Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

20 novembre 2017

Alexandra Savior - Jeudi 27 Avril 2017 - Nouveau Casino (Paris)

2017 04 24 Temples Elysée Montmartre Billet« Ce qui est drôle, c'est que je devais être ce soir à l'Elysée Montmartre pour assister au grand retour de J&MC, et que je me retrouve sur un coup de cœur au Nouveau Casino pour découvrir une nouvelle venue, Alexandra Savior, sorte de Lana del Rey portée par l'ami Alex Turner. Et que finalement, je me sens plus excité par cette perspective que par l'idée de revoir la sale tronche des frères (ennemis) Reid... que j'aurai de toute manière l'occasion d'écouter à Rock en Seine fin août !

Beaucoup de monde quand j'arrive au Nouveau Casino (superbe petite salle que je n'ai pas fréquentée depuis un mémorable concert des Fleshtones en juin 2009… !), juste au moment de l'ouverture des portes. Pas de problème néanmoins pour me faufiler au premier rang sur la droite. Impeccable !

2017 04 27 Vedett Nouveau Casino (8)20h10 : des petits Français répondant au nom de VedeTT, ça ne fait pas a priori trop envie, mais quarante minutes plus tard, après un concert tour à tour captivant, excitant et surprenant, j'ai changé d'avis : VedeTT, c'est très bien. Ça a commencé de manière soft, voire même romantique, comme du Cure susurré (jolie voix du bassiste moustachu, à la douceur séduisante) et envoûtant, avec des arpèges de guitare délicats. Puis au troisième morceau, le guitariste encapuchonné a commencé à lancer des déflagrations qui ont rendu tout cela encore plus intéressant. Au point que j'ai ressenti une certaine frustration devant des morceaux qui ont tendance à être un peu courts, à s'interrompre alors que la musique est encore en train de monter en puissance. Puis, surprise, VedeTT annonce une chanson « qu'on a peut-être déjà entendu, lors d'un mariage par exemple » : et voilà un slow, un vrai, en français, estampillé salles de bal de campagne de mon adolescence. C'est assez surprenant de trivialité bien sentie, et ça devient jouissif quand la guitare explose à la fin. On enchaîne avec un autre titre en français, introduit avec prudence par le chanteur, vu son titre mal à propos ces derniers temps : Tuer les Gens... VedeTT évoque alors un peu Daniel Darc quand il se laissait aller à faire un peu de bruit, autant dire que j'aime bien. On termine le set par des morceaux costauds en anglais, assez puissants, et encore un fois sans doute trop retenus, avant une jolie conclusion en forme de berceuse goth. La boucle est bouclée, et on a entendu un excellent groupe français ce soir.

A noter pour mémoire que bassiste et guitariste ont la particularité de tenir leurs instruments très haut, ce qui n’est pas si courant que cela, et leur confère un air un peu emprunté des plus sympathique. Et que, ayant croisé le chanteur-bassiste dans le couloir à la sortie, ces jeunes gens talentueux et à suivre sont originaires d’Angers.

2017 04 27 Alexandra Savior Nouveau Casino (2)21h10 : après un changement rapide de matériel, la petite Alexandra Savior s’avance vers nous, entourée d’un quatuor guitare / basse / claviers / batterie assez anonyme. Alexandra est certes une très jolie blonde aux yeux bleus et au visage innocent, mais ce qui frappe surtout c’est la manière voûtée dont elle se tient sur scène, son pied micro étant pour le coup réglé très bas. Elle attaque avec Frankie, extrait de son premier et nouvel album – comme d’ailleurs, logiquement, l’intégralité de la setlist de ce soir -, et on réalise que cette posture curieuse qu’elle adopte lui permet de se dissimuler partiellement derrière ses longs cheveux, mais également d’évoquer une sorte de créature vaguement enfantine et maléfique qui serait une sorte de double d’elle-même venant hanter régulièrement les chansons.

Car, si l’on remarque immédiatement qu’Alexandra n’a pas tout-à-fait la richesse vocale d’une Lana del Rey à laquelle on la compare parfois, comme cette dernière, elle cherche à créer vocalement une sorte d’univers cinématographique : la différence est que, si Lana louche clairement vers David Lynch, Alexandra semble plutôt vouloir nous terroriser avec un univers de serial killers et de démons de série B. Posture, regard halluciné ou pervers, et par ci par là un cri suraigu, on est bel et bien dans une théâtralisation un peu affectée : la langueur d’Alexandra n’est pas tant sensuelle ou décadente que le signe d’une sorte d’hallucination fantastique qu’elle cherche à transmettre.

Tout cela est original, et finalement assez prenant, sauf qu’on réalise très vite les deux faiblesses du set : d’abord le fait que cette affectation devient très vite trop systématique pour ne pas engendrer un certain ennui, voire une petite irritation ; ensuite, et c’est plus grave, la réalisation qu’il y a dans le répertoire d’Alexandra peu de chansons vraiment notables. Bones, Mirage et M.T.M.E. sont clairement les morceaux les plus saisissants, qui sortent un peu de l’ambiance vaporeuse qui tend à uniformiser « Belladonna of Sadness ». Ils sont malheureusement tous joués en début de set, ce qui nous laisse ensuite avec des morceaux pas trop passionnants, qui font peu à peu retomber l’intérêt des spectateurs…

2017 04 27 Alexandra Savior Nouveau Casino (42)Ce qui fait que quand Alexandra nous lance, mi sincère, mi-joueuse : « Mais qu’est-ce que vous faites ici ce soir ? Vous ne savez pas que Jesus and Mary Chain jouent à Paris ce soir ? », on doit être plus d’un dans la salle à se poser la même question…

Il n’y a finalement pas grand-chose de plus à dire d’un set qui ne durera – heureusement ? – que 45 minutes, et qui ne se ressaisira qu’à la toute fin, quand Alexandra conclura son étrange Mystery Girl par des cris stridents évoquant une folie furieuse qu’on n’aura quand même pas vraiment ressentie auparavant.

On aurait tous, je pense, bien aimé que Alexandra ait la politesse de nous offrir un petit rappel, peut-être une reprise comme le font en général les jeunes artistes débutants… Mais non, le set aura bien pris ainsi fin de manière très abrupte, augmentant la vague impression de déception de la soirée.

Bref, il est loin d’être certain que la jeune Américaine, malgré une belle voix, aille très loin sur ce chemin certes original, mais finalement peu convaincant, qu’elle a choisi. »

 

La setlist du concert d’Alexandra Savior :

Frankie (Belladonna of Sadness – 2017)

Bones (Belladonna of Sadness – 2017)

Mirage (Belladonna of Sadness – 2017)

M.T.M.E. (Belladonna of Sadness – 2017)

Girlie (Belladonna of Sadness – 2017)

Audeline (Belladonna of Sadness – 2017)

'Til You're Mine (Belladonna of Sadness – 2017)

Risk

Cupid (Belladonna of Sadness – 2017)

Vanishing Point (Belladonna of Sadness – 2017)

Mystery Girl (Belladonna of Sadness – 2017)

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17 novembre 2017

Temples - Lundi 24 Avril 2017 - Elysée Montmartre (Paris)

2017 04 24 Temples Elysée Montmartre Billet« Bonne ambiance ce soir : je suis arrivé très tôt, vers les 18 heures, à l’Elysée Montmartre - en passe de redevenir la salle incontournable du rock à Paris (malgré sa scène trop haute en l'absence de crash barriers) - et suis donc l’un des tous premiers dans la queue, où je retrouve Hervé, avec lequel j’avais déjà bien sympathisé pendant les Lemon Twigs. On échange des souvenirs de vieux rockers - les Cramps, le Gun Club, ce genre de choses - et on refait le monde en cette riche période d'élections - Le Pen, Mélenchon, Macron et compagnie… L'ami Robert nous rejoint d’ailleurs un peu plus tard pour ajouter son point de vue sur la question fondamentale du Front National et de la jeunesse. Le temps passe vite quand on est avec des gens intelligents, cultivés, avec lesquels on partage la passion de la musique live.

2017 04 24 Creatures Elysée Montmartre (16)20h, les Anglais de Creatures attaquent 30 minutes d'un set bizarroïde, on va dire entre The Coral (mélodies pop, guitares twang) et The Rocky Horror Picture Show (chant maniéré au possible, poses hyper efféminées du chanteur à moustache, qui porte d’ailleurs une coupe de cheveux et un costar années 70’s assorti d’un nœud papillon rouge) : indescriptible mais assez amusant, voire intéressant à mon sens, même si toutes les chansons n'ont pas la même puissance ni le même intérêt. J'ai personnellement bien aimé, mais l'avis de Robert est plutôt négatif, "à moins d'avoir (je cite) quelques verres dans le nez"... A revoir ou à réécouter pour se faire une religion. Attention toutefois aux homonymes, il y a pas mal de groupes opérant sous ce même nom, dont un groupe américain de metal !

L'installation du matériel de Temples sème un peu la panique au premier rang, entre les retours et l'orgue qu’on nous installe au ras du nez. Si l'on ajoute les lumières qui seront sans doute rasantes et face à nous, ce sera encore sans doute un concert sans photos correctes. Pas grave, je suis venu sur la foi de "Volcano", superbe machine pop psychédélique qui est mon grand coup de cœur des quatre premiers mois de l'année 2017... Hervé et Robert décident par contre d'aller se mettre plus loin pour bénéficier d’un peu de recul pour leurs photos. Je reste quant à moi au centre, au premier rang, juste un peu énervé quand même par un bon gros (et jeune) connard bien défoncé qui s'incruste sans aucun respect pour les filles derrière lui. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vécu ça, et cela me fait repenser à tous ces concerts du passé où l’on échangeait facilement le coup de poing... Une époque bien révolue, et c’est quand même tant mieux !

