Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

15 janvier 2019

King Gizzard & The Lizard Wizard - Jeudi 1er Mars 2018 - Bataclan (Paris)

2018 03 01 King Gizzard Bataclan Billet« Finalement, et c’est un vieux de la vieille qui vous le dit, la musique en 2018, ce n’est plus aussi barré que ça a été. D'ailleurs Mark E Smith est mort, ça c'est un signe, non ? Du coup, il faut profiter plus que jamais des rares originaux qui nous restent. De ces types ou de ces groupes qui, en ne se prenant pas au sérieux, savent faire de la musique "savante", ou tout au moins concernée, ambitieuse même tout en souriant. Des types comme l’intense John Dwyer, par exemple, avec ses Oh Sees à géométrie variable mais toujours dans l’expérimentation jouissive. Ou comme le jovial Ty Segall, qui n'a pas peur de rire sur scène. Ou, vous m’avez vu venir, comme les Australiens de King Gizard & The Lizard Wizzard, avec leurs cinq albums publiés en 2017, qui sont passés insensiblement du stade de farfelus furieux pour amateurs de rock garage azimuté à celui de solide espoir pour le Rock de demain. D'où un Bataclan bien, bien complet pour ce groupe qui excite tout le monde sans avoir encore vendu grand-chose au grand public. D’où une ambiance d'attente particulièrement joyeuse à l'intérieur de notre salle Rock tant aimée, le genre d’atmosphère qui redonne foi à ceux qui, comme moi, se déclarent occasionnellement fatigués par le manque de détermination des musiciens contemporains. Dehors il fait encore froid, les derniers restes d'une semaine sibérienne, mais dedans la météo nous prédit un concert chaud bouillant et mouvementé !

2018 03 01 Mild High Club Bataclan (17)19h50 : Mild High Club arrivent avec la crédibilité d'avoir fait un album avec King Gizzard (le jazzy "Sketches of Brunswick East") ... mais vont rapidement, et terriblement, nous décevoir : à la fin de leurs 30 minutes réglementaires, autour de moi, on parle de musique d'ascenseur (« …mais ça passe moins vite qu'un trajet en ascenseur ! ») ou de pizzeria (« …sauf qu'il n'y a même pas de pizza à manger ! »). Alex Brettin a l'air tout gentil et chante ses compos jazzy, lounge, mais molles de chez molles, avec une voix à la limite de la mièvrerie. Les musiciens qui l’entourent n’ont pas l’air plus concernés que cela, et le grand moment de ces 30 minutes trop, mais trop gentilles, c'est quand Stu Mackenzie – avec son look de Viggo Mortensen juvénile - vient jouer de la flûte traversière avec Mild High Club : le public acclame l'effort. Mais l'effort de quoi ? Bref, une drôle d'entrée en matière pour cette soirée !

20h50 : le Bataclan est bourré jusqu’à la gueule (pas de crash barriers, au premier rang on est collés contre la scène) et on retrouve vite son éternel problème d’atmosphère étouffante quand le septette de King Gizzard & The Lizard Wizard lance sa cérémonie. Le début est absolument stupéfiant, n’ayons pas peur des mots : Rattlesnakes, le fameux morceau d’introduction de "Flying Microtonal Banana", représente parfaitement la richesse du projet des Australiens : nous faire sauter au plafond d’excitation tout en gravant des mélodies immédiates dans notre cortex et en flattant notre intelligence grâce à des concepts puissants ! Pas besoin d’avoir déjà écouté la plupart des chansons de King Gizzard pour être capable de les chanter en quelques minutes, ça marche à tous les coups : « Rattlesnake / Rattlesnake / Rattlesnake / Rattles me… », ce n’est certes pas compliqué à reprendre avec Stu, je l’admets. Mais faire basculer la totalité de la fosse du Bataclan chauffé à blanc dans l’hystérie après cinq minutes de concert, ça, ça vous pose un groupe ! Incroyable ce que c’est bon de ressentir ça à nouveau ! Je regarde autour de moi au premier rang, et tout le monde – filles et garçons, jeunes et moins jeunes - me paraît extatique. Je me retourne et je vois que derrière moi, ça saute de partout : la joie est totale !

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (10)Bon, mais sur scène, que se passe-t-il ? Au centre, deux batteries aux couleurs italiennes (?) se font face, et Cavanagh et Moore se déchaînent en permanence avec une fureur et une puissance qui propulsent les morceaux du groupe – même les moins "garage" - vers un ailleurs quasi supersonique. Skinner, le bassiste, élément essentiel du moteur de King Gizzard, se retrouve du coup coincé en arrière-plan, et nous le verrons peu, même si heureusement, le son de sa basse est parfaitement présent : il faut dire qu’au Bataclan, même au premier rang, le son est toujours impeccable ! Sur la gauche, Ambrose Kenny Smith, très décontracté, porte à lui seul la responsabilité des claviers, tandis que la plus grande partie de la scène est dédiée aux trois guitaristes, qui vont nous offrir un festival éblouissant durant l’heure vingt cinq du set. Stu Mackenzie concentre logiquement la plupart des regards, et se permet quelques fantaisies scéniques, plantant en particulier sa guitare devant l’ampli situé derrière les batteries, dans un style punk / metal simple et de bon goût... En comparaison avec la légèreté assez joviale de Stu, Joe Walker est lui dans une indéniable austérité – sans même parler de ses interventions vocales, en général théâtrales et sinistres -, tandis que Cook Craig joue la carte de l’élégance discrète. Bref, King Gizzard est un groupe à l’apparence finalement anodine, qui ne laisse en rien présager une musique aussi exceptionnelle, aussi DANTESQUE…

Alors que le concert progresse, et gagne peu à peu en richesse et en profondeur, je suis saisi par de curieux flashbacks : cette musique, qui ressemble parfois à une sorte de prog rock primitif, avec des rythmiques krautrock et des ambiances oscillant entre Moyen-âge et Orient (l’effet durant la première partie du set de ces fameuses microtonalités !), me ramène à mes souvenirs de jeunesse, mes transes aux concerts du Magma de Christian Vander ou de Can, voire de Van Der Graaf Generator quand Peter Hammill testait sa guitare électrique. Il y a quelque chose ce soir de la folie échevelée et de l’ambition un peu naïve du début des seventies, et je me rends compte que ça fait furieusement du bien d’écouter une musique qui n’obéit à aucun formatage, à aucun stéréotype contemporain. Une musique qui n’a littéralement peur de rien, et surtout pas de l’excès ou du ridicule. Il est évident que cette liberté de ton explique l’amour tellement visible que son public porte à King Gizzard…

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (20)… mais pas seulement… Car il y a aussi notre furieuse envie, née de l’écoute à répétition de l’incroyable "Nonagon Infinity", de headbanguer, de sauter comme des petits pois mexicains, de slammer, de hurler des anathèmes diaboliques, bref de savourer les joies basiques, voire primitives, du garage rock le plus extrême. Alors, pour nous faire plaisir, King Gizzard and The Lizard Wizard accélèrent régulièrement le set, et nous offrent notre portion congrue d’hystérie. Rien à redire là-dessus, sauf peut-être un arrière-goût de trop peu… ?

Bon, le plus beau moment de la soirée sera pour moi Crumbling Castle, la mémorable ouverture de "Polygondwanaland", avec sa mélodie un peu médiévale et définitivement serpentine… qui sera joué assez curieusement en trois parties, avec des breaks inattendus au milieu. La magie si particulière des morceaux de King Gizzard vient peut-être de cette tendance inhabituelle à superposer parfaitement instruments et parties vocales, créant une sorte de sidération jubilatoire, encore accentuée lorsque les deux ou trois guitares jouent à l’unisson, propulsées par la frénésie infernale de la section rythmique.

On attend alors un couronnement du set avec une série de crowd pleasers extrêmes, mais Stu et ses potes, toujours facétieux, nous offrent une longue conclusion jazzy, plus décontractée, mais pas moins fascinante. Les Australiens nous quittent rapidement, mais non sans avoir photographié le public extatique du Bataclan, sur des « Thank You » préenregistrés. Il n’y aura pas de rappel.

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (25)La leçon à tirer de cette claque mémorable que nous venons de prendre est simple : il y a encore et toujours de l’espoir pour le Rock, il suffit simplement de laisser s’exprimer son imagination et de se lancer ensuite sans peur et sans complexes ! Merci à nos nouveaux Australiens préférés de nous rappeler ainsi aux vertus essentielles de la musique. De la musique vivante.

« I don't want to be a crumbling, crumbling, crumbling castle / I don't want to fall into dust / I don't want nothing but to live on / The ache inside my keep spurs me on / I don't want to be visible… »

»

                                                  

Les musiciens de King Gizzard & The Lizard Wizard sur scène :

Stu Mackenzie – vocals, guitar, flute

Ambrose Kenny Smith – harmonica, keyboards, vocals

Joey Walker – guitar, vocals

Cook Craig – guitar, vocals

Lucas Skinner – bass guitar

Michael Cavanagh – drums, percussion

Eric Moore – drums, percussion

 

2018 03 01 King Gizzard Bataclan (89)La setlist du concert de King Gizzard & The Lizard Wizard :

Rattlesnake (Flying Microtonal Banana – 2017)

Greenhouse Heat Death (Gumboot Soup – 2017)

Nuclear Fusion (Flying Microtonal Banana – 2017)

All Is Known (Gumboot Soup – 2017)

Welcome to an Altered Future (Murder of the Universe – 2017)

Digital Black (Murder of the Universe – 2017)

Han-Tyumi the Confused Cyborg (Murder of the Universe – 2017)

The Lord of Lightning (Murder of the Universe – 2017)

Polygondwanaland (Polygondwanaland – 2017)

Crumbling Castle (Polygondwanaland – 2017)

The Fourth Colour (Polygondwanaland – 2017)

Cellophane (I'm in Your Mind Fuzz – 2014)

Robot Stop (Nonagon Infinity – 2016)

Big Fig Wasp (Nonagon Infinity – 2016)

Gamma Knife (Nonagon Infinity – 2016)

The River (Quarters! – 2015)

God Is in the Rhythm (Quarters! – 2015)

Ce compte-rendu a déjà été publié à l'époque du concert sur Benzine Magazine : https://www.benzinemag.net/2018/03/04/live-report-king-gizzard-the-lizard-wizard/

 

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10 janvier 2019

Mando Diao - Samedi 17 Février 2018 - La Maroquinerie (Paris)

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie Billet« "A poil ! A poil !" crient deux très jeunes femmes derrière moi, visiblement toutes émoustillées par la plastique du beau Suédois sur scène : il vient de quitter sa chemise noire imbibée de sueur, dont les pans n'arrêtaient pas de se coller contre les cordes de sa guitare, et il se livre donc torse nu au désir de ses fans. Je ne peux pas m'empêcher de jubiler devant ce délicieux retournement de situation : les clichés du Rock ont la vie dure, mais l'expression du désir est universelle. A quand le harcèlement sexuel féminin ?...

… Maintenant que la Scandinavie a gagné une solide réputation pour ses polars rudes et complexes, combien faudra-t-il attendre pour qu'elle soit autant reconnue pour ses groupes de Rock ('n'Roll ou pas...) ? Et pourtant, et pourtant, la liste est longue et les genres les plus divers (en faisant l'impasse sur le Métal, également vigoureux près du cercle polaire me dit-on, à moi que ce genre indiffère au plus haut point) : The Raveonettes au Danemark, Kings of Convenience et Turbonegro en Norvège, Leningrad Cowboys, Hanoi Rocks et 22-Pistepirkko en Finlande, The Cardigans, The Hives, Jay Jay Johansen, The Sounds en Suède... Et Mando Diao, justement : très populaire chez eux et dans certains recoins du monde rock (comme en Allemagne, ou au... Japon !), voilà un groupe qui a du mal à percer en France, mais qui draine clairement ce soir à la Maro une bonne partie des expats scandinaves à Paris, vu la petite foule polyglotte massée devant l'entrée de la salle une heure avant l’horaire annoncé des hostilités.

