le dernier titre, alors qu’on vient à peine de dépasser les 30 minutes de set. Punk, on vous dit ! J’attends la divine accélération finale, mais non, juste quand ça commence, Starcrawler opte - logiquement - pour le chaos : Arrow descend dans la fosse et disparaît immédiatement de notre vue (elle ne réapparaîtra plus !), tandis que Henry surfe longuement sur nos têtes avec sa guitare. Il finit par remonter sur scène en compagnie d’une jeune fille du public, qu’il essaie en vain de convaincre de prendre sa guitare. Le set se termine donc dans la pagaille, les musiciens quittent la scène en rigolant. Et il est clair qu’il n’est pas question de rappel ! Merde, ils nous ont quand même gratifiés généreusement de 35 minutes de musique ! Punk, again…

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (71)Pourtant, honnêtement, cela a été un vrai délice, une sorte de retour inespéré vers des sensations oubliées. Je croise l’ami Philippe qui me confirme que je n’ai pas rêvé : « Ah, ils ont quelque chose ! ». Je vais zoner au stand de merchandising où Henri, Austin et Tim accueillent gentiment les compliments de leur public. Séance d’autographes bon enfant. A côté de moi, une jeune fille fait signer à Henri sa plaquette de pilules contraceptives. Punk, toujours. Je félicite les petits gars pour le bonheur qu’ils m’ont apporté, j’aimerais évoquer X pour voir si ça leur dit quelque chose, mais il y a trop de monde qui se presse autour de moi. Pas grave, ils m’ont dit qu’ils repassaient par Paris en juin-juillet, et m’ont demandé si j’y serais. « Sure, man ! I won’t miss it ! ». Ce soir, moi aussi, j’aime L.A. ! »

 

Les musiciens de Starcrawler sur scène :

Arrow de Wilde – vocals

Henri Cash – vocals, guitar

Austin Smith – drums

Tim Franco - bass

 

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (44)La setlist du concert de Starcrawler :

Castaway

Used to Know

Love's Gone Again (Starcrawler – 2018)

Full of Pride (Starcrawler – 2018)

I Love LA (Starcrawler – 2018)

Ants

Let Her Be (Starcrawler – 2018)

Different Angles (Starcrawler – 2018)

What I Want (Starcrawler – 2018)

Pussy Tower (Starcrawler – 2018)

Train (Starcrawler – 2018)

Chicken Woman (Starcrawler – 2018)

 

 

Ce compte-rendu a déjà été publié suite au concert sur Benzine Mag :

https://www.benzinemag.net/2018/01/25/live-report-starcrawler-met-feu-point-ephemere/

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05 décembre 2018

Jessica93 - Lundi 18 Décembre 2017 - Maroquinerie (Paris)

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie Billet« C'est un vrai plaisir que de conclure cette année 2017 plutôt riche en sensations musicales en tous genres (une trentaine de concerts sur l'année) par un petit tour à la Maro, salle magique que je ne fréquente plus assez, sa programmation ayant changé. Un verre de rouge au comptoir du restaurant-bar toujours aussi accueillant, quelques minutes d'attente devant la porte et me voilà dans la chaleur de cette petite salle que nous avons tant aimée. Ce soir, c'est aussi la dernière occasion de l'année de se faire plaisir avec une affiche prometteuse : Jessica93 (prononcer neuf-trois, a priori), un nom qui commence à avoir une belle réputation... au bout de 4 albums déjà... Même si je ne connais personnellement que le dernier, "Guilty Species", à la croisée du post punk et du grunge.

2017 12 18 Bleakness Maroquinerie (5)20h15, Bleakness : derrière ce nom pas très engageant, un trio (punk) hardcore nantais. Et un enchaînement ininterrompu de riffs saturés sur une rythmique puissante (joli travail du batteur, soit dit en passant...)... J'ai plus de difficultés avec le chant, qui se réduit à des hurlements, donc qui finit par fatiguer un peu au bout de 35 minutes. C'est énergique, assez sympathique dans sa démarche jusqu'au-boutiste, mais pas assez inspiré pour que toute la puissance dégagée ne finisse pas par sembler tourner en rond. Meilleur morceau : Persistent, a priori un nouveau titre.

21h10 : ce qui est surprenant, c’est que le matériel de Jessica93 est beaucoup plus réduit, plus rudimentaire aussi, que celui de Bleakness (derrière le guitariste et le bassiste trônaient d’imposants Marshall !), et que le look de Geoffroy Laporte est plus que négligé : avec sa barbe fournie, ses cheveux emmêlés et ses vêtements qui sont au-delà de froissés, on aurait presque envie de lui donner une pièce si on le croisait dans un couloir de métro. Quand je pense que ce type est aujourd’hui l’un des plus brillants espoirs du Rock en France ! Et quand, mieux encore, je me rends compte au bout de quelques minutes que le son que produit le quatuor sur cène avec ce matériel miteux est l’un des plus beaux et les plus puissants que j’aie entendus cette année, je me dis que j’ai décidément bien fait d’être là ce soir, dans une Maroquinerie bondée de fans enthousiastes !