2017 04 24 Temples Elysée Montmartre (5)21h, les quatre Londoniens de Temples attaquent All Join In, et comme prévu, les lumières sont dans leurs dos, ce qui fait que le visage de James Bagshaw est indiscernable, frustrant sans doute les cohortes de groupies venues se prosterner aux pieds du nouveau Marc Bolan (la touffe frisée, le format mini et la veste à paillettes, tout y est). Par contre le son est impressionnant, très fort, avec la guitare de Bagshaw, dont l'ampli est juste en face de moi, qui arrache bien comme on aime : rock'n'roll ! La voix haut perchée du chanteur est parfois un peu en retrait (la tare habituelle quand on est placé devant au centre à l’Elysée Montmartre), mais pas au point que cela en soit gênant, donc nous sommes bien partis pour une belle soirée.

A gauche de Bagshaw, Tom Walmsley est le bassiste - très féminin, le bougre - de Temples, il est visiblement chargé de la communication avec le public, alors que Bagshaw est lui très réservé et peu souriant. A sa droite, Adam Smith, à la guitare et aux claviers, a adopté quant à lui un look "Slade 71" du meilleur effet. La setlist alterne de manière prévisible les joyaux pop de "Volcano" et les morceaux plus rock de "Sun Structures", mais dans les deux cas avec cette guitare saturée et agressive qui propulse les chansons dans une autre dimension, loin de l'aspect un peu rétro et appliqué qu'on peut critiquer chez Temples. Certainty, avec son riff irrésistible à l'orgue est un premier moment formidable : il est vrai que, à l'image des groupes 70's qui les inspirent, Temples interprètent sur scène leurs chansons avec une énergie qui les transforme radicalement.

2017 04 24 Temples Elysée Montmartre (19)Peu à peu, les lumières agressives laissent place à quelques ambiances lumineuses plus modérées, ce qui autorisera quand même quelques photos correctes, donc tout va bien dans le meilleur des mondes ! Keep In The Dark était mon morceau favori de "Sun Structures", et l’interprétation percutante qui nous en est offerte ce soir me rappelle pourquoi. Par contre, le miraculeux Mystery of Pop, avec sa ritournelle très "Stranglers", perd un peu de sa magie, ainsi musclé par des riffs de guitare. L'avant-dernier morceau du set, Mesmerise, permet enfin au groupe se s'aventurer franchement dans des expériences bruitistes du plus bel effet : on n’est pas loin du nirvana, il ne manque sans doute que la petite étincelle de folie qui permettrait à Temples de passer du stade de très bon groupe à celui de groupe vraiment important. Le set principal se termine par une version un peu frustrante, trop courte et manquant d’ampleur, du magnifique Strange Or Be Forgotten.

On n’attendra pas longtemps le rappel, qui débutera par une nouvelle exploration sonique impressionnante, mais qui restera là encore juste en deçà du miracle, et se conclura avec le crowd pleaser incontournable qu’est Shelter Song. Les remerciements finaux de Bagshaw devant l’enthousiasme du public parisien (largement féminin, quand même) sonnent justes, comme si le jeune homme baissait enfin la garde après avoir gardé tout son self control pendant une heure et demi.

Je me rappelle alors de ce que disait l’ami Robert en début de soirée sur le fait que Temples étaient ennuyeux sur scène parce que leur leader restait renfermé dans son trip Marc Bolan : c’est très certainement exagéré, car le concert de ce soir était au contraire passionnant, mais il est certain qu’un peu de générosité aiderait le groupe à passer au niveau supérieur. Armés qu’ils sont d’un album aussi brillant que "Volcano", ça devrait quand même être possible ! »

 

La setlist du concert de Creatures :

Creatures

Enola

Secrets

Goldneye

Memories and Dreams

Shot of Love

Everything and More

 

2017 04 24 Temples Elysée Montmartre (45)Les musiciens de Temples sur scène :

James Bagshaw – lead vocals, lead guitar

Adam Smith – rhythm guitar, keyboards, backing vocals

Tom Walmsley – bass guitar, backing vocals

Samuel Toms – drums

 

La setlist du concert de Temples :

All Join In (Volcano – 2017)

Colours to Life (Sun Structures – 2014)

Roman God-Like Man (Volcano – 2017)

Sun Structures (Sun Structures – 2014)

Certainty (Volcano – 2017)

(I Want to Be Your) Mirror (Volcano – 2017)

Keep in the Dark (Sun Structures – 2014)

Move With the Season (Sun Structures – 2014)

Mystery of Pop (Volcano – 2017)

How Would You Like to Go? (Volcano – 2017)

Open Air (Volcano – 2017)

Mesmerise (Sun Structures – 2014)

Strange Or Be Forgotten (Volcano – 2017)

Encore:

A Question Isn't Answered (Sun Structures – 2014)

Shelter Song (Sun Structures – 2014)

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14 novembre 2017

Timber Timbre - Mercredi 19 Avril 2017 - La Cigale (Paris)

2017 04 19 Timber Timbre Cigale Billet Le public parisien de Timber Timbre est bien étrange. Ils prennent visiblement la peine de venir très tôt attendre devant la Cigale (au point qu'une queue interminable s'étire sur le trottoir du Boulevard Rochechouart quand j'arrive vers 19h15)... mais c'est pour mieux se précipiter au balcon sur les places assises. Je suis stupéfait de découvrir la fosse et les balustrades latérales - que j'aime tant ici à la Cigale - vides quand je pénètre dans la salle ! Bon tant mieux, mais un doute m'envahit : c'est de la musique de vieux, Timber Timbre ?  Ou pire, de paresseux, de fatigués, de dilettantes ?

2017 04 19 Marcus Hamblett Cigale (5)Et ce n'est pas la musique atrocement soporifique du jeune Anglais Marcus Hamblett en première partie qui peut me rassurer : des arpèges jazzy tellement tranquilles, tellement uniformes, tellement peu inspirés qu'ils donnent rapidement une envie irrésistible de dormir… ou plutôt de fuir, pour retrouver ailleurs l'énergie qu'ils ont sournoisement drainée hors de nous. Trois morceaux seulement, le dernier étiré jusqu'à l'écœurement, avec des "vocaux" faux et haut perchés et un saxo free jazz parisien pour empirer encore les choses. Marcus nous a parlé d'improvisation sur les thèmes de son album, qui est lui interprété par un groupe complet, mais on n'a honnêtement pas envie d'en découvrir plus après 22 minutes d’une telle torpeur hideuse.

21h00 pile, c'est en format quatuor que Timber Timbre se présente ce soir à la Cigale, devant une fosse désormais remplie jusqu’à la gueule : Taylor Kirk et Simon Trottier sont, logiquement, au premier plan, se faisant quasiment face (et non face au public…), à la guitare et à la basse - qu'ils échangeront plusieurs fois au cours de la soirée. Derrière eux, au même niveau, un batteur et un claviériste. Ils attaquent Pollution et on remarque tout de suite que le son est excellent – c’est très souvent le cas à la Cigale quand même -, un son ample et profond, mettant en valeur les sonorités solennelles et caverneuses qui caractérisent la majorité des chansons jouées sur scène.

2017 04 19 Timber Timbre Cigale (38)Par contre, on ne sera pas aussi satisfait des lumières, le groupe jouant dans une sorte de pénombre, certes contribuant à "l'ambiance" de leur "Dark Americana", mais peu propice aux photos : Taylor sera tout au long du concert baigné dans des lumières uniformes bleues ou rouges qui ridiculisent les capacités limitées de mon petit Lumix. Tant pis, laissons-nous plutôt bercer par la voix étrange et attachante de Taylor Kirk et par ses mélodies hantées, à la fois évanescentes et obsessionnelles. Les morceaux sont exécutés dans des versions assez proches de celles des disques, mais comme dépouillées de leurs mélodies, au point de n’être pas toujours immédiatement reconnaissables. Elles sont aussi occasionnellement transpercées par un solo de guitare bruitiste ou de trompette apaisante.

Tout le concert se joue avant tout dans l'ambiance, car il règne finalement une certaine uniformité. Les morceaux de "Sincerely, Future Pollution" – le nouvel album – et du beaucoup plus remarquable "Hot Dreams", qui l’avait précédé en 2014, s’enchaînent dans la même atmosphère tendue, un peu gothique : je réalise que malgré la beauté indiscutable de la musique de Timber Timbre, il manque un je ne sais quoi qui élèverait les chansons vers autre chose. Il manque peut-être un grain de folie qui ferait basculer l'angoisse et le spleen diffus et élégant, parfois un peu anecdotiques, de la musique de Timber Timbre vers des abîmes autrement plus vertigineux. Je ne peux m'empêcher de me dire que c'est comme du Nick Cave trop propre sur lui, sans les pics de déraison ni les gouffres de souffrances : le problème est que, à peine cette idée a-t-elle germée dans ma tête, que je le rends compte que je vais maintenant comparer chacune des sensations très mesurées offertes par Timber Timbre à la déraison extatique des Bad Seeds...

2017 04 19 Timber Timbre Cigale (48)La tension monte néanmoins au fil des chansons, le ton se durcit, les effets de country music crépusculaire (David Lynch, Johnny Cash et Chris Isaak, bonjour) aiguisent l'appétit du public... mais quelque part subsiste ce sentiment d'une demi-mesure, d'un manque d'amplitude et de profondeur. Les images qui naissent dans notre imagination sont finalement peu marquantes, le plaisir comme la peur sont superficiels. Il faut aussi reconnaître que l’attitude de Taylor Kirk n’aide pas beaucoup : avec son look d’Américain moyen dégarni et son peu d’efforts de communication avec le public, avec son petit sourire en coin qui contraste avec la noirceur de sa musique, on ne peut pas dire qu’il véhicule visuellement sa musique !

