Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

05 juillet 2020

The Cure / Jeanne Added / Balthazar - Vendredi 23 Août 2019 - Rock en Seine (Parc de St Cloud)

2019 08 23 RES J1 Parc St Cloud Billet

Ce vendredi de Rock en Seine est attendu comme le messie par les dizaines de milliers de fans français de Robert Smith, puisque Rock en Seine redore son blason bien terni par la programmation de 2018. « Seul concert en France de The Cure » : ça a de l'allure, quand même ! Résultat : dès 15 heures, les places du premier rang à la Grande Scène sont chères... surtout à gauche, en face de la future position de ce cher Robert. Placés sur la droite, nous prenons notre mal en patience dans la chaleur de ce retour impromptu de l'été, et tentons de prendre plaisir aux coups de soleil qui s'annoncent.

2019 08 23 Balthazar RES J1 Parc St Cloud (1)

17h05 : Balthazar n'est vraiment pas un groupe de scène. Après leur concert en demi-teinte au Casino de Paris en mars dernier, leur molle prestation sur la Grande Scène en ouverture du premier jour de Rock en Seine 2019 n'est pas fait pour nous rassurer. Une intro catastrophique avec un Blood Like Wine ahurissant de platitude, avant de rentrer dans le vif du sujet - l'album “Fever”, qui est une véritable merveille - et de ne rien réussir à en faire d'intéressant. Bon, le soleil tape fort, il fait très chaud, et l'ambiance n'est évidemment que peu appropriée à cette musique sensuelle, nocturne... mais cela ne saurait constituer une excuse pour mettre aussi peu d'âme et de générosité dans son live. Les musiciens s'énervent un peu devant l'apathie du public, mais honnêtement, à qui s'en prendre ? Avoir recours aux gimmicks habituels - on tape dans les mains, on descend dans la foule, on lance un intermède percussions... - ne change rien à l'affaire : Grapefruit, formidable chanson, n'est que l'ombre d'elle-même, Changes ne réussit pas à allumer la mèche, il faut attendre l'évidence de Fever pour qu'il se passe enfin un peu quelque chose, un peu d'électricité, de tension, qui malheureusement se dilue au fur et à mesure que le morceau s'étire. On finit par Entertainment, un vrai rock rappelant Manchester et la musique "baggy", et on espère d'un coup qu'au moins ce dernier morceau nous laisse sur une bonne impression. Mais rien à faire : le groupe salue, remercie. Il ne s'est absolument rien passé pendant les dernières 55 minutes.

2019 08 23 Jeanne Added RES J1 Parc St Cloud (4)

19h45 : Après le pétard mouillé de Balthazar, il ne faut que quelques minutes à notre grande (et toute petite) Jeanne Added nationale pour nous redonner le goût de la musique. Comme elle l'avait promis, Jeanne a amené avec elle un groupe choral, Accentus, qui ajoute encore de l'ampleur et de la profondeur aux chansons déjà très lyriques de notre Rémoise préférée. L'introduction de son set de 1h05 est très impressionnante, et avec Remake, sur lequelle elle enchaîne un Radiate bouleversant, un déluge d'émotion déferle sur le public. C'est beau, c'est grand, ça fait du bien. Mutate est le tube qu'il faut ensuite pour nous ramener sur terre. Les morceaux dance sont combattifs - finalement Jeanne bouge plus comme une boxeuse qu'une danseuse, et c'est très bien comme ça... Un Back du Summer décharné et réinventé, un bel intermède (Look at Them) a capella avec Accentus, une version impressionnante de A War is Coming, qu'on aimerait voir durer plus longtemps, une mise en musique d'un poème de John Donne (Song 1-2), etc. etc. Imaginative, variée, oscillant entre splendeur émotionnelle et beats agressifs, revisitée avec intelligence, la musique de Jeanne Added n'a jamais paru meilleure que ce soir. Le public est conquis, le contrat est rempli : nous avons une grande chanteuse en France.

2019 08 23 The Cure RES J1 Parc St Cloud (1)

21h00 : les clochettes de Plainsong annoncent l'arrivée de The Cure, apportant enfin la délivrance à la frustration perceptible dans la foule massée devant la grande scène. Il est évidemment rare que Rock en Seine soit le théâtre d'une telle vénération populaire - le concours de t-shirts vintage de The Cure en témoigne -, et le niveau d'attente du public est stratosphérique. Celui de Robert également, allons-nous découvrir : tandis que le groupe a déjà attaqué le morceau, Robert prend son temps, nous observe depuis l'obscurité, arborant un grand sourire mais les yeux remplis d'inquiétude… Qu'attend-il ? Qu'espère-t-il de ce public français qui l'a toujours vénéré ? Plainsong donne le ton : mélancolie, angoisse, vertige existentiel, le Cure éternel. La voix de Robert, d'abord incertaine, se positionne comme toujours au point exact de convergence entre douleur et innocence. Love Song, bouleversant, presque sublime, confirme que le groupe de 2019 n'est pas un cover band de luxe qui joue les grands succès d'un Cure qui n'existerait plus : Intensité, intégrité, intransigeance, tout y est ce soir !