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (3)Bon, l’ami Robert m’avait prévenu quelques minutes avant le démarrage de la soirée : « Jessica93, c’est bruitiste ! », et je réalise très vite que la musique de Jessica93 prend sur scène une dimension bien plus impressionnante que sur disque. Je me prépare donc à un bel assaut sonique, d’autant qu’au premier rang, devant l’ampli du second guitariste, qui effectue un joli travail sur sa six cordes, je suis idéalement placé pour une attaque sonique, quand… après deux titres, Jessica93 quitte la scène. Le batteur remercie rapidement au micro : « Meilleur concert, meilleur public, bla bla… ». Les lumières se rallument, un début de musique d’ambiance sur la sono, tout le monde paraît un peu interloqué, quelle drôle de plaisanterie ! Puis Geoffroy et ses hommes reviennent, et reprennent leur set comme si de rien n’était. Geoffroy annonce une reprise, et c’est reparti !

Maintenant les lumières sont plus basses, le son monte et quelque chose se produit, que je n’osais pas espérer : cette musique devient littéralement majestueuse, d’une folle puissance. De la noisy pop comme chez My Bloody Valentine ou Slowdive, mais sans l’aspect pop, justement, et avec une sorte d’amplitude et d’intensité impressionnantes. Le public oscille, plane, entre visiblement en transe. C’est très beau, et on aimerait que ça dure toute la nuit. Cette musique est vraiment majestueuse, et la qualité sonore me paraît en plus absolument inédite pour la Maroquinerie, surtout à un volume aussi élevé (bonjour à mes amis les acouphènes en sortant…). Même la voix de Geoffroy, qui n’est pas, reconnaissons-le, le meilleur chanteur de la planète, participe à cette cathédrale sonore. Jessica93 ne serait-il pas en fait un GRAND groupe ?

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (14)Avec Guilty Species, le set entre alors dans sa seconde phase : plus rock, plus violente, plus directe. Jessica93 va alors aligner la quasi-totalité de son dernier album, mais dans des versions soufflantes d’intensité. Le public bascule alors de la contemplation hypnotisée à l’hystérie générale ! Le mosh pit se forme, ça bouscule de partout, je ne suis pas mécontent d’être à peu près protégé dans mon coin, même s’il me semble que tout cela reste bon enfant. Au milieu de la foule déchaînée, quelqu’un n’arrête pas de réclamer un morceau (je n’entends pas ce qu’il dit, d’où je suis). Geoffroy s’interrompt pour expliquer au fan : « Si tu veux entendre un morceau de The Cure, tu devrais aller à un concert de The Cure ! ». Humour…

Uncertain to Me est pour moi le sommet de la soirée, mais sans doute parce que j’apprécie particulièrement cette chanson. Le set se termine dans l’allégresse générale et le chaos dans la salle. Un court break, et Geoffroy revient en nous annonçant encore deux morceaux, qui termineront la visite guidée de "Guilty Species". R.I.P. in Peace sert de parfaite conclusion, et Geoffroy, trempé de sueur de la tête aux pieds, se jette dans la foule avec sa guitare.

Waow ! Je ne vais pas vous refaire le plan : « Ce soir, j’ai vu le futur du rock’n’roll (français) ». Mais quand même, ce concert a été particulièrement impressionnant, et superbe à la fois, une grande claque sonore et un magnifique moment de Musique. Je vais prendre la setlist en photo, qu’un fan a récupéré, et c’est là que la révélation advient : « Attention, c’était la même setlist que vendredi dernier, mais ils l’on jouée à l’envers cette fois ! », m’explique-t-on. Je comprends alors la raison de ce départ de scène au bout de deux chansons, la plaisanterie a été de jouer un concert à rebours, en commençant par le rappel ! Et même l’organisation des titres reflétait ce pari (une private joke puisque le public n’était pas dans la confidence…), les morceaux anciens étant joués ce soir d’entrée de jeu, alors qu’il est en effet de coutume de les réserver pour la fin… Bref, en plus d’excellents musiciens, Jessica93 est une belle bande de plaisantins ! »

 

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (55)La setlist du concert de Jessica93 :

Poison (Who Cares – 2013)

Asylum (Rise – 2014)

Big Black (cover song)

Anti Cafard 2000 (Guilty Species – 2017)

Endless (Salle de Shoot – 2014)

Surmatants (Rise – 2014)

Karmic Debt (Rise – 2014)

Guilty Species (Guilty Species – 2017)

French Bashing (Guilty Species – 2017)

Bed Bugs (Guilty Species – 2017)

Uncertain to Me (Guilty Species – 2017)

Mental Institution (Guilty Species – 2017)

Encore:

Venus Flytrap (Guilty Species – 2017)

R.I.P. in Peace (Guilty Species – 2017)

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01 décembre 2018

Gogol Bordello - Samedi 9 Décembre 2017 - Trianon (Paris)

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon Billet« Cette fois, c'est sûr : je suis un mauvais Français. Alors que la nation toute entière, en larmes, enterre Johnny Hallyday en ce samedi 9 décembre froid et neigeux, je me suis rendu avec plusieurs centaines d'autres mauvais citoyens faire la fête au Trianon avec Gogol Bordello. Sans une ombre de tristesse. Et sans remords. C'est comme ça : mes dieux à moi sont morts l'année dernière, et je ne me suis jamais senti le moins du monde attiré par le barnum national de Johnny. Et je ne parle même pas de sa "musique".

