Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

20 novembre 2020

Petrol Girls - Vendredi 14 Février 2020 - Point Ephémère (Paris)

2020 02 14 Petrol Girls Point Ephémère Billet

Pour poursuivre nos discussions sur la dé-politisation (ou non…) du Rock en comparaison avec son niveau d’engagement dans les années 70, et sa tendance de plus en plus nette à succomber aux sirènes de l’entertainment à tout prix, ce soir au Point Ephémère, nous avons un parfait contre-exemple, avec Petrol Girls. Ce groupe austriaco-anglais et hardcore véhicule un discours politique et féministe particulièrement ferme, voire violent. Ce qui, on s’en doute, ségrégue forcement le public, tout le monde n’ayant pas forcément envie d’entendre les harangues de Ren Aldridge, la leader du groupe aux propos enflammés !

2020 02 14 Lush Rush Point Ephémère (12)

20h30 : Mais avant la polémique, nous avons droit à un démarrage de soirée plutôt dans le plaisir, avec un groupe parisien féminin officiant dans le punk rock “traditionnel”, Lush Rush. Cinq filles donc – ce qui nous fait deux guitares, une configuration toujours bien agréable pour nos oreilles avides d’électricité – visiblement très heureuses et un peu intimidées aussi d’assurer cette première partie dans un Point Ephémère déjà bien rempli… ça part sur les chapeaux de roue, ce qui nous permet d’apprécier en particulier la bonne voix d’Eva : avoir une chanteuse capable d’assurer dans le hurlement qui va bien mais aussi dans le chant puissant, c’est clairement un atout pour le groupe. Les deux guitares font leur boulot, avec sur quelques morceaux plus originaux, des sonorités “motoric” intéressantes. Du fait du stress, il y aura malheureusement quelques cafouillages, en particulier sur une intro qui devra être reprise trois fois… mais finalement, c’est presque dans l’esprit de la soirée ! Final efficace au bout de 35 minutes bien agréables.

21h30 : On change donc d’atmosphère avec Petrol Girls : à peine montée sur scène, Ren Aldridge nous explique franco que le groupe jouant plutôt “heavy”, et militant pour la cause des femmes et des LGBT, elle demandera aux hommes non homosexuels de quitter le devant de la fosse pour laisser la place aux femmes et aux trans, s’il y en a dans la salle. Bon ! Je dois dire que c’est la première fois que nous entendons un discours ostracisant de ce type dans un concert de Rock, et même si, prévoyant le coup, nous nous étions placés sur le côté, il y a quand même un certain malaise…

2020 02 14 Petrol Girls Point Ephémère (4)

Du côté positif, disons que c’est une expérience éducative que de se voir ainsi rejeté pour son sexe – le genre de choses que dans de nombreux pays, les femmes sont obligées de supporter chaque jour – et que cela permet de comprendre à quel point ce genre de situation est insupportable. D’un autre, c’est assez ridicule, voire bêtement contre-productif de tenir ce genre de discours dans une salle de rock d’une ville comme Paris, où l’on peut quand même imaginer que l’immense majorité des mâles présents ce soir supportent le discours politique de Ren… Il faut aussi bien reconnaître qu’aucun homme ne quittera pour autant le premier rang : soit tout le monde était gay, soit personne ne parlait anglais… soit plus vraisemblablement nul n’imaginait que Ren irait chercher la confrontation avec les réfractaires…

Musicalement, nos pétroleuses (puisque nos héroïnes parisiennes de la Commune sont à l’origine du nom du groupe) – qui sont en fait deux filles, dont une nouvelle bassiste, et deux garçons – proposent un punk hardcore façon années 80 – 90 dans les règles de l’Art. Jouant dans une quasi obscurité ce soir, et déployant un jeu de scène minimal, même si Ren a une bonne présence scénique et un headbanging spectaculaire, c’est clairement dans sa posture militante et dans les textes de ses chansons que se niche le plus grand intérêt du groupe… Des textes mélangeant agressivité des déclarations politiques et sensibilité exacerbée, comme dans l’excellent Monstrous : « This is not all of me / I choose the parts you see / All my weakness bottled up / And left to tremble on a shelf »… Car les hommes qui trouvent grâce aux yeux de Ren sont ceux qui laissent paraître leur fragilité, elle nous l’expliquera clairement dans un de ses longs speeches entre deux chansons…

2020 02 14 Petrol Girls Point Ephémère (31)

Tout au long de l’heure du concert, nous serons également tenus informés de l’avancement du procès opposant des musiciennes à un “harceleur” de l’industrie musicale, de l’avortement que Ren a choisi parce qu’elle ne voulait pas de bébé, de la résistance des combattantes kurdes au fascisme d’Erdogan (enregistrement sonore à l’appui…)… bref de plein de choses sur lesquelles nous sympathisons totalement avec Ren, ses convictions et ses combats. Reste qu’on n’a pas forcément envie de recevoir autant de leçons en aussi peu de temps. Et finalement, ce sont peut-être ces admonestations répétées qui empêchent le set de décoller vraiment : même si le public du Point Ephémère, largement féminin, crie son approbation aux discours de Ren et danse joyeusement, nous n’aurons pas eu ce soir de véritable pogo, ni de moments de vrai laisser-aller punk. Musicalement, Petrol Girls tiennent la route, même si les vocaux du guitariste manquent de… finesse, et leur rage est évidemment perceptible. Pourtant, le set de ce soir ne sera jamais un grand set…

Arrive la dernière ligne droite, avec le redoutable Touch Me Again, sans doute le titre le plus irrésistible du groupe : « It’s my body / My fucking choice / My lips my thighs my wrists my mind / My hips my neck my tongue my mind / Touch me again / And I'll fucking kill you »… Et le moment unique où toute celle colère deviendra littéralement la nôtre...

Un dernier rappel, et c’est fini.

Et si ce set avait surtout démontré que, oui le Rock engagé fait parfaitement sens, en particulier dans un monde aussi malade que le nôtre, mais que l’engagement pur et dur est relativement stérile ? Oui, en sortant du Point Ephémère, nous nous disions que les thèmes de cette soirée n’étaient pas si différents de ceux que véhiculent IDLES par exemple : la différence résidait dans le fait que Petrol Girls manquent un peu trop de générosité et d’humour pour vraiment convaincre… »

 

2020 02 14 Lush Rush Point Ephémère (6)

Les musiciennes de Lush Rush :

Eva : chant

Peggy : basse

Aurélie : guitare

Elloran : guitare

Johanne : batterie

 

La setlist du concert de Lush Rush :

Gold Digger

Lush Rush

Daily Grind

Giallo

Request

Love Job

Walker Texas Killer

The Hunt

Be My Guest

Twisted Thoughts

Better Than You

One More

Drunken Master

 

2020 02 14 Petrol Girls Point Ephémère (44)

La setlist du concert de Petrol Girls :

The Sound (Cut & Snitch – 2019)

Monstrous (Cut & Snitch – 2019)

Big Mouth (Cut & Snitch – 2019)

Harpy (Talk of Violence – 2016)

Rewild (Talk of Violence – 2016)

No Love for a Nation (Cut & Snitch – 2019)

Burn (Cut & Snitch – 2019)

Survivor (The Future is Dark EP – 2018)

Touch Me Again (Talk of Violence – 2016)

Naive (Cut & Snitch – 2019)

Encore:

Restless (Talk of Violence – 2016)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

 

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13 novembre 2020

The Murder Capital - Jeudi 10 Février 2020 - Café de la Danse (Paris)

2020 02 10 The Murder Capital Café de la Danse Billet

Le Café de la Danse est sold out depuis longtemps, alors que The Murder Capital poursuivent leur patiente ascension dans le cœur des Parisiens. Le public est très mélangé, jeunes et moins jeunes attendant ensemble le même miracle que nous promettent à chaque fois ceux que le groupe a déjà convaincus.

2020 02 10 Junior Brother Café de la Danse (1)

20h : Junior Brother, c’est un jeune irlandais qui nous apprend d’abord comment on dit de nos jours « Comment ça va ? » à Dublin : « What’s the Crack? ». Junior Brother officie en solo, assis sur une chaise, guitare acoustique à la main et tambourin qu’il frappe du pied. Rien d’excitant a priori, mais quand il chante, une certaine surprise s’installe dans la salle : il a une voix geignarde, qu’il force en permanence, cherchant l'inconfort. Il déforme les mots, il répète certaines phrases jusqu'à ce que leur sens se dilue. Sur sa guitare, il cherche des accords dissonants. On est très loin du folk gentil, même si quelques sonorités évoquent en effet le folklore irlandais. Le tout frise parfois le désagréable, mais, et c’est là évidemment le but, devient parfois fascinant. On ne saurait dire si on a aimé, mais voici en tout cas quelqu’un d’intéressant.

2020 02 10 The Murder Capital Café de la Danse (8)

21h10 : Peut-être que pour apprécier The Murder Capital, il faut avoir accepté que les références, pourtant évidentes, à Joy Division soient en fait à côté de la plaque, et que les Dublinois, qui affirment haut et fort n’avoir pas écouté la bande à Ian Curtis, n'ont pas pour ambition de jouer du post punk selon les règles du genre… mais plutôt de nous offrir un tour de montagnes russes émotionnelles au fil de morceaux largement atmosphériques ? En tout cas, ce soir les 50 trop brèves minutes de leur set (9 chansons et puis c’est tout, pas de rappel comme d’habitude) auront été enfin convaincantes, pour nous qui avions toujours été un peu réfractaires à ce jeune groupe, régulièrement considéré par la presse comme l'un des tous meilleurs de notre époque.