2018 02 17 The OBGMs Maroquinerie (45)20 h : trois blacks et un blanc bien chevelu, et ce n'est pas du putain de hip hop (Halte aux clichés ! Halte aux clichés !), non c'est du putain de punk hardcore des familles : oOoh Baby Gimme More ! The OBGMs, c'est comme ça qu'ils s'appellent, viennent de Toronto, Ontario et vont nous offrir 30 minutes quasi parfaites : des morceaux qui envoient du bois (fragments de baguettes du batteur qui volent bas, d'ailleurs je récupèrerai comme souvenir une baguette presque intacte...), des musiciens qui se donnent à fond, et qui ne manquent pas d'humour. Ça plaisante entre les chansons, ça fait participer le public, et ça ramone méchant quand la musique s'accélère. A la fin le bassiste (chevelu donc) et le chanteur descendent jouer le dernier morceau au milieu du public, le spectacle est total, la Maro est drôlement chauffée : d'ailleurs ça fait un bail que je n'ai pas vu une première partie soulever cet enthousiasme. Ça s'appelle la magie du Rock, des petits gars qui en veulent, qui respectent et aiment leur public et des chansons jouées le pied au plancher : que demander de plus ? oOoh Baby Gimme More !

21 heures passées de quelques minutes : les Suédois seraient-ils moins ponctuels qu'on l'imagine ? Non, voilà nos cinq jeunes musiciens (la trentaine, malgré un succès qui date déjà de plus de 10 ans...) : ils sont vêtus de noir, vêtements cintrés mettant en valeur les physiques de jeunes dieux qu'on attend de leur origine (Halte aux clichés ! Halte aux clichés !). Björn Dixgård, le chanteur et leader depuis le départ de Gustaf Norén il y a trois ans, porte de superbes boots texanes, et évoque un peu un jeune John Lennon qui aurait le sourire de Javier Bardem.

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (14)Le set démarre par San Francisco Bay, une chanson que je ne connais pas, même si je suis visiblement le seul dans ce cas de toute la Maro, désormais archi bondée et transformée en sauna : toutes les caractéristiques de la musique de Mando Diao sont là, une sorte de classicisme rock un peu passe-partout, des mélodies immédiates que tout le monde est capable de chanter dès le second refrain, et surtout une belle énergie qui transforme chaque chanson en une célébration dionysiaque du rituel rock'n'rollien. Je me rends compte d'un coup que nous ne sommes que trois mâles au premier rang, le public étant constitué d'une large majorité de fans féminines de tout âge, venues chanter ces chansons qu'elles connaissent toutes par cœur et prendre du bon temps en pogotant, "headbangant", et matant joyeusement les attributs des jeunes Suédois. Eh bien, vous savez, moi, ça me va très bien comme ça !

Premier moment de satisfaction musicale avec Dancing All the Way to Hell, même si, comme souvent à la Maro, la belle voix soul et cassée de Björn n'est pas assez audible pour nous, au premier rang... Je suis par contre placé juste en face de la Rickenbaker de CJ Fogelklou, le bassiste au look glitter un peu décalé, et je me délecte de ses lignes de basse élégantes et du son si caractéristique de ce bel instrument. Good Times, au stomp irrésistible amène de larges sourires sur tous les visages, et Björn joue parfaitement son rôle archétypal de sex symbol gentiment provocateur. Mais Mando Diao, c'est aussi de belles accélérations punky, voire garage rock, comme sur The Band, premier incendie de la soirée. Malgré le peu de place vu l'affluence, un petit mosh pit s'est créé au centre, cette soirée prend décidément une allure des plus satisfaisantes !

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (20)Break Us, très attendu (enfin, par moi !), permet de mieux entendre la voix de Björn, descendu pour l'occasion se frotter à ses admiratrices, mais ce sera l'enchaînement hystérique de Down in the Past et Sweet Ride qui constituera pour moi le sommet d'un set placé sous le signe du plaisir. Patrik Heikinpieti, le batteur, nous invite d'un air furieux à exprimer plus bruyamment notre satisfaction. Il est temps de visiter les hits, les crowd pleasers et de faire basculer la Maro dans un vaste singalong extatique : Gloria - non pas celui des Them - se prête parfaitement à l'exercice. C'est aussi le moment du contact physique, je suis constamment bousculé par des jeunes femmes voulant toucher les musiciens. Le set se termine sur Ochrasy, un morceau mollasson et pas très bien joué, genre U2 imbibé d'Americana, dont je ne comprends pas trop l'intérêt…

Le rappel sera funky et... un peu stonien même, avec les réjouissants Shake et Dance with Somebody, et les poses de Björn et de Jens chantant dans le même micro en rajoutent dans le registre Glimmer Twins. Les musiciens ont du mal à quitter la scène, on serre les mains, on touche les doigts, on fait durer autant qu'on peut la bonne sensation de "communion" dans la joie typique d'un grand "live". Les oreilles sifflent un peu, signe que le volume sonore a été adéquat, il est temps de rentrer...

Mando Diao n'a peut-être pas inventé l'eau tiède, et a sans doute le tort de jouer sagement une partition écrite par d'autres il y a déjà bien des années, de mélanger les genres musicaux au risque de diluer sa personnalité. Mais il le fait avec une générosité, un naturel qui lui permettent de dépasser finalement les clichés dont il s'abreuve. Cette musique est dansante, sexy, superficielle sans doute : mais, soyons honnêtes, n'est-ce pas là la définition même du Rock, tel que les Américains l'inventèrent il y a 60 ans et que les Suédois le pratiquent encore pour illuminer les longues nuits hivernales de Borlänge ? »

 

2018 02 17 Mando Diao Maroquinerie (26)Les musiciens de Mando Diao sur scène :

Björn Dixgård - Chant, guitare

Jens Silverstadt – guitare, chant

Carl-Johan « CJ » Fogelklou – basse, choeurs

Patrik Heikinpieti – Batterie

Daniel Haglund - Claviers

 

La setlist du concert de Mando Diao :

San Francisco Bay (Ode to Ochrasy – 2006)

All the Things (Good Times – 2017)

White Wall (Hurricane Bar – 2004)

All My Senses (Ode to Ochrasy – 2006)

Dancing All the Way to Hell (Good Times – 2017)

Good Times (Good Times – 2017)

One Two Three (Good Times – 2017)

The Band (Bring ‘Em In – 2002)

Mr. Moon (Bring ‘Em In – 2002)

You Got Nothing On Me (« Give Me Fire » - 2009)

Break Us (Good Times – 2017)

Voices on the Radio (Good Times – 2017)

Down in the Past (Ode to Ochrasy – 2006)

Sweet Ride (Bring ‘Em In – 2002)

Gloria (« Give Me Fire » - 2009)

Ochrasy (Ode to Ochrasy – 2006)

Encore:

Shake (Good Times – 2017)

Dance With Somebody (« Give Me Fire » - 2009)

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05 janvier 2019

Belle and Sebastien - Mercredi 7 Février 2018 - Salle Pleyel (Paris)

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel Billet« Stuart Murdoch nous le rappelle, avant d’entamer un Dog on Wheels beau à en pleurer (d'ailleurs les larmes me sont venues aux yeux) : il y eut une époque où Belle and Sebastian était plus connu en France qu'en Grande Bretagne, entre 1996 et 1997. Du coup, il me semble évident. Irrésistible même, ce mélange d'ironie légère, de grâce aérienne et de joie un peu mélancolique (pour reprendre les termes de l'ami Xavier, retrouvé à la fin du concert, et avec lequel j'ai pu échanger à chaud mes – excellentes - impressions). Du coup, je demande quand même pourquoi c'était ce mercredi 7 février 2018 mon premier concert de Belle and Sebastian, un groupe dont je possède pourtant pas mal d'albums, depuis le sublime "If you're feeling sinister" ? Oui, pourquoi suis-je passé plus de 20 ans à côté de ce plaisir-là ?

2018 02 07 The Pictish Trail Salle Pleyel (11)Pourtant ce soir, ce n'était pas gagné : Paris et la moitié nord de la France paralysées par la neige, ce qui n'avait pas rendu facile l'accès à la Salle Pleyel, que l'on vienne de Rueil en Autolib comme moi, de Rouen en train comme Xavier, ou de Strasbourg en bus comme les huit musiciens de Belle and Sebastian (« On se serait cru dans Fargo », nous raconte Stuart avant de dédier sa prochaine chanson au conducteur du car...). Le premier rang assuré quand même malgré mon arrivée tardive, quelques minutes de répit pour contempler cette belle et grande salle plutôt dédiée au classique et à la variété, et c'est 20 heures...

... l'heure de découvrir la première partie, l'Écossais Pictish Trail (en fait, renseignement pris, l’homme se nomme plus rationnellement Johnny Lynch et Pictish Trail est évidemment son pseudonyme), joyeux plaisantin originaire de l'Ile d'œuf (Eigg Island, 150 habitants) qui nous fait rire avec ses blagues (« ... du coup j'ai peur quand je vois autant de monde qu'ici ce soir ! »)... mais ne nous charme pas autant qu’on l'aurait aimé avec sa musique. Tranchant avec son look de fada vaguement hippie, avec, je vous prie de noter, un maquillage métallique sur les joues et le nez, partagé avec ses musiciens, Johnny surprend d’emblée grâce à sa très belle et très pure voix d’ange, régulièrement élevée en haute-contre d’ailleurs. Inattendu, et ce d’autant que les accords éthérés de la guitare entrent en collision avec les sons grinçants, souvent parodiques qui sortent du synthé. Tout cela dénote un artisanat bien sympathique, et ce d’autant que l’humour et la gentillesse du bonhomme sont tangibles, mais toutes ces qualités réunies ne débouchent pas sur une musique vraiment conséquente. Il y a toujours quelque chose qui cloche dans la musique de Pictish Trail, et le pire c’est que c’est certainement volontaire ! Jusqu’au dernier morceau, le seul franchement rock, qui semble finalement ordonner tout ce foutoir bon enfant pour nous offrir quelques minutes de plaisir. Une drôle d’affaire !

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (21)21h00 : la scène de Pleyel est large et profonde, mais les musiciens de Belle and Sebastian sont nombreux, qui, outre leur fameux échange perpétuel d’instruments entre les morceaux (n’oublions pas qu’ils furent pionniers en la matière, et imités par de nombreux groupes ensuite !), nous gratifient de projections en arrière-plan de photos, vidéos et montages d’ambiance particulièrement pertinents par rapport aux textes et à l’atmosphère des chansons : ça démarre très fort avec de belles images en noir et blanc d’amour et de souffrance, rythmées par des mots faisant en écho avec le texte de Nobody’s Empire. Ça semble très pro en fait, et donc assez loin de l’image que le groupe avait à ses débuts de jeunes amateurs timides et dilettantes. Je m’inquiète un peu de ne pas retrouver la vieille magie - souvent célébrée - de cette musique tremblante, fragile : on sait combien le passage des années peut dessécher le cœur, combien la maîtrise technique acquise avec l’expérience repousse les fantômes timides de l’inspiration…

J’ai tort de m’inquiéter, car très vite, il est évident que le cœur du groupe bat toujours aussi fort : est-ce la voix, régulièrement bouleversante, de Stuart Murdoch, qui lorsque les chansons lui permettent de s’épanouir, nous saisit littéralement ? Est-ce la spontanéité qui règne visiblement sur le set, et qui fait que chaque chanson ressemble à une surprise que le groupe nous fait, mais se fait aussi à lui-même ? Je pense que c’est sur The Boy Done Wrong Again, premier extrait enchanté de l’immortel "If you're feeling sinister" que je m’avoue conquis, vaincu par ce groupe que j’ai finalement sous-estimé, un peu délaissé, au fil d’albums pas toujours complètement convaincants.