2017 12 09 Lucky Chops Trianon (9)En plus, la fête a commencé tôt ce soir : dès 19h30 avec Lucky Chops, une drôle de formation qui met le feu aux salles où elle joue uniquement avec des cuivres. Saxo, trombone, trompette, soubassophone, batterie et... pas de voix. Une musique bâtarde et excitée, qui mêle jazz (ce que j'aime le moins, vous me connaissez...), rock n roll, ska, variété même, sans vocaux (ce qui constitue toujours un défi). Le démarrage est un peu dur, le groupe n'est pas très ensemble, manque de puissance - une puissance compensée par beaucoup d'agitation, peut-être un peu trop même... Mais peu à peu, la générosité de la musique et l'enthousiasme des musiciens emporte le morceau, et on se surprend à hocher de la tête, puis à osciller doucement, puis à danser. A la fin, le guitariste, puis le percussionniste de Gogol Bordello les rejoignent sur scène, et aident la musique à décoller. Presque 45 minutes d'une première partie finalement assez réjouissante : originalité, bon esprit, il ne manque aux Lucky Chops que des compositions un peu plus nettes, plus mémorables. En tout cas, nous avons passé un excellent moment.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (20)Cela fait plus de 7 ans que je n’ai pas vu Gogol Bordello sur scène, et la hype autour du groupe de Eugene Hütz a fondu comme neige au soleil dans l’intervalle. Le dernier disque du groupe, “Seekers and Finders”, pourtant l’un de ses tous meilleurs tant il regorge de compositions magnifiques, est sorti dans un anonymat total. Et en 7 ans, j’ai un peu oublié combien un concert de Gogol Bordello, c’est littéralement le feu ! Mais, en regardant la belle salle du Trianon se remplir derrière moi, qui suis arrivé tôt et suis agrippé au premier rang un peu sur la droite, je perçois très vite combien Gogol Bordello a amassé avec le temps une foule de fans à travers l’Europe, une foule qui s’est donné rendez-vous à Paris ce soir : on parle un peu toutes les langues dans la fosse, et le degré d’attente et d’espoir est vertigineusement élevé !

A 20h35, Eugene et sa bande, partiellement renouvelée depuis la dernière fois que j’ai vu le groupe en live, investissent la scène du Trianon comme un ouragan qui déferle sur nous. Le fantastique Break into Your Higher Self, l’un des sommets du nouvel album, ouvre le set, et c’est déjà la folie dans le Trianon : je me souviens d’un coup pourquoi je n’ai jamais pu faire de photos correctes de Gogol Bordello avec mon petit Lumix, tout le monde bouge beaucoup trop pour qu’il soit possible de figer sur un cliché ce cirque complet !

Ma première impression, c’est que le groupe joue ses morceaux en accéléré, avec une frénésie qui impressionne, et que le son est plus sec, plus dur, qu’autrefois. Malheureusement, placé comme je suis devant la basse du débonnaire Tommy T, l’Ethiopien, à la barbe teinte en bleue ce soir, et devant l’accordéon de Yuri – le joli garçon de la troupe, distribuant maintes œillades à ses nombreuses groupies du premier rang – j’entends peu la guitare et pas assez le violon de l’inamovible Serguey, le pilier du style musical de Gogol Bordello. Mais bon, au moins, si l’ensemble manque de puissance, la voix d’Eugene est, elle, clairement audible.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (34)L’enchaînement des deux hyper-classiques gypsy punks que sont Wonderlust King et Ultimate font trembler les fondations du Trianon, le parquet est devenu un trampoline, le mosh pit est général, et je me trouve ma foi assez satisfait d’être un peu excentré et donc relativement protégé des tourbillons de la marée humaine. Eugene a tombé la veste et ruisselle déjà de sueur. Saboteur Blues voit l’entrée de Pamela, en veste militaire façon soldat de l’Empire et en dessous affriolants : elle chante la partie “française” de la chanson, et impose sa généreuse présence scénique. Je dis cela, mais en fait, honnêtement, chaque musicien du groupe, hormis le batteur logiquement prisonnier derrière ses fûts, viens faire le spectacle au contact du premier rang, dans un va-et-vient incessant qui permet de relancer en permanence l’excitation. My Companjera voit tout le monde chanter en chœur, car si j’ai quant à moi oublié le peu de textes de Gogol Bordello que j’aie jamais connus, autour de moi, on est capable de chanter une bonne partie des paroles de toutes les chansons