L'incroyable version de Burn qui suit confirme l'excellence de la formation autour de Robert : l'éternel ami bondissant Simon Gallup à la basse (qui peut faire le show à lui tout seul avec son improbable coupe de douilles et son jean en pièces), Reeves Gabrels dont la guitare volcanique s'est intégrée idéalement dans le son de The Cure, Jason Cooper qui m’a paru ce soir préférer swinguer plutôt que marteler ses fûts (…à moins qu’il ne se soit agi là de l’un des effets positifs d’un son particulièrement clair et équilibré !), ce qui fait régulièrement la différence par rapport à des formations antérieures, et Roger O’Donnell (qui faisait déjà partie du groupe en 1987, rappelons-le, et est revenu il y a déjà presque une décennie…) qui s'amuse comme un petit fou derrière ses claviers. Surtout, surtout, on réalise que ces gens-là, alors qu'ils jouent l'une des musiques les plus tristes qui soient, ont un vrai plaisir à jouer ensemble, et ça, ça change tout.

2019 08 23 The Cure RES J1 Parc St Cloud (17)

Robert enchaîne une version très dure de Fascination Street, mais, paradoxalement, semble enfin (après une petite heure de set, mais on a envie de dire après quarante ans de carrière…) se lâcher, plaisanter, rire même ! On n’en croit pas nos yeux ! Never Enough, avec la participation active du public aux chœurs est sans doute LE moment où l’euphorie prend la main sur la soirée, et la transforme en une magnifique oasis de bonheur partagé. Ce soir, le public, souvent venu de loin et qui n’a rien à voir avec celui habituel de ce festival souvent un peu trop élégant et distant, est parfait, portant attention à chacun des morceaux, chantant quasiment toutes les chansons. Le groupe est, on l’a déjà dit, parfait, s’appropriant les morceaux et les portant parfois dans des directions inattendues (The Forest, un peu plus tard, semblera presque tout neuf !). La mise en scène lumineuse et les projections en fond de scène sont régulièrement étourdissantes de splendeur, et les conditions pratiques du set parfaites aussi, avec une douce température nocturne créant une bienheureuse atmosphère de vacances. Que demander de plus ? Un Robert Smith “in love with us” ? Eh bien, nous allons l’avoir aussi…

From the Edge of the Deep Green Sea est un autre passage incroyablement intense d'une setlist qui tourne beaucoup autour de l’album “Disintegration” (sept morceaux en seront joués), mais n’ignorera pas des titres moins connus du plantureux répertoire du groupe. Play for Today marque le retour en force du public, qui impose ses chœurs sur un morceau qui constituera l’un des plus grands crowd-pleasers de la setlist de ce soir ! La dernière ligne droite mise de nouveau sur les ambiances extrêmes, durcies par un groupe qui ne fait pas de concessions, culminant sur une très belle version du formidable Shake Dog Shake, avant la lente redescente vers les enfers de la dépression de Disintegration.

2019 08 23 The Cure RES J1 Parc St Cloud (25)

Les enfers de la dépression ? Pas sur scène en tout cas, Robert Smith étant de plus en plus hilare et expansif, s’épanchant au micro sur son français qui n’est plus de ce qu’il était, et faisant des blaques : « si vous ne comprenez pas ce que je viens de dire, qui était du français, c’est que vous n’êtes pas Français ! ». Tu parles, Charles !

Retour ensuite pour un rappel de 30 minutes entièrement consacré à des tubes pop, offerts dans des versions à la fois rock et fantaisistes, et se terminant sur le rituel Boys Don’t Cry. Honnêtement, rien de mémorable musicalement dans cette toute dernière partie d’un set de deux heures vingt au total, donc un peu court par rapport aux standards du groupe, mais l’intérêt de cette dernière partie était ailleurs : dans l’attitude de Robert Smith, qui est venu à plusieurs reprises quasiment au contact de son public, sur l’avancée de la scène et sur les estrades latérales. L’avoir – pour la première fois après tant de shows au fil des années où il semblait surtout retranché dans sa douleur et sa tristesse – comme ça à quelques mètres devant nous, grimaçant des sourires timides en regardant enfin en face l’amour que son public lui offre, a été une expérience incroyable… Et, si l’on nous permet une pointe d’irrespect, légèrement traumatisante : car ce gros nounours, aux yeux embués par l’émotion, avait aussi conservé – heureusement – quelque chose d’effrayant, comme l’un de ces monstres trop humains sortis de l’imaginaire de Tim Burton.

Conclusion de la bouche de Robert Smith lui-même après s’être frotté ainsi à son public : « C’était un cauchemar, mais je suis incroyablement heureux !.

Voilà, c’était VENDREDI, et nous étions à nouveau AMOUREUX.