Alors, what’s the crack?

2020 02 10 The Murder Capital Café de la Danse (10)

Le set commence ce soir avec More is Less (« More ! More ! More !) et avec les musiciens faisant un peu étalage de leurs muscles, comme une sorte d'échauffement sur l’un des morceaux les plus… directs du répertoire de The Murder Capital. Gabriel Paschal, le bassiste, tourne comme un fauve en cage, percute ses compagnons, et menace l'intégrité physique du premier rang avec le manche de sa basse. Les deux guitaristes bidouillent déjà plutôt pas mal, mais c’est la batterie qui impressionnera vraiment sur Green & Blue, l’un des morceaux qui évoquent quand même le plus le fantôme de Joy D : impossible de ne pas penser à Stephen Morris et à ses rythmiques mécaniquement imparables. On est impressionnés par le travail de Diarmuid ! James, quant à lui, a l'air d'un peu s'ennuyer : dès le premier morceau, il est descendu dans la fosse, et puis ensuite il va chercher une clope en coulisses pour fumer tranquillement…

On entre alors, déjà, dans la partie contemplative du set, pendant laquelle il est permis aux hérétiques comme nous de trouver çà et là le temps un tout petit peu long. Sans doute parce que la majesté recherchée s’effiloche un peu trop Heureusement, le final de Slow Dance II, avec ses deux guitares stridentes nous réconforte. Nous emballe même… Bien sûr, il nous manque la conclusion parfaite du violoncelle qui clôt parfaitement la chanson sur l’album, mais bon…

Suit alors une interprétation poignante de On Twisted Ground, hommage à un ami très cher décédé : « Oh, my dearest friend / How it came to this / With your searing end / Into the abyss / In my experience / Of any permanence / You could've watched it all… »… Le silence dans le Café de la Danse revêt alors une impressionnante densité, et la mélodie, toute simple et si belle, fonctionne parfaitement, comme un apaisement temporaire, forcément temporaire, de nos deuils ineffables : oui, à ce moment-là, James, qui n’est pas Ian, souvenons-nous en, chante vraiment bien. Oui, et à ce moment-là, l'accompagnement de Gabriel Paschal sur les cordes aigües de sa basse est juste parfait de sobriété. Oui, et à ce moment-là, le maître mot d’EMPATHIE que James a brandit juste avant prend tout son sens.

2020 02 10 The Murder Capital Café de la Danse (23)

« I am the underworld, the one you want to leave / A frail democracy, benign treaty, courageously foreseen, dreamed »…

Le brûlant For Everything relance la machine infernale, avec son final bouleversant : « For Nothing, for everything… » que tout le monde dans la salle hurle alors que le moshpit s’élargit, s’élargit et englobe tout le parterre du Café de la Danse. C’est donc là que le set bascule, que l’hystérie et le chaos déferlent, que The Murder Capital devient, enfin, GRAND. Que tout nos souvenirs de la soirée se perdent dans le pogo général, dans cet oubli bienfaisant que procure la Musique quand elle touche à l’essentiel.

« They now are lapsed 'round you and me / And it kept us all together / La, la, la-la, la, la-la »… Feeling Fades et son final hystérique est donc une parfaite conclusion, même si chacun d’entre nous a du mal à accepter que cela soit là une conclusion, après seulement trois gros quart d’heure. Alors justement que nous avions trouvé cette extase dont nous savons que seule la Musique, la grande, la belle, la vraie peut procurer.

Si les chansons de The Murder Capital ne sont pas les meilleures jamais écrites dans le genre, il est impossible de nier que la sincérité du groupe, sa capacité à générer une profonde émotion, et de basculer d’un coup dans la frénésie et l’abandon, distingue clairement nos Dublinois de leurs contemporains.

Nous attendons maintenant avec impatience de voir si ce genre de phénomène peut se reproduite dans une grande salle comme le Zénith. Et oui, The Murder Capital ouvriront pour Foals le 27 avril prochain, et nous serons là, croisant les doigts et serrant les poings.

« La, la, la-la, la, la-la »

 

2020 02 10 The Murder Capital Café de la Danse (28)

Les musiciens de The Murder Capital sur scène :

James McGovern – vocals

Damien Tuit – guitars

Cathal Roper – guitars

Gabriel Paschal Blake – bass

Diarmuid Brennan – drums

 

La setlist du concert de The Murder Capital :

More Is Less (When I Have Fears – 2019)

Green & Blue (When I Have Fears – 2019)

Slow Dance I (When I Have Fears – 2019)

Slow Dance II (When I Have Fears – 2019)

On Twisted Ground (When I Have Fears – 2019)

Love, Love, Love (When I Have Fears – 2019)

For Everything (When I Have Fears – 2019)

Don't Cling To Life (When I Have Fears – 2019)

Feeling Fades (When I Have Fears – 2019)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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06 novembre 2020

King Khan / Daddy Long Legs / Gliz - Dimanche 9 Février 2020 - Maroquinerie (Paris)

2020 02 09 Nuit de l Alligator Maroquinerie Billet

Superbe affiche pour cette Nuit de l’Alligator à la Maroquinerie, alors que Paris s’arc-boute devant l’approche d’une nouvelle tempête. On est si bien dans le sous-sol de la Maro, à écouter du rock’n’roll, protégés par la magie de la musique et la chaleur de notre passion…

2020 02 09 Gliz Maroquinerie (21)

20h : on attaque la soirée du côté du Jura, avec cette vraie première parisienne pour le trio de Gliz, qui a bien évolué depuis ses débuts. Moins axée sur les (excellentes) mélodies de Cydalima, plus rentre-dedans et agressive, leur prestation live prouve que le groupe en a sous le pied. Dès In Limbo, la mayonnaise prend et le public de la Maro – heureusement déjà bien remplie – répond à l’énergie du groupe. Jeu scénique nerveux (entre la batterie spectaculaire de Julien et le tuba de Thomas qui permet une mise en scène inhabituelle, il y a de quoi se régaler), Florent qui descend dans le public faire monter la pression… il y a le juste relais visuel pour les chansons qui sonnent, logiquement, plus brut, plus raides. Bref, un beau set qui se termine sur une version bien énervée du Lion et devrait gagner au groupe de nouveaux fans.

2020 02 09 Daddy Long Legs Maroquinerie (14)

20h55 : On traverse l’Atlantique pour aller aux sources du rock’n’roll avec Daddy Long Legs de Brooklyn (à ne pas confondre avec pas mal d’autres groupes qui ont choisi le nom de cette araignée aux longues pattes…) : à nouveau un trio, mais qui joue cette fois une musique ultra traditionnelle, entre boogie, blues et country. Brian Hurd a un look de croque-morts délicieux, mais une voix étonnante, et il joue de l’harmonica comme un dieu. Le batteur est un showman complet, régulièrement hilarant derrière ses cheveux longs, ses lunettes noires, et son kit minimaliste, qu’il frappe à l’aide d’une baguette et d’un seul maraca ! Le guitariste fait lui dans la sobriété et la retenue, c’est bien simple on dirait un… bassiste ! Le répertoire de Daddy Long Legs pourrait avoir été composé et joué à la fin des années 50… sauf que ce n’est pas certain qu’on jouait aussi énervé et aussi fort à l’époque ! Quand Brian s’empare lui aussi d’une guitare, ça se met même à déchirer les oreilles bien comme on aime. Bon, on est tellement dans les standards du Rock qu’il n’est nul besoin de connaître les morceaux pour chanter et danser… Et même démarrer un petit pogo des familles sur cette musique qui ne s’y prête pas forcément !  45 minutes de plaisir faussement simple, mais qui claironne bien fort la vitalité de cette musique de pionniers, qui sonne aussi jeune et fraîche 60 ans plus tard…

2020 02 09 King Khan Maroquinerie Paris (2)

22h00 : Qui n’a jamais vu King Khan en chair et en os peut s’attendre à un petit choc lorsqu’il déboule sur scène, annoncé par un quadra américain débonnaire qui s’avérera être Sean Wood, leader des Spits (on l’appelle donc Sean Spits !), un indien bedonnant vêtu seulement d’un slip moulant, d’un gilet en jean et d’une casquette de flic américain. Punk ! Ah oui, on allait oublier les inévitables lunettes noires et le – plus original – collier de dents !

King Khan – en fait un Canadien de Montréal, qui parle donc bien le Français – se produit en ce moment sous le joli nom de Louder than Death, originellement un projet commun avec Sean et d’autres musiciens, mais qui est perpétué désormais avec l’aide du redoutable combo bordelais Magnetix, qui va se révéler particulièrement efficace ce soir… Et spectaculaire, ce qui ne gâche rien ! Après quelques ennuis ‘mécaniques » avec ses fils et sa sangle, Fred Bourdil (ex-Shrines, le groupe précédent du Khan…) nous offrira, sans jamais cesser de sourire, un festival de basse, assorti de poses rock’n’roll immortelles. A la batterie, Agnès maintiendra le tempo forcené qu’il faut, tandis que Stéphane, avec un faux air de Captain Sensible avec son béret, fera pleuvoir sur nous un déluge de distorsion…

2020 02 09 King Khan Maroquinerie Paris (19)

Ce n’est pas pour rien que le nom du membre des Damned surgit ici, car Louder than Death évoque franchement les débuts du punk anglais original circa 77 : un esprit potache réjouissant, des morceaux courts au rythme furieux, des paroles engagées, des vocaux vociférés et des mélodies accrocheuses s’appuyant sur des refrains-slogans facilement mémorisables que le public peut reprendre en chœur même si c’est la première fois qu’il entend la chanson (meilleur moment de la soirée pour nous, gueuler « Narcissists, they don’t exist » sur une chanson moquant les accros à l’image !)… le tout dans une ambiance de franche pagaille et de bonne rigolade (la sodomie d’une marionnette, d’entrée de jeu, montre qu’on ne se prend pas trop au sérieux sur scène !). Bon, pas de glaviots, c’est vrai, la mode est passée, mais une (gentille quand même) provocation du public, accusé d’être trop sage… surtout dans ses premiers rangs.