Alcohol nous permet de respirer un peu, avec un rythme moins euh… excessif, et j’arrive enfin à prendre quelques photos passables, ouf ! Et ça repart avec l’irrésistible Walking on the Burning Coal, où les cuivres des Lucky Chops s’invitent et viennent rajouter du corps et du souffle aux chansons… J’ai l’impression de retrouver un peu plus le style “traditionnel” du groupe, moins Rock peut-être, mais plus roots.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (66)J’ai mentionné les changements de personnel, ils sont notables puisque, a priori, à part Serguey, Tommy T et l’inénarrable Equatorien Pedro qui œuvre comme maître de cérémonie et ludion fantaisiste à la fois (j’ai adoré ses espadrilles bicolores…), le groupe est complètement différent de celui de 2010. Mais après tout, l’essence de Gogol Bordello ne se réduit-elle pas à Eugene et Sergey ? Bon, au-delà du charisme de Pasha, il faut quand même signaler l’énergie indomptable de Boris, le nouveau guitariste, courant inlassablement de droite à gauche de la scène en lâchant ses riffs en rafales.

Alors que, comme c’est d’ailleurs souvent le cas dans les concerts de Gogol Bordello, le public commence à fatiguer passer une heure et demi d’intensité, et que le “ventre mou” du set permet aux musiciens de se relâcher un peu, voilà l’ami Eugene qui monte sur une grosse caisse jetée sur la foule comme un radeau fragile sur l’océan déchaîné, et qui relance sa machine folle pour la dernière ligne droite : c’est un trio de chansons imbattables datant des origines, Understructable, puis le crowd pleaser ultime qu’est Start Wearing Purple, et enfin Sally, jalons d’un âge ”pure gypsy punk” qui remonte déjà à 12 ans en arrière.

On attend maintenant un rappel musclé, puisque la set list indique potentiellement sept titres, mais nous n’aurons droit qu’à deux derniers brûlots, le nouveau Familia Bonfireball, et l’immortel Pala Tute qui nous offrira nos derniers braillements en chœur de la soirée, avant que les musiciens viennent longuement serrer les mains aux premiers rangs. Je sais bien qu’il n’est plus si rare désormais que des groupes se livrent à ce genre de “contacts intimes” avec leur public, mais chez Gogol Bordello, il y a dans les regards qui se croisent, entre la scène et la fosse, un peu plus de chaleur et de complicité que dans un habituel échange rituel de salutations. Ces gens-là, venus d’un peu partout sur la planète (Russie, Biélorussie, Ukraine, Amérique du Sud, USA…) pour nous offrir ce genre de soirées de folie où l’on pourrait refaire le monde en chansons et célébrer, une bouteille de vin rouge à la main (Eugene nous ayant d’ailleurs bien aspergé avec la sienne pendant qu’il chantait !) la possibilité d’un futur heureux et juste… ces gens-là croient en ce qu’ils font, et nous permettent nous aussi d’y croire avec eux, au moins durant quelques heures.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (47)La conclusion de ce set de plus de deux heures, ce sera Eugene nous chantant en solo que le soleil est à son côté. Et au nôtre aussi.

Il ne fait plus froid du tout, ce soir. Et tandis qu’une France que je ne connais pas, que je ne comprends pas, pleure son idole disparue, moi j’ai fêté ce 9 décembre, avec un millier de mes frères et de mes sœurs venus de toute l’Europe – et de plus loin encore - la fureur et la joie d’une vraie musique populaire. »

 

Les musiciens de Gogol Bordello sur scène :

Eugene Hütz (lead vocals, acoustic guitar)

Sergey Ryabtsev (violin, backing vocals)

Pamela Racine (percussion, backing vocals, dance, general performance)

Thomas "Tommy T" Gobena (bass, backing vocals)

Pedro Erazo (percussion, MC) – Ecuador

Alfredo Ortiz (drums)

Pasha Newmer (accordion; backing vocals)

Boris Pelekh (guitar, backing vocals)

 

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (109)La setlist du concert de Gogol Bordello :

Break into Your Higher Self (Seekers and Finders – 2017)

Not a Crime (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Wonderlust King (Super Taranta ! – 2007)

Ultimate (Super Taranta ! – 2007)

Saboteur Blues (Seekers and Finders – 2017)

My Companjera (Trans-Continental Hustle - 2010)

Alcohol (Super Taranta ! – 2007)

Walking on the Burning Coal (with Lucky Chops) (Seekers and Finders – 2017)

Trans-Continental Hustle (Trans-Continental Hustle - 2010)

Immigraniada (We Comin' Rougher) (Trans-Continental Hustle - 2010)

We Rise Again (with Lucky Chops) (Pura Vida Conspiracy – 2013)

Rebellious Love (with Lucky Chops) (Trans-Continental Hustle - 2010)

Mishto! (with Lucky Chops) (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Hieroglyph (with Lucky Chops) (Pura Vida Conspiracy – 2013)

