Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

03 juillet 2016

Arcade Fire / Arctic Monkeys - Dimanche 22 Juillet 2007 - Arènes de Nîmes

2007 07 Arctic Monkeys & Arcade Fire Nimes Billet

« C'est Gilles B. qui avait eu l'idée et nous avions suivi avec enthousiasme : pourquoi ne pas descendre un week-end à Nîmes pour assister à un concert du meilleur groupe du monde, Arcade Fire... a priori impossible de refuser ! En fait, la descente de Paris fut assez difficile, et je n'avais pas réalisé que le Samedi 21 juillet, deux millions de Hollandais et leurs caravanes chargées jusqu'au toit de provisions achetées au Hard Discount se rueraient aussi vers le Sud. L'arrivée à Nîmes, sinistre bourgade désertée par ses habitants, n'avait rien de folichon non plus, mais nous eûmes tôt fait de retrouver notre joie de vivre avec Gilles, Jean-Pierre et Monique, ainsi que Delphine, à coups de petit vin du coin et de rhum à la banane. Arrivés aux Arènes vers 17 h 30, Gilles prend une photo de Delphine avec William-little brother-Butler, nous nous faufilons parmi les ados fans de Arctic Monkeys pour arriver à entrer - comme d'habitude - les premiers dans l'enceinte : moment de panique pour trouver le chemin qui mène aux gradins côté gauche de la scène, nous courrons dans les couloirs de pierre comme les gladiateurs tentant d'échapper aux lions, Jean-"metal shoulder"-Pierre manque de s'étaler sur les premières marches d'un escalier qui a vu couler tant de sang, je saute par dessus les rambardes tel le kung fu master moyen, ouf ! Nous nous plaçons exactement là où nous avions prévu.

2007 07 Albert Hammond Nimes 033

L'attente commence sur une musique d'ambiance atroce, le ciel se couvre (Pleuvra ? Pleuvra pas ?).

En toute première partie, Albert Hammond Jr. est en vacances des Strokes, et vient avec deux autres guitaristes nous jouer 30 minutes de bon rock bien pêchu : les meilleurs moments sont quand les guitares hululent à l'unisson, portées par un son assez excellent (niveau sonore acceptable - beaucoup de lâches se précipitant vers leurs bouchons protecteurs - et surtout bien clair), les moins bons quand on l'impression d'assister à du sous-Strokes, ce qui est sans doute inévitable.

2007 07 Arctic Monkeys Nimes 001

21 h 00 : Arctic Monkeys deviennent de plus en plus professionnels, c'est un fait indéniable, amplifié ce soir par la qualité impressionnante du son. Alex Turner lui-même est plus détendu qu'à l'habitude, et nous gratifiera de quelques mots sur le 'very nice setting' des arènes. Par rapport au Zénith, nous aurons droit à une nouvelle chanson, sur laquelle Alex Turner se fait remplacer à la guitare par un roadie (?), et qui me laissera dubitatif, et à une interprétation raisonnable du plus beau titre du second album, 505 (dont l'atmosphère sentimentale sera toutefois troublée par l'apparition face à la scène d'une slammeuse topless !). Par contre, nous serons privés de rappel, au bout de 70 minutes, sans doute du fait du timing serré de la soirée. Comme au Zénith, mon thermomètre personnel passera la zone critique sur Brianstorm et sur ...Dance Floor, toujours aussi efficaces. Ceci dit, on peut s'interroger sur l'évolution future de Arctic Monkeys, qui paraissent déjà arrivés au bout de leur formule, et qui doivent aujourd'hui trouver comment passer à la vitesse supérieure, alors que leur énergie juvénile a fait long feu…

2007 07 Arcade Fire Nimes 011

La nuit est tombée pendant le set d'Arctic Monkeys, et si nous échapperons à la pluie, le temps est assez frisquet pour la saison, avec le vent qui tourbillonne dans les arènes... La partie la plus jeune du public a quitté les lieux, mais les Arènes restent bien remplies, avec des spectateurs plus mûrs, que l'on espère motivés pour Arcade Fire. Las ! Quand les Canadiens débarquent sur scène à 23 h 00, après une vidéo d'hystérie chrétienne sensée nous alarmer sur l'état de santé mentale des US, on sent tout de suite que les choses ne sont pas à leur optimum. Si le groupe attaque le set avec une énergie impressionnante (d'ailleurs tout au long des 80 minutes, on aura vu Arcade Fire en plein bouillonnement, beaucoup plus déjantés que lors du concert de l'Olympia), le son a sérieusement régressé après Arctic Monkeys (moins fort, plus brouillon) et on sent bien que le public n'embraye pas immédiatement sur Keep the Car Running. Ce soir, Arcade Fire vont devoir se battre, contre leur son décevant, contre le froid qui gagne la foule de vacanciers fatigués, et sans doute contre leur propre volonté d'emporter le morceau à tout prix, qui amènera les voix de Win Butler et de Régine Chassagne près de leurs limites.

Dans la tourmente, surnagent un Haiti à l'arraché, avec la totalité du groupe qui semble atteinte de la danse de Saint-Guy (on ne parle même pas des habituels ludions Tim Kingsbury et Richard Parry, déchaînés du début à la fin), et plus tard une version légère de Neon Bible qui confirme leur goût pour l'exploration musicale. Il faudra attendre la dernière demi-heure pour que, enfin, alors que l'on commence un peu à désespérer de voir le show décoller, tout finisse par se mette en place : une version stupéfiante de force de Power Out, suivi par le toujours terrassant Rebellion, pour nous rappeler enfin pourquoi et comment Arcade Fire sont le plus grand et le plus beau groupe de Rock en activité. Win Butler sait alors qu'il a gagné, et il est clairement plus détendu (témoin sa boutade mi-figue mi-raisin : "c'est fantastique d'être ensemble à jouer ici ce soir avec Arctic Monkeys, nos albums sont côte à côte dans les bacs : A-R-C !... C'est un peu comme The Cult et Cure, ou Slade et Slayer !").

Déjà le rappel - le set, comme celui de Arctic Monkeys, est un peu écourté ce soir - avec un Intervention bouleversant (Gilles, assez accablé une partie du concert, me parait alors rasséréné !), suivi d'une version allongée de Wake Up pour faire danser et chanter la foule, enfin réveillée, jusqu'à la fin...

On repartira de Nîmes sans avoir vécu le concert de l'année (c'était sans doute celui de l'Olympia le 19 avril), mais, pour ma part, toujours aussi amoureux de la musique extraordinaire d'Arcade Fire. »

La setlist du concert d’Arctic Monkeys :

The View From The Afternoon (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Brianstorm (Favourite Worst Nightmare - 2007)
Still Take You Home (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Dancing Shoes (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
From The Ritz To The Rubble (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Teddy Picker (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
This House Is A Circus (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Fluorescent Adolescent (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Fake Tales Of San Francisco (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Balaclava (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Old Yellow Bricks (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
I Bet You Look Good On The Dancefloor (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006)
If You Were There, Beware (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Do Me A Favour (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
When The Sun Goes Down (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Leave Before The Lights Come On (New Song)

Plastic Tramp (new song)

505 (Favourite Worst Nightmare - 2007) 

A Certain Romance (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006)

 

La setlist du concert d’Arcade Fire :

Keep the Car Running (Neon Bible - 2007)

Neighborhood #2 (Laika) (Funeral – 2004)

No Cars Go (Neon Bible - 2007)

Haïti (Funeral – 2004)

Poupée de cire, poupée de son (France Gall cover)

Black Wave/Bad Vibrations (Neon Bible - 2007)

Windowsill (Neon Bible - 2007)

Black Mirror (Neon Bible - 2007)

Ocean of Noise (Neon Bible - 2007)

Neighborhood #1 (Tunnels) (Funeral – 2004)

The Well and the Lighthouse (Neon Bible - 2007)

Neighborhood #3 (Power Out) (Funeral – 2004)

Rebellion (Lies) (Funeral – 2004)

Encore:

Intervention (Neon Bible - 2007)

Wake Up (Funeral – 2004)

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02 juillet 2016

Guitar Wolf - Lundi 9 Juillet 2007 - La Maroquinerie (Paris)

2007 07 Guitar Wolf Maroquinerie Billet

« Connaissez-vous le mouvement "Jett Rock'n'Roll" ? Non ? Moi non plus, jusqu'à hier soir, rassurez-vous ! Il faut dire qu'on ne compte qu'un seul groupe qui se réclame de ce mouvement...: "Guitar Wolf", trio punk-noisy-garage et déjanté japonais (si si !), dont le leader-guitariste voue un culte à Joan Jett (cela vaut mieux qu'à Rachida Dati, si vous voulez mon humble avis !). Et ils jouaient en ville, hier soir, en ce mois de Juillet aussi froid que l'enfer. Et nous y étions, bien sûr, les deux Gilles et moi.