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (25)Au côté de Stuart, il est visible que Stevie Jackson, dont le physique tranche d’ailleurs avec le rigorisme miniature, vaguement veggie, qui est un peu l’image de Belle and Sebastian (« Cécile Aubry, encore merci ! »), assure une belle part du show, se donnant en spectacle avec une fougue qui dépasse régulièrement ses capacités de chanteur. Rappelons donc que, même si cela en irrite beaucoup, chez nos Ecossais, chanter faux fait partie du deal, et loin de gâcher les chansons, leur confère une sorte d’amateurisme sympathique (rappelez-vous le premier album d’Aztec Camera, ou toute la discographie de Galaxie 500 : il y eut dans les années 90 une véritable élégance du chant approximatif !).

Sarah, juste devant moi, est, elle, beaucoup plus réservée derrière son clavier ou avec son violon et sa flûte, et je trouve que ce ne sera que sur la fin du set qu’elle se lâchera, et rejoindra les autres dans la douce euphorie générale

Ce qui est bien avec une discographie aussi variée s’étalant sur 20 ans, c’est que Belle and Sebastian peuvent désormais nous offrir 1 heure et 35 minutes de musique parcourant toute une gamme de sentiments, de rythmes, de genres même, sans jamais pour autant nous perdre. Bien sûr, Stuart, au four et au moulin, est un peu le Monsieur Loyal de la bande : il s’assied au bord de la scène pour chanter plus près de nous, il raconte maintes anecdotes en se débrouillant même occasionnellement en français, il va discuter avec le jeune français recruté pour la soirée pour officier à la trompette et qui fait d’ailleurs un boulot superbe, il organise manu militari une invasion de la scène pour avoir orchestrer un ballet de fans lorsque la musique se fait plus groovy ! The Party Line, qui voit Stuart nous mimer la fièvre du mercredi soir debout sur son piano, nous réjouira tous, avant un finale, rappel y compris, qui revient, très logiquement, sur les premières heures, les plus magiques, du groupe.

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (61)Ce rappel, justement, qu’on nous présente ironiquement comme improbable et non prémédité, débute par une "song on request", choisie après réflexion et délibération entre Stevie et Stuart à partir des propositions du public. Sympathique, mais quand même anecdotique par rapport à ce qui va suivre : d’abord, un Fox in the Snow tremblant qui nous rappelle le goût de nos hivers d’enfance (bien différent, avouons-le, de celui de la neige d’aujourd’hui qui nous fait rager parce qu’elle bloque nos voitures…), et puis un Get Me Away From Here, I’m Dying qui pourrait servir encore et toujours d’étendard à une rébellion de la gentillesse et de la sincérité.

Pas très rock’n’roll, j’en entends qui disent. Oh que si, mes amis : cette musique est aussi punk que celle des jeunes américains de Starcrawler la semaine dernière, aussi rebelle dans sa détermination à avancer "wearing its heart on its sleeve", comme on dit là-bas. Bien sûr, Stuart, en bon Ecossais, a évoqué la Aulde Alliance, a maudit le Brexit (et rappelé qu’il souhaitait l’indépendance de l’Ecosse… pour que le pays puisse concourir à l’Eurovision !), mais sa vraie révolte, il la portait bien comme ça, dans cette humanité si apparente qui élève les meilleures chansons de Belle and Sebastian bien au-dessus de la concurrence.

Bref, je suis ressorti de Pleyel conquis, et si le verglas envahissait de nouveau les trottoirs et les rues de la capitale, mon cœur était, lui, bien au chaud. »

 

2018 02 07 Belle and Sebastian Salle Pleyel (63)Les musiciens de Belle and Sebastian sur scène :

Stuart Murdoch – vocals, electric and acoustic guitar, keyboards

Stevie Jackson – vocals, electric and acoustic guitar

Chris Geddes – keyboards

Richard Colburn – drums and percussion

Sarah Martin – keyboards, violin, flute and vocals

Bobby Kildea – guitar and bass

Dave McGowan - bass, guitar, and keyboards

+ une violoncelliste et un trompettiste

 

La setlist du concert de Belle and Sebastian :

Nobody's Empire (Girls in Peacetime Want to Dance - 2015)

I'm a Cuckoo (Dear Catastrophe Waitress - 2003)

We Were Beautiful (How To Solve Our Human Problems Pt. 1 – 2017)

The Boy Done Wrong Again (If You're Feeling Sinister - 1996)

Another Sunny Day (The Life Pursuit - 2006)

Sweet Dew Lee (How To Solve Our Human Problems Pt. 1 – 2017)

Funny Little Frog (The Life Pursuit - 2006)

Piazza, New York Catcher (Dear Catastrophe Waitress - 2003)

A Summer Wasting (The Boy with the Arab Strap - 1998)

Seymour Stein (The Boy with the Arab Strap - 1998)

The Same Star (How To Solve Our Human Problems Pt. 2 – 2018)

Show Me the Sun (How To Solve Our Human Problems Pt. 2 – 2018)

Dog On Wheels (Dog on Wheels – 1997)

The Boy With The Arab Strap (The Boy with the Arab Strap - 1998)

The Party Line (Girls in Peacetime Want to Dance - 2015)

Judy and the Dream of Horses (If You're Feeling Sinister - 1996)

Encore:

Jonathan David (Push Barman to Open Old Wounds – 2005)

The Fox in the Snow (If You're Feeling Sinister - 1996)

Get Me Away From Here, I'm Dying (If You're Feeling Sinister - 1996)

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20 décembre 2018

Starcrawler - Mardi 23 Janvier 2018 - Point Ephémère (Paris)

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère« Le truc important et compliqué pour tout passionné de musique, c'est de surveiller constamment la naissance de nouveaux groupes ou artistes susceptibles de l'intéresser, et donc de ne pas trop louper les futurs grands de demain, ni même les groupes éphémères qui lui pourvoiront un plaisir non négligeable pendant quelques mois. L'atomisation extrême de la scène musicale contemporaine et l'ultra spécialisation des médias ne rendent pas cette tâche facile, et ce d'autant que la mode chez les intellectuels parisiens n'est clairement plus au rock qui fait du bruit ! Au milieu de ce cirque infernal de recommandations et de rumeurs, qui embrouillent les esprits plutôt qu'autre chose, le bruit que suscite Starcrawler semble être le signal que quelque chose est peut-être en train de se passer du côté de la scène punk angelena : un disque loin d'être génial mais remarquablement nerveux et dynamique relance l'excitation... Tenons-nous enfin les héritiers des Runaways et de X ? Cela valait le coup d'aller vérifier cela sur scène au Point Éphémère en cette soirée grise et pluvieuse (... après deux heures de route depuis Rouen où je travaillais cette semaine, quand même).

2018 01 23 Grit Point Ephémère (4)20h30 : Grit, jeune groupe français qui essaie de percer sur le champ de bataille du rock traditionnel déserté désormais par le public comme par les media. Un quatuor jeune et qui n'en veut, comme on disait autrefois, quatre musiciens très compétents techniquement qui proposent une musique à la fois agressivement rythmée et curieusement décalée. Oscillant donc entre riffs à l'américaine et déconstruction mélodique bien de chez nous. Marcus, le chanteur, qui essaie d'impliquer le public un peu indifférent entre les chansons, et ses acolytes dégagent une énergie joyeuse, mais curieusement, après un démarrage prometteur, le set ne décolle jamais et l'intérêt retombe. Plus de 35 minutes pas inintéressantes mais qui tombent un peu à plat. Bref, malgré la sympathie qu'ils dégagent, pas forcément l'avenir du rock à guitares en France.

Je suis un peu inquiet car Arrow de Wilde (quel nom !), la chanteuse de Starcrawler a la réputation d'asperger copieusement le public de liquides divers, et je suis placé ce soir presque au milieu du premier rang (il est vrai que la scène du Point Éphémère n'est pas large !)... Je ne suis pas sûr de sauver mes vêtements de cette soirée...

21h30 : l'obscurité se fait et l'excitation est palpable dans un Point Éphémère bien rempli... même si le premier rang est surtout occupé par des photographes d'un certain âge et non par de jeunes fans surexcités. Sans doute l'image vaguement sulfureuse d'anorexique cracheuse de faux sang de Arrow... A moins que, plus tristement, cela soit surtout le fait que le rock'n'roll joué dans le respect des canons du genre n'attire plus guère que des vieux barbons de mon âge !

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (11)Dans l'obscurité, trois musiciens s'installent, guitare à gauche, basse à droite, batterie au centre, le format classique (tiens, c'est drôle il me semblait qu'il y avait deux guitares dans Starcrawler...). La silhouette arachnéenne de Arrow se discerne dans le noir : elle nous tourne le dos, agenouillée devant la batterie (une position qu'elle va en fait adopter systématiquement entre les morceaux durant tout le set). Wham Bam Thank you Mam, c'est parti ! Un torrent de sensations immédiat : le son, fort et brutal, avec une guitare omniprésente, hystérique, fait immédiatement culminer l'excitation comme aux beaux jours des seventies. Arrow déploie son corps comme un insecte géant devant le micro et l'impression est assez tétanisante, figeant le public fasciné (?) qui du coup semble hésiter à basculer immédiatement dans le pogo qui s'imposerait pourtant. Très grande, très, très maigre - on n'a sans doute jamais vu encore une chanteuse de ce format-là - Arrow est vêtue d'un body couleur crème (les tons de la pochette de l'album) et d'un gant et d'une sorte de bas-cuissarde cloutés, une tenue qui pourrait être ultra sexy sur un corps plus... féminin, mais qui évoque plus ici une sorte de menaçante monstruosité, en accord avec sa voix froide. Son visage, quasiment toujours dissimulé derrière ses cheveux rouges, n'affiche que morgue et indifférence, voire mépris, dans une attitude qui est le parangon des clichés rock'n'roll (disons l'école Johnny Thunders, entre hébétude et isolement royal). Un choc, indéniablement, on comprend le buzz conséquent autour du groupe.

A sa droite, l'exact opposé, Henri Cash à la guitare : vêtu de noir avec quelques franges blanches, ne tenant pas en place, sautant partout et sans arrêt, moulinant sa gratte avec des gestes outranciers, offrant sans cesse un spectacle d'énergie juvénile rassérénant l’éternel adolescent en nous, il est l'âme de Starcrawler, la foi en la jeunesse éternelle du rock n roll, le parfait contrepoids à la morbidité intense de Arrow. Il grimace, il provoque, il rit, il décharge des riffs fulgurants avec une aisance terrassante : on l'aime instantanément !

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (27)Les deux autres, Tim Franco à la basse, tout jeune lui aussi et tout sage, avec l'air surpris d'être déjà là à son âge, sur une scène parisienne, et Austin Smith le batteur chevelu, appliqué et essentiel, complètent un combo finalement assez exemplaire.

Je ne reconnais pas les premiers morceaux, je me dis que je n’ai pas écouté suffisamment encore l'album, jusqu’à ce que Love’s Gone Again, et puis l'emblématique I Love L.A. me rassurent… Mais je me rends compte tout de suite qu'ils sont tous transcendés par le live, qu'ils acquièrent une puissance et une magie que les versions studio n'ont pas : Starcrawler est un vrai groupe de scène et ça, c'est un vrai bon point !! Je suis même surpris par la passivité du public ce soir : il y a bien un petit mosh pit joyeux et bon enfant derrière moi, mais je ne suis même pas bousculé, un comble ! Non, malheureusement, j’ai le sentiment désagréable que le public parisien est un peu venu ce soir contempler un phénomène de foire, et que ce bon rock’n’roll roboratif dont le groupe nous abreuve est secondaire. Et pourtant, quand Henri et Arrow chante ensemble, se répondent, comme sur Love’s Gone Again, les fantômes de X viennent faire un petit tour sur scène, et je fonds littéralement. Mais bon sang, pourquoi n’y a-t-il que moi qui m’excite au premier rang ?