Undestructable (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Start Wearing Purple (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Sally (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Encore:

Familia Bonfireball (Seekers and Finders – 2017)

Pala Tute (Trans-Continental Hustle - 2010)

Sun Is on My Side (Eugene Solo) (Trans-Continental Hustle - 2010)

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23 novembre 2018

London Grammar - Dimanche 3 Décembre 2017 - Zénith (Paris)

2017 12 03 London Grammar Zénith Billet« Cela fait des années que j'aime bien programmer chaque fois que c’est possible un concert pour le soir de mon anniversaire, comme un petit cadeau que je me fais à moi-même, après avoir fêté les années qui passent avec les personnes que j'aime. Bon, vous me direz, London Grammar au Zénith, ça n'a absolument rien d'un petit cadeau intime, et je vous l'accorde bien volontiers. De la musique largement commerciale - il suffit d'ailleurs de voir le public familial qui se presse à l'entrée - et un cadre qui n'est pas mon préféré à Paris : mais que voulez-vous, après avoir loupé Baxter Dury et les Fleshtones cette semaine, voici un rattrapage qui, je pense, en vaut bien un autre.

2017 12 03 L Impératrice Zénith (8)19h50 : avec dix minutes d'avance sur l'horaire officiel, un quintet investit la scène : deux claviers, une basse, une guitare et une batterie, et un premier morceau instrumental, funky, jazzy, électro, à la fois typique d'une certaine variété des années 80-90 (d'un seul coup, je pense à Level 42, aujourd'hui bien oublié...). Parfaitement exécuté mais redoutablement anodin. Puis une jeune chanteuse apparaît et nous présente L'impératrice, a priori un jeune groupe français dans l'air du temps qui commence à faire parler de lui. La jeune femme, très souriante, a une jolie voix assez haute assez typée d'un certain style "à la française" (Eli, Lio, Vanessa Paradis, ce genre de chose), qui ne m'enthousiasme pas beaucoup a priori, mais bon... Les textes fleurent bon la banalité grand public (on fait rimer Mexico avec Rio, ce genre de chose), le groupe trouve régulièrement un groove efficace, le professionnalisme général est évident... mais comment ne pas trouver ça terriblement policé, gentillet, voire irrémédiablement anodin ? Le public du Zénith applaudit, la demi-heure impartie se termine doucement. Je n'ai certainement pas vu ce soir le futur du rock, ni même de l'électro française.

2017 12 03 London Grammar Zénith (1)21h10 : C'est par contre avec dix minutes de retard, et alors que le public du Zénith s'impatiente, que le jeune trio de London Grammar attaque son set avec Who Am I ? La scène du Zénith est bien grande pour nos trois icônes de la musique populaire et néanmoins branchée de 2017, leur matériel étant logiquement réduit de gauche à droite à : un mini clavier sur lequel Dan déclenchera quelques effets sonores les rares fois où il abandonnera sa guitare, un piano que Hannah n'utilisera pas pour plus de trois morceaux, les claviers de Dominic et une petite batterie dont il jouera sur quelques rares parties destinées à injecter un peu d’énergie dans le set. Hannah, Dan et Dominic sont vêtus de noir, les lumières, modernes et rasantes, seront majoritairement blanches, et derrière les musiciens sont projetées des images à l'élégance abstraite permettant au spectateur d'accrocher un peu son attention. Car, et cela va devenir très rapidement évident pour moi comme pour tout le monde au Zénith ce soir, London Grammar sur scène, c'est très beau mais c’est aussi très chiant.

Oh, Hannah est bien jolie avec sa queue de cheval et chante divinement bien. Le son est fort (je suis encore une fois placé devant la sono à gauche, étant arrivé bien tard...) et impeccable, et les chansons sont parfaitement interprétées - et ce d'autant qu'une large partie de ce qu'on entend a été préenregistré. Mais d'émotion - je n'ose même pas parler "d'âme" - nulle trace ce soir. Bon, j'exagère un peu : Hell for the Liars a été superbe, lumières rouges, mélodie prenante et montée en intensité finale comme sur l'album, en moins fort quand même (comme quoi...). Cela faisait déjà 20 minutes que le set avait débuté et ronronnait gentiment (à l'image d'une version particulièrement plate du normalement formidable Nightcall), et je me suis mis à espérer que quelque chose allait se passer. Et puis non. Le soufflé est retombé.