Mon premier concert à la Maroquinerie, lieu tant chanté dans ses chroniques par Gilles B : de l'émotion, c'est un peu comme perdre son pucelage, non ? Bon, une chouette salle en effet, avec une superbe acoustique, et des marches tout autour offrant un refuge à ceux qui voudraient échapper au mosh pit - ce qui sera notre cas (une bonne décision) ce soir... A l'entrée, on vend des "acou-fun", silicone pour les oreilles et contre les acouphènes, avec le ridicule argument suivant : "Le niveau sonore va être élevé, ce soir, vous savez !". Mauvais Marketing, comme une atteinte à la virilité des spectateurs, non ? On est venu là pour se faire exploser la tête, eh, patate !

2007 07 Four Slicks Maroquinerie 023

En entrée, les Français de The Four Slicks, qui jouent du rockab' bien traditionnel, avec le look qui va bien (bananes, gomina, cuir et lunettes noires), mais quand même avec une agréable modernisation (si l'on peut dire) pub rock : donc à donf'. Charlie, le chanteur, ressemble à un croisement sous le signe du Jack Daniels de Philippe Manoeuvre et de Philippe Djian, et a une voix approximative, dont il nous fera douloureusement bénéficier durant la seule minute et demie lente de leur set emballé de 35 minutes. Mais pour le rock, cela va le faire, d'autant que les musiciens, le guitariste surtout, nerveux et souriant, ne sont pas des brelles. Un excellent moment de pur rock'n'roll, comme disait l'autre, même si le manque de bonnes compositions rend le tout un peu trop uniforme. Et puis, comme disait Gilles P, on aurait bien aimé une belle reprise d'un classique, en cerise sur le gâteau.

2007 07 Guitar Wolf Maroquinerie 059

Les trois Japonais de Guitar Wolf font aussi dans le look "plus rock'n'roll que moi, tu meurs", et on va vite se rendre compte qu'il s'agit exactement de cela : une célébration bizarre (japonaise...!) de tous les rituels du "lock'n'loll". Les poses spectaculaires, les riffs d'acier, les Marshall fumants, les tatouages du batteur (tendance yakuzas, quand même), les badges qu'on embrasse en signe de vénération, les harangues au public (hilarantes parce que complètement inintelligibles, en yaourt anglo-nippon), le cuir noir comme une seconde peau, les lunettes noires comme de seconds yeux... nous sommes ici au cœur d'un rituel sauvage, à la fois grotesque (mais d'un grotesque parfaitement revendiqué) et touchant (car nous partageons tous ici cette foi dans le fait que le Rock'n'Roll, lorsque tous les potentiomètres sont dans la zone rouge, peut nous sauver, non ?). Les autres divinités majeures de ce rituel sont les Cramps (diffusés par la sono) et les Ramones (en - très longue - intro et en conclusion du concert), mais il faut bien dire que Seiji (le Guitar Wolf de Guitar Wolf) a un talent tellement limité à la guitare que même l'imitation des Ramones lui est impossible : s'il y a évidemment un bémol au plaisir que l'on peut tirer de ce set furieux, qui voit la plupart des morceaux enchaînés les uns aux autres sans une seconde de pause, c'est que la musique, approximative et seulement sauvée par le niveau sonore et la distorsion furieuse, n'atteindra jamais la puissance et la frénésie de ses modèles. Quant aux compositions, elles ne sont en fait que des copies assez fades - mais implacables, quand même - des grands hymnes inventés depuis des décennies par les Stooges ou le MC5.

Il faut donc un certain temps pour se mettre "dans l'ambiance", le petit théâtre parodique de Seiji ne favorisant pas la concentration du spectateur sur la musique : et que je te vide une bière cul sec, à la verticale, dans un pose qui évoque plus Spinal Tap que Jeffrey Lee Pierce, et que je te fais parader un roadie grimé qui brandit un panneau "SEX" pendant la chanson du même nom, et que je m'amuse à faire sur scène une pyramide de spectateurs sur laquelle je puisse grimper (du jamais vu, et certainement le moment le plus drôle !). Et puis, frénésie de la fosse aidant, on se laisse aller à ce délire furieux, qui évoque dans ses meilleurs moments, quand Seiji parvient à peu près à jouer un riff correctement, les grandes heures du Hardcore des années 90...

2007 07 Guitar Wolf Maroquinerie 115

Arrive le morceau où Seiji fait jouer de la guitare à un spectateur - superbe illustration du fait que le Rock, c'est pour tout le monde... - et confie ce soir son Empire noire à Jon, le brillant gratteux des Four Slicks, qui, tout en technique et en speed tranchant, met le feu à la salle en deux accords (on voit la différence !) : Seiji et Jon finiront le morceau dans un slam joyeux, et ce sera pour moi le plus bel instant d'une soirée finalement très réussie. Quant au plus absurde et finalement, curieusement sympathique, ce sera le retour en second rappel de Seiji, tout seul, pour 10 minutes de grand n'importe quoi à la guitare (Hendrix chez les trisomiques ?) qui laissera tout le monde assez décontenancés.

Et le niveau sonore, me direz-vous ? Eh bien, mes amis les acouphènes m'ont raccompagné chez moi, et j'ai dit adieu - sans regrets - à une autre fréquence auditive. Mais cela aurait pu être plus fort encore, non ? »

 

Les musiciens de Guitar Wolf sur scène :

Seiji “Guitar Wolf”- guitar & vocal

Toru “Drum Wolf”- drums

Ug “Bass Wolf”- bass)

 

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01 juillet 2016

Arctic Monkeys - Mardi 3 Juillet 2007 - Zénith (Paris)

2007 07 Arctic Monkeys Zenith Billet

« C'est quand j'ai vu Alex Turner jeter rageusement sa guitare par terre (et, en passant, l'exploser) parce que les roadies l'avaient mal accordée - avoir une guitare parfaitement accordée est l'une des obsessions de ce "charmant" ado, qui n'hésite pas à arrêter le concert à plusieurs reprises pour vérifier l'état de sa 6 cordes - que je me suis dit : "Putain ! (passez-moi l'expression...), quel petit con, ce mec !". Il faut dire que cela faisait déjà pas mal de temps que son attitude incroyablement dédaigneuse envers son public (pas un sourire pendant une heure quinze, seulement des petits gestes à la foule en liesse, exigeant ni plus ni moins des applaudissements ou des cris) me courait sur le haricot. Clairement, les centaines d'adolescentes en transe à mes côtés ne partageaient absolument pas mes sentiments pour cette épouvantable tête à claque de collégien anglais, que, allez savoir pourquoi, j'ai passé la soirée à m'imaginer jouer - du côté de Slytherin, bien sûr - dans le prochain Harry Potter ! Mais revenons un peu en arrière...

Cette entrée de concert restera dans les annales, et je n'oublierai jamais le regard fier de Gilles lorsqu'il touchera le premier la barrière des premiers rangs après un sprint hallucinant, devançant la horde de groupies hululantes qui le talonnait : il aurait mérité une médaille, si l'on homologuait aux J.O. cet indéniable sport extrême qui consiste à atteindre le premier rang d'un concert d'Arctic Monkeys, malgré les quatre cent quarante huit filles qui étaient arrivés avant lui (avant nous) dans les files d'attente. Impressionnant, le Gilou, dans sa foulée d'athlète et son intuition de grand fauve ! Une heure d'attente et deux heures et demi de concert ensuite (45 minutes pour The Coral, 1 h 15 pour Arctic Monkeys, avec l'entracte au milieu) qui s'avérèrent parmi les plus difficiles de notre vie de "rock'n'roll motherfuckers", tant nous fumes, même au premier rang, broyés et ballotés : l'une des jeunes fans des Monkeys, luttant pour sa dernière gorgée d'oxygène avant que le ressac ne l'emporte définitivement hors de notre vue, me demandera : "Vous qui semblez avez avoir de l'expérience de ce genre de choses, est-ce que c'est souvent comme cela ?", d'un air aussi fier que désespéré, et je dois dire que, ayant consulté Gilles du regard, j'ai eu un peu de mal à me souvenir d'une telle pression. Bon ! les Arctic Monkeys sont un groupe PO-PU-LAI-RE, d'ailleurs tout le monde a chanté en chœur pendant une heure quinze TOUTES les paroles de TOUTES les chansons, couvrant quasiment totalement le son du groupe, qui était notoirement sous-amplifié ce soir, ce qui est une vraie gageure quand on connaît les textes à rallonge, plus "rap" que "rock", de Turner. Mais revenons un peu en arrière (bis)...

2007 07 The Coral Zenith 002

L’attente n’aura d'ailleurs pas été désagréable, malgré la foule, grâce à une conversation sympa avec un type de la sécurité (qui nous confirmera les exigences hallucinantes de la production des Monkeys : pas de photographes dans la fosse, pas d'appareils photos dans la salle - mais je me suis débrouillé ! -, pas d'eau pour le public pendant que le groupe joue, etc.), et à l'étonnement d'avoir une... naine au premier rang à ma gauche (NDLR : Véridique !)... naine qui, broyée contre la rambarde aussi haute qu'elle, sera évacuée avant même que The Coral ait joué une seule note... The Coral qui aura été pour moi LA grande découverte de cette soirée aussi pénible que musicalement remarquable : 3/4 d'heure de pop malicieuse, gaie et enlevée, de rythmes "western" parodiques mais entraînants, un bain  d'intelligence et de talent, au point que je me suis demandé pourquoi je n'avais jamais encore écouté ce groupe, qui a déjà plusieurs années de vie. Il faudra retourner les voir dans de meilleures conditions, c'est sûr !