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (54)Arrow vient repousser du pied mon voisin de gauche, puis vient tripoter le visage de mon voisin de droite, j’échappe pour le moment à son attention malgré ma chemise blanche qui tranche avec les t-shirts noirs autour de moi ! Jusqu’à ce qu’elle vienne se moucher au-dessus de moi. Pas trop grave si l’on compare aux glaviots sur nos vêtements et dans nos cheveux à la sortie de certains concerts en 1977… J’attends le fameux faux sang avec un peu d’appréhension, quand même !

Bon, les titres de Starcrawler font en général dans les deux minutes, donc, malgré les pauses de Arrow pour se recharger en fluides divers (toujours agenouillée ou accroupie devant la batterie, nous tournant le dos, donc…), et en dépit d’un joli cafouillage dans l’obscurité quand la guitare de Henri se débranche et que c’est un peu une galère pour retrouver le bon câble dans le noir, le set passe très vite, trop vite. What I Want nous fait chanter en chœur (enfin, quelques-uns d’entre nous…), et Pussy Tower avec ses deux voix est un vrai rêve. C’est évidemment le riff de Train, pompé sur QOTSA mais on leur pardonne, qui annonce la fin proche du set, et c’est là que Arrow se met à déglutir du sang : c’est bien impressionnant, mais il y a si peu de lumière ce soir au Point Ephémère que je ne pourrai pas immortaliser la scène. Et puis, j’essaie aussi en même temps d’éviter les éclaboussures, pardonnez-moi ! Chicken Woman, le meilleur morceau de l’album, nous est annoncé par Henri comme le dernier titre, alors qu’on vient à peine de dépasser les 30 minutes de set. Punk, on vous dit ! J’attends la divine accélération finale, mais non, juste quand ça commence, Starcrawler opte - logiquement - pour le chaos : Arrow descend dans la fosse et disparaît immédiatement de notre vue (elle ne réapparaîtra plus !), tandis que Henry surfe longuement sur nos têtes avec sa guitare. Il finit par remonter sur scène en compagnie d’une jeune fille du public, qu’il essaie en vain de convaincre de prendre sa guitare. Le set se termine donc dans la pagaille, les musiciens quittent la scène en rigolant. Et il est clair qu’il n’est pas question de rappel ! Merde, ils nous ont quand même gratifiés généreusement de 35 minutes de musique ! Punk, again…

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (71)Pourtant, honnêtement, cela a été un vrai délice, une sorte de retour inespéré vers des sensations oubliées. Je croise l’ami Philippe qui me confirme que je n’ai pas rêvé : « Ah, ils ont quelque chose ! ». Je vais zoner au stand de merchandising où Henri, Austin et Tim accueillent gentiment les compliments de leur public. Séance d’autographes bon enfant. A côté de moi, une jeune fille fait signer à Henri sa plaquette de pilules contraceptives. Punk, toujours. Je félicite les petits gars pour le bonheur qu’ils m’ont apporté, j’aimerais évoquer X pour voir si ça leur dit quelque chose, mais il y a trop de monde qui se presse autour de moi. Pas grave, ils m’ont dit qu’ils repassaient par Paris en juin-juillet, et m’ont demandé si j’y serais. « Sure, man ! I won’t miss it ! ». Ce soir, moi aussi, j’aime L.A. ! »

 

Les musiciens de Starcrawler sur scène :

Arrow de Wilde – vocals

Henri Cash – vocals, guitar

Austin Smith – drums

Tim Franco - bass

 

2018 01 23 Starcrawler Point Ephémère (44)La setlist du concert de Starcrawler :

Castaway

Used to Know

Love's Gone Again (Starcrawler – 2018)

Full of Pride (Starcrawler – 2018)

I Love LA (Starcrawler – 2018)

Ants

Let Her Be (Starcrawler – 2018)

Different Angles (Starcrawler – 2018)

What I Want (Starcrawler – 2018)

Pussy Tower (Starcrawler – 2018)

Train (Starcrawler – 2018)

Chicken Woman (Starcrawler – 2018)

 

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05 décembre 2018

Jessica93 - Lundi 18 Décembre 2017 - Maroquinerie (Paris)

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie Billet« C'est un vrai plaisir que de conclure cette année 2017 plutôt riche en sensations musicales en tous genres (une trentaine de concerts sur l'année) par un petit tour à la Maro, salle magique que je ne fréquente plus assez, sa programmation ayant changé. Un verre de rouge au comptoir du restaurant-bar toujours aussi accueillant, quelques minutes d'attente devant la porte et me voilà dans la chaleur de cette petite salle que nous avons tant aimée. Ce soir, c'est aussi la dernière occasion de l'année de se faire plaisir avec une affiche prometteuse : Jessica93 (prononcer neuf-trois, a priori), un nom qui commence à avoir une belle réputation... au bout de 4 albums déjà... Même si je ne connais personnellement que le dernier, "Guilty Species", à la croisée du post punk et du grunge.

2017 12 18 Bleakness Maroquinerie (5)20h15, Bleakness : derrière ce nom pas très engageant, un trio (punk) hardcore nantais. Et un enchaînement ininterrompu de riffs saturés sur une rythmique puissante (joli travail du batteur, soit dit en passant...)... J'ai plus de difficultés avec le chant, qui se réduit à des hurlements, donc qui finit par fatiguer un peu au bout de 35 minutes. C'est énergique, assez sympathique dans sa démarche jusqu'au-boutiste, mais pas assez inspiré pour que toute la puissance dégagée ne finisse pas par sembler tourner en rond. Meilleur morceau : Persistent, a priori un nouveau titre.

21h10 : ce qui est surprenant, c’est que le matériel de Jessica93 est beaucoup plus réduit, plus rudimentaire aussi, que celui de Bleakness (derrière le guitariste et le bassiste trônaient d’imposants Marshall !), et que le look de Geoffroy Laporte est plus que négligé : avec sa barbe fournie, ses cheveux emmêlés et ses vêtements qui sont au-delà de froissés, on aurait presque envie de lui donner une pièce si on le croisait dans un couloir de métro. Quand je pense que ce type est aujourd’hui l’un des plus brillants espoirs du Rock en France ! Et quand, mieux encore, je me rends compte au bout de quelques minutes que le son que produit le quatuor sur cène avec ce matériel miteux est l’un des plus beaux et les plus puissants que j’aie entendus cette année, je me dis que j’ai décidément bien fait d’être là ce soir, dans une Maroquinerie bondée de fans enthousiastes !

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (3)Bon, l’ami Robert m’avait prévenu quelques minutes avant le démarrage de la soirée : « Jessica93, c’est bruitiste ! », et je réalise très vite que la musique de Jessica93 prend sur scène une dimension bien plus impressionnante que sur disque. Je me prépare donc à un bel assaut sonique, d’autant qu’au premier rang, devant l’ampli du second guitariste, qui effectue un joli travail sur sa six cordes, je suis idéalement placé pour une attaque sonique, quand… après deux titres, Jessica93 quitte la scène. Le batteur remercie rapidement au micro : « Meilleur concert, meilleur public, bla bla… ». Les lumières se rallument, un début de musique d’ambiance sur la sono, tout le monde paraît un peu interloqué, quelle drôle de plaisanterie ! Puis Geoffroy et ses hommes reviennent, et reprennent leur set comme si de rien n’était. Geoffroy annonce une reprise, et c’est reparti !

Maintenant les lumières sont plus basses, le son monte et quelque chose se produit, que je n’osais pas espérer : cette musique devient littéralement majestueuse, d’une folle puissance. De la noisy pop comme chez My Bloody Valentine ou Slowdive, mais sans l’aspect pop, justement, et avec une sorte d’amplitude et d’intensité impressionnantes. Le public oscille, plane, entre visiblement en transe. C’est très beau, et on aimerait que ça dure toute la nuit. Cette musique est vraiment majestueuse, et la qualité sonore me paraît en plus absolument inédite pour la Maroquinerie, surtout à un volume aussi élevé (bonjour à mes amis les acouphènes en sortant…). Même la voix de Geoffroy, qui n’est pas, reconnaissons-le, le meilleur chanteur de la planète, participe à cette cathédrale sonore. Jessica93 ne serait-il pas en fait un GRAND groupe ?

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (14)Avec Guilty Species, le set entre alors dans sa seconde phase : plus rock, plus violente, plus directe. Jessica93 va alors aligner la quasi-totalité de son dernier album, mais dans des versions soufflantes d’intensité. Le public bascule alors de la contemplation hypnotisée à l’hystérie générale ! Le mosh pit se forme, ça bouscule de partout, je ne suis pas mécontent d’être à peu près protégé dans mon coin, même s’il me semble que tout cela reste bon enfant. Au milieu de la foule déchaînée, quelqu’un n’arrête pas de réclamer un morceau (je n’entends pas ce qu’il dit, d’où je suis). Geoffroy s’interrompt pour expliquer au fan : « Si tu veux entendre un morceau de The Cure, tu devrais aller à un concert de The Cure ! ». Humour…

Uncertain to Me est pour moi le sommet de la soirée, mais sans doute parce que j’apprécie particulièrement cette chanson. Le set se termine dans l’allégresse générale et le chaos dans la salle. Un court break, et Geoffroy revient en nous annonçant encore deux morceaux, qui termineront la visite guidée de "Guilty Species". R.I.P. in Peace sert de parfaite conclusion, et Geoffroy, trempé de sueur de la tête aux pieds, se jette dans la foule avec sa guitare.

Waow ! Je ne vais pas vous refaire le plan : « Ce soir, j’ai vu le futur du rock’n’roll (français) ». Mais quand même, ce concert a été particulièrement impressionnant, et superbe à la fois, une grande claque sonore et un magnifique moment de Musique. Je vais prendre la setlist en photo, qu’un fan a récupéré, et c’est là que la révélation advient : « Attention, c’était la même setlist que vendredi dernier, mais ils l’on jouée à l’envers cette fois ! », m’explique-t-on. Je comprends alors la raison de ce départ de scène au bout de deux chansons, la plaisanterie a été de jouer un concert à rebours, en commençant par le rappel ! Et même l’organisation des titres reflétait ce pari (une private joke puisque le public n’était pas dans la confidence…), les morceaux anciens étant joués ce soir d’entrée de jeu, alors qu’il est en effet de coutume de les réserver pour la fin… Bref, en plus d’excellents musiciens, Jessica93 est une belle bande de plaisantins ! »

 

2017 12 18 Jessica93 Maroquinerie (55)La setlist du concert de Jessica93 :

Poison (Who Cares – 2013)

Asylum (Rise – 2014)

Big Black (cover song)

Anti Cafard 2000 (Guilty Species – 2017)

Endless (Salle de Shoot – 2014)

Surmatants (Rise – 2014)

Karmic Debt (Rise – 2014)

Guilty Species (Guilty Species – 2017)

French Bashing (Guilty Species – 2017)

Bed Bugs (Guilty Species – 2017)

Uncertain to Me (Guilty Species – 2017)

Mental Institution (Guilty Species – 2017)

Encore:

Venus Flytrap (Guilty Species – 2017)

R.I.P. in Peace (Guilty Species – 2017)

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01 décembre 2018

Gogol Bordello - Samedi 9 Décembre 2017 - Trianon (Paris)

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon Billet« Cette fois, c'est sûr : je suis un mauvais Français. Alors que la nation toute entière, en larmes, enterre Johnny Hallyday en ce samedi 9 décembre froid et neigeux, je me suis rendu avec plusieurs centaines d'autres mauvais citoyens faire la fête au Trianon avec Gogol Bordello. Sans une ombre de tristesse. Et sans remords. C'est comme ça : mes dieux à moi sont morts l'année dernière, et je ne me suis jamais senti le moins du monde attiré par le barnum national de Johnny. Et je ne parle même pas de sa "musique".