Car King Khan, outre son impressionnante présence physique, est très drôle, qu’il s’agisse de ses commentaires d’introduction des chansons (« celle-ci est sponsorisée par le coronavirus et Air B’n’B ») ou de ses interactions avec le public (il aura ainsi décidé que notre ami Robert est un échappé du Cirque fu Soleil !), et le côté bon enfant du set équilibre allègrement la virulence punk.

2020 02 09 King Khan Maroquinerie Paris (30)

Sean est convoqué pour chanter quelques morceaux des Spits, ce qui est quand même très élégant, et bien dans l’esprit de King Khan, qui aidera aussi Diego, un enfant d’une douzaine d’années à réaliser un beau slamming ! Après nous avoir accusés de ne pas avoir l’esprit assez ouvert parce que nous sommes réticents à applaudir les « merveilleux nouveaux fascistes qui montent partout », King Khan termine son set d’une heure dix en nous laissant sur les rotules, transpirants et aspergés comme il se doit de liquides divers et variés.

Punk’s not dead !… comme on le répète comme un mantra tous les jours, et c’était bien réconfortant de voir ainsi réactivées les vérités profondes d’une rébellion joyeuse qui reste plus que jamais nécessaire.

Et c’est dans ce chaos bienfaisant se termine donc une Nuit de l’Alligator particulièrement roborative, qui nous a permis de parcourir un joli spectre musical en près de trois heures intensément rock’n’roll ! »

 

Les musiciens de Gliz sur scène :
Florent Tissot – banjo / chant
Julien Michel – batterie / chœurs
Thomas Sabarly – tuba / chœurs

La setlist du concert de Gliz :
Devotion (Cydalima – 2019)
A Mess Is Gonna Come (Cydalima – 2019)
In Limbo (Cydalima – 2019)
King From Nowhere (Cydalima – 2019)
Fast Lane (Cydalima – 2019)
Cydalima (Cydalima – 2019)
The Lion (Cydalima – 2019)

 

Les musiciens de Daddy Long Legs :
Brian Hurd – vocals, harmonica, guitar
Josh Styles – drums, maraca
Murat Aktürk – guitar

 

2020 02 09 King Khan Maroquinerie Paris (29)

Les musiciens de King Khan :
Arish Ahmad Khan – vocals
Agnès Lestorte – drums
Stéphane Loustalot – guitar
Fred Bourdil – bass guitar
+ Sean Spits – vocals

La setlist du concert de King Khan’s Louder Than Death
Born in 77 (Stop und Fick Dich – 2019)
Bedwetter
Chief Sleeps In Park (Stop und Fick Dich – 2019)
Erased World (Stop und Fick Dich – 2019)
Snot Queen (Stop und Fick Dich – 2019)
Long ‘n’ Wavy (Stop und Fick Dich – 2019)
Narcisist
Scum of the Moon (Stop und Fick Dich – 2019)
Leather Boy (Stop und Fick Dich – 2019)
Nuclear Bomb (The Spits cover)
I H8 Pussies (The Spits cover)
SK8 (The Spits cover)
Saturday Night (The Spits cover)
Tonight (The Spits cover)
Modern Frankenstein
Magpie Eyes
Strange Way
Al Capone
Stop und Fick Dich (Stop und Fick Dich – 2019)
Iron Titan
Baby Huey
Spicy Chicken (Stop und Fick Dich – 2019)
ABC in Old Berlin (Stop und Fick Dich – 2019)

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01 novembre 2020

Sunn O))) - Samedi 1er Février - Gaîté Lyrique (Paris)

2020 02 01 Sunn O))) Gaité Lyrique Billet

Avant de rentrer dans la salle de la Gaîté Lyrique, une affiche nous prévient… et nous effraie un peu : le niveau sonore du concert va être une épreuve. Et pour respecter la loi française, drastique en la matière, le groupe fera une pause de 15 minutes, répartissant ainsi la charge de décibels sur un temps plus long. Une astuce "légale" ou bien une véritable protection pour notre ouïe ?

Aller voir et entendre Sun O))), c'est souvent - à moins d'être vraiment fan de drone metal - une sorte de pari que l'on fait avec soi-même. Pourra-t-on résister physiquement ? Les histoires de spectateurs pris de nausée à la simple écoute de leur musique sont relayées avec enthousiasme... Mais la vraie question est plutôt la suivante : Trouvera-t-on un sens à cette expérience ?

2020 02 01 Golem Mecanique Gaité Lyrique (8)

20h00 : Golem Mecanique, c'est une jeune femme (Karen Jebane) derrière ses machines. Seule avec sa voix qui psalmodie une sorte de mélopée sacrée, et un son unique qui s'élève puis redescend. La lumière, d'abord rouge et faible, gagne en intensité et en spectre de couleurs. Le chant, peut-être oriental, offre un fil conducteur au sein de la lumière et du son. Le spectateur doit trouver en lui-même que faire de son cœur, de ses pensées, alors que le temps s'écoule presque de manière tangible. On peut s'ennuyer, certes, ou simplement se laisser dériver, en attendant que quelque chose advienne. En sachant que rien n'adviendra. Au bout de 30 minutes, le son s'arrête, la jeune femme salue, des applaudissements enthousiastes éclatent. Bien sûr, ça aurait pu durer plusieurs heures comme ça. Peut-être que ça aurait dû durer plusieurs heures comme ça !

20 h 50 : la Gaîté Lyrique est sold out en ce deuxième soir de résidence de Sunn O))) pour le programme "Let There Be Drone" (et l'était aussi hier soir...), on peut donc supposer qu'il n'y a pas que des experts de Sunn O))) dans la salle, mais aussi des curieux. Le mur d'amplis sur scène, installés en demi-cercle et placés en ordre de taille croissante, impressionne. La fumée a commencé à être émise dix minutes avant le début de la cérémonie (… car on ne saurait user de mots aussi triviaux que "concert" ou "set"...), l'idée étant de supprimer toute visibilité pour que l'expérience soit... quoi, totale ? Ou en tous cas, très éloignée de ce qu'on peut qualifier de spectacle. Le public reste calme et silencieux, même si quelques plaisantins ne se retiennent pas de lâcher quelques cris (« Metallica ! », « David Bowie ! »... hein ?). Dans le noir et dans la brume artificielle, il faut encore attendre...

2020 02 01 Sunn O))) Gaité Lyrique (28)

Comme promis, comme prévu, nos cinq moines encapuchonnés attaquent donc avec un drone, qu'ils vont dérouler très lentement pendant 60 minutes, sans rythmique ni changement de tonalité, juste d'occasionnelles - et presque indiscernables - montées en puissance... Quelques attaques de guitare plus aiguës déchirent les tympans, on monte en décibels - apparemment on atteindra presque les 130... mais sans que l'effet soit radicalement agressif, juste engourdissant jusqu'au malaise physique. La seule attitude possible au sein de cet univers sonore insensé est probablement de rentrer en soi-même, pour résister physiquement à l'assaut sonique bourdonnant et grinçant, et de laisser son esprit vagabonder au fil de ce torrent presque tangible. Sur scène, on remarque une setlist, ce qui peut laisser un tantinet interloqué tant il est difficile de déceler des variations durant cette heure ininterrompue...

… Ajoutons que les lumières sont magnifiques, créant un sentiment de se trouver au sein d'une cathédrale fantomatique. Le jeu de scène de Greg Anderson et de Stephen O’Malley, les deux leaders du groupe, et de leur bassiste se limite à lever lentement le bras droit, médiator prêt à frapper les cordes... ou encore à lever les bras au ciel en une sorte de prière païenne vers un Dieu innommable et cruel qui aurait été créé lui-même par H. P. Lovecraft, le tout constituant une sorte de rituel aussi inquiétant qu'absurde. Les visages des musiciens restent quasi indiscernables dans l’obscurité et la brume, et le resteront jusqu’au salut final… Tout long de cette longue heure aussi immobile que physiquement éprouvante, le public restera incroyablement recueilli, silencieux, même si autour de nous, on a plus le sentiment de contempler des passants transis qui se recroquevillent sous l'orage sonique…

2020 02 01 Sunn O))) Gaité Lyrique (37)