2007 07 Arctic Monkeys Zenith 011

Arctic Monkeys, c'est autre chose : une énorme hype - le premier groupe fait par Internet, propulsé aux sommets sans que personne n'ait pu faire quelque chose, ni pour ni contre -, qui a bien monté à la tête de leur petit con de leader (again). C'est aussi une musique finalement assez difficile, ambitieuse dans sa recherche d'une forme actuelle - disons mi-rock à guitare, mi-rap (l'école The Streets) -, pour conter, avec beaucoup de talent, le quotidien de l'Angleterre de ce début de siècle. Que l'on aime ou pas (et certaines des chansons sont finalement assez faibles et répétitives), il est indéniable que les Monkeys sont un groupe important, illuminés par ce statut de représentants "naturels" - et doués - d'une jeunesse à la recherche de sa voie (et de sa voix). Le concert sera donc impeccable, voire même impressionnant, malgré le régime de terreur qu’Alex Turner fait visiblement régner parmi ses copains (?). Of course, I Bet You Look Good on the Dance Floor, peut-être la meilleure déflagration punk depuis les Sex Pistols, sera terrassant, l'un des plus grands moments de cette année de concerts à mon humble avis. Et Brianstorm, et Fake Tales of San Francisco, et tant d'autres hymnes paradoxales, impeccablement balancées par un groupe qui, avec la maturité qui viendra forcément, a tout d'un grand. On appréciera particulièrement l’élasticité conférée à leur musique par le nouveau bassiste, Nick O'Malley, dont le talent emmène les morceaux des Monkeys vers le dance-floor, justement. On sera heureux de voir Matt Helders, le batteur, jubiler en chantant à tue-tête, ce qui nous change de la grise mine de Turner et de l'air angoissé de son guitariste, Jamie Cookie Cook, qui fait visiblement là et quand Alex lui dit de faire. On sortira donc de là tout-à-fait ravis, malgré les courbatures et la grande fatigue, d'avoir vu LE groupe qui a été, en 2005, BIGGER THAN THE BEATLES (NDLR : Véridique !). Une chose est certaine, ce soir, le Rock'n'Roll n'est pas mort. Et c'est une (très) bonne nouvelle... »

 

Les musiciens de Arctic Monkeys sur scène :

Alex Turner (Vocal, Guitar)

Jamie Cook (Guitar)

Nick O'Malley (Bass)

Matt Helders (Drums)

 

2007 07 Arctic Monkeys Zenith 046

La setlist du concert de Arctic Monkeys :

The View From The Afternoon (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Brianstorm (Favourite Worst Nightmare - 2007)
Still Take You Home (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Dancing Shoes (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
From The Ritz To The Rubble (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Teddy Picker (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
D Is For Dangerous (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
This House Is A Circus (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Fake Tales Of San Francisco (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Balaclava (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Old Yellow Bricks (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
You Probably Couldn't See For The Lights But You Were Staring Straight At Me (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006)
Were Looking Straight At Me (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
I Bet You Look Good On The Dancefloor (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006)
If You Were There, Beware (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Fluorescent Adolescent (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Mardy Bum (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
Do Me A Favour (Favourite Worst Nightmare - 2007) 
Leave Before The Lights Come On (New Song)
When The Sun Goes Down (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006) 
A Certain Romance (Whatever people say I am, that’s what I’m not - 2006)

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30 juin 2016

Kings of Leon - Mardi 26 Juin 2007 -Bataclan (Paris)

2007 06 Kings of Leon Bataclan Billet

« Nous attendions des barbus avec des t-shirts ornés de drapeaux confédérés dans la queue, et il n'y avait encore une fois que des jeunes filles excitées ! De quoi commencer à croire que notre bon vieux Rock'n'Roll a changé de sexe, et que les tatoués restent désormais chez eux, remplacés par des piercées !  En tous cas, la longue attente (deux heures) devant le Bataclan ne me paraîtra pas si longue que cela, Gilles B nous faisant part de ses considérations catastrophées sur l'inoubliable merde qu'aura été le récent concert d'Aerosmith à Bercy, tandis que l'ami Vincent s'évertuait - en vain - à relativiser le phénomène de la solubilité du Rock dans l'âge et, surtout, dans l'argent. Comme quoi, il y a encore des raisons de se passionner et de se chamailler...

2007 06 Snowden Bataclan 017

20 h 00 : nous sommes au premier rang d'un Bataclan qui se remplit vite, ce soir, quand Snowden, d'Atlanta, montent sur scène, pour une bonne quarantaine de minutes d'un set que je trouverai plutôt intéressant : des compositions très moyennes, mais une musique habitée d'une jolie tension, parcourue ici et là d'éclairs frénétiques assez réjouissants, parfaitement symbolisés par la très élégante et très jolie bassiste, Corinne, qui nous régalera de sa belle rock'n'roll attitude et de son jeu de basse agressif.  A part cela, le chanteur demandera deux fois à la salle s'il se trouve quelqu'un pour l'héberger cette nuit, les méchants hôteliers parisiens refusant d'ouvrir leurs chambres à quatre personnes à la fois !  Comme quoi, la vie d'un groupe sur la route, ce n'est pas que du bonheur...

Nous attendions des barbus avec des t-shirts ornés de drapeaux confédérés sur la scène, et nous avons eu droit à quatre minets à peu près imberbes ayant choisi sans grand discernement leurs divers oripeaux en parcourant l'iconographie du Rock à travers les âges. Si le cousin Matthew a trouvé un bon look dans la tradition guitariste ténébreux (cuir et jean noirs, tignasse ébouriffée et éternelle clope accrochée à la bouche lippue), le frangin Caleb a tout faux, entre barbe de trois jours, cheveux longs et filasses, torse et bras de fermier, et collants bien tirés sur des jambes fines d'adolescentes, perchés sur des bottines à talons assez hauts : cherchez l'erreur !

2007 06 Kings of Leon Bataclan 028

D'ailleurs, les filles dans la salle ne semblent pas trop en pâmoison devant son charme... euh déconcertant, mais le public dans son ensemble manifeste bruyamment une vraie ferveur envers les chansons de plus en plus bizarres au fil des trois albums de ce groupe à part : le Bataclan sold out, se transformant rapidement en étuve - nous aurons droit à de vrais évanouissements autour de nous ce soir -, l'enthousiasme des fans connaissant toutes les paroles des morceaux, témoignent d'une passion pour ce groupe qui va plus loin que l'habituelle et éphémère mode.

Le son sera rapidement excellent, très fort et très puissant, mais parfaitement équilibré, ce qui nous permettra d'ailleurs de juger que la voix de Caleb sur scène laisse à désirer, et est loin de dégager l'émotion des enregistrements : une première déception donc. Les guitares sont par contre superbes, et on aura droit à quelques beaux pics d'énergie qui prouvent la puissance potentielle du groupe, toute en sensualité et en élégance, bien loin des clichés du Rock Sudiste. Kings of Leon enchaîneront donc pendant 1h25 des morceaux de leurs trois albums, avec évidemment, une priorité pour les titres du dernier, par ailleurs beaucoup plus excitants que sur disque, et très bien reçus donc par les fans qui les connaissent déjà bien. Non, le vrai problème pour moi, et ce qui m'empêchera complètement de prendre du plaisir à ce concert, c'est l'étrange austérité de la famille Followill, dégageant tous à peu près autant de charisme et d'enthousiasme que quatre souches de palétuviers : Caleb a beau nous dire - d'un air absolument inintéressé - que nous sommes un bien meilleur public que les Allemands de la veille, on a beau fêter (?) ce soir l'anniversaire de frère Nathan, rien ne semble dérider nos fils de prêcheur pentecôtiste. Dans ce contexte de "on n'est pas là pour rigoler", le "God Bless You" final ne semble pas anodin, et c'est bien aux rejetons d'une certaine Amérique puritaine et peu sympathique que l'on a affaire ce soir. Bon, il ne doit y avoir que moi pour penser cela (les fans s'entredéchirant sans état d'âme pour le moindre médiator éjecté par les musiciens), et, à mon âge, je dois certainement attacher plus d'importance à la joie de jouer et d'être ensemble, au plaisir de partager une passion que ce quatuor de très jeunes gens, timides et encore imprégnés de leur certitude que Dieu est à leur côté.

2007 06 Kings of Leon Bataclan 049

Les plus beaux morceaux de la soirée seront à mon avis, outre le classique Molly's Chamber, My Party (la foule chante en chœur), Charmer et son riff très heavy metal, et surtout McFearless, le morceau le plus excitant d'un troisième album un peu calme à mon goût...