2017 12 09 Lucky Chops Trianon (9)En plus, la fête a commencé tôt ce soir : dès 19h30 avec Lucky Chops, une drôle de formation qui met le feu aux salles où elle joue uniquement avec des cuivres. Saxo, trombone, trompette, soubassophone, batterie et... pas de voix. Une musique bâtarde et excitée, qui mêle jazz (ce que j'aime le moins, vous me connaissez...), rock n roll, ska, variété même, sans vocaux (ce qui constitue toujours un défi). Le démarrage est un peu dur, le groupe n'est pas très ensemble, manque de puissance - une puissance compensée par beaucoup d'agitation, peut-être un peu trop même... Mais peu à peu, la générosité de la musique et l'enthousiasme des musiciens emporte le morceau, et on se surprend à hocher de la tête, puis à osciller doucement, puis à danser. A la fin, le guitariste, puis le percussionniste de Gogol Bordello les rejoignent sur scène, et aident la musique à décoller. Presque 45 minutes d'une première partie finalement assez réjouissante : originalité, bon esprit, il ne manque aux Lucky Chops que des compositions un peu plus nettes, plus mémorables. En tout cas, nous avons passé un excellent moment.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (20)Cela fait plus de 7 ans que je n’ai pas vu Gogol Bordello sur scène, et la hype autour du groupe de Eugene Hütz a fondu comme neige au soleil dans l’intervalle. Le dernier disque du groupe, “Seekers and Finders”, pourtant l’un de ses tous meilleurs tant il regorge de compositions magnifiques, est sorti dans un anonymat total. Et en 7 ans, j’ai un peu oublié combien un concert de Gogol Bordello, c’est littéralement le feu ! Mais, en regardant la belle salle du Trianon se remplir derrière moi, qui suis arrivé tôt et suis agrippé au premier rang un peu sur la droite, je perçois très vite combien Gogol Bordello a amassé avec le temps une foule de fans à travers l’Europe, une foule qui s’est donné rendez-vous à Paris ce soir : on parle un peu toutes les langues dans la fosse, et le degré d’attente et d’espoir est vertigineusement élevé !

A 20h35, Eugene et sa bande, partiellement renouvelée depuis la dernière fois que j’ai vu le groupe en live, investissent la scène du Trianon comme un ouragan qui déferle sur nous. Le fantastique Break into Your Higher Self, l’un des sommets du nouvel album, ouvre le set, et c’est déjà la folie dans le Trianon : je me souviens d’un coup pourquoi je n’ai jamais pu faire de photos correctes de Gogol Bordello avec mon petit Lumix, tout le monde bouge beaucoup trop pour qu’il soit possible de figer sur un cliché ce cirque complet !

Ma première impression, c’est que le groupe joue ses morceaux en accéléré, avec une frénésie qui impressionne, et que le son est plus sec, plus dur, qu’autrefois. Malheureusement, placé comme je suis devant la basse du débonnaire Tommy T, l’Ethiopien, à la barbe teinte en bleue ce soir, et devant l’accordéon de Yuri – le joli garçon de la troupe, distribuant maintes œillades à ses nombreuses groupies du premier rang – j’entends peu la guitare et pas assez le violon de l’inamovible Serguey, le pilier du style musical de Gogol Bordello. Mais bon, au moins, si l’ensemble manque de puissance, la voix d’Eugene est, elle, clairement audible.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (34)L’enchaînement des deux hyper-classiques gypsy punks que sont Wonderlust King et Ultimate font trembler les fondations du Trianon, le parquet est devenu un trampoline, le mosh pit est général, et je me trouve ma foi assez satisfait d’être un peu excentré et donc relativement protégé des tourbillons de la marée humaine. Eugene a tombé la veste et ruisselle déjà de sueur. Saboteur Blues voit l’entrée de Pamela, en veste militaire façon soldat de l’Empire et en dessous affriolants : elle chante la partie “française” de la chanson, et impose sa généreuse présence scénique. Je dis cela, mais en fait, honnêtement, chaque musicien du groupe, hormis le batteur logiquement prisonnier derrière ses fûts, viens faire le spectacle au contact du premier rang, dans un va-et-vient incessant qui permet de relancer en permanence l’excitation. My Companjera voit tout le monde chanter en chœur, car si j’ai quant à moi oublié le peu de textes de Gogol Bordello que j’aie jamais connus, autour de moi, on est capable de chanter une bonne partie des paroles de toutes les chansons

Alcohol nous permet de respirer un peu, avec un rythme moins euh… excessif, et j’arrive enfin à prendre quelques photos passables, ouf ! Et ça repart avec l’irrésistible Walking on the Burning Coal, où les cuivres des Lucky Chops s’invitent et viennent rajouter du corps et du souffle aux chansons… J’ai l’impression de retrouver un peu plus le style “traditionnel” du groupe, moins Rock peut-être, mais plus roots.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (66)J’ai mentionné les changements de personnel, ils sont notables puisque, a priori, à part Serguey, Tommy T et l’inénarrable Equatorien Pedro qui œuvre comme maître de cérémonie et ludion fantaisiste à la fois (j’ai adoré ses espadrilles bicolores…), le groupe est complètement différent de celui de 2010. Mais après tout, l’essence de Gogol Bordello ne se réduit-elle pas à Eugene et Sergey ? Bon, au-delà du charisme de Pasha, il faut quand même signaler l’énergie indomptable de Boris, le nouveau guitariste, courant inlassablement de droite à gauche de la scène en lâchant ses riffs en rafales.

Alors que, comme c’est d’ailleurs souvent le cas dans les concerts de Gogol Bordello, le public commence à fatiguer passer une heure et demi d’intensité, et que le “ventre mou” du set permet aux musiciens de se relâcher un peu, voilà l’ami Eugene qui monte sur une grosse caisse jetée sur la foule comme un radeau fragile sur l’océan déchaîné, et qui relance sa machine folle pour la dernière ligne droite : c’est un trio de chansons imbattables datant des origines, Understructable, puis le crowd pleaser ultime qu’est Start Wearing Purple, et enfin Sally, jalons d’un âge ”pure gypsy punk” qui remonte déjà à 12 ans en arrière.

On attend maintenant un rappel musclé, puisque la set list indique potentiellement sept titres, mais nous n’aurons droit qu’à deux derniers brûlots, le nouveau Familia Bonfireball, et l’immortel Pala Tute qui nous offrira nos derniers braillements en chœur de la soirée, avant que les musiciens viennent longuement serrer les mains aux premiers rangs. Je sais bien qu’il n’est plus si rare désormais que des groupes se livrent à ce genre de “contacts intimes” avec leur public, mais chez Gogol Bordello, il y a dans les regards qui se croisent, entre la scène et la fosse, un peu plus de chaleur et de complicité que dans un habituel échange rituel de salutations. Ces gens-là, venus d’un peu partout sur la planète (Russie, Biélorussie, Ukraine, Amérique du Sud, USA…) pour nous offrir ce genre de soirées de folie où l’on pourrait refaire le monde en chansons et célébrer, une bouteille de vin rouge à la main (Eugene nous ayant d’ailleurs bien aspergé avec la sienne pendant qu’il chantait !) la possibilité d’un futur heureux et juste… ces gens-là croient en ce qu’ils font, et nous permettent nous aussi d’y croire avec eux, au moins durant quelques heures.

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (47)La conclusion de ce set de plus de deux heures, ce sera Eugene nous chantant en solo que le soleil est à son côté. Et au nôtre aussi.

Il ne fait plus froid du tout, ce soir. Et tandis qu’une France que je ne connais pas, que je ne comprends pas, pleure son idole disparue, moi j’ai fêté ce 9 décembre, avec un millier de mes frères et de mes sœurs venus de toute l’Europe – et de plus loin encore - la fureur et la joie d’une vraie musique populaire. »

 

Les musiciens de Gogol Bordello sur scène :

Eugene Hütz (lead vocals, acoustic guitar)

Sergey Ryabtsev (violin, backing vocals)

Pamela Racine (percussion, backing vocals, dance, general performance)

Thomas "Tommy T" Gobena (bass, backing vocals)

Pedro Erazo (percussion, MC) – Ecuador

Alfredo Ortiz (drums)

Pasha Newmer (accordion; backing vocals)

Boris Pelekh (guitar, backing vocals)

 

2017 12 09 Gogol Bordello Trianon (109)La setlist du concert de Gogol Bordello :

Break into Your Higher Self (Seekers and Finders – 2017)

Not a Crime (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Wonderlust King (Super Taranta ! – 2007)

Ultimate (Super Taranta ! – 2007)

Saboteur Blues (Seekers and Finders – 2017)

My Companjera (Trans-Continental Hustle - 2010)

Alcohol (Super Taranta ! – 2007)

Walking on the Burning Coal (with Lucky Chops) (Seekers and Finders – 2017)

Trans-Continental Hustle (Trans-Continental Hustle - 2010)

Immigraniada (We Comin' Rougher) (Trans-Continental Hustle - 2010)

We Rise Again (with Lucky Chops) (Pura Vida Conspiracy – 2013)

Rebellious Love (with Lucky Chops) (Trans-Continental Hustle - 2010)

Mishto! (with Lucky Chops) (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Hieroglyph (with Lucky Chops) (Pura Vida Conspiracy – 2013)

Undestructable (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Start Wearing Purple (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Sally (Gypsy Punks: Underdog World Strike - 2005)

Encore:

Familia Bonfireball (Seekers and Finders – 2017)

Pala Tute (Trans-Continental Hustle - 2010)

Sun Is on My Side (Eugene Solo) (Trans-Continental Hustle - 2010)

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23 novembre 2018

London Grammar - Dimanche 3 Décembre 2017 - Zénith (Paris)

2017 12 03 London Grammar Zénith Billet« Cela fait des années que j'aime bien programmer chaque fois que c’est possible un concert pour le soir de mon anniversaire, comme un petit cadeau que je me fais à moi-même, après avoir fêté les années qui passent avec les personnes que j'aime. Bon, vous me direz, London Grammar au Zénith, ça n'a absolument rien d'un petit cadeau intime, et je vous l'accorde bien volontiers. De la musique largement commerciale - il suffit d'ailleurs de voir le public familial qui se presse à l'entrée - et un cadre qui n'est pas mon préféré à Paris : mais que voulez-vous, après avoir loupé Baxter Dury et les Fleshtones cette semaine, voici un rattrapage qui, je pense, en vaut bien un autre.

2017 12 03 L Impératrice Zénith (8)19h50 : avec dix minutes d'avance sur l'horaire officiel, un quintet investit la scène : deux claviers, une basse, une guitare et une batterie, et un premier morceau instrumental, funky, jazzy, électro, à la fois typique d'une certaine variété des années 80-90 (d'un seul coup, je pense à Level 42, aujourd'hui bien oublié...). Parfaitement exécuté mais redoutablement anodin. Puis une jeune chanteuse apparaît et nous présente L'impératrice, a priori un jeune groupe français dans l'air du temps qui commence à faire parler de lui. La jeune femme, très souriante, a une jolie voix assez haute assez typée d'un certain style "à la française" (Eli, Lio, Vanessa Paradis, ce genre de chose), qui ne m'enthousiasme pas beaucoup a priori, mais bon... Les textes fleurent bon la banalité grand public (on fait rimer Mexico avec Rio, ce genre de chose), le groupe trouve régulièrement un groove efficace, le professionnalisme général est évident... mais comment ne pas trouver ça terriblement policé, gentillet, voire irrémédiablement anodin ? Le public du Zénith applaudit, la demi-heure impartie se termine doucement. Je n'ai certainement pas vu ce soir le futur du rock, ni même de l'électro française.