15 minutes de pause pour les oreilles, comme annoncé, et ça repart. Il est 22h15 : on attaque la seconde partie du concert d'une manière étonnante, sur une longue intervention presque free jazz d'un trombone à coulisse, posée sur un bourdonnement électronique. Est-ce parce que c'est finalement la première fois depuis le début de la soirée qu'on entend de la "musique" au sens conventionnel du terme ? En tous cas l'impact émotionnel est fort, et on a le sentiment que la Beauté vient de s’inviter clandestinement à la soirée. Le retour au bout d’un quart d’heure de Greg et Stephen (…et du bassiste), et la lente montée en puissance de la distorsion de leurs guitares agit alors comme un tremplin vers l'extase. Les 30 dernières minutes de la soirée seront les plus impressionnantes, le vortex sonore s'enflant peu à peu et nous ballotant comme des fétus de paille. Le son retrouve la puissance tellurique de la première partie, avec un petit plus, qui est qu'on a le sentiment d'avoir assisté à une construction logique amenant à ce sommet impitoyable. De manière assez inattendue, le groupe retrouve dans les dernières minutes les gestes sacrificiels plus habituels d'un concert "normal" : les guitares brandies, martyrisées contre les amplis, l'offrande faite au public de la divinité électrique… et puis, la lumière revenue, les saluts chaleureux d’un groupe qui semble alors plutôt ordinaire à leur public qui les adule…

2020 02 01 Sunn O))) Gaité Lyrique (21)

Voici donc une "expérience limite", comme on dit. Bon, nous n'aurons vu personne sortir de la salle pour vomir, mais il est vrai que le malaise physique n'a jamais été très loin. Nous nous interrogeons aussi sur le qualificatif de "drone metal" dont on affuble la musique de Sunn O))), car, hormis les belles bagues à tête de mort aux phalanges de Greg Anderson, on serait bien en peine de trouver quoi que ce soit de "metal" dans leur démarche, qu’on aurait plutôt tendance à considérer comme une extension radicale du travail de Lou Reed sur Metal Machine Music, Neil Young sur Arc, et bien sûr de Godspeed You! Black Emperor… Pour le headbanging, il faudra repasser…

Est-ce que nous avons aimé ? Est-ce qu'il est possible de vraiment aimer Sunn O))) ? La question est difficile. Il est néanmoins indiscutable que ce genre de soirée fait partie des choses que, à notre avis, toute personne curieuse de musique différente, ambitieuse, devrait expérimenter...

La setlist du concert de Sunn O))) :

Part 1 :

Novæ (Life Metal – 2019)

Troubled Air (Life Metal – 2019)

Part 2 :

Troubled Air (part 2) (Life Metal – 2019)

CandleGoat (Black One – 2005)

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26 octobre 2020

Two Door Cinema Club / Circa Waves - Jeudi 23 Janvier 2020 - Olympia (Paris)

2020 01 23 Two Door Cinema Club Olympia Billet

Janvier, ce n'est pas la grande joie à Paris : le thermomètre a plongé au-dessous de zéro, la ville continue à être pétrifiée par les mouvements de grève, et tout autour de nous, la folie du monde ne s'arrange pas. Sans même parler du fait que nous n'avons encore que très peu de concerts pour nous consoler... Dans ces conditions, impossible de refuser une soirée forcément entraînante à l'Olympia avec nos amis de Two Door Cinema Club... qui nous avaient déjà offert un joli set en août dernier à Rock en Seine suite à la sortie de False Alarm, leur 4ème album plutôt réussi...

2020 01 23 Circa Waves Olympia (9)

20h08 :  on n'entend plus beaucoup de jeunes groupes anglais de nos jours qui s'attellent à la perpétuation de la belle tradition britannique du rock (mélodique) à guitares, ce qui fait que les 40 minutes joyeuses, dynamiques, et en tous points conformes à l'évangile selon St. Ray (Davies) et St. Paul (qui d’autre ?), proposées ce soir par Circa Waves nous ont semblé une vraie cure de jouvence. Oui en 2020, on peut encore composer des chansons accrocheuses, et les jouer à fond la caisse avec deux guitares sur une rythmique très énervée. Et faire danser toute l'Olympia qui n'est même pas venue pour vous. Belle découverte donc que ce premier concert - pour nous - d'un groupe qui a déjà une solide réputation de l’autre côté du Channel, et qui se distingue franchement du lot, grâce en particulier à un batteur forcené et à son leader, Kieran, un excellent chanteur, fort sympathique en plus, ce qui ne gâche rien. Sur un tempo rapide, Circa Waves enchaîne les mélodies accrocheuses, mais varie les tonalités, parfois plus pop, parfois plus agressives, toujours convaincantes. A noter le nouveau single, Jacqueline, particulièrement efficace… Il est temps que ce groupe trouve en France la reconnaissance qu’il mérite !

2020 01 23 Two Door Cinema Club Olympia (5)

21h15 : Même intro robotique qu'à Rock en Seine, avec ce drôle de compte à rebours raté, même couleurs bleues et rouges - pendant tout le set de Two Door Cinéma Club -, même costard synthétique étriqué et pull à col roulé pour Alex, mais, plus encore qu'en août dernier, voilà un groupe qui a envie d'en découdre... à 1000 lieues des musiciens fatigués du Casino de Paris en février 2017, qui nous avaient inquiétés quant à leur avenir.

Alex, avec son nouveau look et avec une petite moustache qui lui confère un look désuet so british, est visiblement désormais à l'aise dans son rôle de showman : enfuies la réserve et la quasi-timidité des débuts du groupe, voici un chanteur qui aime se donner en spectacle. A son côté, Sam ne quittera quasiment jamais en 1h20 un grand sourire... même si les verres de bon vin ont peut-être contribué à la bonne humeur générale... Mais, et c'est encore plus important, Two Door Cinema Club est désormais une véritable machine de guerre, et déploie une puissance inédite, tout au long d’une setlist couvrant les quatre albums du groupe, même si Tourist History, avec huit chansons, se taille toujours la part du lion !

Il y a donc évidemment les titres pour lesquels tout le monde vient les voir, les Undercover Martyn et I Can Talk pour lancer la soirée ou l’imparable What You Know pour nous faire oublier que dix ans déjà se sont écoulés depuis l’explosion du groupe… Il y a aussi des versions désormais bien supérieures à celles du disque des chansons funky de Gameshow, sans doute l’album le plus mal-aimé du groupe, et, enfin, quelques (peut-être trop) rares extraits du très synth-pop False Alarm... Et le tout se conjugue parfaitement, en dépit de la variété des styles… Peut-être est-ce là la preuve du professionnalisme d’un groupe qui a dépassé l’inspiration post-adolescente des débuts ? Ou simplement le fait qu'Alex, après une période de crise, est désormais "in a good place" ? En tout cas, ce soir, le set ne sera que du pur plaisir, cette joie simple que donne la très bonne pop music.

2020 01 23 Two Door Cinema Club Olympia (21)

Placés devant Sam, nous nous régalons de son jeu de guitare, très original et régulièrement impressionnant, quand il prend de beaux solos, comme sur Bad Decision. Parce que Two Door Cinema Club est principalement un groupe à chansons mélodiques, on a tendance à ignorer le talent musical du trio Alex / Sam / Kevin. Alex, lui, a varié avec le temps son style vocal, s’aventurant désormais parfois dans un chant plus grave, comme sur le très bon Satellite, qui évoquera une fois encore aux oreilles de ceux qui ont connu cette époque-là Heaven 17… A noter quand même que les synthés des quatre titres de False Alarm nous ont paru en grande partie enregistrés, ce qui est quand même dommage, surtout sur le formidable Dirty Air, même si on est évidemment ravis que le groupe soigne avant tout ses guitares.

Les trois musiciens du groupe – si l’on néglige, ce que l’on ne devrait pas, les deux accompagnateurs live – prendront la parole tour à tour, la plupart du temps en français (…et, pour Alex, un grand verre de vin blanc à la main !), témoignant d’un bon esprit qui ravit une Olympia quasi sold out ce soir. On regrettera donc qu’après le magnifique Sun, où le public reprend en chœur ce qui est sans doute le meilleur refrain de la riche discographie du groupe (« Although I'm far away / I know I'll stay, I know I'll stay / Right there with you / Though it might be too late / What would you say? What would you say? / What would you do? »), nous n’ayons pas eu droit à un rappel. Dix minutes en plus auraient permis de classer ce set comme une parfaite réussite…

… la prochaine fois, peut-être ?

 

2020 01 23 Circa Waves Olympia (7)

Les musiciens de Circa Waves sur scène :

Kieran Shudall – voix, guitare

Joe Falconer – guitare

Sam Rourke – basse

Colin Jones – batterie

 

La setlist du concert de Circa Waves :

Get Away (Young Chasers – 2015)

Fossils (Young Chasers – 2015)

Movies (What’s It Like Over There ? – 2019)

Be Your Drug (new song)

Stuck in My Teeth (Young Chasers – 2015)

Sorry I'm Yours (What’s It Like Over There ? – 2019)

Times Won't Change Me (What’s It Like Over There ? – 2019)

Jacqueline (new song)

Fire That Burns (Different Creatures – 2017)

T-Shirt Weather (Young Chasers – 2015)

 

2020 01 23 Two Door Cinema Club Olympia (28)

Les musiciens de Two Door Cinema Club sur scène :

Alex Trimble – lead vocals, rhythm guitar

Sam Halliday – lead guitar, backing vocals

Kevin Baird – bass guitar, keyboards, backing vocals

Benjamin Thompson – drums

Jacob Berry – rhythm guitar, beats, synthesizers, keyboards

 

La setlist du concert de Two Door Cinema Club :

Talk (False Alarm – 2019)

Undercover Martyn (Tourist History – 2010)

I Can Talk (Tourist History – 2010)

Are We Ready? (Wreck) (Gameshow – 2016)