 

2019 08 23 Balthazar RES J1 Parc St Cloud (38)

La setlist du concert de Balthazar :

Blood Like Wine (Applause – 2010)

Wrong Faces (Fever – 2019)

Wrong Vibration (Fever – 2019)

Bunker (Thin Walls – 2015)

Grapefruit (Fever – 2019)

I'm Never Gonna Let You Down Again (Fever – 2019)

Changes (Fever – 2019)

Fever (Fever – 2019)

Entertainment (Thin Walls – 2015)

 

2019 08 23 Jeanne Added RES J1 Parc St Cloud (34)

La setlist du concert de Jeanne Added :

Intro (Chœur Accentus seul)

Remake (Radiate – 2018)

Radiate (Radiate – 2018)

It (Be Sensational – 2015)

Both Sides (Radiate – 2018)

Mutate (Radiate – 2018)

Back to Summer (Be Sensational – 2015)

Look at Them (a cappella, avec le Chœur Accentus) (Be Sensational – 2015)

A War Is Coming (Be Sensational – 2015)

Lydia (Be Sensational – 2015)

Song 1-2 (Radiate – 2018)

Before the Sun (Radiate – 2018)

Suddenly (Be Sensational – 2015)

 

2019 08 23 The Cure RES J1 Parc St Cloud (5)

Les musiciens de The Cure sur scène :

Robert Smith – lead vocals, guitar

Simon Gallup – bass guitar

Roger O'Donnell – keyboards

Jason Cooper – drums

Reeves Gabrels – guitar

 

La setlist du concert de The Cure :

Plainsong (Desintegration – 1989)

Pictures of You (Desintegration – 1989)

High (Wish – 1992)

A Night Like This (The Head on the Door – 1985)

Just One Kiss (Japanese Whispers – 1983)

Lovesong (Desintegration – 1989)

Last Dance (Desintegration – 1989)

Burn (Join the Dots – 2004)

Fascination Street (Desintegration – 1989)

Never Enough (Mixed Up – 1990)

Push (The Head on the Door – 1985)

In Between Days (The Head on the Door – 1985)

Just Like Heaven (Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me – 1987)

From the Edge of the Deep Green Sea (Wish – 1992)

Play for Today (Seventeen Seconds – 1980)

A Forest (Seventeen Seconds – 1980)

Primary (Faith - 1981)

Shake Dog Shake (The Top – 1984)

39 (Bloodflowers – 2000)

Disintegration (Desintegration – 1989)

Encore :

Lullaby (Desintegration – 1989)

The Caterpillar (The Top – 1984)

The Walk (Japanese Whispers – 1983)

Friday I'm in Love (Wish – 1992)

Close to Me (The Head on the Door – 1985)

Why Can't I Be You? (Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me – 1987)

Boys Don't Cry (Boys Don’t Cry – 1980)

Cette chronique a déjà été publiée à l'époque du concert sur les blogs manitasdeplata.net et benzinemag.net

Posté par Excessif à 07:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


30 juin 2020

White Fence / Marietta - Mardi 6 Août 2019 - Petit Bain (Paris)

2019 08 06 White Fence Petit Bain Billet

Ce n'est pas forcément judicieux commercialement de programmer le passage d'un artiste pas excessivement connu comme Tim Presley à Paris, durant la première semaine du mois d'août... mais il ne nous viendrait pas à l'idée de nous plaindre de cette opportunité de voir quelqu'un d'aussi singulier... qui plus est dans le cadre délicieux du Petit Bain !

Curieusement ce soir, la scène du Petit Bain a été étendue, au détriment de l'espace dans la salle. Est-ce exceptionnel, du fait du nombre de musiciens prévus sur scène, ou bien serait-ce désormais là la nouvelle configuration de la salle ? 

2019 08 06 Marietta Petit Bain (26)

20h35 : Marietta, c'est en fait Guillaume Marietta tout seul avec sa guitare acoustique... sauf que c'est trompeur, car à l'aide d'un bel arsenal de pédales d'effets et aussi de musiques préenregistrées, il nous offre un set de près de 40 minutes plein d'électricité et aussi de surprises. Des chansons pas évidentes qui peuvent basculer dans le noise, des textes généralement en anglais mais aussi parfois en français, et même une lecture "édifiante" d'un extrait de ce qui semble un extrait de l'autobiographie de Michael Jordan (si, si !) glorifiant l'effort et l'atteinte de ses objectifs, avant un final bruitiste trop court. Guillaume a demandé qu'on monte le son, qu'on baisse les lumières, qu'on fasse plus de bruit, bref, Guillaume est bien sympathique. Une bonne première partie, un set intriguant…

2019 08 06 White Fence Petit Bain (2)

21h40 : Tim Presley, l’ex-punk Californien recyclé dans le psychédélisme lo-fi, très peu connu dans nos contrées, même s’il fait rappeler qu’il a fait brièvement partie de The Fall (eh oui !) et qu’il est un grand ami de Ty Segall, est entouré ce soir d’un nouveau groupe officiant sous le nom de scène de White Fence : cinq musiciens, dont deux guitaristes, un claviériste qui dégainera rapidement également sa six cordes (ce qui nous offrira des passages flamboyants à quatre, oui quatre guitares électriques !) et une blonde batteuse. Il arbore désormais un vague look de mod anglais de la fin des sixties, avec un mince trait de rouge à lèvres. On m’avait prévenu quant au manque de jovialité de l’animal, qui pouvait plomber ses sets, et je dois dire qu’on ressent immédiatement une certaine tension sur scène, comme si les musiciens étaient particulièrement vigilants quant aux réactions de leur boss à leur boulot ! Ceci s’explique sans doute aussi par le fait qu’il s’agit d’un début de tournée européenne pour un groupe a priori assez récemment constitué…