Les meilleurs moments du set sont aussi, logiquement, les morceaux les plus accrocheurs sur les albums : Hot Dreams avec sa sensualité crasse, Grifting avec sa tentative de funk glacial… Mais j’ai vraiment du mal à m’enthousiasmer. Après 1h05, Timber Timbre aborde les rappels, il y en aura deux, le premier illuminé par l’excellent Grand Canyon, un morceau qui a du souffle, qui permet pendant quelques minutes au concert de décoller. 22h30, c’est fini : autour de moi, les gens paraissent plutôt satisfaits, alors que j’ai personnellement le sentiment qu’il ne s’est pas passé grand ’chose ce soir à la Cigale. Sinon la parfaite démonstration que Timber Timbre n’est pas un groupe de scène, et qu’il vaut mieux pour notre bonheur nous cantonner à écouter tranquillement ses albums !

 

Les musiciens de Timber Timbre sur scène :

Taylor Kirk - vocals, electric guitar, bass guitar

Simon Trottier - electric guitar, bass guitar

Mathieu Charbonneau - keyboards

Mark Wheaton - drums

 

2017 04 19 Timber Timbre Cigale (57)La setlist du concert de Timber Timbre :

Sincerely, Future Pollution (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Sewer Blues (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Velvet Gloves And Spit (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Moment (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Hot Dreams (Hot Dreams – 2014)

Western Questions (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Curtains !? (Hot Dreams – 2014)

Until the Night is Over

Black Water (Creep On Creepin’ On – 2011)

Grifting (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Bleu Nuit (Sincerely, Future Pollution – 2017)

Do I Have Power (Creep On Creepin’ On – 2011)

Beat the Drum Slowly (Hot Dreams – 2014)

Trouble Comes Knocking (Timber Timbre – 2009)

Encore :

Grand Canyon (Hot Dreams – 2014)

Woman (Creep On Creepin’ On – 2011)

Encore 2 :

Magic Arrow (Timber Timbre – 2009)

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05 novembre 2017

The Lemon Twigs - Vendredi 31 mars 2017 - Elysée Montmartre (Paris)

2017 03 31 The Lemon Twigs Elysée Montmartre Billet« Responsables de l’un des albums les plus passionnants de 2016, les Lemon Twigs attisent la curiosité des foules, et leur second passage à Paris (si je ne m’abuse) a dû être reprogrammé, vu la demande, de la Gaîté Lyrique à l’Elysée Montmartre. Une bonne occasion pour moi de re-découvrir cette salle, que je n’aimais pas particulièrement d’ailleurs du fait d’une sonorisation régulièrement difficile, ré-ouverte depuis quelques mois après plus de cinq ans, suite à un incendie qui l’avait totalement détruite en 2011. Et il faut reconnaître que les propriétaires et architectes ont bien fait les choses : entrée et escalier majestueux, parquet superbe, structure métallique apparente (comme autrefois me semble-t-il…) magnifiée… tout est beau. Petit problème quand même pour les aficionados du premier rang, la scène a été surélevée, ce qui, sans le recul que pourrait offrir les crash barriers, veut dire qu’on doit se tordre le cou pour voir ce qui se passe sur scène (surtout quand on est à moitié nain comme moi…).

2017 03 31 Lo Moon Elysée Montmartre (7)19h45 : Lo Moon, trio originaire de L.A. (comme ils nous le diront trois fois) augmenté d’un batteur, nous propose une musique ambitieuse, posée au point d’être un tantinet pontifiante, une musique dont les racines plongent clairement dans l’afterpunk et la new wave des années 80 : quelque part du côté de Simple Minds en (heureusement) moins lyrique, ou, pour ceux qui sont nés au XXIème siècle, comme du Editors radicalement calme. De la musique plus anglaise qu’américaine dans ses origines, donc, surtout avec un chanteur qui croone avec suavité, à la manière d’un Brian Ferry juvénile. Tout cela est bien joué, parfois assez prenant, avec des pics d’intensité bienvenus, puisqu’ils voient les musiciens s’exciter un peu quand même, mais globalement on est dans une morne plaine musicale où toutes les chansons s’enchaînent sur un mid tempo redoutablement similaire. Pas trop grand-chose pour maintenir notre attention éveillée pendant les longues 40 minutes de cette première partie… qui en outre ne bénéficie guère d’un son ou de lumières convenables. Et puis, malgré la sympathie que dégage la jeune bassiste blonde et souriante – qui me remettra d’ailleurs gentiment la setlist à la fin -, il semble y avoir un peu de prétention dans tout cela… une prétention confirmée par les propos du groupe en interview, citant des écrivains (comme Houellebecq !) comme leurs principales influences.

20h50 : Les deux frères D’Addario débarquent, accompagnés par une bassiste et un organiste qui semblent, eux non plus, n’avoir guère dépassé la vingtaine. Contrairement à ce que j’attendais, je ne sais pas pourquoi, c’est Brian, l’aîné, qui est au micro et à la guitare, alors que Michael fait son petit Keith Moon à la batterie derrière : cette référence à Keith Moon qui m’est venue à l’esprit est causée autant par les mimiques outrées et hilarantes de Michael que par son jeu de batterie très dynamique et assez impressionnant. Et je ne parle même pas de sa tenue léopard très… euh… sexy ! Bon, comme me le disait mon voisin avant que le concert ne commence, on craignait forcément que le groupe ne puisse pas assurer sur scène les harmonies vocales délicieuses de l’album, mais on est immédiatement rassurés : le I Wanna Prove To You en intro est aussi beau et irrésistible que sur ”Do Hollywood”, avec en bonus une énergie live très communicative ! Je regarde autour de moi, et je ne vois que des visages souriants, extatiques même, des gens qui chantent ces mélodies lumineuses, qui font de The Lemon Twigs un incroyable nanan, échappant à la malédiction du revival qui frappe tellement de jeunes musiciens à notre époque. C’est bien simple, on est tous instantanément heu-reux, et sur le cul, et aussi heureux d’être ainsi sur le cul !

2017 03 31 The Lemon Twigs Elysée Montmartre (1)Devant, le son est tout-à-fait correct, ce qui est important pour profiter du chant (Clément, arrivé tardivement, et donc condamné à rester dans le fond, me dira ensuite que ce n’était pas le cas à l’arrière…). Mais au fur et à mesure que les Lemon Twigs alignent chansons de l’album et nouveaux morceaux, puisqu’un EP est prévu dans quelques semaines et que l’enregistrement du second album devrait commencer dans la foulée, c’est l’énergie très ”seventies” du groupe qui séduit vraiment. Les frérots sont là pour prendre du bon temps, et nous en donner par la même occasion, et cet enthousiasme, cette générosité font vraiment plaisir à voir. Brian se révèle un guitariste assez brillant, d’ailleurs, son frangin se moquant de lui à un moment en le traitant de « Mark Knopfler » ! Une petite remarque quand même : vu de très près, je ne suis pas certain que l’harmonie règne entre les deux frangins, qui se coupent la parole mutuellement non sans une certaine irritation. Brian, plus mûr, et Michael, plus jeune et plus chien fou, connaissent visiblement un genre de conflits classique au sein de toute famille, même d’une famille aussi surdouée que les D’Addario ! Espérons que cette fratrie- là ne connaîtra pas le destin d’Oasis ou de The Jesus & Mary Chain, le groupe monté ensemble devenant finalement inviable du fait des tensions !

Et d’ailleurs, à ma grande surprise, voilà que les deux frangins échangent leurs rôles : Brian va s’asseoir derrière à la batterie, et Michael prend la guitare et le micro. Et là, le concert change assez radicalement ! Exit la pop merveilleuse, bienvenue au rock couillu et… vulgaire : dans sa tenue léopard ouverte jusqu’en dessous du nombril, Michael nous la joue cette fois comme Pete Townshend : il a le même gros nez, et il effectue les mêmes sauts en l’air à la moindre occasion. Il est d’ailleurs frappant de constater que des morceaux qui, sur l’album, s’intègrent souplement dans une même texture un peu psychédélique, deviennent sur scène des animaux bien différents. Michael a tendance à faire un peu n’importe quoi, braille dans le micro plus qu’à son tour – alors que l’organiste et Brian essaient de tenir la maison du point de vue vocal – et s’amuse surtout à prendre des poses de guitar hero seventies sur le devant de la scène. Musicalement, le set a chuté dramatiquement en qualité, mais ce n’est pas grave, car le niveau d’excitation générale a encore monté, du moins, dans les premiers rangs !