This Is the Life (Tourist History – 2010)

Cigarettes in the Theatre (Tourist History – 2010)

Dirty Air (False Alarm – 2019)

Next Year (Beacon – 2012)

Do You Want It All? (Tourist History – 2010)

Bad Decisions (Gameshow – 2016)

Changing of the Seasons (Changing of the Seasons EP – 2013)

Satisfaction Guaranteed (False Alarm – 2019)

What You Know (Tourist History – 2010)

Lavender (Gameshow – 2016)

Satellite (False Alarm – 2019)

Eat That Up, It's Good for You (Tourist History – 2010)

Sleep Alone (Beacon – 2012)

Something Good Can Work (Tourist History – 2010)

Sun (Beacon – 2012)

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21 octobre 2020

Le Villejuif Underground / Byan's Magic Tears / Hoorsees - Samedi 11 Janvier 2020 - Maroquinerie (Paris)

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie Billet

Pour la reprise de l’année vingt-vingt, alors que Paris reste largement paralysée par la grève des transports et qu’il faut bien du courage aux piétons forcés pour sortir de chez eux et rejoindre les salles de concerts, nous avons joué la sécurité en pariant sur la soirée Gonzaï à la Maroquinerie, avec les joyeux excités du Villejuif Underground (sans doute l’un des groupes les plus cools du moment !) en tête d’affiche, et le shoegaze incandescent de Bryan’s Magic Tears en support. Et avec une soirée alimentée en boissons par la maison Ricard, et annoncée comme archi-complète ! Déception impossible donc !

2020 01 11 Hoorsees Maroquinerie (11)

20h00 : la Maro n’est malheureusement pas encore bien remplie quand les Parisiens de Hoorsees montent sur scène. Hoorsees, c’est avant tout un auteur-compositeur, Alex (ou Alexin ?), qui s’est – judicieusement – adjoint l’aide d’un groupe percutant, pour nous proposer ses chansons en live. Alex d’ailleurs est un excellent chanteur – chose méritant d’être signalée, car les vocaux sont régulièrement une faiblesse des groupes français, même les meilleurs – et également un compositeur notable, puisque toutes les chansons jouées ce soir sont immédiatement catchy. Musicalement, disons qu’on est alternativement dans le Rock anglais à guitares et dans la ligne des 90’s new-yorkaises : même si on peut trouver ça et là des similitudes avec des groupes connus, toutes ces références sont parfaitement digérées et ne sautent pas aux yeux comme c’est parfois le cas. Hoorsees nous offre donc en ouverture de la soirée 35 minutes d’une musique élégante, plutôt inspirée, qui aura le bon goût de conclure le set avec une belle intensité sur TV & Bad Sports. Et en plus, ce qui ne gâche rien, Alex a un joli sens de l’auto-dérision (enfin, on espère…) quand il nous convie au stand de merchandising pour acheter leur disque, et aussi « admirer ses cheveux… ». Bref, Hoorsees, encore plus ou moins inconnu au bataillon, est une jolie découverte, une de plus, au sein d’une scène française vraiment réjouissante !

2020 01 11 Bryans Magic Tears Maroquinerie (4)

21h00 : On a le plaisir de retrouver Bryan’s Magic Tears, un groupe qui décidément ne déçoit jamais avec sa musique estampillée nineties, puissante, mélodieuse et parfois même agressive. Le son est excellent ce soir, et très fort qui plus est, même si la voix de Benjamin Porte est un peu sous-mixée. Bryan’s Magic Tears, ce sont trois guitares en fusion, portées par une rythmique impressionnante : pas de claviers cette fois, Lauriane se concentrant sur la basse, mais honnêtement, ça ne nous aura pas manqué. Durant 50 minutes d’un set qui montera à mi-course à des hauteurs étonnantes, on se laissera emporter dans un tourbillon sonique fascinant… et diablement bienfaisant, avant un final percutant sur un Son of a Witch qui balaie tout sur son passage. Oui, Bryan’s Magic Tears n’est pas loin d’être un grand groupe, de classe internationale : il ne nous reste plus qu’à regretter l’attitude des musiciens ce soir, particulièrement peu démonstratifs, voire peu amicaux (la fatigue ?). C’est dommage, avec un peu plus de communication et de générosité, leur musique en serait encore plus irrésistible…

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie (11)

22h20 : plus d’une demi-heure de retard pour Nathan Roche et son Villejuif Underground, on s’inquiète forcément un peu, craignant un set raccourci. Le public est désormais constitué en grande partie de fans hardcore du groupe, qui sont clairement ici ce soir pour s’amuser. On s’accroche à nos retours au premier rang, en se préparant pour une soirée agitée : gonzo ou gonzaï, comme promis !

Nathan n’a pas l’air trop en forme, entre son écharpe bien chaude qui lui entoure la tête et son explication quant au fait qu’il s’est bousillé le dos et qu’il ne pourra pas danser comme d’habitude (ordre de son ostéopathe !). Il nous explique bien vite qu’ils n’ont eu que le temps de répéter ce nouveau set une seule fois… avant-hier ! Et en plus, on remarquera que Nathan ne connaît pas les textes de ses chansons, puisqu’il doit avoir recours à des anti-sèches pour pouvoir chanter. Bref, la soirée ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, et de fait, le démarrage avec John Forbes et Back Packers est assez poussif, on va dire sympa au plus. Heureusement, le final de Haunted Chateau s’enflamme, et on peut comprendre un peu de quoi il s’agit en fait, avec ce Villejuif Underground paradoxal : un jeune artiste australien, dont le style peut évoquer un Lou Reed laid-back, a été pris en otage par une bande de banlieusards fous furieux qui ont sans doute un fond de nostalgie pour le bordel des années 90, quand entre la Mano Negra, les Wampas ou les Bérus, on savait s’amuser dans la capitale !

Sur scène, c’est un bordel sans nom avec le matériel disposé de manière précaire, avec pour chaque chanson quelques courtes discussions sur ce qu’il convient de faire, et de brefs moments d’improvisation générale, qui voient néanmoins le groupe retomber toujours brillamment sur ses pieds. On prend son mal en patience pendant ce démarrage de set un peu chaotique en admirant Thomas, le fantastique bassiste – malheureusement dans le noir, les éclairages ce soir étant en dessous de ce qu’on attend à la Maroquinerie – dont le jeu de scène spectaculaire n’empêche pas une redoutable efficacité mélodique.

2020 01 11 Villejuif Underground Maroquinerie (39)

Et puis arrive le morceau emblématique, le Villejuif Underground, et la Maro explose littéralement de bonheur : chaos complet dans la salle, le pastis a dû allumer la mèche, même si c’est une douche de bière qui retombe sur nos têtes aux premiers rangs. Au milieu de la furie joyeuse qui a transformé le parterre de la Maro en salle de récréation d’asile d’aliénés, nous reviennent les souvenirs de semblables moments de bonheur rock’n’rollien : difficile de croire que le Rock serait une musique de vieux, alors que nous sommes entourés de jeunes filles déchainées qui passent visiblement une très bonne soirée en sautant dans tous les sens et en hurlant de plaisir. Soit le genre de chose que tout le hip hop du monde ne pourra jamais leur (nous…) offrir !

A partir de là, pas de repos pour les braves :  Wuhan Girl, Can You Vote for Me? et Post Master Failure sont avant tout d’excellentes raisons de faire n’importe quoi, de bousculer tout le monde. Sur scène, le Ricard coule à flot, d’ailleurs les musiciens de Bryan’s Magic Tears viennent prendre part à la fête, un verre à la main. Nathan paraît régulièrement dépassé par l’énergie et le positivisme de ses compères, visiblement très confiants dans leurs propres capacités à s’en sortir dans n’importe quelle situation !

On approche des 23h30 fatidiques, I Like Pernety serait presque la conclusion idéale, mais on rajoute un dernier morceau pour la route… Devant, nous nous sentons un peu fatigués pour le coup, avec des douleurs un peu partout du fait des coups pris durant la mêlée générale. L’aftershow commence dans la foulée, mais nous décidons de battre en retraite, après une soirée aussi riche en sensations fortes… D’autant qu’il faut songer à rentrer chez soi, sans métro…

Bref, nous Parisiens, aimons souvent considérer que la vie commence en deçà du périphérique, mais une chose est désormais certaine : "Villejuif is burning !"