Tim attaque sans un sourire par l’enchaînement, dans l’ordre, des quatre premiers titres de son dernier album, le très bon “I Have to Feed Larry’s Hawk”, devant un Petit Bain ma foi fort honorablement rempli – et très enthousiaste – malgré mes craintes. Le son est excellent, un tantinet pas assez fort (mais c’est désormais semble-t-il la règle, législation oblige…), et Tim chante étonnamment mal… ce qui ne fait, paradoxalement, qu’ajouter un charme fou à ses chansons cabossées, en guenilles. Je dois avouer que, même si je l’espérais bien entendu, je suis estomaqué par la beauté tremblante qui se dégage de cette musique, qui reste donc infiniment touchante, même en dehors de l’intimité de l’artiste et appuyée par un groupe des plus compétent comme ce soir. La référence à la musique de Syd Barrett, inévitable sur les albums lo-fi, s’estompe dans ce contexte bien plus traditionnellement rock, mais pas l’extrême sensibilité de cette musique d’écorché vif.

2019 08 06 White Fence Petit Bain (12)

Plus le concert avance, plus on sent le groupe prendre de l’aisance, et on voit même l’ami Tim sourire doucement, de temps en temps. Until You Walk est une véritable petite merveille, les guitares bien en avant soutenant sans faille la mélodie comme toujours déconstruite de Tim… Une chose qui peut faire sourire, c’est qu’on ne peut jamais savoir quand une chanson est terminée ou non, tant les œuvres de Presley sont rebelles à la moindre structure traditionnelle, et semblent toujours un peu s’effilocher au fil du temps, pour mieux reprendre parfois, ou pour s’arrêter dans un vague sentiment d’insatisfaction, voire de gêne : faut-il applaudir ou pas ? Allons vexer le fragile artiste en l’acclamant trop tôt alors que la chanson n’est pas terminée ?

Tim nous avoue qu’il n’arrive pas à se souvenir de quand date son dernier passage à Paris, a priori il y a trois ou quatre ans au Point Ephémère, d’après des fans dans la salle. L’ambiance est désormais plus détendue, le public me semble dans sa large majorité apprécier (même si à la sortie, j’entendrai quelques commentaires désagréables et moqueurs sur « ce mec qui ne sait même pas chanter »…), et Tim se permet de louper deux fois le démarrage d’une chanson lancée par la batteuse, avant de planter complément l’intro du dernier titre, Forever Chained, sans pour cela en faire un drame.

2019 08 06 White Fence Petit Bain (51)

Comme nous insistons beaucoup après que le groupe ait quitté la scène, au bout de cinquante minutes seulement, et avec de sincères – semble-t-il – remerciements, Tim revient et nous explique qu’il n’ont rien répété d’autre qu’ils puissent jouer en cas de rappel. Bon, ils vont quand même nous bricoler quelque chose, et attendre ainsi gentiment la quasi heure de concert, ce qui était sans doute le mieux qu’on puisse attendre.

Il n’est pas certain que l’ineffable Tim ait gagné de nouveaux fans ce soir au Petit Bain, mais je pense pouvoir affirmer que tous ceux qui aiment déjà sa musique tellement particulière ont été comblés. Et pourquoi pas, la prochaine fois, un set en commun avec l’ami Ty ? So long, Tim !

 

La setlist du concert de White Fence :

I Have to Feed Larry's Hawk (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Phone (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Fog City (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

I Love You (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Neighborhood Light (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Until You Walk (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Can You Blame

Solitude Cola

Run by the Same (Cyclops Reap – 2013)

Live on Genevieve (Cyclops Reap – 2013)

Clue

Lizards First (Family Perfume, Vol 2. – 2012)

Forever Chained (I Have to Feed Larry’s Hawk - 2019)

Encore:

(Unknown)(Michael Hurley on setlist)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 juin 2020

Baby Shakes - Mardi 24 Juillet 2019 - Supersonic (Paris)

Un coup de nostalgie du CBGB de 1976, quand Blondie inventait le Power Pop pendant que les Ramones testaient leur fameuse formule qui allait exploser à la face du monde ? Ce soir au Supersonic, on vous consolera de ne pas y avoir été, ou peut-être d’être trop jeune pour y avoir été… avec les Baby Shakes, un quatuor de punk rock (majoritairement) féminin et new yorkais, qui opère parfaitement dans les règles de l'art...