2017 03 31 The Lemon Twigs Elysée Montmartre (83)Le set se clôt sur A Great Snake, comme l’album, sauf que Michael a plus tendance à beugler qu’à chanter… Mais The Lemon Twigs reviennent très vite, accompagnés cette fois par leur raod manager qui s’installe derrière la batterie. Michael et Brian entament alors ce qu’ils qualifient de ”tentative” (« pour la première fois, etc. etc. ») : une version de The End, la fabuleuse conclusion de ”Abbey Road”, qui va s’avérer complètement magique. Pour moi, qui en ait les larmes aux yeux, c’est la proverbiale cerise sur le gâteau, d’une soirée qui n’en finit pas d’étonner. Michael fera un dernier tour de piste avec The Queen of My School, une autre nouvelle chanson dans le style ”rock seventies / glam” qu’il affectionne visiblement beaucoup. Rappelons pour le coup que Megan et Danny sont tous deux issus de la même école que les frères D’Addario, ce qui donne à tout cela un air de groupe de lycée vraiment très sympathique…

Complètement sous le charme, je rejoins Clément vers l’arrière de la salle... pour découvrir qu’il avait complètement manqué la première partie du set des frères D’Addario, et qu’il a donc été déçu par la grossièreté du spectacle (sans même mentionner le son pourri…). Bref, cette soirée qui restera pour moi dans les annales n’aura clairement pas été vécue de la même manière par tout le monde ! »

 

Les musiciens de The Lemon Twigs sur scène :

Brian D’Addario – vocals, guitar, drums

Michael D’Addario – vocals, guitar, drums

Megan Zeankowski- bass

Danny Ayala – keyboards, guitar, vocals

 

2017 03 31 The Lemon Twigs Elysée Montmartre (111)La setlist du concert de The Lemon Twigs :

I Wanna Prove to You (Do Hollywood – 2016)

Haroomata (Do Hollywood – 2016)

Why Didn't You Say That (new song)

Frank (Do Hollywood – 2016)

Love Stepped Out (new song)

These Words (Do Hollywood – 2016)

How Lucky Am I? (Do Hollywood – 2016)

Night Song (new song)

Baby, Baby (Do Hollywood – 2016)

All of the Time (Alex Chilton cover)

As Long as We're Together (Do Hollywood – 2016)

So Fine (new song)

A Great Snake (Do Hollywood – 2016)

Encore:

The End (The Beatles cover)

The Queen of My School (new song)

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30 octobre 2017

Car Seat Headrest - Mercredi 22 Mars 2017 - Divan du Monde (Paris)

2017 03 22 Car Seat Headrest Divan du Monde Billet« Premier concert que je fais au Divan du Monde, et mis à part une attente Rue des Martyrs un peu désagréable sous une pluie fine et froide, qui fait paraître le temps très long jusqu'à l'ouverture des portes, tout va pour le mieux ce soir. Une bonne place au premier rang sur la droite, Clément qui doit me rejoindre avec son appareil photo (ce qui laisse espérer du lourd au point de vue photos du set...), le tout dans une petite salle assez décrépite - typique finalement du quartier de Pigalle - mais ne manquant pas de charme, la bonne taille je dirais pour un bon petit concert. Je ne regrette pas le Point Ephémère avec sa scène trop haute qui démonte le cou des spectateurs, où le concert avait été initialement programmé. J'espère beaucoup de ce set de Car Seat Headrest, responsable de l'un des tous meilleurs albums de 2016, mais des années d'expérience m'ont malheureusement prouvé qu'il n'est jamais bon d'avoir trop d'attentes vis à vis d'un groupe ou d'un artiste que l'on voit pour la première fois... d'autant que le buzz à propos de Will Toledo n'est pas positif (un petit connard arrogant et pas sympathique, pour résumer...).

2017 03 22 Traams Divan du Monde (9)20h05 : Je n’ai encore jamais entendu parler de TRAAMS (trois jeunes anglais qui font du bruit, qui viennent de la côte Sud, près de Brighton – renseignement précieux que j’arracherai au chanteur plus tard au stand de merchandising), mais cela ne va pas durer. Parce que TRAAMS, c’est exactement ma tasse de thé : ça débute dans des larsens et un vacarme de guitare furieux qui semble annoncer un trio post-Nirvana, puis surprise surprise, la musique éclot comme une fleur de “Math Rock” arrosée par un jet de Wedding Present ou de Feelies. Bref, du bruit bien rythmé, bien frénétique, des morceaux totalement hypnotiques, qui s’éternisent pour notre plus grand plaisir – enfin le plus grand plaisir de tous ceux qui comme moi, comme Clem ou comme bien d’autres au premier rang, adorent se laisser balloter dans une sorte de lessiveuse remplie de cailloux pointus. Le bassiste est impressionnant d’aisance, et construit les mélodies sinueuses qu’il faut par-dessus le mitraillage inhumain d’un batteur ultra-concentré, ultra-efficace, tandis que le chanteur braille de temps en temps, mais se laisse surtout emporter par des solos distordus et épileptiques. Oui, cette musique est à la fois radicale et magnifique, dans une sorte de grand écart improbable entre Blood Red Shoes, le post punk anglais d’un côté, et le rock bruitiste new-yorkais de l’autre (Pavement, Sonic Youth…). Mais assez de références – juste empilées ici pour vous faire comprendre un peu de quoi il retourne – TRAAMS joueront près de 40 minutes. 40 minutes de plaisir, en fait les seules de la soirée, mais ça c’est une autre histoire…

2017 03 22 Car Seat Headrest Divan du Monde (4)21h05, après un rapide changement de matériel, une quinzaine de minutes montre en main, Will Toledo est sur scène avec les trois musiciens qui composent – ce soir au moins – la version “live” de Car Seat Headrest : je n’ai aucune idée si ce sont des accompagnateurs permanents de Will, puisqu’il est de notoriété publique que Car Seat Headrest est un projet personnel de Will… Il y a donc un second guitariste, très expansif, auquel Will semble déléguer tout le spectaculaire du set, et une section rythmique efficace mais assez standard (on est loin en tout cas du spectacle offert par le batteur et le bassiste de TRAAMS…). Bon, Will est comme prévu très juvénile, la petite vingtaine (alors que le bougre fait de la musique depuis au moins sept ans et a déjà publié une douzaine d’albums !), et, avec ses grosses lunettes et sa chevelure abondante, il a une posture que je qualifierais sans crainte de ”à mi-chemin entre Gaston Lagaffe et le Grand Duduche”, pour ceux qui se souviennent du héros slacker de Cabu. Le problème est que, malgré ce look de geek lunettard plutôt sympa a priori, le mec est en effet complètement indifférent vis-à-vis de son public. Et met dans son chant et dans sa guitare aussi peu de sincérité et d’expression que possible !

2017 03 22 Car Seat Headrest Divan du Monde (12)On a attaqué par l’irrésistible Fill the Blank, qu’on a forcément tous envie de chanter avec Will – et ce d’autant que la voix étonnante est bien là, comme sur le disque – mais quelque chose nous empêche de décoller. Pourtant le son est bon, à la fois fort et clair, le groupe tape dur, le second guitariste fait comme s’il était lui la star de la soirée, et les morceaux du fantastique ”Teens of Denial” s’enchaînent… mais je n’arrive pas à me passionner complétement pour ce que j’entends.

On change de registre avec une reprise assez morne, chantée par le guitariste, du Motorway to Roswell des Pixies, mais c’est peine perdue : je ne rentre pas dans la musique. A côté de moi, un petit couple de super fans a l’air de bien s’amuser, mais je repère aussi l’ami Robert qui semble assez circonspect lui aussi, son appareil à la main. Je réalise que le problème vient réellement de l’attitude totalement neutre de Will, qui pourrait être en train de faire ses courses au Wal*Mart du coin (de chez lui) qu’il ne paraîtrait pas beaucoup plus intéressé. Pour compenser, le batteur, qui a l’air sympa comme tout, nous fait la conversation : clairement, c’est à lui que Will a aussi délégué la communication avec le public !

Il me faut attendre un bon trois quarts d’heure pour qu’une chanson me fasse enfin brailler sans retenue, c’est la remarquable Drunk Drivers / Killer Whales, une pure merveille qui survit même au traitement scénique frigide qui lui est réservé. Une heure cinq de set, et c’est le break avant le rappel : avec douze albums sous la ceinture, on aurait pu attendre un peu plus de générosité, mais clairement la générosité n’est pas une qualité de Will…

Heureusement, Will revient en solo pour un morceau que je ne connais pas (a priori une reprise de Frank Ocean) qui lui permet enfin de s’ouvrir, d’exprimer un peu quelque chose. Et on termine avec la fantastique Connect the Dots, une chanson qui aurait mérité d’être en tête de tous les hit parades rock de la planète, mais pas non plus dans une version inoubliable. Ça se termine quand même par une citation heavy du Gloria des Them, qui montre que Will, à défaut d’être aimable, a une bonne culture.

2017 03 22 Car Seat Headrest Divan du Monde (45)Grosse déception donc pour moi que ce concert joué sans tripes, sans cœur, par un jeune homme qui est pourtant à mon sens l’un des musiciens les plus doués apparus au cours de ces dernières années. Autour de moi, je perçois que le buzz général n’est pas formidablement enthousiaste non plus. Mieux vaut aller saluer les Anglais de TRAAMS au merch, ils auront été la lumière de la soirée. Tout n’aura donc pas été perdu… »

 

La setlist du concert de Car Seat Headrest :

Fill in the Blank (Teens of Denial – 2016)

Vincent (Teens of Denial – 2016)

Maud Gone (Monomania – 2012)

Destroyed by Hippie Powers (Teens of Denial – 2016)

Motorway to Roswell (Pixies cover)

Sober to Death (Twin Fantasy – 2011)

Unforgiving Girl (She's Not An) (Teens of Denial – 2016)

Drunk Drivers/Killer Whales (Teens of Denial – 2016)

1937 State Park (Teens of Denial – 2016)

Famous Prophets (Minds) (Twin Fantasy – 2011)

Encore:

Ivy (Frank Ocean cover)

Connect the Dots (The Saga of Frank Sinatra) (Teens of Denial – 2016) (With "Gloria" by Them outro)

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25 octobre 2017

Elliott Murphy - Samedi 18 mars 2017 - New Morning (Paris)

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning Billet« Mi-mars au New Morning, ça doit donc être le concert d’anniversaire d’Elliott ce soir ? 68 ans depuis deux jours, ce qui ne nous rajeunit pas non plus. J’ai l’impression que c’était hier encore que nous fêtions ses 60 ans en grande pompe au même endroit ! En plus, ce soir, il faut prendre acte de la disparition de Laurent Pardo, le charismatique bassiste des Normandy All Stars : mon dernier souvenir de Laurent restera donc d’avoir trinqué avec lui en Bourgogne pour la fête de mon ami Francis – d’ailleurs présent dans la salle avec moi ce soir…

… Car il ne faut pas avoir peur de le répéter pour ceux qui, une fois encore, n’étaient pas là avec nous au New Morning, et ont donc manqué deux heures quarante (une fois de plus) de très haute volée : autour d’Elliott, d’Olivier et de leurs musiciens, on retrouve à chaque fois une petite famille (bon, pas si petite que ça, la famille). Avec excitation, avec joie – et un peu de peine cette fois -, on vient de Barcelone, de Bruxelles, de Suède, du Mexique, de New York et de Rouen bien entendu (petit coucou à Xavier, fidèle lecteur de mon blog que j’ai eu le plaisir de rencontrer en chair et en os), pour témoigner avec Elliott que le Rock’n’Roll ne mourra jamais… même si la liste des disparus s’allonge chaque année.