 

La setlist du concert de Hoorsees

Intro

Major League of Pain

Get Tired

Merry Grime (Major League of Pain – 2019)

Give It Up

Horror Sees (Major League of Pain – 2019)

Boyhood (Major League of Pain – 2019)

Pitfall (Youth EP – 2017)

Overdry

TV & Bad Sports (Major League of Pain – 2019)

 

La setlist du concert de Bryan’s Magic Tears

4 AM (4AM – 2018)

Marry Me (4AM – 2018)

CEO (4AM – 2018)

Happy and Tired (Bryan’s Magic Tears – 2016)

Change (4AM – 2018)

Ghetto Blaster (4AM – 2018)

Slamino Days (4AM – 2018)

Sweet Jesus (4AM – 2018)

Son of a Witch (Bryan’s Magic Tears – 2016)

 

La setlist du concert du Villejuif Underground

John Forbes (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Backpackers (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Haunted Château (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Ghost of the Water (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Les Huîtres à Cancale (nouvelle chanson)

I'm Sorry J.C (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Le Villejuif Underground (Heavy Black Matter – 2016)

Wuhan Girl (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Since Everything Changes (le Villejuif Underground – 2016)

Can You Vote for Me? (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Post Master Failure (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

Encore:

I Like Pernety (When Will The Flies In Deauville Drop ? – 2018)

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16 octobre 2020

Katerine - Lundi 16 Décembre 2019 - Cigale (Paris)

2019 12 16 Katerine Cigale Billet

Philippe Katerine est un artiste grand public, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il ne soit pas singulier, audacieux, etc. Il l’est même sans doute bien plus que la majorité des groupes de rock français, sans même parler des artistes hip hop ou r’n’b ! Mais c’est plutôt que faire la queue devant la Cigale avec le public de Katerine est une expérience bien différente de celle que nous vivons normalement avant un concert : tout cela est bel et bien très sage, et même l’énervement général créé par le mouvement de grève actuel ne semble pas toucher les fans du plus célèbre vendéen de France, tout heureux d’être là, d’avoir réussi à trouver une place pour cette première soirée à la Cigale, logiquement sold out…

2019 12 16 Eveno Cigale Paris (3)

19h50 : après un faux départ de quelques minutes, la voix de Philippe Katerine nous annonce Eveno (prénom Philippe) en "vedette américaine". En fait un quinqua fringant en costume, qui mélange virtuosité à la guitare classique et comique façon années 50. Il fait donc chanter aux premiers rangs, visiblement ravis, Petit Papa Noël, la Marseillaise et puis… la Reine d'Angleterre ! Il se lance dans une parodie de flamenco qui fera grincer les dents des amateurs de cette belle musique, puis dans une bossa nova clicheteuse. Il dédiera l'une de ses deux seules chansons à Anna Karina, décédée aujourd'hui, avant de nous offrir un sketch grotesque où il fait l'amour à sa guitare, lui faisant du coup un bébé - une petite guitare... Puis il termine ses 20 minutes par Dans la vie faut pas s'en faire… Le public applaudit, on dirait presque que les gens ont passé un bon moment. Accablant, c'est le mot qui nous vient à l'esprit… Tiens, Eveno est en fait un collaborateur musical de Philippe Katerine... mais il aurait fait une bonne première partie pour les Stranglers au début des années 80…

20h30 : l’entrée des musiciens sur scène se fait par les narines d’un grand nez gonflable, avec poils et tout et tout. Tout le monde est habillé, non pas en crotte de nez, mais en pyjama pour bébés moulant, ce qui ne s’avère pas forcément très seyant, surtout porté par Philippe Katerine (… mais c’est bien entendu volontaire…), lui-même dissimulant partiellement sa bedaine et ses genitalia grâce à un boa noir du plus bel effet. Il est accompagné par cinq musiciens : un guitariste, une bassiste, deux claviers et un batteur, et disons tout de suite que, si le son sera impeccable toute la soirée, on ne peut pas dire non plus que le groupe soit particulièrement original ni puissant. Mais nous supposerons que personne n’est là ce soir pour les musiciens, mais bien pour cet étrange énergumène, tellement brillant et tellement décalé, qu’est Katerine.

2019 12 16 Katerine Cigale (2)

On attaque par le formidable BB Panda, avec sa mini-charge parodique anti-Macron (…qui ne sait pas reconnaître les champignons), et qui permet quand même à Katerine de nous chanter que nous sommes tous de C.O.N.S. Stone avec Toi fonctionne bien mieux que sur l’album, et juste quand on se souvient que la soirée va être consacrée à l’intégralité de “Confessions”, Katerine nous fait le grand plaisir de son inoubliable Louxor J’adore : rien à dire, ça envoie, c’est toujours aussi drôle et efficace, même si c’est surtout un grand moment de comédie, entre le public et Katerine, chacun jouant avec délectation son rôle. « Et je coupe le son ! » 

La banane a évidemment le même rôle fédérateur vis-à-vis du public, mais Katerine va ensuite nous proposer de revisiter un certain nombre de ses chansons dans un “pot-pourri”, ce qui va nous valoir un grand quart d’heure de doux délire – et d’hilarité – générale alors que vont se succéder des scénettes plus ou moins théâtrales, qui, soyons réalistes, représentent finalement le cœur de la popularité de Katerine : si son gag prémonitoire sur Marine Le Pen – avec en plus l’usage des fameux faux-nez phalliques et fausses oreilles - fait rétrospectivement froid dans le dos, le jeu de dégoût sur la Moustache ne va quand même pas très loin… Le set se termine au bout d’une heure – ou, du moins semble se terminer – sur un 88% efficace, avec l’aide évidemment bienvenue de Lomepal.

2019 12 16 Katerine Cigale (15)

Avouons que nous sommes quand même un peu déçus, à ce stade : malgré le charisme scénique, voire même l’autorité naturelle, de Philippe Katerine, sa facilité à jouer à l’amuseur public a emmené le set vers une inconséquence, qui est en dessous de ce que l’on attend d’un artiste aussi ambitieux…

… Heureusement, il ne s’agissait que d’un entracte, avec changement de costume pour Katerine et sa troupe… et on a envie de dire que les “les choses sérieuses vont commencer”. Oui, car la seconde partie du concert, celle où Katerine et ses musiciens ont revêtus d’élégantes vestes, va s’avérer d’un tout autre calibre. On enchaîne les meilleurs titres de “Confessions”, comme La Converse avec Vous, ou en tout cas les plus “près de l’os” comme le déchirant Aimez-moi. En costume bleu clair, oui, Katerine fait son âge, et sa sûreté artistique impressionne sur ces chansons où l’émotion affleure… Incorrigible, Katerine nous simule une crise cardiaque, pour réapparaître torse nu, serviette autour du coup, et nous rassurer… Pas certain que ce genre de mise en scène ajoute quoi que ce soit à des chansons aussi inspirées qu’un Parivélib’, capable de nous faire aimer à nouveau notre ville en dépit du chaos actuel.

Et il nous reste encore le rappel : en chemise de nuit transparente et couronné de plumes, le clown semble nous être revenu. Sauf qu’il est seul, et que, a cappella, il nous chante un Moment Parfait. Et que c’est absolument bouleversant. A pleurer même de tant de beauté. A côté de moi, un fan s’écrie : « Philippe, tu es un poète ! ». Il a raison bien sûr, mais quand on a vécu ces deux minutes de pure suspension du temps qu’a été Moment Parfait, ce n’est même pas la peine de souligner l’évidence : Philippe Katerine est GRAND. »

 

2019 12 16 Katerine Cigale (37)

La setlist du concert de Katerine :

Première partie

BB Panda (Confessions – 2019)

Stone avec toi (Confessions – 2019)

Louxor J'adore (Robots après Tout – 2005)

Compliqué (Le Film – 2016) (a capella)

Blond (Confessions – 2019)

La banane (Philippe Katerine – 2010)

Amour (Planète Rap) / Excuse-Moi (Robots après Tout – 2005)

Le Grand Medley : Point noir sur feuille blanche (Confessions – 2019) / Des Bisoux (Philippe Katerine – 2010) / Moustache (Philippe Katerine – 2010) / Le 20-04-2005 (Robots après Tout – 2005) / KeskesséKcetruc (Confessions – 2019) / La Reine d'Angleterre (Philippe Katerine – 2010) / Philippe (Philippe Katerine – 2010) / Rêve Affreux (Confessions – 2019) / Des Bisoux (Philippe Katerine – 2010) / Point noir sur feuille blanche (Confessions – 2019)

La clef (Confessions – 2019)

88% (Confessions – 2019)

Deuxième partie

Bonhommes (Confessions – 2019)

Aimez-moi (Confessions – 2019)

La converse avec vous (Confessions – 2019)

Duo (Confessions – 2019)

Patouseul (Magnum – 2014)

Parivelib' (Philippe Katerine – 2010)

Madame De (Confessions – 2019)

Encore:

Moment parfait (Le Film – 2016) (a capella)

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11 octobre 2020

L'Epée / You Said Strange - Samedi 14 Décembre 2019 - Cigale (Paris)

2019 12 14 L Epée Cigale

Pour ceux d’entre nous, les plus aguerris, qui se souviennent des années 70, l’existence de “super-groupes” était à l’époque un grand sujet d’hilarité : ces musiciens, souvent parvenus à un succès notable dans leur formation d’origine, qui s’acoquinaient entre eux pour monter de nouvelles structures, la plupart du temps temporaires, nous semblaient la plupart du temps ridicules, le résultat de l’accumulation de noms célèbres en une alliance improbable ne donnant dans 99% des cas qu’une musique sans intérêt. Il était facile de comprendre le besoin de retrouver un peu de liberté en dehors d’un groupe connu, voire le plaisir de s’amuser entre copains, mais pourquoi donc nous infliger ces albums informes qui résultèrent généralement de ces parenthèses pas si enchantées que ça ?