2019 07 23 The Shazzams Supersonic (2)

Quand j'arrive au Supersonic, The Shazzams, groupe littéralement international vu les nationalités diverses des musiciens, a déjà commencé son set… ce qui est ma foi fort dommage pour moi, car sa musique me semble immédiatement accrocheuse ! Un chanteur - Justin Houser - aux allures de prédicateur de cinéma, un groupe pas tout jeune non plus, et qui joue une sorte de psychobilly - comme on disait à l'époque - sec, nerveux, près de l'os, avec des morceaux qui ont une vraie allure, des morceaux variés et même mélodiques quand il le faut... C’est là du bon rock, intelligent et honnête. Il manque peut-être un zeste d'agressivité ou de folie pour que The Shazzams passe au niveau supérieur, mais voilà en tout cas un très beau début de soirée. Justin nous souhaite bon courage avec la chaleur avant de quitter la scène, mais honnêtement avec la clim du Supersonic et une bière à la main, on est un peu au paradis ici…

2019 07 23 Allie Wilson Supersonic (7)

21h30 : Allie Wilson, c'est un duo français guitare-batterie qui enchaîne des morceaux frénétiques, très courts, dépassant rarement les 2 minutes, dans un esprit un peu punk hardcore pour le moins sympathique. Le batteur est déchainé et fait le spectacle à lui tout seul, tandis que le guitariste chante d'une voix fluette qui se pose joliment sur le tapis de notes émises par la guitare saturée… une voix qui manque quand même d'intérêt à la longue (enfin si j'ose dire...). Bon, les morceaux très, très courts, c'est à la fois sympa - pas le temps de se lasser - mais c'est aussi dur du coup de s'immerger dans la musique : on a un vague sentiment de superficialité, on ressent une bonne dose de frustration… mis à part lors du dernier morceau, le plus énervé et le plus consistant à la fois. 25 minutes plaisantes quand on aime - comme nous - le bruit et la vitesse, mais qu'on risque d'oublier très vite...

22h15 : Ce n'est pas être sexiste ni affreusement machiste, j'espère, que de constater que les trois Baby Shakes sont bien jolies dans leurs tenues pur Rock’n’Roll : chemisiers, jupes courtes, bas résilles et chaussures à talon. Frais, et classe. Derrière, le batteur gagne toute ma sympathie en arborant un t-shirt Undertones tout ce qu'il y a de vintage. Ce soir, nous sommes entre gens de bon goût.

2019 07 23 Baby Shakes Supersonic (70)

Ça démarre fort avec Do What you Want, le genre de chanson dont on est capable de chanter le refrain même si c’est la première fois qu’on l’entend : les deux guitares claquent et cisaillent, la basse swingue élégamment, et le batteur fait un travail de mineur de fond assez démentiel, il faut bien le dire. La voix est malheureusement un peu sous-mixée, ce qui nous prive partiellement du joli timbre acidulé de Mary, la souriante chanteuse. Certes, il n’y a aucune véritable surprise à attendre ce set intense, succession de chansons rapides, illuminées juste comme il faut de chœurs sucrés – soit une référence bien venue aux girls bands des sixties, encore une preuve d’excellent goût ! -, respectant donc à la lettre les canons du genre. La petite foule de spectatrices et spectateurs est conquise, très enthousiaste et « supportive », même si on aurait attendu un peu plus de mouvement, sur scène et dans la salle, pour accompagner une musique aussi gaie et efficace.

Dernière ligne droite impeccable au bout d'une demi-heure, avec un Nowhere Fast mémorable et un Stuck on Blue excellentissime pour conclure 40 minutes d'un set littéralement impeccable. Les filles prennent la pose pour le final à fond la caisse, même si les lumières chiches du Supersonic gâchent un peu l'immortalisation du concert. Un dernier grand sourire de Mary, et c'est fini.

Allez, une belle soirée rafraîchissante au cœur de la canicule parisienne. Nous avons pu rêver que nous étions dans le froid de l'hiver new yorkais, à l’époque où notre musique était encore tellement jeune et pleine d’enthousiasme…

 

2019 07 23 Baby Shakes Supersonic (90)

Les musiciens de Baby Shakes sur scène :

Mary Blount - lead vocals, rhythm guitar

Judy Lindsay - lead guitar, vocals

Claudia Gonzalez - bass, vocals

Ryan McHale – drums

 

La setlist du concert de Baby Shakes :

Do What You Want (Turn It Up – 2017)

All the Pretty Things (Starry Eyes – 2015)

Baby Blue (Turn It Up – 2017)

Tearin' Me Apart

Another Place (Turn It Up – 2017)

Cause a Scene

Just Another (The First One – 2008)

Heart of the City (Nick Lowe cover)

Summer Sun (Starry Eyes – 2015)

Angels

Modern Girl Renegade

Nowhere Fast

Turn it Up (Turn It Up – 2017)

Last Night (Turn It Up – 2017)

Stuck on Blue (Single – 2006)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 juin 2020

IDLES / Flavien Berger / Ben Harper / The Hives - Samedi 6 Juillet 20 - Beauregard (Hérouville St Clair)