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (3)« Naked telephone poles can't describe / The way I'm feeling about you tonight ».

Il est 21h20, et Elliott et Olivier attaquent la soirée en duo, avec une version dépouillée de Last of the Rock Stars. Elliott a mis une belle veste rouge par-dessus son habituelle tenue noir et blanc, malgré la chaleur. Olivier est certes un peu moins svelte qu’il y a quelques années, mais il reste le meilleur guitariste jamais né en France (et dans pas mal d’autres pays) : comme le dira Elliott, dans son français qui s’améliore mais reste difficile (« pas encore l’accent parisien », non, Elliott !), « Olivier Durand + Elliott Murphy, c’est la meilleure collaboration jamais vue entre la France et les Etats Unis »…

Un joli hommage à Dylan et son prix Nobel, et deux classiques magnifiques enchaînés à la suite pour notre plus grand plaisir, avec l’apport non négligeable du violon de l’Australienne Melissa Cox : You Never Know What You’re In For et le bouleversant On Elvis Presley’s Birthday, que nous dédions tous silencieusement à nos pères disparus, et qui nous manquent.

« This Is an unreal city / You can be anybody / When you’re alone »

Premier grand frisson de la soirée. Elliott et Olivier quittent la scène… et nous laissent patienter une petite demi-heure avant de revenir avec quatre autres musiciens : outre le fidèle Alain à la batterie, le fiston Gaspard semble être devenu un membre à part entière de la bande (il tient une étrange basse à 6 cordes avec laquelle il remplace l’ami Laurent), Melissa Cox au violon et un organiste virtuose qui vient étoffer le son du groupe, et qui a un look early-Bad Seeds des plus sympathiques. Bref, moi qui me suis plaint occasionnellement du son trop acoustique de Murphy, ces dernières années, le voici de nouveau avec un groupe qui peut rendre hommage au son original des classiques des années 70… et le prouve d’emblée avec une version puissante de A Touch of Mercy :

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (11)« I was walking down Main Street just the other day / Thinking about Brian Jones and the final getaway »

Elliott vient de publier un nouvel album, "Prodigal Son", et nous en offrira cinq extraits, tous assez bluffants, qui montrent que, à la différence de bien de ses pairs, Elliott n’a rien perdu de son inspiration. On remarquera particulièrement l’énergie de Alone in my Chair et la mélodie accrocheuse de Hey Little Sister (… comme si composer des mélodies accrocheuses faisait encore du sens en 2017 ! Merci, Elliott…). Joli moment aussi avec Let Me In, dédié à sa femme Françoise :

« You know you’ll always be my beauty and I’m your anxious man / And those wrinkles rond your eyes there / Make me love you more… »

Nous sommes entrés dans la phase de conclusion "feel good" du set principal, avec un jubilatoire A Touch of Kindness, hit en Belgique (« enfin dans l’Ouest de la Belgique… »), le fantastique And General Robert E. Lee, qui gagne clairement en importance au fil des années, et… enfin, ce que j’attends depuis des années, une version de Diamond By The Yards fidèle à l’originale de "Night Lights", où piano et violon font des merveilles :

« Midnight I surrender / I live beneath your ancient spell / You've been my lover since I can't remember / You save my life with the stories you tell… »

Je suis extatique, au premier rang avec Pat… et en face, un copain photographe me mitraille. Immortalisé dans une phase de romantisme nostalgique suraigu !

Le set se termine avec l’inévitable medley Last of the Rock Stars / Shout : le rituel.

Le rappel débute avec l’immortel riff de basse de Walk on the Wild Side, dont Elliott livre une belle version dépouillée, et sur lequel il évoque avec son humour toujours impeccable sa dernière rencontre avec Lou Reed, au Plazza Athénée à Paris : « Some things do work out… » aura été le commentaire de l’ours new-yorkais, en découvrant la nouvelle vie d’Elliott en France et en Europe. Il est alors temps de conclure ce concert, plutôt composé de titres moins connus et de nouvelles chansons, par l’impeccable carré d’as de "Just a Story from America » : Drive All Night, Anastasia, Just a Story from America et Rock Ballad.

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (25)Alors qu’on pense tous à plier les gaules – minuit a sonné depuis longtemps -, Françoise monte sur scène et souffle quelques mots à l’oreille de son mari, qui reste stupéfait. « Chuck Berry is dead ! ». Bon dieu, la faucheuse continue son très sale boulot. Rien d’autre à faire désormais que de continuer à célébrer le rock’n’roll : ce sera Roll Over Beethoven (avec une petite tentative de Johnny B. Goode par Gaspard, qui ne semble pas trop maîtriser les paroles…).

Voilà, il est minuit vingt, et les lumières de la nuit, eh bien, elles nous tiennent encore chaud, quarante et un ans plus tard. Elliott vient de fêter avec nous ses 68 ans, et c’est désormais sûr : Rock’n’roll will never die… »

 

Les musiciens de Elliott Murphy sur scène :

Elliott Murphy – vocals, guitar

Olivier Durand – guitar, vocals

Alan Fatras – drums

Gaspard Murphy – bass, vocals

Leo Cotton – keyboards

Melissa Cox - violin

 

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (38)La setlist du concert de Elliott Murphy :

Duo with Olivier Durand

Last Of The Rock Stars (Aquashow – 1973)

Sweet Honky Tonk (Songs from the Kitchen – 2014)

Take That Devil Out Of Me (Elliott Murphy – 2010)

You Never Know What You're In For (Night Lights – 1976)

Don't Think Twice, It's All Right (with Melissa Cox)(Bob Dylan cover)

On Elvis Presley's Birthday (with Melissa Cox) (12 – 1990)

With Full Band

A Touch of Mercy (Lost Generation – 1975)

You'll Come Back To Me (Prodigal Son – 2017)

Chelsea Boots (Prodigal Son – 2017)

Alone in My Chair (Prodigal Son – 2017)

I Want to Talk To You (La Terre Commune – 2001)

Take Your Love Away (April – A Live Album – 2002)

Hey Little Sister (Prodigal Son – 2017)

A Touch of Kindness (Coming Home Again – 2007)

Pneumonia Alley (Coming Home Again – 2007)

Let Me in (Prodigal Son – 2017)

And General Robert E. Lee (Notes from the Underground – 2005)

Diamonds by the Yard (Night Lights – 1976)

Last Of The Rock Stars (Aquashow – 1973) / Shout (The Isley Brothers cover)

 

2017 03 18 Elliott Murphy New Morning (104)Encore:

Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)

Drive All Night (Just a Story From America – 1977) / Pretty Woman (Roy Orbison cover) (Gaspard Murphy lead vocals on "Pretty Woman")

Anastasia (Just a Story From America – 1977)

Just a Story From America (Just a Story From America – 1977)

Three Complete American Novels (Party Girls and Broken Poets – 1984)

Duo with Olivier Durand

Rock Ballad (Just a Story From America – 1977)

Encore 2:

Roll Over Beethoven (Chuck Berry cover)/ Never Can Tell (Chick Berry cover) / Johnny B. Goode (Chuck Berry cover)

Ce compte-rendu a déjà été publié partiellement peu après le concert sur mon blog : manitasdeplata.net

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10 octobre 2017

Hamilton Leithauser - Lundi 6 Mars 2017 - Point Ephémère (Paris)

2017 03 06 Hamilton Leithauser Point Ephémère Billet« Hamilton Leithauser ? Oui, Hamilton Leithauser… Pour ceux qui ne connaîtrait pas cet auteur-compositeur – comme on dit chez nous – multi-instrumentiste (n’en jetez plus), ce quadragénaire américain fut longtemps la figure de proue des fort réputés Walkmen, avant de poursuivre une carrière “solo”, comme on dit, dont l’étape la plus récente fut en fait une collaboration avec Rostam Batmanglij (bonjour, les noms compliqués ce soir…), lui-même en vacances de Vampire Weekend. En résulta un album plutôt sympathique, qui explique ma présence, en compagnie de Clem, aujourd’hui dans un Point Ephémère qui affiche d’ailleurs complet.