2017 12 03 London Grammar Zénith (16)London Grammar est un groupe qui ne dégage absolument rien sur scène. Est-ce dû au manque de charisme tragique de ces jeunes gens bien propres sur eux ? Dominic nous a fait de bien gentilles déclarations d'amour dans un français impeccable, nous expliquant combien Paris était une ville importante pour eux. Dan est resté muet sauf à une occasion. Le problème est venu surtout de Hannah, pas très sympathique et même douloureusement pénible lorsqu'elle s'essaie à la communication humoristique avec le public : il n'y a rien de plus déprimant qu'une personne pas drôle qui essaie de mettre l'ambiance en se croyant spirituelle. Un instant a quand même levé cette malédiction d'une musique parfaitement désincarnée : quand, avant Rooting for You, Hannah a avoué sa difficulté à chanter la note la plus haute de la chanson (tiens, il y a quelque chose d'humain, de faillible dans London Grammar ?). Elle s'est lancée dans une version largement a capella de la chanson, et il y a eu un micro-suspense au moment de la fameuse note. Le public a applaudi le passage, un succès : peut-être un échec eût-il été plus fécond ?

M'est revenu pendant le désert émotionnel de ce concert le souvenir de l'émerveillement ressenti il y a un an dans cette même salle devant The xx, autre jeune trio populaire et branché proposant une musique synthétique et assez calme : pourquoi donc un torrent de sentiments d'un côté et d'un autre une morne promenade le long de morceaux interminables d'un autre. Est-ce la simple illustration d'un manque de talent pour la scène de musiciens qui ne savent pas exprimer ce qu'ils ont en eux et s'en tiennent à la technique, impeccable ? Ou bien, plus grave, la transcription d'une vacuité intérieure dissimulée sur disques par la beauté des chansons et la performance vocale ?

2017 12 03 London Grammar Zénith (12)London Grammar plie les gaules après seulement une heure et quart (notons un Oh Woman Oh Man un peu plus plaisant), et personne n'insiste pour qu'ils jouent les prolongations. Pour couronner le tout, les roadies refusent fermement de distribuer les setlists : « On ne les donne pas au public », nous répondront-ils d’un air arrogant. Bref, c’est la bonne ambiance ! La salle est déjà presque vide : tout le monde est pressé de rentrer au chaud chez soi après ce set glacial, ce non-événement absolu...

… Sans doute en jurant, comme moi, qu'on ne les y reprendrait plus. »

 

Les musiciens de London Grammar sur scène :

Hannah Reid – vocals, piano

Dominic 'Dot' Major – keyboards, drums

Dan Rothman – guitar, keyboard

 

2017 12 03 London Grammar Zénith (29)La setlist du concert de London Grammar (Note : ordre des chansons non confirmé) :

Who Am I (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Flickers (If You Wait - 2013)

Help Me Lose My Mind

Nightcall (Kavinsky cover) (If You Wait - 2013)

Wasting My Young Years (If You Wait - 2013)

Hell to the Liars (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Hey Now (If You Wait - 2013)

Sights (If You Wait - 2013)

Rooting for You (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Truth Is a Beautiful Thing (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Strong (If You Wait - 2013)

Big Picture (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Encore:

Bones of Ribbon (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Oh Woman Oh Man (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Metal & Dust (If You Wait - 2013)

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20 novembre 2018

The Stranglers - Samedi 25 Novembre 2017 - Cigale (Paris)

2017 11 25 The Stranglers Cigale Billet« Ceux qui me connaissent bien savent qu'au fond de mon cœur de midinette se dissimule une passion immodérée pour un groupe qui fut longtemps l'un des plus méchants, les plus provocateurs, les plus honnis qui soient : j'ai nommé les Étrangleurs de Guildford. Trop vieux pour être punks en 1977, avec leurs claviers qui évoquaient la sorcellerie des Doors des débuts, The Stranglers firent rapidement payer très cher leur morgue à ceux qui pensaient les ridiculiser : nos souvenirs sont pleins de soirées mémorables où insultes et coups s'échangeaient vaillamment entre le groupe et son public, tandis que la musique, toujours impériale, planait à mille lieux au-dessus de toutes ces vilenies. Et puis les années ont passé, le groupe, comme nous, s'est assagi : les concerts sont restés passionnants, les albums sporadiques et plus irréguliers. Et nous voici en 2017, avec une tournée vaguement annoncée comme l'ultime occasion d'écouter les classiques... oserait-on parler de tournée d'adieu ? Le groupe ne fait même plus semblant de prétendre que Jet Black pourrait continuer à tenir les fûts, un signe indiscutable qu'une page d'histoire est définitivement tournée…

2017 11 25 The Melomaniacs Cigale (1)La Cigale est complète ce soir, mais d'un public pas aussi jeune qu'on l'aimerait, et je me suis placé volontairement côté droit sur ma coursive favorite : une relecture rapide des notes des derniers concerts des Stranglers m'a rappelé que, du côté gauche, devant JJ, le son colossal de la basse avait tendance à tout noyer...

19h30 : trois gentlemen anglais (?) ayant dépassé la quarantaine s'installent sur des chaises : deux guitares et un clavier, on peut craindre le pire, d'autant que le set débute par un Sleep des plus intimistes, sorte de blues suspendu pour fermeture de bar. Pourtant, très vite, on réalise que tout cela est intéressant : des chansons bien construites, immédiatement séduisantes, une bonne voix et des musiciens talentueux n'ayant pas peur d'aller chercher des sons agressifs quand il faut. Au cours de l'avant-dernier morceau, Lie Down, l'organiste part même dans une montée en puissance assez magnifique d'intensité... un moment superbe, surprenant, qui saisit le public de la Cigale à la gorge. Dommage que The Melomaniacs (eh oui, c'est leur nom !) choisissent de clore leur beau set par un morceau trop calme, qui fait doucement retomber l'émotion. Belle demi-heure en tout cas !