2019 07 06 Beauregard Hérouville Billet

Le festival de Beauregard a la cote : sa localisation dans le parc d'un château - pas extraordinaire, le château, mais peu importe - au cœur d'une Normandie qui résiste plus ou moins à la canicule d'étés de plus en plus extrêmes, sa fidélité à une programmation largement Rock alors que nombre de gros mastodontes de l'été ont lâché notre musique pour profiter de l'engouement de la jeunesse pour le R&B, le rap ou l'electro festive, son positionnement mainstream qui déçoit certes les puristes mais attire les familles provinciales, lui garantissent un succès pérenne. On pourra se plaindre de la course d'obstacles qu’est l'accès en voiture au parking public, de la longue, longue marche jusqu'à l'entrée du site, et plus encore du systématisme d'une alternance des sets entre deux grosses scènes pourtant situées à une distance suffisante pour autoriser une superposition et donc plus de richesse dans la programmation. Mais bon, tout cela est une affaire d'opinion…

2019 07 06 IDLES Beauregard Hérouville (29)

17h05 : il fait plus de 30 degrés ce samedi quand on arrive enfin devant la Scène Beauregard, moins d'une demi-heure avant le démarrage du set de IDLES. Le soleil cuisant et surtout les tourbillons de poussière soulevée par les danseurs dans le moshpit ne vont pas jouer en faveur de nos très chers punks militants, mais il faut reconnaître qu'ils vont mettre leur habituel cœur à l'ouvrage : harangues politiques brèves mais bien senties - comme d'habitude - sur l'immigration bienvenue et sur le machisme toxique, descentes régulières dans la foule des deux guitaristes, setlist courte se concentrant sur les nouveaux classiques du groupe (de 1049 Gotho à Samaritans, en passant par Mother et Danny Nedelko, que du bonheur...), IDLES reste un impeccable pourvoyeur de rage engagée en toutes circonstances. Reste un vague sentiment que la machine tourne un peu à vide, sans grâce particulière : est-ce l'absence de l'ouverture dantesque de Colossus, remplacée par un Heel / Heal moins singulier ? Est-ce une durée d'un set en deçà du temps prévu initialement pour le groupe ? Est-ce le sentiment que le final bruitiste de Rottweiler aurait aisément pu être amplifié/ prolongé ? C'est sans doute aussi l'effet de la chaleur et peut-être de l'usure d'une trop longue tournée...

2019 07 06 Flavien Berger Beauregard Hérouville (10)

18h05 : on court à travers le parc, zigzagant entre les festivaliers effondrés à l'ombre des arbres séculaires, une bière à la main, pour ne pas manquer le début du set de Flavien Berger sur la Scène John, et on arrive dieu merci à temps, et même pas trop mal placés. Flavien est donc seul sur scène au milieu de ses machines, mais semble entouré d'une cohorte de fantômes pivotants qui ajoutent une touche d'étrangeté. Très rapidement, pour qui ne connaîtrait pas sa musique, il est facile de saisir l'alternance subtile entre pop française sensible - Daho, un peu, non ? - et accélérations technos. Avec des interventions assez décalées de Flavien entre deux morceaux… sur les applaudissements comme mode de rémunération de l'artiste, ou bien la nécessité de prononcer des phrases signifiantes quand on ne sait pas trop quoi dire... On a assez vite l’impression que tout cela reste comme bridé, que le set ne décolle jamais, que Berger tient à garder le contrôle tout en nous assurant de son intelligence et de sa lucidité vi à vis du spectacle qu'il offre. Un peu comme lorsque les draps sont finalement retirés des fantômes, ils ne dévoilent que de tristes machines en plexiglas : trop d'intellectualisation et de second degré tuent l'émotion. Sur la fin du set, cela devient même frustrant tant on aurait envie que Berger lâche les beats et accepte de nous donner du plaisir. J'entends à côté de moi quelqu'un s'extasier sur la "perfection" de ce concert. Je comprends comment on peut dire ça, mais où sont passées l'émotion et l'excitation ?

Le temps de se restaurer et de s'hydrater, il est temps de se rapprocher à nouveau de la Scène Beauregard pour s’assurer une place correcte pour le concert de Ben Harper, concert pour lequel une bonne partie du public plus… mature, on va dire, est venue. Cela nous permet d’assister aux derniers morceaux d’un groupe de rap français pour ados, Columbine… Et donc de réfléchir au fossé générationnel – certes inévitable – qui se creuse entre nous et nos enfants / petits-enfants. Honnêtement, nous avons trouvé Columbine consternant, avec ces voix vocodées, ces textes simplistes et cette absence complète de la moindre musicalité. Mais bon, toutes les jeunes filles autour de nous paraissaient très satisfaites.