2017 03 06 Matt Maltese Point Ephémère (3)20h45 : un très jeune homme fort affable s’assied derrière un simple clavier, face à nous, et entame une belle chanson un peu triste, d’une voix superbement placée, et plutôt prenante. Pour poser un peu les choses, disons qu’on est du côté de Rufus Wainwright, en moins grandiloquent quand même. Il s’appelle Matt Maltese (le fils de Corto, sans doute, dont il partage le romantisme discret et la sobriété…), et il nous gratifiera de 22 minutes d’une musique intense, et quelque part intemporelle. Les textes paraissent quant à eux plutôt forts, contrepoint intéressant de ces ballades qui frôlent parfois le sentimentalisme. Matt est en outre drôle, et il dégage une aura de sympathie qui ne gâche rien : il nous expliquera avoir une bonne crève mais arriver à fonctionner grâce à un médicament allemand, qui ne devrait d’ailleurs pas tarder à le booster ; plus tard, il nous confiera qu’il n’arrive toujours pas à jouer une partie de piano sur l’une de ses chansons, et il qualifiera sa prestation de « terrible » ! Bref une première partie intéressante, même s’il faut voir si les chansons tiennent aussi bien la route sans l’intensité scénique.

2017 03 06 Hamilton Leithauser Point Ephémère (12)Il est un peu plus de 21h35 quand Hamilton Leithauser et ses trois musiciens entrent en scène, devant une jolie projection vidéo construite à partir de la belle pochette de “I Had A Dream That You Were Mine”, animée pour la circonstance. Petite déception, je réalise que ce n’est pas l’ami Rostam qui s’installe derrière les claviers ! Ceci explique donc que le billet ne porte que le nom de Hamilton… Je ne sais pas pourquoi j’attendais le duo, je n’avais pas dû bien vérifier sur le Net. Bon, faisons contre mauvaise fortune bon cœur : Hamilton est un homme plutôt imposant, haute silhouette plantée en face de moi… qui me force à me tordre le cou, vu la hauteur bien connue de la scène du Point Ephémère. La manière dont Hamilton nous jette un bonjour, en entrant et en attaquant Sick as a Dog, est assez curieuse : à la fois amicale – à l’américaine – et assez peu empathique, il a l’air de se foutre un peu d’être ici, à Paris, au Point Ephémère, ce soir. Il s’agit peut-être là d’une post-rationalisation de ma part, mais cette sorte de négligence un peu arrogante, dissimulée derrière une familiarité conviviale, donne le ton du set de ce soir.

Il est indéniable que Hamilton et ses musiciens se démènent, interprétant les chansons de l’album avec cette espèce de frénésie, cette tendance à l’emphase, à l’exagération qui fait le sel de cette musique, mais qui peut aussi rebuter, surtout si, de très près (quand on est au premier rang d’un concert, par exemple…), tout cela manque de spontanéité, de sincérité peut-être : la différence avec l’émotion toute simple dégagée quelques minutes plus tôt par Matt Maltese saute aux yeux ! Quand Hamilton attaque le merveilleux A 1000 Times, j’attends la claque, l’extase (cette chanson est quand même LA raison qui me fait être là ce soir)… Très vite, je me rends compte que rien ne se passe : la chanson est interprétée avec force, oui, la voix si particulière de Hamilton est là (d’ailleurs le son ce soir, comme souvent au Point Ephémère, est particulièrement clair, excellent !), mais rien ne bouge en moi. Je regarde autour de moi, et même si le public applaudit généreusement, je n’ai pas l’impression que quiconque se sente touché par la grâce ! La même déception se répétera plus tard avec le bouleversant – sur l’album ! – In a Blackout, dont les arpèges “à la Cohen” sont bâclés par Hamilton sur sa guitare sèche, et dont la magie sera complètement absente.

2017 03 06 Hamilton Leithauser Point Ephémère (35)J’avoue que je décroche un peu du concert qui entre alors dans sa phase plus “Rock seventies” – ces fameux échos de Dylan ou de Rod Stewart qu’on retrouve bien -, avec le trio qui essaie de faire encore monter l’intensité, et Hamilton qui continue son cinéma dans son petit monde à lui. On ressent aussi l’absence, dans cette interprétation sage et stéréotypée, du sentiment de chaos que la production de Rostam introduisait sur l’album… La fatigue m’envahit, et c’est presque un soulagement quand le set s’arrête, après un peu moins d’une heure.

Ils reviennent très vite, accompagnée d’une jolie jeune femme, qui pourrait être Angel Deradoorian (comme sur l’album… mais je ne suis pas sûr…), et qui chante avec Hamilton sur 1959, une conclusion agréable à un concert qui se sera avéré tout sauf mémorable.

En y repensant, je dois avouer que j’ai été surtout réfractaire à la personnalité de Hamilton Leithauser, et que, du coup, quelles que soient les qualités de sa musique, il me faut bien admettre qu’il ne s’agit pas d’une artiste “pour moi”.

Alors… Tant pis pour moi, je suppose ! »

 

La setlist du concert de Hamilton Leithauser :

Sick as a Dog (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

The Morning Stars (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

The Bride's Dad (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

A 1000 Times (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

Alexandra (Black Hours – 2014)

11 O'Clock Friday Night (Black Hours – 2014)

When the Truth Is... (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

In a Black Out (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

You Ain't That Young Kid (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

I Retired (Black Hours – 2014)

Peaceful Morning (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

Rough Going (I Won't Let Up) (I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

Encore:

1959(I Had A Dream That You Were Mine - Hamilton Leithauser + Rostam - 2016)

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05 octobre 2017

Two Door Cinema Club - Lundi 27 Février 2017 - Casino de Paris

2017 02 27 Two Door Cinema Club Casino de Paris Billet« Voilà, ça n'arrive quasiment jamais, et on en reparle longtemps après... et c'était ce soir au Casino de Paris : la première partie qui vous fout le cul par terre, et vous met en même temps la tête au milieu des nuages ! Pourtant, quelque part, j'étais prévenu : les Inrocks - auxquels je ne fais plus vraiment confiance - en parlaient comme du grand espoir 2017, de la nouvelle merveille live, capable d'apporter un bonheur immédiat à n'importe quel public. J'avais repéré le nom sur un sticker devant moi, je n'osais pas trop y croire : Parcels, de jeunes Australiens qui font revivre la Saturday Night Fever en toute décontraction, en se marrant et en douceur. Quand ils attaquent, c'est incroyable : la machine à remonter le temps fonctionne, les Bee Gees avec leur disco poppy sont là devant nous...

2017 02 27 Parcels Casino de Paris (11)Tout le monde autour de moi est en train de danser au bout de 30 secondes, mais de danser avec un grand sourire sur le visage. En fait, Parcels, ce n'est pas du tout rétro, malgré les coupes de cheveux années 60-70 et le costar cintré du chanteur : il y a derrière ce groove funky léger et brillant une sorte de mélancolie qui est bien de notre temps. Cette musique est à la fois festive - il faut voir combien les musiciens s'amusent et communiquent tout naturellement leur joie - et réfléchie, mesurée, ce qui donne le sentiment de danser intelligent. 28 minutes d'un joli bonheur rare, avec un sentiment, visiblement général autour de moi, de félicité toute simple. A revoir, et très vite, car ça paraît tellement précieux qu'on a peur que ça soit fragile...

... exactement ce dont j'avais besoin ce soir en première partie de Two Door Cinema Club, alors que le boulot a une tendance à être terriblement pénible, que les soucis quotidiens s’accumulent, et que les occasions de se divertir sont toutes précieuses, justement.

Je ne me souvenais plus, depuis le temps (presque dix ans que je n’avais pas mis les pieds dans cette jolie salle…), combien la scène du Casino de Paris est haute par rapport à ce dont on a l'habitude en France. Du coup le premier rang n'est pas trop confortable. Heureusement le son est (pour le moment) excellent et l'ambiance très cool ce soir, avec un public plutôt homogène, et moyennement jeune. La mauvaise nouvelle après le miracle Parcels, c'est qu'on a droit à un second groupe avant Two Door Cinema Club...

2017 02 27 Blaenavon Casino de Paris (21)20h15... La bonne nouvelle c'est que Blaenavon, ce n'est pas mauvais non plus. Un trio dynamique, du rock anglais (même si le nom du groupe évoque le Pays de Galle…) nerveux, élégant même parfois, avec un bassiste impressionnant qui fait le show, et un chanteur à la voix très prenante, capable d'emporter le public dans des mini transes. Le mieux, en fait, au-delà des accélérations qui mettent le feu à la dernière partie de leur set, c'est que ça ne ressemble à rien de précis. Il y a une intensité qui peut évoquer le vieux courant emo (le bouquet de fleurs accroché au micro en référence au Moz ?), une énergie très saine qui me rappelle le Maximö Park des débuts, mais le tout est vraiment original. Il est un peu difficile néanmoins de saisir si les chansons, toutes dépourvues de la structure classique couplets / refrain, tiendront la route une fois dénudées de l'énergie scénique du groupe... En tous cas, on passe 35 minutes très rock, plutôt agréables ma foi. A noter le look également seventies du chanteur, pantalon pattes d'ef et longs cheveux gras. Un groupe à suivre, un de plus !