L’Épée est peut-être un supergroupe, combinant nos Limiñanas préférés, Anton Newcombe en vacances de son Brian Jonestown Massacre, et enfin Emmanuelle Seigner, qui amène au groupe son obsession pour le Velvet Underground et sa voix de chanteuse yéyé française… Mais c’est surtout l’alliance de musiciens hétérogènes décidés à tenter de faire ensemble une musique qu’ils seraient (peut-être ?) incapables de faire seuls : pour faire simple, disons que nos joyeux lurons ont décidé de poursuivre sous le format d’un véritable groupe la collaboration fructueuse entamée en 2018 pour “Shadow People”, le dernier album des Limiñanas… L’existence de l’Épée a donc créé un buzz - logique vu le profil de ses membres -, mais surtout une réelle attente de la part d’un public sevré de démarches musicales originales. Pourtant, la Cigale n’est pas totalement remplie ce soir, sans doute du fait des difficultés de transport causées par la grève massive de la RATP et de la RER qui paralyse Paris…

2019 12 14 You Said Strange Cigale (15)

19h35 : You Said Strange est un quatuor de Normandie, dont la (très bonne) réputation a grandi à force d’aligner méthodiquement des concerts et des tournées. Ils se définissent comme psyché, on a eu surtout le sentiment ce soir à la Cigale d’un shoegazing inspiré, et, il est vrai, un peu plus lumineux peut-être que celui de leurs ancêtres anglais. Sans beaucoup de lumière, par contre, sur scène – sans doute pour respecter la tradition, donc… -, on est obligé de se concentrer sur la musique, ce qui est très bien, car les compositions de You Said Strange sont tout simplement excellentes, accrocheuses dès la première écoute sans être gratuitement pop. L’avant dernier titre, The Way to the Holy War (Jesus), s’avérera le plus marquant, avec une grande intensité – qui manquait peut-être un peu à certains morceaux précédents, mais l’exercice de la première partie dans une salle encore peu remplie n’est pas des plus faciles ! Sur leur site, les Normands parlent pas mal de croyance, de prières, de sainteté, de rédemption : pas forcément le genre de prêchi-prêcha qu’on a l’habitude d’entendre dans le Rock, mais bon, il faut reconnaître que nous avons là un groupe talentueux et singulier.

20h45 : La scène est joliment décorée, avec tapis au sol, lampes exotiques et surtout une splendide épée / symbole en plein centre. Il y a du monde, car en plus du quatuor emblématique de l’Épée aligné sur le devant, nous avons quatre musiciens “au second plan”, contribuant au son assez monstrueux qui sera celui du groupe. On sait qu’à la Cigale on bénéficie la plupart du temps d’un excellent son, et ce soir, ça sera parfait, avec la voix d’Emmanuelle bien audible malgré le déluge de guitares saturées (en moyenne quatre guitares en même temps, et parfois même cinq, ce qui est quand même un vrai bonheur pour les amateurs de l’instrument !).

2019 12 14 L Epée Cigale (8)

Bon, la soirée commence progressivement avec une mise en place sur la narration de la Brigade des Maléfices, où tout ce joli monde prend ses marques. Emmanuelle, entièrement de noire vêtue, assure un show minimal au centre, se contentant d’onduler derrière son micro, et de lever les bras en guise de danse exotique : ce n’est pas vraiment grave, la grande majorité des gens dans la salle étant venus plutôt pour se faire exploser les oreilles sur une version “noise” du Velvet Underground. A droite, ce bon Anton – qui évidemment rameuté ses fans – reste caché derrière ses cheveux, et est assez discret pendant la première partie du set, mais, on va le voir, va se rattraper sur la fin. A gauche, Marie et Lionel constituent le noyau dur de la musique, ou plutôt son cœur battant, ceux qui ajoutent le petit plus d’émotion au cœur de la tempête…

Plus la soirée avance, plus le set prend de l’ampleur, avec des guitares de plus en plus impressionnantes : comme le faisait remarquer un ami, il y a une différence essentielle entre le son et le style d’Anton et ceux de Lionel, et cet écart est à même de créer un déséquilibre, mais ce soir, sans doute avec l’aide des autres guitaristes et du son puissant, une véritable osmose s’opère. Si l’on a pu regretter l’absence de Bertrand Belin sur On Dansait avec Elle, laissant Emmanuelle un tantinet exposée, il faut bien dire que l’enchaînement Shadow People / Ghost Rider est imparable, et balaie toutes les réserves que l’on a pu avoir sur le concept du groupe : si l’album “Diabolique” a quelques faiblesses, celles-ci disparaissent sur scène.

2019 12 14 L Epée Cigale (16)

Le set se termine au bout d’un peu plus d’une heure avec une partie de guitare phénoménale d’Anton sur son Istanbul is Sleepy, le titre qu’il avait écrit pour les Limiñanas. Le bougre est désormais bien à fond, et ça fait vraiment plaisir à voir.

Rappel en forme de déluge d’électricité, avec deux instrumentaux (ou quasi…) surpuissants, Un Rituel Inhabituel et The Train Creep A-Loopin (les Limiñanas, encore…), où les deux guitares de Lionel et Anton font des merveilles. Un niveau sonore un peu plus élevé nous aurait certainement permis d’atteindre l’extase totale, mais la législation française étant ce qu’elle est, nous ne pouvons plus que rêver à ces tourments proches du cataclysme qu’un My Bloody Valentine, par exemple, savait faire naître à la fin du siècle dernier…

On se quittera donc après une heure vingt d’un concert qui a dépassé nos espérances. Les plus cyniques parmi nous n’ont pas pu s’empêcher de remarquer que les seuls vrais moments de folie dans la salle ont été provoqués par les morceaux des Limiñanas : ce n’est pas faux, mais c’est certainement négliger l’importance d’Emmanuelle au sein de ce projet original qu’est L’Épée.

 

2019 12 14 L Epée Cigale (37)

La setlist du concert de l’Epée :

La brigade des maléfices (Diabolique – 2019)

Une lune étrange (Diabolique – 2019)

Last Picture Show (Diabolique – 2019)

Dreams (Diabolique – 2019)

Beginning of sorrows

On dansait avec elle (Diabolique – 2019)

Grande (Diabolique – 2019)

Shadow People (The Limiñanas cover)

Ghost Rider (Diabolique – 2019)

Lou (Diabolique – 2019)

Jacob Wilkins

Shiny Shiny (Ghost Rider EP – 2019)

Istanbul Is Sleepy (The Limiñanas cover)

Encore:

Un rituel inhabituel (Diabolique – 2019)

The Train Creep A-Loopin (The Limiñanas cover)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

 

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06 octobre 2020

!!! - Mardi 3 Décembre 2019 - Maroquinerie (Paris)

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie Billet

Voilà près de 20 ans que !!! (prononcez Chk Chk Chk, bien entendu !) existe, et il est plus qu’un peu douloureux de voir ce groupe new-yorkais extraordinaire confiné en 2019 dans une aussi petite salle (aussi sympathique soit-elle…) que la Maroquinerie… une Maroquinerie heureusement complète pour l’occasion.

2019 12 03 BABii Maroquinerie (1)

20 h 00 : au milieu de la scène est installée une étrange plateforme surélevée, sur laquelle trône un peu de matériel électronique – percussions et ordinateur -, et quand l’heure de la première partie arrive, nous avons la surprise de voir une très jeune femme se hisser dessus, s’installer à genoux, et nous annoncer en riant qu’elle s’appelle BABii, et que ce sera son premier concert à Paris. Si l’on passe sur la curiosité d’assister à un concert entièrement donné à genoux (BABii tient une baguette dans sa main droite, avec laquelle elle frappe occasionnellement les percussions, et son micro dans la gauche), on est d’abord intéressé par l’approche minimaliste d’une artiste qui fait parler d’elle en ce moment de l’autre côté de la Manche : une voix haut perchée, une musique électronique à la fois rêveuse et dramatique, pas mal de samples, voilà une électro qui pourra rappeler dans sa démarche celle de Björk par exemple. Le problème, on s’en aperçoit vite, c’est que tout cela manque et de structure et de consistance, ce qui fait que notre attention s’égare vite. Chaque morceau se termine un peu abruptement, sans logique ni nécessité, et BABii se sent obligée de marquer le coup à chaque fois par un « thank you » assorti d’un rire nerveux vite irritant. Bref, rien ne nous permet d’affirmer que nous aurions assisté là à la naissance d’une future artiste majeure…

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (2)

21 h 00 : en 2019, !!! évolue donc toujours en formation réduite (par rapport à ce que l’on a pu connaître aux débuts du groupe…) de quatre musiciens, et deux vocalistes : Nic Offer, bien sûr, désormais grisonnant, mais sinon largement inchangé, y compris dans ses tenues scéniques improbables (cette fois, un short, un t-shirt et une veste taillés dans le même tissu à carreaux !), et une nouvelle chanteuse au style et à la voix soul assez remarquables, Meah Pace. Andreoni – sublime guitariste et bassiste, rappelons-le, et instrument fondamental de l’excellence scénique du groupe -, Quatterone et Cohen sont heureusement toujours là, fidèles au poste…

Comme le dernier album, “Wallop”, le laissait prévoir, le groupe s’est éloigné du “dance punk” sauvage de ses débuts, et propose désormais de la soul et du funk beaucoup plus consensuels. Le set, annoncé comme l’interprétation live de “Wallop”, va donc principalement être composé des chansons de cet album, frustrant légèrement les fans qui aimeraient comme toujours profiter des grands morceaux incendiaires des débuts ! Néanmoins, n’ayons pas trop d’inquiétude pour autant : si le groupe ne réalise plus désormais ce tour de force qui consistait à mettre le feu à la salle PLUSIEURS FOIS par soirée, il reste maître de ces montées en puissance soudaines qui font qu’il est littéralement impossible de ne pas vibrer à l’unisson et se lancer dans la danse !

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (22)

Nic est resté, et heureusement, égal à lui-même : se comparant ironiquement à un raver des années 90, il passera tout le set soit au contact direct du premier rang, soit à danser au milieu du public. Voici quelqu’un qui est physiquement engagé, d’ailleurs il plaisantera sur les 5 kgs qu’il a perdus depuis le début de la tournée !