Bref, on aura compris que si, musicalement, il n'y aura rien eu à reprocher à cette soirée, Kings of Leon est loin d'offrir une expérience émotionnelle passionnante ! »

 

La setlist du concert de Kings of Leon :

Black Thumbnail (Because of the Times - 2007)

Taper Jean Girl (Aha Shake Heartbreak - 2004

King Of The Rodeo (Aha Shake Heartbreak - 2004

True Love Way (Because of the Times - 2007)

My Party (Because of the Times - 2007)

Soft (Aha Shake Heartbreak - 2004

Fans (Because of the Times - 2007)

2007 06 Kings of Leon Bataclan 044

Arizona (Because of the Times - 2007)

Molly's Chambers (Youth & Young Manhood - 2003

The Bucket (Aha Shake Heartbreak 2004)

Milk (Aha Shake Heartbreak - 2004)

Four Kicks (Aha Shake Heartbreak - 2004

On Call (Because of the Times - 2007

California Waiting (Youth & Young Manhood - 2003

Wasted Time (Youth & Young Manhood - 2003)

Trani (Youth & Young Manhood - 2003)

Encore

Knocked Up (Because of the Times - 2007)

Charmer (Because of the Times - 2007)

McFearless (Because of the Times - 2007)

Slow Night, So Long (Aha Shake Heartbreak - 2004)

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29 juin 2016

Art Brut - Mercredi 20 Juin 2007 - Trabendo (Paris)

2007 06 Art Brut Trabendo Billet

« Sur la future liste des noms de groupe les plus débiles / amusants - l'un des projets les ambitieux de notre ami Gilles P. - gageons que Sexual Earthquake in Kobe figurera en bonne place. Les 3 Lillois - fans de Takeshi Kitano et de The Rapture (on l'aurait deviné en écoutant leur... euh musique) - qui ont donc choisi cet amusant pseudonyme sans se rendre compte qu'ils seraient condamnés à le répéter 10 fois à tous ceux qui, éberlués, leur demanderaient leur nom - ouvrent donc ce soir pour Art Brut devant un Trabendo vide. Les 12 personnes 1/2 dans la salle (je compte 1/2 pour le débile léger, ami de Patrick Eudeline qui viendra nous gonfler - mais j'y reviendrai...) ont quand même du mal à s'exciter sur cette electro post-punk qui sonne terriblement faux.

2007 06 Sexual Earthquake in Kobe 005

Moi, je dois dire que, grand fan devant l'éternel de The Rapture, j'essaie vaguement de prendre du plaisir dans ces mini-déchaînements de boucles électroniques, mais il faut bien dire que pour eux, ce n'est pas gagné (pour reprendre l'expression favorite de Gilles B) : si l'imitation de Robert Smith qui sert d'unique expression vocale chez Charly le chanteur (?) est convaincante, elle est aussi assez irritante à la longue, et le pauvre garçon est tellement ridicule dans sa gestuelle scénique qu'on finit par les applaudir par pure pitié. Les Gilles sont consternés, je me sens d'humeur généreuse, ce soir, je dodeline donc de la tête pendant les 30 minutes de leur "show", quand même interrompu de manière très impolie au plein milieu d'une chanson par l'organisation de la salle.

La pause sera l'occasion d'un grand moment de souffrance, quand le déchet sous-humain mentionné plus haut, grand dadais de 25 ans et 6 d'âge mental, viendra nous demander à Gilles B et à moi si nous "faisons partie du business" !!!! Il aura du mal à me croire quand je nierai mon appartenance au monde merveilleux de la musique, mais je lui darderai l'un de mes regards méchants qui font ma réputation, et il me laissera tranquille, pour se rabattre sur Gilles P., avec lequel il aura 15 minutes de conversation surréaliste sur Patrick Eudeline, l'un de ses amis donc, qu'il considère comme un shaman, un enfant, etc., etc. La bêtise humaine n'a pas de fond, et nous nous débarrasserons du mongolien en lui refusant les 10 centimes d'Euro qui lui manquaient pour aller s'acheter une bière. L'abruti tient apparemment un fanzine, je regrette de ne pas en savoir le titre pour pouvoir connaître mieux ses brillantes théories sur les chemises à jabot, Brian Jones et ce que signifie "être Rock"...

2007 06 Art Brut 048

La salle s'est maintenant un peu remplie quand Art Brut entrent en scène, nous offrant immédiatement la représentation visuelle du paradoxe hilarant de leur musique : d'un côté un groupe "Rock" déclinant les stéréotypes de la Rock Attitude, avec deux guitaristes "élégants et racés" tous droit sortis des pages magazines de la presse anglaise, une bassiste au look gothique et un batteur nerd souriant, de l'autre un front man surprenant, Eddie Argos, sorte de nounours gras en chaussettes dépareillées (sans chaussures je veux dire), la bedaine émergeant de sa chemise mal rentrée dans le pantalon, qui ressemble soit au comptable d'une PME de Castelnaudary en redressement judiciaire, soit au lointain cousin de Lisieux qui essayait de vous montrer sa bite chaque fois qu'il le pouvait. Disons donc que Art Brut sont à la fois brutaux et hilarants, ce qui est un mélange aussi détonnant que original. Les textes grandioses d'humour et d'esprit d'Eddie Argos sont déclamés, récités (l'homme n'a rien d'un chanteur, ni de Rock ni d'autre chose) sur un mur sonore - deux guitares à donf' - particulièrement réjouissant. Art Brut suscite déjà une vraie passion chez ses spectateurs, qui ont inventé des rituels (on les acclame en criant "Top of the Pops, Top of the Pops !", on leur jette des chaussettes roses à rayures qu'Eddie se fera un plaisir d'enfiler pour le rappel), bref on s'amuse beaucoup dans la salle comme sur scène.

Les écouter est un bonheur pour tous ceux qui aiment qu'on leur explose les neurones avec des rythmes keupons, voire skinheads, et même vaguement "metal". Les regarder est un délice : les 2 guitaristes, tout en restant incroyablement efficaces, font un concours de se toucher les tétons et les fesses tout en continuant à jouer, le batteur joue debout et porte un sourire illuminé du début à la fin. Quant à Eddie, ne sachant pas quoi faire de sa grande carcasse molle, il raconte des conneries (un long speech au milieu du merveilleux Emily Kane, ode poignant à son premier amour perdu, pour nous expliquer qu'il ne faut surtout pas croire les paroles des groupes de rock, et qu'il ne faut pas hésiter à épouser son premier amour !), se jette dans la (petite) foule, et a surtout l'air de jubiler d'avoir son groupe de malades qui ramonent à fond la caisse derrière lui.

2007 06 Art Brut 050

A la fin, Ian Catskilkin réalise son rêve d'enfant et imite Jimmy Page sur une guitare double manche, et Mickey B dirige - comme chez les Fleshtones, pour les connaisseurs - la cérémonie d'adieu au public... My Little Brother (les larmes aux yeux tellement c'est bon !), Nag Nag Nag (metal !) et Good Week-end ("J'ai vu ma nouvelle girlfriend nue... 2 fois !") auront été les sommets furieux de ce grand petit concert très électrique et très excentrique. Nous sortirons donc ravis d'avoir autant ri et vibré. Bon délire, mon pote! »

 

Les musiciens de Art Brut sur scène :

Eddie Argos (lead vocals)

Ian Catskilkin (lead guitar)

Freddy Feedback (bass guitar)

Jasper "Jeff" Future (guitar, backing vocals)

Mikey Breyer (drums)

 

La setlist du concert de Art Brut

Pump Up The Volume (It's a Bit Complicated - 2007)

Bad Weekend (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Bang Bang Rock And Roll (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Modern Art (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

St. Pauli (It's a Bit Complicated - 2007)

Rusted Gun Of Milan (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Late Sunday Evening (It's a Bit Complicated - 2007)

2007 06 Art Brut 049

18000 Lira (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

I Will Survive (It's a Bit Complicated - 2007)

Moving To LA (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Jealous Guy (J. Lennon Cover)

My Little Brother (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Post Shooting Out (It's a Bit Complicated - 2007)

Emily Kane (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

Nag Nag Nag Nag (It's a Bit Complicated - 2007)

Encore

Direct Hit (It's a Bit Complicated - 2007)

Good Weekend (Bang Bang Rock & Roll - 2005)

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28 juin 2016

The White Stripes - Lundi 11 Juin 2007 - Zénith (Paris)

2007 The White Stripes Zenith Billet

« Pour être tout-à-fait franc, je n'avais pas vraiment envie d'être là, compressé au premier rang d'un Zénith bien plein, entouré d'adolescentes qui se chamaillaient pour savoir si "la meuf" des White Stripes ("ah oui, elle s'appelle Meg") était cool ou non, qui affirmaient que la meilleur salle de Paris était l'Elysée Montmartre (misère !), alors qu'il y avait bien d'autres endroits plus agréables où j'aurais pu passer mon lundi soir. Il faut dire que le feedback des copains sur les précédents concerts de Jack et Meg n'était guère encourageant, sans parler de l'épouvantable DVD live sorti quelques années plus tôt qui faisait tout sauf envie. Mais bon, j'avais acheté le billet dans un moment d'enthousiasme, et, quelque part, le collectionneur vaguement anal en moi me susurrait que je ne pouvais guère manquer de voir un groupe aussi important dans l'histoire du Rock, blah blah blah.