2017 12 03 London Grammar Zénith (1)21h10 : C'est par contre avec dix minutes de retard, et alors que le public du Zénith s'impatiente, que le jeune trio de London Grammar attaque son set avec Who Am I ? La scène du Zénith est bien grande pour nos trois icônes de la musique populaire et néanmoins branchée de 2017, leur matériel étant logiquement réduit de gauche à droite à : un mini clavier sur lequel Dan déclenchera quelques effets sonores les rares fois où il abandonnera sa guitare, un piano que Hannah n'utilisera pas pour plus de trois morceaux, les claviers de Dominic et une petite batterie dont il jouera sur quelques rares parties destinées à injecter un peu d’énergie dans le set. Hannah, Dan et Dominic sont vêtus de noir, les lumières, modernes et rasantes, seront majoritairement blanches, et derrière les musiciens sont projetées des images à l'élégance abstraite permettant au spectateur d'accrocher un peu son attention. Car, et cela va devenir très rapidement évident pour moi comme pour tout le monde au Zénith ce soir, London Grammar sur scène, c'est très beau mais c’est aussi très chiant.

Oh, Hannah est bien jolie avec sa queue de cheval et chante divinement bien. Le son est fort (je suis encore une fois placé devant la sono à gauche, étant arrivé bien tard...) et impeccable, et les chansons sont parfaitement interprétées - et ce d'autant qu'une large partie de ce qu'on entend a été préenregistré. Mais d'émotion - je n'ose même pas parler "d'âme" - nulle trace ce soir. Bon, j'exagère un peu : Hell for the Liars a été superbe, lumières rouges, mélodie prenante et montée en intensité finale comme sur l'album, en moins fort quand même (comme quoi...). Cela faisait déjà 20 minutes que le set avait débuté et ronronnait gentiment (à l'image d'une version particulièrement plate du normalement formidable Nightcall), et je me suis mis à espérer que quelque chose allait se passer. Et puis non. Le soufflé est retombé.

2017 12 03 London Grammar Zénith (16)London Grammar est un groupe qui ne dégage absolument rien sur scène. Est-ce dû au manque de charisme tragique de ces jeunes gens bien propres sur eux ? Dominic nous a fait de bien gentilles déclarations d'amour dans un français impeccable, nous expliquant combien Paris était une ville importante pour eux. Dan est resté muet sauf à une occasion. Le problème est venu surtout de Hannah, pas très sympathique et même douloureusement pénible lorsqu'elle s'essaie à la communication humoristique avec le public : il n'y a rien de plus déprimant qu'une personne pas drôle qui essaie de mettre l'ambiance en se croyant spirituelle. Un instant a quand même levé cette malédiction d'une musique parfaitement désincarnée : quand, avant Rooting for You, Hannah a avoué sa difficulté à chanter la note la plus haute de la chanson (tiens, il y a quelque chose d'humain, de faillible dans London Grammar ?). Elle s'est lancée dans une version largement a capella de la chanson, et il y a eu un micro-suspense au moment de la fameuse note. Le public a applaudi le passage, un succès : peut-être un échec eût-il été plus fécond ?

M'est revenu pendant le désert émotionnel de ce concert le souvenir de l'émerveillement ressenti il y a un an dans cette même salle devant The xx, autre jeune trio populaire et branché proposant une musique synthétique et assez calme : pourquoi donc un torrent de sentiments d'un côté et d'un autre une morne promenade le long de morceaux interminables d'un autre. Est-ce la simple illustration d'un manque de talent pour la scène de musiciens qui ne savent pas exprimer ce qu'ils ont en eux et s'en tiennent à la technique, impeccable ? Ou bien, plus grave, la transcription d'une vacuité intérieure dissimulée sur disques par la beauté des chansons et la performance vocale ?

2017 12 03 London Grammar Zénith (12)London Grammar plie les gaules après seulement une heure et quart (notons un Oh Woman Oh Man un peu plus plaisant), et personne n'insiste pour qu'ils jouent les prolongations. Pour couronner le tout, les roadies refusent fermement de distribuer les setlists : « On ne les donne pas au public », nous répondront-ils d’un air arrogant. Bref, c’est la bonne ambiance ! La salle est déjà presque vide : tout le monde est pressé de rentrer au chaud chez soi après ce set glacial, ce non-événement absolu...

… Sans doute en jurant, comme moi, qu'on ne les y reprendrait plus. »

 

Les musiciens de London Grammar sur scène :

Hannah Reid – vocals, piano

Dominic 'Dot' Major – keyboards, drums

Dan Rothman – guitar, keyboard

 

2017 12 03 London Grammar Zénith (29)La setlist du concert de London Grammar (Note : ordre des chansons non confirmé) :

Who Am I (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Flickers (If You Wait - 2013)

Help Me Lose My Mind

Nightcall (Kavinsky cover) (If You Wait - 2013)

Wasting My Young Years (If You Wait - 2013)

Hell to the Liars (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Hey Now (If You Wait - 2013)

Sights (If You Wait - 2013)

Rooting for You (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Truth Is a Beautiful Thing (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Strong (If You Wait - 2013)

Big Picture (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Encore:

Bones of Ribbon (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Oh Woman Oh Man (Truth Is a Beautiful Thing - 2017)

Metal & Dust (If You Wait - 2013)

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20 novembre 2018

The Stranglers - Samedi 25 Novembre 2017 - Cigale (Paris)

2017 11 25 The Stranglers Cigale Billet« Ceux qui me connaissent bien savent qu'au fond de mon cœur de midinette se dissimule une passion immodérée pour un groupe qui fut longtemps l'un des plus méchants, les plus provocateurs, les plus honnis qui soient : j'ai nommé les Étrangleurs de Guildford. Trop vieux pour être punks en 1977, avec leurs claviers qui évoquaient la sorcellerie des Doors des débuts, The Stranglers firent rapidement payer très cher leur morgue à ceux qui pensaient les ridiculiser : nos souvenirs sont pleins de soirées mémorables où insultes et coups s'échangeaient vaillamment entre le groupe et son public, tandis que la musique, toujours impériale, planait à mille lieux au-dessus de toutes ces vilenies. Et puis les années ont passé, le groupe, comme nous, s'est assagi : les concerts sont restés passionnants, les albums sporadiques et plus irréguliers. Et nous voici en 2017, avec une tournée vaguement annoncée comme l'ultime occasion d'écouter les classiques... oserait-on parler de tournée d'adieu ? Le groupe ne fait même plus semblant de prétendre que Jet Black pourrait continuer à tenir les fûts, un signe indiscutable qu'une page d'histoire est définitivement tournée…

2017 11 25 The Melomaniacs Cigale (1)La Cigale est complète ce soir, mais d'un public pas aussi jeune qu'on l'aimerait, et je me suis placé volontairement côté droit sur ma coursive favorite : une relecture rapide des notes des derniers concerts des Stranglers m'a rappelé que, du côté gauche, devant JJ, le son colossal de la basse avait tendance à tout noyer...

19h30 : trois gentlemen anglais (?) ayant dépassé la quarantaine s'installent sur des chaises : deux guitares et un clavier, on peut craindre le pire, d'autant que le set débute par un Sleep des plus intimistes, sorte de blues suspendu pour fermeture de bar. Pourtant, très vite, on réalise que tout cela est intéressant : des chansons bien construites, immédiatement séduisantes, une bonne voix et des musiciens talentueux n'ayant pas peur d'aller chercher des sons agressifs quand il faut. Au cours de l'avant-dernier morceau, Lie Down, l'organiste part même dans une montée en puissance assez magnifique d'intensité... un moment superbe, surprenant, qui saisit le public de la Cigale à la gorge. Dommage que The Melomaniacs (eh oui, c'est leur nom !) choisissent de clore leur beau set par un morceau trop calme, qui fait doucement retomber l'émotion. Belle demi-heure en tout cas !

Je me rends compte aux hurlements alcoolisés qui s'élèvent çà et là de la fosse que, comme toujours, un bon contingent anglais s'est déplacé pour applaudir les Stranglers. Et que même s'ils n'ont visiblement plus 20 ans non plus (ni 30, ni 40, ni peut-être même 50), ils restent bien énervés, et déterminés à célébrer leur jeunesse punk enfuie. Ça promet une chaude ambiance...

2017 11 25 The Stranglers Cigale (6)20h30 : la petite valse d’intro habituelle (Waltzinblack !), qui, quoi qu’on en dise, fait un petit pincement au cœur, et les “Hommes en Noir” sont là. Vêtus de noir, comme il faut, et avec neuf ans de plus que la dernière fois que je les ai vus. Neuf ans qui les ont marqués, comme ils nous ont marqués, nous : Dave Greenfield ressemble de plus en plus à une vieille dame blafarde, lourdement fardée et portant un dentier voyant, tandis que Jean-Jacques Burnel est maintenant tout gris, mais paraît surtout assez éteint, lui qui portait jusqu’à l’heure bien haut la virilité brutale – et agressivement stupide lorsqu’il le sentait nécessaire - du gang.

Heureusement, pas le temps de s’appesantir sur le poids cruel des années que The Stranglers attaquent… Toiler on the Sea ! Personnellement, je considère toujours ça comme une petite malédiction quand un concert commence par votre chanson préférée : vous n’êtes pas encore rentré dans l’ambiance, et il vous faut vous livrer de manière un peu forcée au bonheur, tout en sachant que quand vous serez chaud, la chanson aura déjà été jouée. Damned ! Mais bon, c’est Toiler on the Sea, extrait du meilleur album du groupe, l’immortel et terrassant “Black and White” (qui nous fournira d’ailleurs TOUS les meilleurs moments de cette soirée !), une chanson qui matérialise parfaitement la singularité du groupe, cette sorte de punk progressif qui ouvre des horizons sans rien sacrifier de sa violence sournoise. La voix de Baz continue à bien faire le taf, suffisamment proche celle du regretté Hugh Cornwell pour que les classiques du groupe passent comme une lettre à la poste, mais suffisamment différente pour qu’il n’y ait pas un sentiment gênant de copie. Les claviers de Greenfield sont une fois de plus, malheureusement, un peu trop en retrait, même si Jean-Jacques demandera un peu plus tard d’en monter le niveau sonore. Globalement, je trouve que le son n’est pas extraordinaire, assez fort mais pas très clair… à moins que ça soit tout simplement les musiciens, qui ne sont pas parfaitement ensemble sur pas mal de chansons ?

2017 11 25 The Stranglers Cigale (1)La setlist se déroule sur le mode habituel, avec une construction classique (démarrage en force – morceaux plus calmes – final à l’arraché), et un choix raisonnable de morceaux extraits de presque toutes les périodes du groupe, hormis bien entendu les années horribles de l’ineffable Paul Roberts : les quinquagénaires anglais se déchaînent sur Sometimes ou Grip, mais je me rends compte depuis mon perchoir que, même si ça secoue pas mal dans la fosse, l’ambiance reste “bon enfant”. Pas de problème à craindre ce soir, même si la crash barrier devant pliera dangereusement sous le poids des spectateurs écrasés par les écarts du mosh pit, et que les videurs auront pour une fois un travail conséquent à évacuer des slammers au format et au poids bien plus conséquent qu’à l’habitude : eh oui, c’est moins fun de soulever des pères de famille à l’embonpoint nourri à la bière, torses nus et suants que les habituelles petites minettes évanouies !

J’ai déjà parlé du fait que Jean-Jacques me semble un peu en retrait désormais, effectuant beaucoup moins systématiquement ses légendaires pas de danse avec sa basse. Souriant, les yeux dans le vague ! Heureusement, un peu de la vieille crasse d’antan subsiste quand il prend la parole au micro, assénant ses habituelles provocations gratuites, du genre : « Alors, vous avez élu un Ecossais comme président, non ? Emmanuel MAC-Ron ! ». Qu’est-ce qu’on rigole ! Ou plus tard, l’inévitable « 75 ? Fuck Off !! ». Loin quand même du niveau de provocation des années 80, et le « Paris, capitale du SIDA » proféré sous les crachats au Zénith, comme on me l’a récemment rappelé… Globalement, Jean-Jacques fait plutôt bon bougre désormais, et les Stranglers célèbrent même ce soir la demande en mariage qui a été formulée dans le bus des supporters anglais. Petit commentaire nasty en passant, quand même : « Ce n’est pas ton premier mariage, quand même ? ».