Je me rends compte aux hurlements alcoolisés qui s'élèvent çà et là de la fosse que, comme toujours, un bon contingent anglais s'est déplacé pour applaudir les Stranglers. Et que même s'ils n'ont visiblement plus 20 ans non plus (ni 30, ni 40, ni peut-être même 50), ils restent bien énervés, et déterminés à célébrer leur jeunesse punk enfuie. Ça promet une chaude ambiance...

2017 11 25 The Stranglers Cigale (6)20h30 : la petite valse d’intro habituelle (Waltzinblack !), qui, quoi qu’on en dise, fait un petit pincement au cœur, et les “Hommes en Noir” sont là. Vêtus de noir, comme il faut, et avec neuf ans de plus que la dernière fois que je les ai vus. Neuf ans qui les ont marqués, comme ils nous ont marqués, nous : Dave Greenfield ressemble de plus en plus à une vieille dame blafarde, lourdement fardée et portant un dentier voyant, tandis que Jean-Jacques Burnel est maintenant tout gris, mais paraît surtout assez éteint, lui qui portait jusqu’à l’heure bien haut la virilité brutale – et agressivement stupide lorsqu’il le sentait nécessaire - du gang.

Heureusement, pas le temps de s’appesantir sur le poids cruel des années que The Stranglers attaquent… Toiler on the Sea ! Personnellement, je considère toujours ça comme une petite malédiction quand un concert commence par votre chanson préférée : vous n’êtes pas encore rentré dans l’ambiance, et il vous faut vous livrer de manière un peu forcée au bonheur, tout en sachant que quand vous serez chaud, la chanson aura déjà été jouée. Damned ! Mais bon, c’est Toiler on the Sea, extrait du meilleur album du groupe, l’immortel et terrassant “Black and White” (qui nous fournira d’ailleurs TOUS les meilleurs moments de cette soirée !), une chanson qui matérialise parfaitement la singularité du groupe, cette sorte de punk progressif qui ouvre des horizons sans rien sacrifier de sa violence sournoise. La voix de Baz continue à bien faire le taf, suffisamment proche celle du regretté Hugh Cornwell pour que les classiques du groupe passent comme une lettre à la poste, mais suffisamment différente pour qu’il n’y ait pas un sentiment gênant de copie. Les claviers de Greenfield sont une fois de plus, malheureusement, un peu trop en retrait, même si Jean-Jacques demandera un peu plus tard d’en monter le niveau sonore. Globalement, je trouve que le son n’est pas extraordinaire, assez fort mais pas très clair… à moins que ça soit tout simplement les musiciens, qui ne sont pas parfaitement ensemble sur pas mal de chansons ?

2017 11 25 The Stranglers Cigale (1)La setlist se déroule sur le mode habituel, avec une construction classique (démarrage en force – morceaux plus calmes – final à l’arraché), et un choix raisonnable de morceaux extraits de presque toutes les périodes du groupe, hormis bien entendu les années horribles de l’ineffable Paul Roberts : les quinquagénaires anglais se déchaînent sur Sometimes ou Grip, mais je me rends compte depuis mon perchoir que, même si ça secoue pas mal dans la fosse, l’ambiance reste “bon enfant”. Pas de problème à craindre ce soir, même si la crash barrier devant pliera dangereusement sous le poids des spectateurs écrasés par les écarts du mosh pit, et que les videurs auront pour une fois un travail conséquent à évacuer des slammers au format et au poids bien plus conséquent qu’à l’habitude : eh oui, c’est moins fun de soulever des pères de famille à l’embonpoint nourri à la bière, torses nus et suants que les habituelles petites minettes évanouies !

J’ai déjà parlé du fait que Jean-Jacques me semble un peu en retrait désormais, effectuant beaucoup moins systématiquement ses légendaires pas de danse avec sa basse. Souriant, les yeux dans le vague ! Heureusement, un peu de la vieille crasse d’antan subsiste quand il prend la parole au micro, assénant ses habituelles provocations gratuites, du genre : « Alors, vous avez élu un Ecossais comme président, non ? Emmanuel MAC-Ron ! ». Qu’est-ce qu’on rigole ! Ou plus tard, l’inévitable « 75 ? Fuck Off !! ». Loin quand même du niveau de provocation des années 80, et le « Paris, capitale du SIDA » proféré sous les crachats au Zénith, comme on me l’a récemment rappelé… Globalement, Jean-Jacques fait plutôt bon bougre désormais, et les Stranglers célèbrent même ce soir la demande en mariage qui a été formulée dans le bus des supporters anglais. Petit commentaire nasty en passant, quand même : « Ce n’est pas ton premier mariage, quand même ? ».