Et voilà que, le groupe ayant à peine entamé Freedom ! ’15, la technique les trahit ! Tout le monde s’affaire autour de l’ordinateur pour essayer de comprendre le problème afin de pouvoir le résoudre, tout le monde sauf l’ami Nic, entertainer total qui va donc monter au front tout seul, et proposer d’interpréter un titre à la demande… Bel effort ! Débutant a capella, puis appuyé par les musiciens en mode improvisation, Nic enlève le morceau, et démontre clairement à la fois son talent et sa générosité !

Le set reprend de plus belle, et le public se fâche quand Nic annonce le dernier morceau : sous la pression générale, voilà donc la setlist rallongée pour satisfaire les fans parisiens ! On termine par une version très fun et irrésistible de This Is the Door, avec dialogue / dispute entre amoureux (Meah et Nic) plus vraie que nature. Un petit régal…

Tout le monde attend, espère, réclame Yadnus, nous aurons droit à la place à All My Heroes are Weirdoes pour nous rappeler combien était efficace le bon vieux dance punk d’antan. Avec un jeu de basse infernal de la part de Mario Andreoni, Slyd termine la soirée sur une haute note d’excitation… Termine… ? Non ! Car le public bien chauffé refuse de quitter la salle ! Et voilà Nic, Meah et les autres qui reviennent encore une fois, visiblement ravis de l’accueil reçu ce soir.

Eh oui, une bonne heure et demie passée à danser, un grand sourire jusqu’aux deux oreilles, c’est le cadeau bienfaisant que nous offert !!! en cette froide soirée d’hiver, dans une Maroquinerie torride !

 

2019 12 03 Chk Chk Chk Maroquinerie (36)

Les musiciens de !!! sur scène :

Nic Offer – vocals

Rafael Cohen – vocals, guitar, keyboards

Mario Andreoni – guitar, bass

Dan Gorman – keyboards, percussion, background vocals

Paul Quattrone – drums

Meah Pace - vocals

 

La setlist du concert de !!! (reconstituée de mémoire, car différente de celle apparaissant sur le papier, le set ayant été modifié du fait des problèmes techniques du groupe et des demandes du public !) :

$50 Million (Wallop – 2019)

Couldn't Have Known (Wallop – 2019)

Off the Grid (Wallop – 2019)

In the Grid (Wallop – 2019)

Serbia Drums (Wallop – 2019)

Dancing Is the Best Revenge (Shake the Shudder – 2017)

Slow Motion (Wallop – 2019)

Bassline

Freedom! '15 (As If – 2015) (cut short due to sound issues)

Must Be the Moon (Myth Takes – 2007) (audience request)

NRGQ (Shake the Shudder – 2017)

Rythm of the Gravity

My Fault (Wallop – 2019)

One Girl / One Boy (Thr!!!er – 2013)

This Is the Door (Wallop – 2019)

Encore :

All My Heroes are Weirdoes (Myth Takes – 2007)

Slyd (Thr!!!er – 2013)

Encore 2 :

All U Writers (As If – 2015)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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01 octobre 2020

Robert Forster - Jeudi 28 Novembre 2019 - Boule Noire (Paris)

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire Billet

Cela a été très difficile ce soir de choisir de ne pas aller au Trabendo applaudir le meilleur groupe scénique actuel, The Psychotic Monks, pour rejoindre un public très mûr (doux aphorisme) à la Boule Noire et accueillir l'un des rares passages en France d'un artiste australien qui marqua les années 80 : Robert Forster, co-leader des fantastiques Go-Betweens, un homme à qui il nous semblait impensable de ne pas aller témoigner tout le respect qu'il mérite. Surtout que l'on ne parle pas d'un artiste épuisé, auquel on n'accorderait que le crédit de la nostalgie, puisqu'il a publié cette année l'un de ses tous meilleurs albums, “Inferno”, rempli de mélodies irrésistibles, de textes sincères et malins, et porteur d'une vision aussi simple que profondément décalée par rapport à notre époque.

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (5)

20h40 : Robert Forster nous avait promis de venir accompagné de son épouse au violon – d’ailleurs c’était même inscrit sur le billet… - mais il est bel et bien seul, avec sa guitare acoustique, sur la scène de la Boule Noire, par ailleurs remplie de fidèles des Go-Betweens. On aurait aimé avoir un mot d’explication sur cette absence, mais on n’en saura rien de plus…

En attaquant son set par trois chansons de son ancien groupe, dont I’m All Right, premier extrait de leur plus bel album, “16 Lovers Lane”, Robert nous envoie clairement un signe – celui que personnellement, nous n’avions pas envie de recevoir -, c’est que nous allons regarder un maximum ensemble dans le rétroviseur. C’est franchement dommage quand on a du matériel impeccable à jouer comme celui de “Inferno” : et d’ailleurs nous n’aurons droit qu’à trois pauvres titres de ce disque, à notre grande frustration.

Robert, vêtu comme à la ville, a tout du gentleman vieillissant, y compris l’auto-dérision et la rigidité que l’on associe naturellement à son physique. Auto-dérision dont il fera amplement usage tout au long de la soirée, au point que cela finira par en être un peu lassant : entre ses déclarations sur le fait qu’il ne sait pas très bien jouer de la guitare, qu’il n’a aucune imagination ce qui l’oblige à ne raconter que des histoires vraies (en introduction de German Farmhouse), qu’il ne va pas arriver à jouer le solo sur la fin de la chanson, et ce d’autant qu’il n’a aucun musicien pour l’accompagner, ce qui rend un solo de guitare ridicule (Life Has Turned A Page), et ses ronchonnements répétés sur l’éclairage pourtant impeccable ce soir, on ne peut pas dire que ce tout ce qui sort de la bouche de Robert ce soir soit passionnant. Le public rit, un peu par politesse sans doute, mais le lien empathique entre l’artiste et ses fans, si essentiel à la réussite d’une performance solo, ne s’établira que très tardivement, et sans doute trop faiblement.

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (11)

One Bird in the Sky est un morceau sublime qui conclut “Inferno” de la plus belle des manières, et nous n’aurons droit qu’à une version plate ce soir, qui soulèvera pourtant les premiers cris d’enthousiasme dans la salle, après un démarrage du set assez laborieux. Les premiers chœurs s’élèveront spontanément dans la Boule Noire sur Spring Rain, ce qui change évidemment tout, et contribue à établir enfin une atmosphère d’amour commun pour ces grandes chansons… qui ne sont pas toutes à leur avantage ce soir dans ces versions non seulement très dépouillées, mais surtout trop retenues.

Après le fameux “solo” de Life Has Turned a Page, Robert demande aux gens qui publieront un compte-rendu de ce concert sur leur blog de bien le mentionner : c’est donc fait, Robert !

In the Core of a Flame est encore un crowd pleaser, si on ose dire, mais ce sera enfin une très belle version de Danger in the Past, avec une participation active du public, qui justifiera notre présence, tant à Robert qu’à nous les fans, ce soir à la Boule Noire. On est alors dans ce qu’on peut considérer comme un rappel, même si Robert ne fait plus de rappels, puisqu’il nous avoue (sans surprise) ne plus avoir envie de jouer à ce jeu-là. Il se plante au milieu de 121, nous invite à venir le rejoindre au stand de merchandising en annonçant qu’il signera n’importe quoi, même des disques et des livres qui ne sont pas les siens. Il nous quitte sur un Dive for your Memory qu’on aime s’imaginer dédié à la mémoire de son acolyte Grant McLennan, non sans être venu nous serrer la main au premier rang.

Bon, les commentaires entendus dans la salle ne sont pas trop enthousiastes (on aura même entendu le mot : “poussif” !), mais nous, nous regretterons surtout que, étant donné les limitations “techniques” de Robert, il ne se soit pas plus ouvert à nous : puisqu’il prétend ses chansons réalistes et autobiographiques, nous aurions aimé entendre les souvenirs de ce désormais vétéran de la musique indie, ou au moins quelques anecdotes personnelles qui auraient rendu ce set de 1h35 plus généreux, moins… “impersonnel”.

Comme quoi, l’élégance et la distinction d’un véritable gentleman, même aussi talentueux que Robert Forster, ce n’est pas vraiment compatible avec la qualité d’un concert…

 

La setlist du concert de Robert Forster :

2019 11 28 Robert Forster Boule Noire (15)

Born to a Family (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

Spirit (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

I'm All Right (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

Let Me Imagine You (Songs to Play – 2015)

Clouds (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

One Bird in the Sky (Inferno – 2019)

Here Comes a City (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

Darlinghurst Nights (The GoBetweens – Oceans Apart - 2005)

German Farmhouse (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

Spring Rain (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Life Has Turned a Page (Inferno – 2019)

Love Is a Sign (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

Inferno (Brisbane in Summer) (Inferno – 2019)

Remain (Inferno – 2019)

In the Core of a Flame (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Learn to Burn (Songs to Play – 2015)

Danger in the Past (Danger in the Past – 1990)

Head Full of Steam (The GoBetweens – Liberty Belle And The Black Diamond Express - 1986)

Surfing Magazines (The GoBetweens – The Friends of Rachel Worth - 2000)

121 (Calling From A Country Phone – 1993)

Dive for Your Memory (The GoBetweens – 16 Lovers Lane - 1988)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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