2017 11 25 The Stranglers Cigale (7)Bon, revenons à la musique : Nice’n’Sleazy déboule, et c’est une tuerie définitive, pour moi le plus beau moment de la soirée : la basse qui déchire vraiment, la mélodie imparable, les paroles agressives, les Stranglers au sommet de leur Art ! La suite est inévitablement une déception : s’engager dans les années plus “commerciales“ en enchaînant des versions pas trop bien jouées de Midnight Summer Dream et European Female, ce n’est pas top pour maintenir l’ambiance, et même la claque britone marque le pas. Always the Sun est toujours bien agréable, mais on frôle le karaoké. Don’t Bring Harry chanté principalement en français (« N’emmène pas Harry ! ») est tout simplement atroce, et Golden Brown complètement insipide, malgré les paillettes dorées envoyées sur le public par la boule à facettes. Le set touche alors le fond…

… et aura du mal à reprendre, le retour aux morceaux musclés manquant quand même de la sauvagerie sale des grands jours. Relentless et le grand Norfolk Coast sont trop peu connus du public français pour rallumer la mèche, malgré les efforts émérites du contingent anglais d’exciter un peu la foule. Il faut attendre le trio final Hanging Around / 5 Minutes / Tank (surtout, Tank, terrible !) pour qu’on ait à nouveau l’impression d’être à un concert des Stranglers !

2017 11 25 The Stranglers Cigale (12)Ils ont déjà joué leurs rituelles quatre-vingt-cinq minutes, et je vois bien le set se terminer comme ça… mais non, nous aurons quand même droit à un rappel de deux titres. JJ nous annonce, hilare, que « Non, les Stranglers n’ont pas toujours été les génies mélodiques que vous connaissez, et pour le prouver, voici l’un de nos premiers morceaux ». Et c’est Go Buddy Go, une chanson certes basique de chez basique, mais très réjouissante, qui met le public dans le juste ton, avant que le grondement de l’intro de No More Heroes ne signale la dernière éjac faciale avant la fin du concert. Honnêtement, la version de ce soir est plutôt pathétique, prouvant que, vraiment, les Stranglers ne sont pas très en forme aujourd’hui. Mais bon, c’est une tellement grande chanson et tout le monde gueule tellement fort que ce n’est pas très grave non plus.

Voilà, c’est fini. Je descends dans la fosse pour récupérer au moins une photo de la setlist, confiée par les roadies à la tribu anglaise, et j’en profite pour tailler le bout de gras avec un fan originaire du Hampshire : comme moi, il n’a pas trouvé le concert exceptionnel mais a apprécié l’ambiance…

Bref, les Stranglers n’ont pas été GRANDS ce soir, peut-être aussi à cause d’une setist loin d’être parfaite (où étaient les brûlots de “The Raven“ ?), mais ils nous ont quand même rappelé combien ils sont un groupe essentiel de l’histoire de Notre Musique. Un groupe toujours marginal malgré ses succès commerciaux de l’époque. Un groupe pas vraiment reconnu, donc encore plus attachant, du coup. Nos vrais héros à nous, ça oui !

« Whatever happened to Leon Trotsky? / He got an ice pick that made his ears burn ! / Whatever happened to Dear old Lenin? / The great Elmyra and Sancho Panza? / Whatever happened to the heroes? »

 

Les musiciens de The Melomaniacs sur scène :

Mike Marlin – voice, guitar

Kim Murray – guitar

Paul Silver - keyboards

 

2017 11 25 The Stranglers Cigale (32)Les musiciens de The Stranglers sur scène :

Jean-Jacques Burnel – bass guitar, lead and backing vocals

Dave Greenfield – keyboards, backing vocals

Baz Warne – guitar, lead and backing vocals

Jim MacAulay - drums

 

La setlist du concert de The Stranglers :

Toiler on the Sea (Black and White - 1978)

Was It You? (Dreamtime -1986)

Sometimes (Rattus Norvegicus - 1977)

(Get a) Grip (On Yourself) (Rattus Norvegicus - 1977)

15 Steps (Giants – 2012)

Nice 'n' Sleazy (Black and White - 1978)

Midnight Summer Dream (Feline - 1983)

European Female (Feline - 1983)

Always the Sun (Dreamtime -1986)

(Don't Bring) Harry (The Raven – 1979)

Golden Brown (La Folie – 1981)

Bear Cage (Single – 1980)

Walk On By (Dionne Warwick cover) (Black and White Bonus 7” - 1978)

Relentless (Suite XVI – 2006)

Peaches (Rattus Norvegicus - 1977)

Norfolk Coast (Norfolk Coast – 2004)

Hanging Around (Rattus Norvegicus - 1977)

5 Minutes (Single – 1978)

Tank (Black and White - 1978)

Encore:

Go Buddy Go (Single B-side – 1977)

No More Heroes (No More Heroes – 1977)

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12 novembre 2018

Kasabian / Slaves - Samedi 11 Novembre 2017 - Zénith (Paris)

2017 11 11 Kasabian Zénith Billet« Bon, il faut dire à ma décharge qu’une heure et quart d’hymnes punks déversés dans mes esgourdes par la sono qui était à moins d’un mètre, ça m’avait énervé : chanter comme il y a 30 ou 40 ans les Pistols, les Damned, les Clash, Iggy Pop, les Dead Kennedys ou encore mes chouchous de X, en attendant l’arrivée sur scène des énervés de Slaves, ça vous met dans un certain état d’esprit. Enfin, vous peut-être pas, mais moi, si. D’où l’embrouille avec mes voisins au premier rang, qui n’en avaient rien à secouer de la rage de Slaves et préféraient discuter entre potes (Bon Dieu, on se serait cru à Madrid !) en mangeant des cookies. Même si on a failli en venir aux mains, c’était quand même bien bon de revenir pendant quelques minutes au bon vieil état d’esprit d’autrefois, quand il n’était pas requis d’être gentil et poli aves ses voisins dans un putain de concert de fuckin’ rock’n’roll. See what I mean ?

2017 11 11 Slaves Zénith (6)Mais quand même, même si j’ai hurlé à en perdre la voix, « Fuck the Hi-Hat ! », Slaves ont été un peu décevants ce soir. Ils ont bizarrement choisi de perdre beaucoup des courtes 30 minutes qui leurs étaient accordées, presque dans le noir, pour faire les clowns et déclamer des conneries devant le public du Zénith rempli à ras bord de gens complètement indifférents. Au lieu d’enchaîner les brûlots en tournant le dos aux spectateurs comme l’aurait fait un vrai groupe punk. Oui, je l’avoue, je suis bien parti en vrille sur Fuck the Hi-Hat ou Sugar Coated Bitter Truth, mais j’ai eu la sale impression d’un groupe qui perdait de vue l’essentiel : les chansons, la rage. Alors, soit c’est le temps qui passe et qui use la radicalité de Laurie et Isaac, comme cela se passe bien souvent, soit c’est moi qui avait un niveau d’attente bien trop élevé. Comme d’hab, vous me direz. Oui, comme d’hab. Mais ça aussi, c’était la faute à la “musique de fond”, qui m’avait trop fait revenir en arrière…

Kasabian, c’est un groupe injustement méconnu, ou plutôt mésestimé en France. Trop anglais, sans doute… Même si les nains d’Oasis, musicalement incroyablement inférieurs, ont quand même réussi à percer dans l’Hexagone… Du coup ça me fait plaisir de voir le Zénith rempli, et surtout l’enthousiasme de la foule, qui connaît toutes les chansons – même lorsqu’elles sont jouées sur un mode un peu “rouleau-compresseur” : un enthousiasme qui va élever le concert ce soir vers des sommets que je n’avais jamais vu Kasabian atteindre sur scène !

2017 11 11 Kasabian Zénith (5)Il est 21 heures piles quand Kasabian, dans sa configuration “classique” sur scène (les quatre musiciens “officiels” du groupe et leurs trois accompagnateurs habituels) attaquent avec Ill Ray (The King), l’intro puissante du très roboratif dernier album, “For Crying Out Loud”. Deux constatations immédiates, hormis le fait que les musiciens sont cette fois vêtus de blanc – Tom arborant un superbe Smiley déprimé sur le dos de son blouson : le concert va être très traditionnellement rock ce soir, et le son va être fort… ce qui est pour une fois à moitié une bonne nouvelle pour moi, planté devant la sono pour cause d’arrivée tardive. Ça se ressent tout de suite au traitement des morceaux de “48 :13”, parfois méconnaissables une fois dépouillés de leurs oripeaux électroniques : Bumblebeee et Eez-Eh déchaînent quand même les passions, et mon dos est roué de coups par les pogoteurs derrière moi. Mais bon, je ne vais pas me plaindre, même si ce n’est pas du punk, au moins il y a un beau mosh pit qui se déplace au sein de la fosse… Même si ce sont évidemment les incontournables Underdog et Shoot the Runner qui placent définitivement le concert dans l’orbite des grands moments.

Une autre chose importante, très importante même ce soir, c’est le rôle désormais central que joue Sergio Pizzorno, qui semble avoir désormais totalement récupéré d’une période on va dire un peu floue. Il surpasse son copain Tom dans le rôle d’amuseur de la foule, cherchant en permanence le contact et la communication, et jouant et chantant avec un enthousiasme qui fait vraiment plaisir à voir. Finalement, c’est maintenant le père Tom qui semble un peu en mode pilotage automatique, un comble ! You’re in Love with a Psycho est la première faute de goût d’une setlist percutante, mais on leur pardonnera vite avec Wasted, morceau récent et merveille pop qui prouve que Kasabian restent imbattables dès qu’il s’agit de respecter le cahier des charges Beatles-Kinks.

2017 11 11 Kasabian Zénith (22)Le son monte encore de manière démesurée, et on atteint le stade où même moi (vous me connaissez, je préférerai mourir plutôt qu’être vu avec des protecteurs d’oreilles…) je dois protéger mes tympans des basses démoniaques que déverse la sono. Il faut bien admettre que c’est maintenant une énorme bouillie sonore qu’on ingurgite, mais on a tous dépassé depuis longtemps le stade de la mélomanie… Même si, je le répète parce que j’en vois dans le fond qui n’ont pas bien écouté : Kasabian dispose maintenant, après 13 ans de carrière, d’un songbook à peu près imbattable, une bonne cinquantaine de chansons merveilleuses, au sein desquelles il devient difficile de piocher pour composer la setlist idéale (où est passée la Fée Verte, bon dieu, où est passée la Fée Verte ?).

Sergio ne se fatigue pas trop, je remarque, il se repose pour les solos sur Tim Carter, devant moi, guitariste assez éblouissant. Sergio, lui, il préfère s’amuser de ce concert qui a franchi le mur du son et frôle l’exceptionnel. Il fait coucou et remercie sa femme, dans les coulisses, pendant que Tom passe plus de temps à plaisanter avec ses “pals” qu’à exciter le public (qui n’en a pas besoin, d’ailleurs…). Oui, ce concert a quelque chose de différent, on nage dans une sorte de félicité rare, public et musiciens confondus. Bless this Acid House serait un final parfait avant les rappels, confirmant l’excellence des compositions récentes du groupe, et on est dans une sorte de folie festive générale. Mais ce sera bien entendu L.S.F. qui servira d’au revoir… temporaire.

2017 11 11 Kasabian Zénith (29)Rappel parfait, et je pèse mes mots. Une intro en duo acoustique (Goodbye Kiss) pour conférer un peu d’exception à ce set qui est en fait le dernier de la tournée européenne, puis… ouaouh… le cadeau qu’ils me font à moi, j’en suis sûr : Comeback Kid, chanson irrésistible, stellaire, du dernier album, avec son riff cuivré. Un futur Fire ? Un crowd pleaser en tous cas ! Vlad the Impaler, c’est du pur plaisir, comme à chaque fois, mais peut-être mieux qu’à chaque fois. Sur la scène, Noel Fielding, comme en 2015 à Rock en Seine, joue le rôle du vampire des Carpathes, et Sergio est extatique. On termine avec l’inévitable Fire, pure joie régressive : Tom ne chante même plus sur le refrain, nous sommes suffisamment nombreux à gueuler à sa place.