2017 11 25 The Stranglers Cigale (7)Bon, revenons à la musique : Nice’n’Sleazy déboule, et c’est une tuerie définitive, pour moi le plus beau moment de la soirée : la basse qui déchire vraiment, la mélodie imparable, les paroles agressives, les Stranglers au sommet de leur Art ! La suite est inévitablement une déception : s’engager dans les années plus “commerciales“ en enchaînant des versions pas trop bien jouées de Midnight Summer Dream et European Female, ce n’est pas top pour maintenir l’ambiance, et même la claque britone marque le pas. Always the Sun est toujours bien agréable, mais on frôle le karaoké. Don’t Bring Harry chanté principalement en français (« N’emmène pas Harry ! ») est tout simplement atroce, et Golden Brown complètement insipide, malgré les paillettes dorées envoyées sur le public par la boule à facettes. Le set touche alors le fond…

… et aura du mal à reprendre, le retour aux morceaux musclés manquant quand même de la sauvagerie sale des grands jours. Relentless et le grand Norfolk Coast sont trop peu connus du public français pour rallumer la mèche, malgré les efforts émérites du contingent anglais d’exciter un peu la foule. Il faut attendre le trio final Hanging Around / 5 Minutes / Tank (surtout, Tank, terrible !) pour qu’on ait à nouveau l’impression d’être à un concert des Stranglers !

2017 11 25 The Stranglers Cigale (12)Ils ont déjà joué leurs rituelles quatre-vingt-cinq minutes, et je vois bien le set se terminer comme ça… mais non, nous aurons quand même droit à un rappel de deux titres. JJ nous annonce, hilare, que « Non, les Stranglers n’ont pas toujours été les génies mélodiques que vous connaissez, et pour le prouver, voici l’un de nos premiers morceaux ». Et c’est Go Buddy Go, une chanson certes basique de chez basique, mais très réjouissante, qui met le public dans le juste ton, avant que le grondement de l’intro de No More Heroes ne signale la dernière éjac faciale avant la fin du concert. Honnêtement, la version de ce soir est plutôt pathétique, prouvant que, vraiment, les Stranglers ne sont pas très en forme aujourd’hui. Mais bon, c’est une tellement grande chanson et tout le monde gueule tellement fort que ce n’est pas très grave non plus.

Voilà, c’est fini. Je descends dans la fosse pour récupérer au moins une photo de la setlist, confiée par les roadies à la tribu anglaise, et j’en profite pour tailler le bout de gras avec un fan originaire du Hampshire : comme moi, il n’a pas trouvé le concert exceptionnel mais a apprécié l’ambiance…

Bref, les Stranglers n’ont pas été GRANDS ce soir, peut-être aussi à cause d’une setist loin d’être parfaite (où étaient les brûlots de “The Raven“ ?), mais ils nous ont quand même rappelé combien ils sont un groupe essentiel de l’histoire de Notre Musique. Un groupe toujours marginal malgré ses succès commerciaux de l’époque. Un groupe pas vraiment reconnu, donc encore plus attachant, du coup. Nos vrais héros à nous, ça oui !

« Whatever happened to Leon Trotsky? / He got an ice pick that made his ears burn ! / Whatever happened to Dear old Lenin? / The great Elmyra and Sancho Panza? / Whatever happened to the heroes? »

 

Les musiciens de The Melomaniacs sur scène :

Mike Marlin – voice, guitar

Kim Murray – guitar

Paul Silver - keyboards

 

2017 11 25 The Stranglers Cigale (32)Les musiciens de The Stranglers sur scène :

Jean-Jacques Burnel – bass guitar, lead and backing vocals

Dave Greenfield – keyboards, backing vocals

Baz Warne – guitar, lead and backing vocals

Jim MacAulay - drums

 

La setlist du concert de The Stranglers :

Toiler on the Sea (Black and White - 1978)

Was It You? (Dreamtime -1986)

Sometimes (Rattus Norvegicus - 1977)

(Get a) Grip (On Yourself) (Rattus Norvegicus - 1977)

15 Steps (Giants – 2012)

Nice 'n' Sleazy (Black and White - 1978)

Midnight Summer Dream (Feline - 1983)

European Female (Feline - 1983)

Always the Sun (Dreamtime -1986)

(Don't Bring) Harry (The Raven – 1979)

Golden Brown (La Folie – 1981)

Bear Cage (Single – 1980)

Walk On By (Dionne Warwick cover) (Black and White Bonus 7” - 1978)

Relentless (Suite XVI – 2006)

Peaches (Rattus Norvegicus - 1977)

Norfolk Coast (Norfolk Coast – 2004)

Hanging Around (Rattus Norvegicus - 1977)

5 Minutes (Single – 1978)

Tank (Black and White - 1978)

Encore:

Go Buddy Go (Single B-side – 1977)

No More Heroes (No More Heroes – 1977)

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