2007 David Viner Zenith 06

20 h 00, les choses commencent bien mal avec l'apparition sur scène d'un pauvre gars qui, armé de sa guitare sèche, s'imagine que nous n'avons jamais écouté Leonard Cohen et qu'il peut nous faire croire qu'il vient d'inventer ce genre de musique. J'ai d'ailleurs immédiatement oublié son nom, il faudrait que je le cherche, mais est-ce bien la peine ? (vérification faite, il s'agirait d'un certain David Viner...). Heureusement, il est tout de suite rejoint sur scène par un "groupe" (contrebasse, violoncelle, batterie) dont le grand intérêt est la blonde beauté de la contrebassiste (Gilles est déjà tout excité, on l'excusera...) : nous voilà partis pour 20 minutes d'un vague déballage mi-country traditionnelle, mi Don Mc Lean (quelqu'un s'en souvient ?), mi Waterboys sous tranxène (cela fait trois moitiés, je sais, mais lâchez-moi un peu, OK ?). Pitoyable : comment peut-on ainsi faire de la musique "de vieux", sans une seule idée originale, à 25 ans ? Le public, qui n'a sans doute pas encore assez usé ses fonds de culotte dans une Rock School, avale quand même cela comme du nanan, pendant je me tiens la tête dans les mains, saisi d'une irrépressible crise de baîllements.

2007 The White Stripes Zenith 012

21 h 00, The White Stripes entrent en scène sous un déluge d'applaudissements et de cris hystériques, tout de rouge vêtus dans un set tout rouge, avec des instruments laqués tous rouge. C'est très beau à force d'être puéril et conceptuel, c'est bien les White Stripes ! Et s'il y aura quelque chose à retenir des 80 excellentes minutes qui vont suivre,  c'est que ce sont les vrais White Stripes qui sont revenus... Jack a perdu sa mauvaise graisse d'excès divers, on ne lui donnerait par moments guère plus de 20 ans, et Meg sourit de toutes ses dents (Gilles s'extasie plutôt sur ses GROS seins... de fait, elle doit avoir la poitrine la plus imposante du Rock actuel !) : le plus important est que la musique soit revenue à un blues essentiel, basique, joué avec une émotion et une attention qui faisait défaut aux récents enregistrements. Si le concert commence à mon avis de manière moyenne, avec Jack qui enchaîne un peu erratiquement les riffs sanglants de plusieurs de ses classiques, et qui nous perd un peu, c'est normal, avec de nouveaux morceaux de l'album à venir... Gilles et moi sommes écrasés par la foule déchaînée, et les videurs commencent à évacuer les minettes évanouies les unes après les autres. Un naïf me tape sur l'épaule pour me demander si je veux bien céder ma place au premier rang, et les quelques centimètres cubes d'oxygène qui réussissent à entre dans ma cage thoracique broyée, à sa nana qui défaille : je dois lui lancer un regard tellement incrédule qu'il n'insiste pas, mais je me demande ce que j'ai fait au Bon Dieu pour ressembler ainsi - de dos - au bon samaritain...

Et puis, d'un coup, tout se met en place - dans ma tête, dans mon cœur. Hotel Yorba lance la masse humaine compacte dans une tentative de pogo hébété, puis les explosions acérées de I Think I Smelled a Rat mettent une couche de bonne humeur joviale par là dessus, avec Jack et Meg qui, face à face, se font des mines de collégiens. Un nouveau morceau, magnifique, oriente le concert vers une longue phase de blues, émotionnelle, réfléchie, qui nous permet de juger combien Jack est un bon guitariste (une évidence, je sais, mais c'est autre chose de le voir suant et concentré sur sa Mosrite vintage à cinq mètres de soi !), et combien la maturité nouvelle a apporté de la chaleur et de l'émotion dans son jeu brillant.

2007 The White Stripes Zenith 053

Dans ce nouvel esprit, plus mature, Jolene nous brise littéralement le cœur, tant Jack chante et joue bien, loin des tics de guitar hero et de l'hystérie vocale de ses précédents concerts. Plus tard, alors que nous sommes déjà conquis, nous aurons droit au numéro à la Moe Tucker de Meg, qui viendra nous faire son Cold Cold Night aussi enfantin et simpliste que touchant : la foule est en délire, certains comme moi à cause de "l'effet madeleine" - le Velvet -, d'autres, j'en jurerais, à cause du contraste vaguement pervers entre la voix et le corps boudiné d'enfant de Meg et sa fameuse poitrine - sur laquelle tant de journalistes plus doués que moi ont déjà tellement écrit.

Une fabuleuse version de I Just don't Know what to do with myself (du génial Burt Bacharach, rappelons-le aux plus distraits), là encore, très justement posée, pondérée presque, comme si Jack avait désormais appris l'essentiel, prendre son temps et savourer l'instant présent. Après une heure, plus d'un quart d'heure d'un magnifique rappel, qui finira de manière magique par une belle version de Seven Nation Army, ralentie, jouée "a minima", Jack se contentant d'articuler avec les cordes de basse de sa guitare le squelette de son riff génial (l'un des 5 plus grands riffs de l'Histoire du Rock, avec ceux de Satisfaction, Wild Thing, Sweet Jane,... complétez par celui qui vous est cher...) : c'est la foule extatique qui chante ("dom dom dom") le riff à la place de la guitare de Jack, qui part dans deux solos enchantés. A côté de moi, une minette en chaleur jette sur la scène un cadeau pour Jack (sans aucun doute une vidéo home made sur laquelle elle s'est filmée en train de se trémousser nue !), mais le projectile tombe en deçà des retours, et Jack sortira de scène, après un long salut chaleureux au public, sans le voir : la fille en pleure de rage, et, ma foi, je dois avouer que c'est très, très triste, tout cet amour qui ne sert à rien...

La parfaite conclusion donc pour un très beau concert plein d'émotions. »

 

La setlist du concert des White Stripes :

When I Hear My Name (The White Stripes - 1999)

Dead Leaves and the Dirty Ground (White Blood Cells - 2001)

Cannon (The White Stripes - 1999) >

> Little Room (White Blood Cells - 2001) >

> Ball and Biscuit (Elephant - 2003) >

> Cannon (The White Stripes - 1999)

2007 The White Stripes Zenith 046

Icky Thump (Icky Thump - 2007)

Effect and Cause (Icky Thump - 2007)

Hotel Yorba (White Blood Cells - 2001)

Do (The White Stripes - 1999)

I'm Slowly Turning Into You (Elephant - 2003)

I think I Smell A Rat (White Blood Cells - 2001)

300 M.P.H. Torrential Outpour Blues (Icky Thump - 2007)

Same Boy You've Always Known (White Blood Cells - 2001)

Hello Operator (De Stijl - 2000)

In The Cold, Cold Night (Elephant - 2003)

Jolene (Dolly Parton cover)

Let’s Shake Hands (Single 1998 / Aluminium - limited - 2006)

Ball and Biscuit (Elephant - 2003)

Encore

Black Math (Elephant - 2003)

The Denial Twist (Get Behind Me Satan - 2005) >

> Passive Manipulation (Get Behind Me Satan - 2005) >

> I Just Don't Know What To Do With Myself (David Bacharach Cover)

Seven Nation Army (Elephant - 2003)

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27 juin 2016

Maxïmo Park / Blood Red Shoes - Vendredi 8 Juin 2007 - Bataclan (Paris)

2007 Maximo Park Bataclan Billet

« Bon, je m'étais embarqué dans l'aventure Maxïmo Park (avec tréma, attention, important le tréma !) pour booster un mois de juin assez pauvre en concerts avant la grande traversée du désert de Juillet/Août, et l'écoute de leur second album assez quelconque ne m'avait guère rassuré quant à ce qui allait se passer ce soir. Arrivée devant le Bataclan repeint de frais comme une maison du Nordeste brésilien (c'est original, et assez gai au milieu des immeubles haussmanniens), où je retrouve le couple infernal Gilles & Gilles. Nous ne sommes pas les premiers, mais un peu d'astuce à l'ouverture des portes, un bon sprint, et nous sommes, Gilles B et moi les premiers à atteindre la barrière et nous garantir le premier rang : dommage qu'il n'existe pas une discipline sportive dans le domaine, nous serions champions olympiques ! Gilles P., fatigué, avait décidé de rester derrière, un peu au calme.