2019 07 06 Ben Harper Beauregard Hérouville (20)

21h20 : Plus trace nulle part des ados en transe devant Columbine, la moyenne d’âge des spectateurs a dû être au moins multipliée par 2,5… mais la ferveur n’a pas diminué. Une ferveur que nous ne partageons pas a priori pour Ben Harper, cet artiste américain dont l’engagement force l’admiration, mais dont la musique nous a toujours semblé un brin trop respectueuse des traditions : eh bien, nous avions complètement tort, n’ayons aucune honte à l’avouer ! Car Ben Harper & The Innocent Criminals nous ont offert un set d’une fantastique générosité, une célébration magnifique du blues et du rock (on va dire…) traditionnels, qui nous a même par instants émus jusqu’aux larmes. Ben commence donc son set assis, son instrument sur les genoux, son éternel chapeau enfoncé sur le crâne, ce qui n’est pas le spectacle plus excitant qui soit… Sauf que les sons qu’il tire de sa guitare / pedal steel sont hallucinants : c’est comme si le Blues éternel se matérialisait littéralement devant nous, c’est à en rester muet de saisissement, mais avec un grand sourire en travers du visage. Et les quatre premiers morceaux qu’il va interpréter, tous extraits de ses grands albums des années 90, constituent une expérience quasi mystique. L’incroyable virtuosité musicale de Ben et de ses trois musiciens – dont un bassiste qui ne paye pas de mine mais va nous clouer au sol, et en plus chanter divinement lorsque Ben lui laissera le micro, et un percussionniste expansif et rayonnant qui gagne rapidement le cœur de tous les spectateurs – nous rappelle, au cas où notre monde machines et de productions standardisées nous l’ait fait oublier – combien un GRAND musicien, armé de son seul instrument, peut nous toucher en plein cœur. Je me permets une réflexion iconoclaste, oui, encore une : je me dis d’un coup que ce que réalise Ben Harper ce soir durant une vingtaine de minutes parfaites, c’est ce après quoi Jack White court depuis toujours et n’atteint jamais totalement.

Le concert ne va pas rester durant une heure à des hauteurs aussi stratosphériques, et Ben va d’abord nous amuser avec un duel / dialogue entre sa guitare et la basse, puis alléger l’atmosphère avec des chansons plus dansantes, plus Rock, transformant la fin de son concert en une sorte de fête générale bienveillante. D’ailleurs Diamonds on the Inside est le parfait résumé de la générosité et de l’optimisme de ce grand monsieur, qui s’obstine à vouloir trouver des diamants dans chacun d’entre nous. Beaucoup d’émotion au final dans ce concert aussi divin musicalement qu’humain spirituellement. Il va nous falloir revoir Ben Harper très vite pour vérifier que nous n’avons pas rêvé, ce soir, à Beauregard…

2019 07 06 The Hives Beauregard Hérouville (18)

23h40 : Sept ans déjà depuis la sortie de "Lex Hive", le dernier album en date de The Hives, nos punks suédois préférés, un délai inhabituel mêle pour ce groupe qui brille surtout sur scène et n'a jamais été très productif en studio. Heureusement, des tournées incessantes permettent de ne pas être inquiets quant à leur capacité à continuer de perpétuer - sans faiblir depuis 1989 - la célébration du rock'n'roll dans ce qu'il a de plus énervé et pourtant réjouissant, une sorte de rock garage qui serait sorti des ruelles mal famées pour exploser sous les sunlights. D'ailleurs qui aurait pu nourrir quelque préoccupation se voit immédiatement rassuré dès les premiers accords de Come On!, pétulante et brève déclaration d'intention que le groupe utilise pour atomiser le public en une minute montre en main depuis "Lex Hive". Ambiance classiquement noire et blanche (avec une touche de rouge), vestes blanches et pantalons noirs, chaussures cirées et coiffures impeccables, sans même parler du fait que le temps semble avoir si peu de prise sur Howlin' Pelle Almqvist et Nicholaus Arson : The Hives sont là, superbement là, ce soir, et il est humainement impossible de ne pas hurler notre plaisir dans la nuit. P... ! Qu'est-ce que ça fait du bien ! Les trois quarts du public sont déjà excités comme des poux, et nous ne sommes pas en reste : c'est la délicieuse grande claque du rock'n'roll ! C'est à peine si on remarque le replacement de Dr. Matt Destruction à la basse par un nouveau "Hive" parfaitement narquois et pince-sans-rire, et le fait que Chris Dangerous a cédé sa place à un batteur "de tournée" (Joe Castillo, ex-Queens of the Stone Age, quand même !), tant le show reste identique : chez tous les autres, cette permanence s'apparenterait à une stagnation et serait critiquable, chez les Hives, c'est une merveilleuse preuve de la résilience de la (punk) rock'n'roll attitude. Walk Idiot Walk nous voit tous brailler de tous nos poumons, tandis que Nicholaus et Pelle viennent alternativement faire le show sur l'avancée de la scène, au milieu du public de Beauregard nageant dans le bonheur.

2019 07 06 The Hives Beauregard Hérouville (17)

Main Offender fait encore monter la pression, et, avant de rentrer dans la partie moins hystérique (encore que…) du set, Pelle permet au groupe de reprendre son souffle en se lançant dans son habituelle interprétation d'animateur fanfaron. Le voilà donc qui fait crier alternativement les "madames" et les "monsieurs", puis les deux ensemble, dans son français approximatif mais généreux : moi qui ai également vu le groupe sur scène au Brésil et en Espagne, je peux témoigner qu'il fait des efforts identiques dans chaque pays avec la langue locale : un showman, un vrai ! D’ailleurs, descendu au contact du public, Pelle me repère au premier rang et me fait chanter, non pardon, glapir dans son micro : un joli souvenir de plus pour moi. Good Samaritan est un single récent que peu de gens connaissent encore, mais fonctionne parfaitement bien, avant qu’on attaque la dernière ligne droite de la soirée – eh oui, une heure seulement de concert, ça exige une set list bien ramassée ! – avec l’une de leurs chansons les plus éblouissantes, Won’t Be Long, le genre de mélodie enivrante qui nous restera en tête jusqu’au lendemain.