2017 02 27 Two Door Cinema Club Casino de Paris (8)21h15 : Comme pour The xx au Zénith, le dispositif scénique de Two Door Cinema Club ne comprend aucun ampli sur scène, ni retours devant les musiciens, juste une estrade à l’arrière où trônent la batterie et les claviers, et le demi-cercle de panneaux lumineux / écrans vidéo que nous avions déjà pu admirer à Rock en Seine en août dernier. Sauf que, à la différence de The xx, on va salement sentir l’absence de ces amplis, toute la musique passant directement sur la sono, qui, malheureusement quand vous êtes placés au premier rang au Casino de Paris, se trouve derrière vous ! Le résultat est un son catastrophique, à la fois creux et dé-réalisé puisque spatialement dissocié de l’emplacement des musiciens sur scène. Sans parler même de la grosse batterie qu’on entend, elle, évidemment, sur scène, et qui fait rapidement mal à la tête, d’autant que le batteur qui fait la tournée est un gros bourrin dont la frappe cloue au sol les mélodies lumineuses du groupe. Bref, c’est un début de concert calamiteux, et je me rends compte que je vais avoir bien du mal à rentrer dans la musique de Two Door Cinema Club ce soir. Et ce d’autant que, vu de près, l’ami Alex Trimble tire la gueule, et chante (très joliment) ses chansons avec un manque de conviction – ne parlons même pas d’enthousiasme ! – qui fait mal, surtout quand on le compare à la fête divine de Parcels, ou même l’énergie très seventies de Blaenavon. Bon, heureusement, je suis placé à gauche, devant Sam Halliday, brillant guitariste et sympathique ludion, qui ne tient pas en place et délivre des parties de guitare éclatantes… que je suis réduit à deviner, puisque le son ne parvient que difficilement jusqu’au premier rang ! Bisque, bisque, rage !

2017 02 27 Two Door Cinema Club Casino de Paris (34)Bon, ce qui est aussi évident ce soir pour moi – comme cela aurait dû l’être déjà à Rock en Seine -, c’est que Two Door Cinema Club risque fort de rester le groupe d’UN ALBUM, leur premier et brillant “Tourist History”, dont neuf morceaux seront joués ce soir, et dont chacun provoquera l’enthousiasme général. Et il faut bien admettre que ces chansons, qui ont maintenant 7 ans, paraissent absolument inusables, et vous mettent irrésistiblement le cœur en fête. Alors au final, malgré le son pourri, malgré le peu d’empathie qu’Alex manifeste envers son public – à la différence de Sam et Kevin, soulignons-le -, il est impossible de ne pas apprécier un set de Two Door Cinema Club quand on enchaîne des choses comme This Is the Life, I Can Talk (avec son intro en hahaha imparable) ou l’incroyable What You Know en rappel. Petite déception par contre que l’interprétation des titres du dernier album, dont le funk sonne très artificiel et forcé sur scène : c’est encore Are We Ready (Wreck), soit le morceau le plus traditionnellement rock du disque qui passe, et de loin, le mieux. Gameshow est lui assez pesant, avec sa démesure très stadium rock qui devient rapidement de la lourdeur. Et en plus, ils n’auront même pas joué Good Morning, le joyau de l’album ! Tant pis pour moi…

Bon, à la fin de la courte heure et quart du set, Alex a daigné enfin sourire, mais sans que l’expression d’ennui profond qu’il arborait jusque-là ne disparaisse complètement. Autour de moi, les gens paraissaient heureux, mais je pense que c’était plus le bonheur de chanter ensemble à tue-tête ces chansons formidables que la satisfaction d’un groupe qui nous a offert un show mécanique, spectaculaire parfois (très belles lumières, très beaux effets graphiques), mais particulièrement sans âme. Bref, l’avenir de Two Door Cinema Club paraît sombre, et il est probablement temps pour le trio irlandais de passer à autre chose. »

 

Les musiciens de Parcels sur scène :

Patrick Hetherington – keyboards, vocals

Louie Swain - keyboards

Noah Hill - bass

Anatole Toto Serret - drums

Jules Crommelin – guitar, vocals

 

La setlist du concert de Blaenavon :

Take Care (new song)

My Bark Is Your Bite (new song)

Into The Night (Into the Night EP – 2013)

Let's Pray (Let’s Pray EP – 2016)

Orthodox Man (new song)

I Will Be The World (Let’s Pray EP – 2016)

Prague (Koso EP – 2013)

 

2017 02 27 Two Door Cinema Club Casino de Paris (58)Les musiciens de Two Door Cinema Club sur scène :

Alex Trimble – lead vocals, rhythm guitar

Sam Halliday – lead guitar, vocals

Kevin Baird – bass, vocals

+

Benjamin Thompson – drums

Jacob Berry - rhythm guitar, beats, synths

 

La setlist du concert de Two Door Cinema Club :

Cigarettes in the Theatre (Tourist History – 2010)

Undercover Martyn (Tourist History – 2010)

Do You Want It All? (Tourist History – 2010)

This Is the Life (Tourist History – 2010)

Changing of the Seasons (Changing of the Seasons EP – 2013)

Bad Decisions (Gameshow – 2016)

Lavender (Gameshow – 2016)

Next Year (Beacon – 2012)

Come Back Home (Tourist History – 2010)

Ordinary (Gameshow – 2016)

Something Good Can Work (Tourist History – 2010)

Are We Ready? (Wreck) (Gameshow – 2016)

Gameshow (Gameshow – 2016)

Sleep Alone (Beacon – 2012)

I Can Talk (Tourist History – 2010)

Eat That Up, It's Good for You (Tourist History – 2010)

Sun (Beacon – 2012)

Encore:

Someday (Beacon – 2012)

What You Know (Tourist History – 2010)

La chronique de ce concert a été partiellement publiée à l'époque sur mon blog manitasdeplata.net

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01 octobre 2017

The xx - Mercredi 15 Février 2017 - Zénith (Paris)

2017 02 15 The xx Zénith Billet« De temps en temps, vous assistez à un concert qui change totalement la perception que vous aviez d’un groupe ou d’un artiste, … pour le meilleur ou pour le pire, d’ailleurs. Au mieux, vous en sortez en ayant “compris” une musique que vous savez pouvoir désormais apprécier à sa juste valeur, parce que la démarche, ou même plus simplement la sincérité des artistes, révélées lors du concert, transcendent l’impression qui pouvait se dégager d’une simple écoute des albums. C’est ce qui m’est arrivé au Zénith avec The xx, un groupe dont j’ai toujours un peu snobé la musique, que je trouvais faiblarde, peu originale et peu inspirée… et dont je suis devenu, en un peu moins de une heure trente, fan absolu ce mercredi 15 février.

2017 02 15 Camila Zénith (1)Mais d’abord, avant cette “révélation”, il faut bien évidemment en passer par une première partie assez désespérante ce soir au Zénith : c’est une jeune femme black à la plastique impressionnante et à la voix très intéressante, qui s’appelle - a priori – Camila. Elle nous inflige, avec l’assistance d’un freak derrière son ordinateur qui déverse sur nous une sorte de bouillie cacophonique, trente minutes de machins sans structure, sans émotion, sans mélodie… sans intérêt. Le pire, c’est sans doute que la donzelle a apparemment une très haute idée d’elle-même et de son talent, puisqu’elle nous explique qu’elle est là pour, je cite, « nous faire découvrir la profondeur, la grandeur du R&B », ni plus ni moins. Elle expliquera encore « qu’elle recherche toujours une nouvelle manière d’interpréter ses chansons » ! C’est beau l’inconscience !

Je suis ce soir au Zénith, qui affiche complet pour le deuxième soir de suite, preuve que le public français n’a pas oublié le groupe malgré cinq ans d’absence, avec Emilie qui est en vacances, et nous attendons maintenant avec impatience le début du concert, au sein d’une foule visiblement très passionnée : de mon côté, le scepticisme l’emporte encore… mais pas pour très longtemps…

2017 02 15 The xx Zénith (11)21h07, c’est avec quelques minutes de retard sur le programme que Romy, Oliver et Jamie pénètrent sur une scène agencée de manière assez impressionnante : elle est entourée de colonnes pivotantes métalliques, et recouverte du sol au plafond – qui s’abaissera d’ailleurs plus tard pour jouer un rôle de gigantesque miroir – de plaques réfléchissantes, à l’image donc du boîtier du nouvel album, “I See You”. Au centre, surélevées, les machines de Jamie, au milieu desquelles le membre le plus réservé de The xx va trôner tout au long du set. Plus curieux peut-être, et un peu préocupant a priori, pas d’amplis derrière Romy et Oliver, ni de retours devant eux ! Mais mon inquiétude ne dure pas, car dès le premier morceau, l’accrocheur – et un peu facile – Say Something Loving, le son est parfait, avec la guitare de Romy, juste en face de nous, et la basse d’Oliver, sur la droite, toutes deux parfaitement audibles… et avec le plus important, les voix superbes des deux chanteurs extraordinairement bien sonorisées. Crystalised et Islands, deux extraits du fameux premier album, enfoncent le clou : cette musique est tout simplement magnifique ! Et j’ai envie de dire magique, si je n’avais moi-même tendance à utiliser cet adjectif à tort et à travers !

2017 02 15 The xx Zénith (27)Il y a quelque chose d’assez inexplicable dans l’alchimie des deux voix de Romy et Olivier, chacun d’un côté de la scène, qui se répondent, se jaugent, s’affrontent, se complètent, et construisent de mini cathédrales émotionnelles, dont les albums ne donnent qu’un aperçu très limité. La sensation de beauté, d’élévation qui se dégage des chansons est étonnante : tout autour de nous, le public semble aussi fasciné que nous, il y a une sorte de suspension miraculeuse de la réalité qui est la marque des grands événements musicaux. Ni Romy ni Oliver n’ont la beauté des “stars” de rock plus classiques, ce sont deux jeunes anglais ordinaires, mais il se dégage d’eux une chaleur, une tendresse, une humanité qui tranche avec le commun des groupes de Rock. Bon, régulièrement, Oliver se lance quand même dans une chorégraphie de bassiste, son instrument rasant le sol, et vient chercher le contact avec Romy. La complicité qui les unit est clairement l’épine dorsale, et la chair aussi, de la musique de The xx. Derrière eux, Jamie est l’architecte sonore, qui construit une sorte de paysage sonique fluide, mais dont, au fond, on pourrait se passer : d’ailleurs quand Romy nous fait une chanson en solo – elle annonce être très nerveuse de se livrer à ce type d’exercice -, la beauté est toujours là : « It is a performance, I do it all so you won’t see me hurting, when my heart it breaks… I’ll put on a brave face. » Et c’est saisissant, bouleversant. Finalement, plus la musique de The xx est dénudée, réduite à l’essentiel – deux voix magnifiques, quelques arpèges de guitare et une basse qui swingue -, plus elle nous touche.