2007 Blood Red Shoes Bataclan 008

Nous devisons tranquillement, Gilles et moi, quand un grand  fracas nous fait littéralement sursauter (ainsi que la majorité du public encore tranquillement assis par terre !) : pendant que nous ne faisions pas attention, et sans que les lumières de la scène se soient complètement allumées, Blood Red Shoes ont pris place (nous avions à peine remarqué qu'il ne s'agissait pas de roadies) et ont balancé la purée avec une violence ébouriffante... je crois d'ailleurs que c'est la première fois de ma longue carrière de r'n'rmf* que je me fais surprendre de la sorte !!! Bon, les Blood Red Shoes, c'est un petit couple anglais à l'apparence tranquille de Brighton, sauf qu'elle, Laura-Mary Carter, en robe à fleur de gentille ménagère, joue de la Telecaster sur deux énormes Marshall des familles, et que lui, Steven Ansell, du haut de ses 14 ans (en tout cas il n'a pas l'air beaucoup plus vieux...) frappe sur les fûts comme s'il était le croisement génétique de John Bonham et d'un bûcheron du Grand Nord canadien. On est parti pour 35 minutes délicieuses de rock acéré, violent, tout en brisures et en accélération de rythme et d'intensité : une musique mi-traditionnelle (la ligne punk-garage qui fait toujours du bien), mi avant-gardiste (une tendance à l'abstraction, au post-rock comme on dit...) qui ne brille pas par l'inventivité de ses mélodies, mais embrase la salle par la furie qu'elle dégage. Gros succès (mérité) pour cette première partie tout-à-fait exceptionnelle, un duo qu'il va falloir suivre de près !

2007 Maximo Park Bataclan 028

Maxïmo Park déboulent dans un décorum tout de noir et blanc, sur un Girls who Play Guitars et je dois admettre que le spectacle est assez impressionnant... tous les regards convergent immédiatement vers Paul Smith, leur fameux "leader charismatique" comme on dit, dont la réputation de meilleur showman actuel ne paraît pas usurpée : physiquement, Paul a tout du croisement entre un Mick Jones bodybuildé (la vieille élégance british) et un Keith Moon ressuscité (les grimaces clownesques, l'énergie de ludion joyeux, et même le melon qu'il ne quittera pas du concert, malgré la chaleur qui deviendra vite insupportable dans la salle). Paul Smith saute en l'air comme Pete Townshend : décidément, il y a un petit quelque chose des Who dans Maxïmo Park, aussi bien dans le style de Paul Smith que dans la musique, faisant, elle, le grand écart entre hargne et emphase, entre l'ambition de faire réfléchir - avec des textes qui manifestent une certaine intelligence - et le goût de la folie furieuse. Paul Smith harangue la foule qu'il voudrait toujours plus déchaînée. Paul Smith vit de toute évidence chacune de ses chansons avec une intensité qui pourrait être un peu "old school", voire inquiétante, s'il ne l'équilibrait pas par un sens certain de la comédie et du plaisir. Il est, oui c'est vrai, l'un des chanteurs les plus impressionnants sur scène que l'on ai vus depuis longtemps, sans doute depuis les années 70, quand le rock était encore le théâtre grandiose des excès les plus fous. Le groupe est très carré, avec une puissance de feu impressionnante, qui confère à leur répertoire, assez faiblard je le maintiens en dehors de quelques hits inoxydables (les morceaux les plus rapides en fait), une dimension absente des disques.

2007 Maximo Park Bataclan 060

Le son est très fort, comme souvent au Bataclan, mais, comme l'a fait remarquer Gilles, aurait encore mérité de l'être plus, tant le plaisir que distille Maxïmo Park se mesure plus à l'aune des grands groupes seventies (là encore, j'ai pensé en Who devant cette générosité pugnace, cette emphase sans complexes) que celui de la musique plus élégante et pop de leurs contemporains. La lumière est belle, permettant de bonnes photos. Seul problème : la chaleur, rapidement alarmante (l'une des mauvaises caractéristiques de cette salle, dans laquelle Paul Smith nous avoue avec gourmandise avoir toujours rêvé de jouer depuis qu'il a écouté je ne sais quel CD enregistré "live au Bataclan" !), qui menace au milieu du concert de terrasser Smith... Le voilà, tout blanc, obligé de faire plusieurs pauses entre les morceaux, au bord de l'évanouissement, avant de repartir de plus belle dans ses sauts épileptiques... Derrière lui, on s'amusera de l'organiste déjanté, Lucas Wooler, qui vient pogoter avec Smith et jouer de "l'air guitar" dès qu'il a l'occasion de lâcher son clavier, et du look Tim Burton engraissé au fish & chips (oui, il veut ressembler à Robert Smith en encore plus bouffi !) de Archis Tiku, le bassiste géant qui descend de temps en temps de son estrade (si ! si ! il a sa propre estrade, son piédestal, comme s'il s'agissait d'un monument !) pour se jeter dans la mêlée... Nous aurons droit à une bonne heure de ce traitement de choc, qui se terminera sur Limassol, visiblement l'un des morceaux chéris de Gilles, qui part en vrille à côté de moi. Ne connaissant bien que le second album, ma chanson préférée sera quant à moi Our Velocity, avec sa mélodie faussement new wave et vraiment à tiroirs... même si je dois reconnaître que Apply some Pressure n'était pas mal non plus.

C'est la pause avant le rappel, le public - des fans, dans un registre différent de celui des Kaiser Chiefs par exemple, plus émotionnellement engagés vis à vis du groupe - scande "Maximo ! Maximo !", ce qui est devenu apparemment le rituel lors de ces concerts (on aura noté le clin d'œil au final de "Gladiator", bien sûr, ce qui n'est pas absurde, vu l'intensité physique du combat auquel nous avons assisté). Maxïmo Park reviennent pour un rappel un peu inhabituel, avec deux titres plus mineurs, qui font descendre gentiment la pression pour que l'on quitte la salle conquis et heureux. »

 

2007 Maximo Park Bataclan 070

Les musiciens de Maxïmo Park sur scène :

Paul Smith – voice

Duncan Lloyd - guitar

Archis Tiku - bass

Lukas Wooller - keyboards

Tom English – drums

 

La setlist du concert de Maxïmo Park :

Girls Who Play Guitars (Our Earthly Pleasures - 2007)

Now I'm All Over The Shop (A Certain Trigger - 2005)

A Fortnight’s Time (Our Earthly Pleasures - 2007)

Graffiti (A Certain Trigger - 2005)

Parisian Skies (Our Earthly Pleasures - 2007)

Our Velocity (Our Earthly Pleasures - 2007)

Want You To Stay (A Certain Trigger - 2005)

By The Monument (Our Earthly Pleasures - 2007)

Books From Boxes (Our Earthly Pleasures - 2007)

Kiss You Better (A Certain Trigger - 2005)

Karaoke Plays (Our Earthly Pleasures - 2007)

Russian Litterature (Our Earthly Pleasures - 2007)

Apply Some Pressure (A Certain Trigger - 2005)

Nosebleed (Our Earthly Pleasures - 2007)

Signal And Sign (A Certain Trigger - 2005

The Unshockable (Our Earthly Pleasures - 2007)

Limassol (A Certain Trigger - 2005)

Encore

Sandblasted & Set Free (Our Earthly Pleasures - 2007)

Going Missing (A Certain Trigger - 2005)

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26 juin 2016

Kaiser Chiefs - Mardi 5 Juin 2007 - Olympia (Paris)

2007 Kaiser Chiefs Olympia Billet

« Aucun doute, Kaiser Chiefs sont un groupe PO-PU-LAI-RE : il suffit de voir le nombre de petites minettes de 18 ans maxi qui sont déjà massées dans la queue de l'Olympia quand nous arrivons (eh oui ! Devant Gilles et Patrick ! Il faut quand même oser !) pour le comprendre. Heureusement, à la course à pied à travers la longue entrée de l'Olympia, et aussi à la resquille, nous sommes imbattables, même à près de 50 ans... Ce qui nous permet de nous planter au tout premier rang, à gauche, en plein devant l'ampli Orange de Andrew White, le guitariste de KC, douce promesse de prendre un peu de ROCK'N'ROLL bien droit dans nos feuilles, plus tard.

2007 Good Shoes Olympia 007

Les Good Shoes ouvrent le bal, à 20 h 00 précise, pour un show d'une trentaine de minutes, et rien ne me permet de réviser mon opinion mitigée de la première partie des Rakes (eh oui, déjà !) : on est à nouveau intrigués par des rythmes tressautants et bancals, et ce d'autant plus qu'on commence à reconnaître certaines chansons - en particulier We are Not the Same, leur morceau qui me paraît le plus accrocheur, ou It's All in My Head avec son refrain à rebrousse-poil -, mais on peine à être vraiment passionnés par ce qui se passe sur scène. La faute à une trop grande uniformité des chansons, assez faibles dans l'ensemble, et aussi à l'attitude d'une froideur assez infecte de l'ensemble du groupe : est-ce de la timidité ou de l'arrogance ? Difficile à dire, mais, par exemple, devant Joel Cox, le bassiste virtuose (le pilier d'un groupe en général assez limité techniquement), il est impossible de ressentir la moindre sympathie pour ce grand benêt qui jette des regards torves sur tout ce qui bouge au delà de la scène : videurs, photographes ou spectateurs, nous sommes tous considérés avec un mépris similaire. Envie donc de lui attaquer la plante des pieds au chalumeau pour voir s'il rigole. Passons !