Et c’est fini, après une heure cinquante-cinq minutes mémorables. Les musiciens rechignent à quitter la scène, c’est vraiment la fête. La hargne qui m’avait envahie pour Slaves m’a quitté. Je retrouve l’ami Xavier qui était lui aussi au premier rang mais que je n’avais pas réussi à rejoindre, et il est aussi ravi que moi par le beau cadeau que Kasabian nous a offert ce soir. Je suis aphone et sourd, avec des débuts de courbatures qui me feront souffrir demain, je le pressens. Mais, sachez-le, c’est ça, le fuckin’ rock’nroll…

« Slick move you said you wanna try me / You should've left it just where you found it / I see you creeping, thinking what it could be / You'll have to trust me, just don't believe me / Reap what you sow : / Comeback Kid / Says hello… »

Je sors dans la nuit sous des torrents d’eau, l’hiver est là, mais autour du Zénith des dizaines de spectateurs sont encore en train de hurler en chœur des refrains de Kasabian. Avec les acouphènes, ces refrains nous tiendrons compagnie toute la nuit. »

 

2017 11 11 Slaves Zénith (4)Les musiciens de Slaves sur scène :

Laurence Vincent – guitar, vocals

Isaac Holman – drums, vocals

 

La setlist du concert de Slaves :

Ninety Nine (Are You Satisfied? – 2015)

White Knuckle Ride (Sugar Coated Bitter Truth EP – 2012)

Fuck the Hi-Hat (Take Control – 2016)

Photo Opportunity (new song)

Sugar Coated Bitter Truth (Are You Satisfied? – 2015)

Beauty Quest (Sugar Coated Bitter Truth EP – 2012)

The Hunter (Are You Satisfied? – 2015)

 

Les musiciens de Kasabian sur scène :

Tom Meighan – vocals

Sergio Pizzorno – guitar, vocals

Chris Edwards – bass

Ian Matthews – drums

Ben Kealey – keyboard

Gary Alesbrook – trumpet

Tim Carter – guitar

 

2017 11 11 Kasabian Zénith (54)La setlist du concert de Kasabian :

Ill Ray (The King) (For Crying Out Loud – 2017)

Bumblebeee (48 :13 – 2014)

Eez-Eh (Around the world outro) (48 :13 – 2014)

Underdog (West Ryder Pauper Lunatic Asylum – 2009)

Shoot the Runner (Empire – 2006)

Days Are Forgotten (Velociraptor! – 2011) (The Ecstasy of Gold by Ennio Morricone intro)

You're in Love With a Psycho (For Crying Out Loud – 2017)

Wasted (For Crying Out Loud – 2017)

Club Foot (Kasabian – 2004)

Take Aim (The Doberman intro) (West Ryder Pauper Lunatic Asylum – 2009)

Re‐Wired (Velociraptor! – 2011)

Treat (48 :13 – 2014)

Empire (Empire – 2006)

Bless This Acid House (For Crying Out Loud – 2017)

Stevie (48 :13 – 2014)

L.S.F. (Lost Souls Forever) (Kasabian – 2004)

Encore :

Goodbye Kiss (acoustic) (Velociraptor! – 2011)

Comeback Kid (For Crying Out Loud – 2017)

Vlad the Impaler (with Noël Fielding) (West Ryder Pauper Lunatic Asylum – 2009)

Fire (West Ryder Pauper Lunatic Asylum – 2009)

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10 novembre 2018

The War on Drugs - Lundi 6 Novembre 2017 - Bataclan (Paris)

2017 11 06 The War on Drugs Bataclan Billet« The War on Drugs, c'est un groupe que j'ai envie de voir sur scène depuis une paire d'années, leur épique “Lost in the Dream” ayant quand même bien enflammé la planète rock en 2014-2015. “A Deeper Understanding”, le nouvel album, s'est avéré moins spectaculaire, mais peut-être plus profond, plus personnel que le précédent, qui revisitait de manière indie les cavalcades lyriques de Springsteen et les élans poétiques de Dylan. Mais, entre les montages obsessionnels en studio d'Adam Granduciel (The War on Drugs, c'est lui, et personne d'autre, depuis le départ en 2008 de Kurt Vile...) et un concert en format groupe, il y a un écart que je me réjouis et m’inquiète (un peu) de voir comment il sera comblé ce soir...

2017 11 06 The Barr Brothers Bataclan (4)Je suis à peine entré dans le Bataclan et installé confortablement à la crash barrier, un peu sur la gauche, que The Barr Brothers (de Montréal, et a priori rien à voir avec Jean-Marc…) entament leur set. Avec une bonne demi-heure d'avance sur l'horaire annoncé sur les billets puisqu'il n'est que 19h26. Et nous ne sommes encore qu'une petite cinquantaine dans la salle, même si le concert de The War on Drugs est sold out ce soir... il y a d'ailleurs sur scène une accumulation assez incroyable d'instruments, de micros et d'amplis puisque les deux groupes sont plutôt bien équipés ce soir... Bon, la musique des Québécois n'est pas inintéressante, très seventies, dans un esprit folk assez rudimentaire malgré l’électricité, et avec de longs morceaux un peu atmosphériques illuminés par de belles parties de guitare… Parties de guitare qui sont quand même le principal attrait du groupe. La voix du leader, Brad Barr, qui parle français mais chante en anglais, est assez belle, plutôt douce, et évoquera un peu celle de Don McLean sur le morceau le plus acoustique du set. La grande faiblesse du groupe c'est l'absence de compositions marquantes, de mélodies un peu accrocheuses... qui, conjuguée à un niveau d'énergie assez bas, résulte dans une douce torpeur qui nous envahit peu à peu. Pas tout à fait de l'ennui, non, mais quand même... il n'y a pas de quoi s'exciter outre mesure...

2017 11 06 The War on Drugs Bataclan (4)20h30… et Adam Granduciel lance son set. Il est accompagné de pas moins de cinq musiciens, dont un batteur courageux puisque condamné à frapper comme un damné pour reproduire les beats métronomiques de l'album, et un bassiste au swing irrésistible, qui, placé pas trop loin de moi, assurera toute la soirée une rythmique spectaculaire et superbe ! Sur certains morceaux, nous aurons donc droit à trois claviers, sur d'autres à deux guitares, et régulièrement à des cuivres. Mais la grande caractéristique de The War On Drugs en 2017, c'est cette masse sonore compacte, au sein de laquelle on distingue assez peu le rôle de chaque instrument, et qui est reproduite magistralement sur scène. Mes appréhensions se sont donc vite envolées, et ce d'autant que le niveau sonore est élevé - en tout cas au premier rang - malgré les nouvelles normes qui me semblent être entrées en vigueur. D'ailleurs, derrière moi, je repère quelques spectateurs fragiles se bouchant les oreilles !

Bon, et Granduciel, alors ? Eh bien, avec son look de bûcheron canadien - cheveux longs en broussaille et chemise à carreaux rouge -, il évoque un Neil Young jeune, surtout lorsqu’il se tient voûté sur sa guitare pour en tirer ces sons déchirants et volcaniques qui le caractérisent. Il est en tout cas plutôt speed, l’ami Adam, loin de l'attitude laid back de Kurt Vile... La voix est impeccable, même si Adam est clairement concentré sur sa guitare, qui est le centre du spectacle ce soir : Adam changera d'instrument à chaque morceau, sauf dans la dernière ligne droite du set, et il est entouré de racks fort imposants de pédales d'effets.

2017 11 06 The War on Drugs Bataclan (9)La setlist sera composée ce soir en quasi-totalité de chansons des deux derniers albums, ce qui me va bien puisque je ne connais que ceux-là. “Lost in the Dream” sera interprété dans l’esprit du nouvel album, avec un son moins clair, plus surchargé, ce qui alourdit mais aussi complexifie les chansons. On démarre avec un enchaînement de six chansons du dernier album, dont le mini-tube Pain, qui illustre le fait qu’il y a régulièrement des mélodies superbes derrière la déferlante rock de The War on Drugs. Mais c’est l’accélération de An Ocean in Between the Waves qui change tout, qui matérialise ces montées en intensité caractéristiques du groupe : des cris de satisfaction, d’encouragement commencent à s’élever du public, et autour de moi tout le monde “headbangue” les yeux dans le vague… C’est LE trip ultime au cœur des grands espaces intimes de The War on Drugs, et puis le Bataclan bascule dans l’extase quand la guitare de Granduciel s’embrase. Putain ! Quelle puissance ! Quelle émotion ! Tout le monde hurle, et ça continue, ça monte, ça monte, et ça ne s’arrête pas ! Durant une petite dizaine de minutes, The War on Drugs est tout simplement ce qui se fait de mieux dans le domaine du Rock pur et dur en 2017. C’est aussi pour moi le meilleur moment à date de cette saison 2017-2018, et je me dis que, ça y est, c’est bon, je tiens le concert de l’année…

… Ce ne sera malheureusement pas tout-à-fait le cas, car le set va aligner les chansons superbes – comme par exemple Strangest Things, ma préférée, ou comme l’acoustique Buenos Aires Beach, seule rescapée du The War on Drugs des débuts – sans retrouver de telles hauteurs. Finalement, on a l’impression d’assister à un concert en permanence “au taquet”, mais qui reste à un niveau d’intensité constant sans réussir à exploser.

2017 11 06 The War on Drugs Bataclan (12)Il faudra attendre Under the Pressure (il me semble…) pour vivre une nouvelle explosion sonique, dans un crescendo éprouvant et envoûtant. Le Bataclan est en transe, le bonheur se lit sur tous les visages dans les premiers rangs. Je suis heureux de retrouver ces sensations dans cette salle qui m’en a déjà offertes tellement : comme si la malédiction du 13 novembre 2015 avait fini par être levée, exorcisée par la bonne musique et la joie d’être ensemble à vibrer dessus… Cette explosion, on l’imagine finale, parce qu’on a déjà bien dépassé l’heure et demi rituelle : et puis non, Granduciel enchaîne encore plusieurs morceaux, pour finalement arrêter net quand on arrive pile aux 120 minutes.

Pas de rappel, mais cela ne me gêne pas beaucoup que le groupe ne sacrifie pas à ce rituel devenu avec les années un peu absurde… Nous avons de toute manière été gâtés ce soir, peut-être même un peu au-delà de nos attentes.

Vous aimez le rock qui décoiffe mais qui parcourt nos espaces intimes à grand pas ? Si vous n’étiez pas là ce soir, c’est vraiment dommage pour vous ! »

 

Les musiciens de The War on Drugs :

Adam Granduciel – vocals, guitars, harmonica

David Hartley – bass guitar

Robbie Bennett – keyboards, piano, guitars

Charlie Hall – drums

Jon Natchez – saxophone, keyboards

Anthony LaMarca – guitar, keyboards

 

2017 11 06 The War on Drugs Bataclan (20)La setlist du concert de The War on Drugs :

In Chains (A Deeper Understanding – 2017)

Holding On (A Deeper Understanding – 2017)

Pain (A Deeper Understanding – 2017)

An Ocean in Between the Waves (Lost in the Dream – 2014)

Strangest Thing (A Deeper Understanding – 2017)

Nothing to Find (A Deeper Understanding – 2017)

Knocked Down (A Deeper Understanding – 2017)

Buenos Aires Beach (Wagonwheel Blues – 2008)

Red Eyes (Lost in the Dream – 2014)

Thinking of a Place (A Deeper Understanding – 2017)

Under the Pressure (Lost in the Dream – 2014)

In Reverse (Lost in the Dream – 2014)

Eyes to the Wind (Lost in the Dream – 2014)

Burning (Lost in the Dream – 2014)

You Don't Have to Go (A Deeper Understanding – 2017)

Posté par Excessif à 07:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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