Un peu plus tard, c’est au tour d’Oliver de nous serrer le cœur avec le magnifique A Violent Noise, LA chanson qui m’a fait vraiment entrer dans le monde de The xx. Le public est maintenant extatique, et comme dans tout grand concert, ce bonheur vient se réverbérer sur scène, poussant le groupe à l’excellence. Romy et Oliver irradient de plaisir, ils répètent combien ils sont heureux que Paris les aime autant. Plus le set avance, plus les lumières deviennent superbes, et le basculement du plafond réfléchissant ajoute une indéniable magie au set. Dangerous, le morceau le plus accrocheur du dernier album provoque une ovation. Quand Romy et Oliver essaient de prendre la parole, les applaudissements continus du public ne leurs laissent pas la possibilité de le faire. Le set se termine sur un morceau de Jamie xx, infra basses et baston de nightclubbing. Cela fait à peine une heure dix qu’ils jouent… Trop court !

2017 02 15 The xx Zénith (81)Ils reviennent heureusement pour un rappel entamé par le titre le plus commercial de “I See You”, le très commercial et chatoyant On Hold, avant que le célébrissime – mais pas encore usé pour autant – Intro ne nous rappelle que oui, The xx est aussi, et toujours un groupe de Rock.

Un grand groupe, un concert littéralement enchanté. The xx comptent donc désormais un fan de plus. »

 

Les musiciens de The xx sur scène :

Romy Madley-Croft – voix, guitare

Oliver Sim – voix, basse

Jamie Smith – claviers, percussions

 

La setlist du concert de The xx :

Say Something Loving (I See You – 2017)

Crystalised (xx – 2009)

Islands (xx – 2009)

I Dare You (I See You – 2017)

Lips (I See You – 2017)

Basic Space (xx – 2009)

Performance (I See You – 2017)

Too Good (Drake cover)

A Violent Noise (I See You – 2017)

Brave for You (I See You – 2017)

Infinity (xx – 2009)

VCR (xx – 2009)

Dangerous (I See You – 2017)

Fiction (Coexist – 2012)

Shelter (xx – 2009)

Loud Places (Jamie xx cover)

Encore :

On Hold (I See You – 2017)

Intro (xx – 2009)

Angels (xx – 2009)

Cette critique a déjà été partiellement publiée à l'épqoue du concert sur mon blog manitasdeplata.net

 

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20 septembre 2017

The Mystery Lights - Lundi 6 Février 2017 - Maroquinerie (Paris)

2017 02 06 The Mystery Lights Maroquinerie Billet« Voilà le genre de surprise que j’aime bien : un coup de fil de l’ami Philippe, qui a des places sur les bras pour le concert de The Mystery Lights le soir-même à la Maro, une vérification rapide sur le Net (… oui, il s’agit bien du groupe de garage psyché dont j’ai vaguement entendu parler, et plutôt en bien quant à ses prestations live…), et me voilà embarqué pour une soirée impromptue qui s’avère très prometteuse.

Mis à part quelques vieux grognards habitués des concerts garage – un style musical qui ne recrute pas forcément parmi les jeunes en France, malheureusement -, il n’y a personne à 19h30 à l’ouverture des portes de la Maro, donc pas de problème pour me placer au premier rang, sur la droite pour éviter la zone centrale qui devrait logiquement être agitée ce soir. Philippe et son épouse me rejoignent quelques minutes plus tard, on est prêts, le show peut commencer…

2017 02 06 Ryder The Eagle Maroquinerie (20)… mais il commencera d’une drôle de façon, à 20h10, avec un hurluberlu chevelu et barbu qui se présente – en français - comme Ryder The Eagle (ce n’est qu’après le set que je découvrirai qu’il faisait partie des Dodoz / Las Aves), et qui est accompagné par un trio assez efficace. Le problème, car problème il y a, ce sont les… euh… chansons de l’ami Ryder, qui ressemblent plus à de la variété informe qu’à du Rock, sans même mentionner les paroles – en anglais -, qui semblent atteindre des sommets de ridicule (le genre : « c’est chouette, je vais mourir sur ma moto ! »). L’autre truc, c’est que notre showman sans vergogne se met régulièrement à s’énerver tout seul et à brailler ses refrains de manière pas trop harmonieuse. Tout cela serait seulement banalement mauvais, s’il n’y avait çà et là des moments de très belle intensité bruitiste et furieuse, parfaitement décalés par rapport au style musical. Bref, voici un jeune homme qui devrait s’en tenir à jouer de la guitare – ce qu’il fait très bien – plutôt que de nous embarrasser avec ses compositions et sa voix. A 20h40, l’aigle retourne dans son nid, laissant ses musiciens démonter le matériel sans lui : aurait-il déjà la grosse tête ?

2017 02 06 The Mystery Lights Maroquinerie (76)Ce sont les petits gars de The Mystery Lights qui installent eux-mêmes leur matos, par contre : bon esprit garage, sympa et tout. 21h10 : on commence par deux instrumentaux, dans la bonne tradition du genre, avec les deux guitares qui carillonnent, avec l’écho qui va bien, et tout… dans la tradition Nuggets / Surf Rock / Psyché Fuzz. On n’est pas dépaysés, mais on est venus pour ça. Le chanteur guitariste, au look de chat de gouttière ébouriffé et tout efflanqué, est passablement surexcité, il saute en l’air un peu comme l’ami Townshend à la grande époque des Who (tiens, je me dis que ça fait longtemps que je n’ai pas vu un guitariste faire ça). Puis ils attaquent Follow Me Home, le single extrait de leur dernier album, et je constate que : 1) il a même une voix aigüe et éraillée de chat de gouttière, 2) comme parfois à la Maroquinerie, le chant est peu audible quand on est placé juste devant la scène. Zut, en plus, nous sommes devant le bassiste, et le son de la basse a tendance à cacher un peu les deux guitares qui sont sur le gauche. Dommage, on ne va pas assister au set de manière optimale. Quant aux photos, inutile de rêver, mon Lumix n’a pas le calibre suffisant pour immortaliser des musiciens qui sautent dans tous les sens dans une quasi obscurité !

Après avoir interprété une bonne partie de leur dernier album, le groupe attaque un ensemble de nouveaux morceaux et ce qui semble être d’anciennes chansons pas forcément connues du public, ce qui fait que la frénésie qui commençait à monter se calme : je dois m’avouer que, tous les morceaux semblant relativement similaires, le set ronronne un peu, même si le spectacle du groupe est toujours des plus plaisants. Les Mystery Lights auraient-ils usurpé leur réputation d’excellence sur scène ?

2017 02 06 The Mystery Lights Maroquinerie (80)Non, ce n’était qu’un petit passage à vide : Amy, puis Candlelight, visiblement apprécié du public, relancent la machine, et le concert monte très fort en intensité. Ça commence à cartonner dur, les amis, et le mosh pit se forme enfin au centre de la Maro, ça headbangue sévère, ça pogote, et ça dresse ses petits bras en l’air, bref c’est la grande communion du rock’n’roll. La fin du set, et surtout le rappel sidérant, seront irrésistibles, les musiciens jouant complètement à fond, sur un rythme qui s’accélère (quelques accents rockabilly sur un titre…). C’est enfin le grand frisson dans la nuque, c’est l’orgasme partagé dans l’hystérie avec la quelque centaine de fans conquis ce soir à la Maro. Et ça fait du bien ! Ça fait au moins oublier et Trump et Fillon pendant quelques minutes. Je ramasse la mini setlist qui était devant moi, et je regarde ma montre : ils ont joué 1h15, pas trop mal pour un groupe qui n’en est qu’à ses débuts. Philippe et moi comparons nos impressions de cette soirée énergique : bonne pioche !

Si le garage rock n’est pas le genre musical le plus original ni le plus moderne qui soit, au moins il est synonyme de bons plaisirs simples et roboratifs, quand il est asséné par des musiciens aussi compétents et aussi enthousiastes que les Mystery Lights ! Tiens au fait, quand est-ce que les Fleshtones passent par Paris ? Et les Black Lips ? »

 

2017 02 06 The Mystery Lights Maroquinerie (66)La setlist du concert de The Mystery Lights :

Jam

Intro (The Mystery Lights – 2016)

Follow Me Home (The Mystery Lights – 2016)

Too Many Girls (The Mystery Lights – 2016)

Too Tough To Bare (The Mystery Lights – 2016)

Melt (The Mystery Lights – 2016)

Without Me (The Mystery Lights – 2016)

Hey Joe (The Leaves cover)

Darkness

Can't Make It

Guitar Pickin' On You (At Home with the Mystery Lights – 2016)

Amy

Candlelight (The Mystery Lights – 2016)

Before My Own

Wee-Woo

Encore:

Mississippi Line (Booze cover)

Lookin At You (MC5 cover)

Dead Moon Night (Dead Moon cover)

Cette chronique a été partiellement publiée à l'époque sur le blog www.manitasdeplata.net

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