L'attente reprend, agréablement interrompue par des petites conversations avec le service d'ordre ou par l'ami de Gilles, le Hibou de 1m64, qui n'arrête pas de nous traiter de "vieux" quand il nous questionne sur nos souvenirs (... "Comment c'était la guerre, dit, pépé" ?) : il y a des baffes qui se perdent ! Un nain pleurnichard me demande s'il peut passer devant moi ("je ne crois pas que je vous gênerais", me dit ce doux innocent !), ce qui me permet d'être cruel en lui refusant de manière glaciale l'air qu'il me réclame : pour respirer, il fallait venir TÔT, eh, ballot !

2007 Kaiser Chiefs Olympia 045

21 h 05 et Kaiser Chiefs déboulent sur scène dans un fracas heavy metal et des lumières blanches éblouissantes (et chaudes,... on en sentira les effets tout au long du concert, sur chacune des "hymnes" du groupe !) :  Every Day I Love You Less and Less et dans la salle, c'est la folie instantanée, et cela ne cessera pratiquement pas pendant les 70 minutes du concert. Heureusement que nous sommes accrochés à la barrière, et résistants aussi. Le son est bien fort comme on l'aime (... mais pas trop, docteur, je vous jure, nous n'avons rien perdu de notre ouïe ce soir !), même si la balance est moins parfaite qu'à l'habitude, et que l'on perdra régulièrement la voix de Ricky Wilson : il faut dire que Andrew White mouline comme un malade devant nous, concentré sur sa Gretsch (je crois...) derrière sa frange qui lui donne un air mystérieux. Bon, si la petite heure qui suivra ne nous réservera guère de surprises, mais un choix judicieux des plus beaux morceaux de 2 albums exemplaires, quasi parfaits, elle confirmera le statut des KC de rois intouchables de la pop anglaise : toutes les mélodies sont délicieuses, et un morceau sur deux est l'occasion grandiose de tous hurler en chœur, ravis, voire extatiques. Si l'on n'entend pas assez Ricky Wilson, il faut avouer que ce  dernier est de toute façon plus occupé à faire chanter tout ce beau monde avec lui. La lumière sur scène est des plus dispendieuses (bonjour les photos, merci !), mais on a droit à la noyade dans les lumières blanches à intervalles réguliers, quand, comme des chiens de Pavlov, on nous somme d'y aller de nos "Na Na Na Naa" : ou comment on réalise que la pop parfaite est assez autoritaire, et on comprend le mot "Chiefs" dans Kaiser Chiefs. Heureusement, nos hommes sont aussi de bons bougres, qui ouvrent le champagne sur scène pour l'anniversaire d'un roadie, et ne sont jamais avares d'un sourire, d'une main tendue à un slammer éjecté, voire d'une plaisanterie (la rituelle fausse chanson de Peanut, l'organiste). Les GRANDS moments de ce soir seront, pour moi, un "Ruby" réjouissant (exactement comme on savait que cela allait se passer, avec ce refrain à la gaîté irrépressible), un Na Na Na Naa (justement) extatique, un I Predict A Riot incendiaire, et un Take My Temperature brutal et intense. La musique oscille comme sur le second album entre un punk rock speedé post-80 qui fait pogoter la foule, et un heavy metal bas du front qui encourage les oscillations assez bovines de la tête : que du bon, mon neveu ! On finit, rituellement - mais le Rock PO-PU-LAI-RE n'est-il pas affaire de rituels ? - par Oh My God, toujours le plus merveilleux morceau des KC, et tout le monde de chanter (encore une fois), ravis qu'ils n'arrivent pas y croire, non, non, non ! A la fin du concert, les minettes en furie se battent pour s'arracher médiators, set lists, voire serviettes éponge (on sera même témoin d'une mêlée ouverte, au sol, de cinq groupies déchaînées... vision rare mais réconfortante...), et on repartira trempés comme des soupes, sourds et aphones comme il se doit, mais heureux, non sans avoir acheté les T-Shirts règlementaires ("I am a Chiefette" pour les filles, les plus chers...).

2007 Kaiser Chiefs Olympia 049

"It's Only Rock'n'Roll, but I like It", pour paraphraser d'autres "vieux"... »

 

Les musiciens de Kaiser Chiefs sur scène :

Ricky Wilson – lead vocals

Andrew "Whitey" White – guitar

Simon Rix – bass guitar, backing vocals

Nick "Peanut" Baines – keyboards/synths

Nick Hodgson – drums and percussion, backing vocals

 

La setlist du concert de Kaiser Chiefs :

Everyday I Love You Less and Less (Employment – 2005)

Heat Dies Down (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

Ruby (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

Learnt My Lesson Well (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

Na Na Na Na Naa (Employment – 2005)

Thank You Very Much (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

I Can Do It Without You (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

2007 Kaiser Chiefs Olympia 039

Modern Way (Employment – 2005)

Everything Is Average Nowadays (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

My Kind of Guy (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

I Predict a Riot (Employment – 2005)

Take My Temperature (I Predict A Riot Single – 2004)

The Angry Mob (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

Encore:

Highroyds (Yours Truly, Angry Mob – 2007)

Oh My God (Employment – 2005)

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25 juin 2016

Klaxons / Metronomy - Mercredi 23 mai 2007 - La Cigale (Paris)

2007 Klaxons Cigale Billet

« Klaxons a été à mon avis l'une des grandes hypes de ces derniers mois, créée par la presse anglaise le temps venu de trouver une alternative au rock à guitares recyclant la new wave qui triomphe outre Manche depuis 4 ou 5 ans : une ambiance rave digne des grandes années "Madchester" et une certaine hystérie punk (sirènes, vocaux plus vociférés que chantés) pour une musique suffisamment nouvelle et excitante pour recruter les jeunots par cohortes entières. Devant la Cigale ce mercredi, le public est très, très jeune, majoritairement féminin (ce qui devient une constante de nos jours, comme aime à le faire remarquer l'ami Gilles, toujours séduit par quelque petite blonde aux cheveux longs dans la queue ou dans la salle), et plutôt d'apparence "standard", malgré quelques (rares) vêtements fluo et quelques coupes de cheveux amusantes. Notre petite bande se réfugie au premier rang du balcon, ce qui traduit à mon avis les effets de l'âge (prudence devant les déchaînements possibles d'une foule trop exubérante), mais sera une erreur pour un concert qui devait se vivre de manière plus "tripale" que les autres.

2007 Metronomy Cigale 007

En première partie, Metronomy, concept amusant de Joseph Mount, un  jeune Anglais de Brighton qui propose une revisite de l'électro crispée et fragile des Human League, Ultravox ou O.M.D. des années 80 via l'esprit des Ramones ou de Devo, en y ajoutant une petite dose de polka (!) et d'ironie (!!). On peut d'ailleurs aussi penser aux Nits de la grande époque : pour les rythmes bavarois bien sûr, mais aussi pour les petits gimmicks scéniques désopilants, entre les lumières portables sur la poitrine des musiciens (car Joseph Mount est accompagné en scène de deux acolytes, à la basse et aux claviers) et les poses très tongue-in-cheek. Bref, le tout est frais, drôle, et souvent stimulant, même si le meilleur de Metronomy tient dans ces petits morceaux répétitifs sans queue ni tête, où les vocaux sont remplacés par des onomatopées, plus que dans quelques tentatives de soul blanche / disco millésimées années 80, un peu pénibles. Le public a globalement apprécié - moi aussi -, même si mon avis n'était guère partagé au sein de notre petite bande...

2007 Klaxons Cigale 023

Puis, Klaxons entrent en scène, dans une ambiance assez survoltée - mais rien que nous n'ayons anticipé, quand même... : look (ou absence de look) nettement plus punk-rock basique (le guitariste gaucher, Simon Taylor-Davis, alias "Captain Strobe", ayant même une légère allure Jesus & Mary Chain, c'est dire !) que Madchester, son brutal et confus comme sur le disque - malheureusement bridé au niveau volume comme c'est souvent le cas à la Cigale -, volonté clairement formulée de propulser le public vers la transe tant à coup de vocaux qui tiennent autant de l'exhortation hip hop que de rythmes hallucinatoires... Klaxons démarrent très fort. D'ailleurs, ils nous offrent leur meilleur morceau, Atlantis to Interzone dès le début du concert, ce qui fait à la fois monter la température générale de manière notable et inquiète un peu : que vont-ils faire ensuite pour maintenir la pression ?

Et de fait, malgré le désir de terminer leur tournée par un concert qu'ils voudraient mémorable, Klaxons peineront un peu à maintenir l'excitation du début pendant les pourtant courtes 50 minutes de leur show : la fosse bouge bien (mais on verra peu de véritable hystérie, hormis celle d'une jeune femme que trois videurs auront du mal à maîtriser et à empêcher de monter sur scène), le balcon où nous sommes reste sagement assis (Gilles, Sophie et moi nous mettons rapidement debout pour mieux profiter de l'ambiance, et puis, on ne danse pas assis, hein ?), et les invités (la honte habituelle) dans leur parc réglementaire semblent s'ennuyer. Pourtant, joués ainsi en scène, les morceaux les plus commerciaux de l'album, qui évoquent un peu un Heaven 17 (vocaux raides, rythmes synthétiques et disco), sont agréablement boostés par l'énergie du groupe, tandis que les plages plus confuses du disque prennent au contraire un intérêt mélodique plus net. Le "coup de barre" le plus notable survient par exemple sur Two Receivers, par ailleurs superbe morceau hypnotique et mélancolique, et l'on perçoit nettement le niveau d'enthousiasme du public baisser...

Rattrapage sur la fin, et pendant le rappel (Four Hoursemen, je crois...), violent et âpre, mais Klaxons auront livré une prestation un peu en deçà de ce que nous attendions d'un groupe aussi encensé et novateur. »

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Les musiciens de Klaxons sur scène :

Jamie Reynolds - bass, vocals

James Righton - keyboards, vocals

Simon Taylor-Davies – guitars

Steffan Halperin - drums

 

La setlist du concert de Klaxons :

The Bouncer (Xan Valleys EP – 2006)

Atlantis To Interzone (Myths of the Near Future – 2007)

Hall Of Records (Magick EP - 2006)

Totem On The Timeline (Myths of the Near Future – 2007)

Golden Skans (Myths of the Near Future – 2007)

As Above, So Below (Myths of the Near Future – 2007)

Two Receivers (Myths of the Near Future – 2007)

Magick (Myths of the Near Future – 2007)

Forgotten Works (Myths of the Near Future – 2007)

Gravity's Rainbow (Myths of the Near Future – 2007)

It’s Not Over Yet (Grace cover - Myths of the Near Future – 2007

Encore:

Isle Of Her (Myths of the Near Future – 2007)

Four Horsemen Of 2012 (Myths of the Near Future – 2007)

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24 juin 2016

Queens of the Stone Age - Mercredi 9 Mai 2007 - Elysée Montmartre (Paris)

2007 QOTSA Elysee Montmartre Billet

« Il y a un niveau d'excitation général perceptible pendant la (longue) attente de l'entrée sur scène de Queens of the Stone Age à l'Elysée Montmartre : car tout le monde ici - et le public est assez mélangé, ce qui prouve à quel point QOTSA recrutent dans toutes les tranches d'auditeurs (excusez mon langage, c'est le sortir des élections !) - est conscient que peu de groupes aujourd'hui véhiculent aussi clairement "l'idéologie" éternelle Sexe-Drogue-Rock'n'Roll que Josh Homme et sa bande à géométrie variable. L'Élysée Montmartre est archi plein et se transforme vite en fournaise, les places s'étant vendues en une poignée d'heures (... sans parler du stress généré par une annulation du concert, transformée in extremis en re-programmation à une date antérieure, ce qui n'est pas habituel !).

En guise de première partie, nous avons droit à un DJ qui nous bombarde - à un niveau sonore assez redoutable - de classiques punks et reggae estampillés '77, puis de quelques morceaux de metal emphatique qui témoignent d'une légère faute de goût : le tout n'est pas si éloigné de "l'esprit QOTSA", le groupe qui prétend - et réussit - à renouveler le Metal en lui faisant retrouver ses muscles et ses nerfs d'adolescent révolté, et en lui injectant une dose inhabituellement forte de mélodies "pop". Il faut quand même un sacré cran à Josh Homme pour se pointer sur scène après 45 minutes de Ruts, Clash, Nirvana et autres (les Arctic Monkeys étant d'ailleurs le seul groupe ayant eu droit à 2 chansons dans le set du DJ !). Les plus prudents d'entre nous - nous sommes placés au premier rang bien sûr, à quelques pas de la sono, à droite - commencent à s'insérer des kleenex dans les oreilles...

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Presque 21 h 00 quand QOTSA rentrent sur scène : Josh Homme au milieu, sur lequel tous les regards sont fixés, lance immédiatement la foudre avec Sick Sick Sick, l'impérial nouveau single, déjà disponible apparemment sur le Net. Un morceau parfait, porté par l'un de ces riffs chauffés à blanc et en même temps d'une dureté radicale qui sont la marque de fabrique de QOTSA, qui laisse bien présager du nouvel album (à sortir en Juin) que Josh Homme tourne pour promouvoir. Cela fait longtemps que je n'ai pas vu et entendu un groupe qui met ainsi le feu à la salle dès son premier morceau, et la divine hystérie des grands concerts est déjà palpable. La suite est une alternance entre nouveaux morceaux, tous très convaincants et accrocheurs dès la première écoute, et classiques extraits des 4 premiers albums : au hasard, Lost Art of Keeping Secrets, une version très sexuée de Make It With Chu (le morceau pour baiser, si, si !, d'ailleurs Josh Homme fait des gestes obscènes pour ceux d'entre nous qui n'auraient pas saisi), une superbe interprétation de Little Sister (second sommet du concert après Sick Sick Sick), l'imparable Burn the Witch aux accents Heavy Metal des plus classiques (en regardant autour de moi, je vois alors une multitude de débiles plus ou moins légers faisant le signe du diable, ouaf ouaf !), etc. etc. J'ai moi-même une petite préférence pour l’interprétation faite ce soir de Battery Acid, un nouveau morceau, incroyable rafale de riffs glacés, sur une rythmique démoniaque, qui électrocute littéralement le public : dans l'obscurité lacérée de flashs de lumière blanche, QOTSA crée une ambiance toxique de labyrinthe post-apocalyptique, comme dans un jeu vidéo particulièrement violent.

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Sur scène, il n'y a par contre pas grand chose à voir, car, comme d'habitude les lumières sont rares, et, le groupe - mis à part le nouveau bassiste un peu plus expansif - joue de manière compacte, totalement concentré sur la musique, il est vrai très complexe et technique. Josh Homme se contente de ses quelques - habituelles - petites invectives sexuelles (il a repéré une fille qui lui plait dans la fosse, et lui adresse des "I Love You" explicites en guise d'invitation backstage), et a toujours son allure de bûcheron à la redoutable carrure. Le niveau sonore est acceptable, même si l'on aurait aimé quelques décibels en plus pour frôler le seuil de souffrance physique, plus en adéquation avec la musique de QOTSA (... mais il ne faut pas rêver, on est à l'Elysée Montmartre !). Le public est en transe, déchaîné pendant les morceaux les plus connus, et il nous faut à plusieurs reprises lutter pour rester accrochés à la barrière dans les flux et reflux des spectateurs hallucinés.

Vient la dernière partie du concert et le rappel, un enchainement de 3 hits inoxydables, pour consacrer l'ineffable grandeur de QOTSA : Go With the Flow, sur-vitaminé et sur-speedé, qui ne tient pas tout-à-fait les promesses de son démarrage brutal (Gilles P. devient fou, on frôle la bagarre), une extraordinaire version de Feelgood Hit of the Summer (que je dédie particulièrement à Nicolas Sarkozy : "Nicotine, valium, vicodin, marijuana, ecstasy and alcohol... Cocaine !" hurlé en chœur par des centaines de jeunes et de moins jeunes - comme nous - surexcités, le cauchemar de Nicolas !), puis le laminage à froid de Song for the Dead (Gilles B. est en plein délire à côté...) et ses brisures aux éclats acérés.

70 minutes seulement, mais impossible de se sentir frustrés après 70 minutes de VRAI rock'n'roll, intense, brut, souvent même glorieusement inspiré. Nous sortons de la salle en prenant tout notre temps, histoire de laisser descendre la température tant physique que mentale. Heureux... »

 

Les musiciens de QOTSA sur scène :

Joshua Homme – voix, guitare

Troy Van Leeuwen - guitare

Joey Castillo - batterie

Dean Fertita – claviers, guitare

Michael Shuman – basse, voix

 

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La setlist du concert de QOTSA :

Sick, Sick, Sick (new song)

The Lost Art of Keeping a Secret (Rated R – 2000)

3's & 7's (new song)

Regular John (QOTSA – 1998)

Misfit Love (new song)

In My Head (Lullabies to Paralyze – 2005)

Make It Wit Chu (new song)

Into the Hollow (new song)

Little Sister (Lullabies to Paralyze – 2005)

Burn the Witch (Lullabies to Paralyze – 2005)

Battery Acid (new song)

Tangled Up in Plaid (Lullabies to Paralyze – 2005)

Go With the Flow (Rated R – 2000)

Encore:

Feel Good Hit of the Summer (Rated R – 2000)

("Everybody knows you dance like you fuck" interlude)

A Song for the Dead (Songs for the Deaf – 2002)

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