Pelle nous rappelle que si la région où nous sommes s’appelle la Normandie, c’est bien parce que les North Men sont venus il y a bien des siècles « s’unir » à nous (et nous pas nous envahir, attention !). Bien vu ! Hate to Say I Told You So reste le brûlot ultime, mais la toute nouvelle – et très heavy - I’m Alive fonctionne tout aussi bien. Il est temps de faire exploser la dernière bombe, avec le rituel assis-debout de Tick Tick Boom : tout le monde, groupe et public, sort de là heureux et exténué, sans remords ni regrets. Les Hives restent, envers et contre toute attente, ce qui se fait de mieux en termes de plaisir simple dans le domaine de la musique qui fait du bruit. On leur souhaite, et on nous souhaite à nous tous, une longue existence !

Difficile après ça de poursuivre le festival, et ce d’autant que la température a chuté d’une bonne quinzaine de degrés dans les dernières deux heures. Les plus courageux iront continuer la fête avec Mogwai, et ils auront sans doute raison de le faire : c’était un beau samedi à Beauregard, et pourquoi devrait-il prendre fin ? »

 

2019 07 06 IDLES Beauregard Hérouville (22)

La setlist du concert de IDLES :

Heel/ Heal (Brutalism – 2017)

Never Fight a Man With a Perm (Joy as an Act of Resistance – 2018)

Mother (Brutalism – 2017)

Faith in the City (Brutalism – 2017)

1049 Gotho (Brutalism – 2017)

Divide & Conquer (Brutalism – 2017)

Love Song (Joy as an Act of Resistance – 2018)

Danny Nedelko (Joy as an Act of Resistance – 2018)

Samaritans (Joy as an Act of Resistance – 2018)

Rottweiler (Joy as an Act of Resistance – 2018)

 

Les musiciens de Ben Harper & The Innocent Criminals sur scène :

Ben Harper – vocals, guitars

Leon Mobley – percussions

Oliver Charles – drums

Juan Nelson - bass guitar

 

2019 07 06 Ben Harper Beauregard Hérouville (21)

La setlist du concert de Ben Harper & The Innocent Criminals :

The Will to Live (The Will to Live – 1997)

Burn One Down (Fight for Your Mind – 1995)

Whipping Boy (Chris Darrow cover) (Welcome to the Cruel World – 1994)

Fight for Your Mind (Fight for Your Mind – 1995)

Them Changes (Buddy Miles cover)

Keep It Together (So I Can Fall Apart) (White Lies for Dark Times – 2009)

Please Bleed (Burn to Shine – 1999)

Walk Away (Welcome to the Cruel World – 1994)

Diamonds on the Inside (Diamond on the Inside – 2003)

Machine Gun (Band of Gypsys cover)

Superstition (Stevie Wonder cover)

 

Les musiciens de The Hives sur scène :

Howlin' Pelle Almqvist (Per Almqvist) – lead vocals

Nicholaus Arson (Niklas Almqvist) – guitar, backing vocals

Vigilante Carlstroem (Mikael Karlsson) – guitar, backing vocals

Joe Castillo – drums

The Johan and Only (Johan Gustafsson) – bass guitar

 

2019 07 06 The Hives Beauregard Hérouville (24)

La setlist du concert de The Hives :

Come On! (Lex Hives – 2012)

Walk Idiot Walk (Tyrannosaurus Hives – 2004)

Main Offender (Veni Vidi Vicious – 2000)

Paint a Picture

Go Right Ahead (Lex Hives – 2012)

Good Samaritan

Take Back the Toys (Lex Hives – 2012)

Won't Be Long (The Black and White Album – 2007)

Hate to Say I Told You So (Veni Vidi Vicious – 2000)

I'm Alive (Single – 2019)

Tick Tick Boom (The Black and White Album – 2007)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 juin 2020

The Stroppies - Vendredi 5 Juillet 2019 - Supersonic (Paris)

Les Stroppies, responsables avec "Whoosh!" de l'un des plus chouettes albums de 2019 pour qui, comme nous, est resté franchement accro au Dunedin Sound, ont enfin quitté leur Melbourne pour faire un petit tour chez nous, et jouent au Supersonic ce soir. Donc une soirée absolument immanquable pour qui aime les mélodies incisives, les voix traînantes, les guitares qui carillonnent sur une rythmique inépuisable, et surtout cet "esprit DIY" qui produit la plus faussement simple et la plus humaine des musiques.

2019 07 05 Tally Ho Supersonic (9)

21h30 : Tally Ho! nous viennent de Rennes, soit quand même l’une des capitales françaises du « vrai rock », et nous disent être très heureux d'être à Paris et d'ouvrir pour les Stroppies. Et on les croit, pour le coup. Tally Ho!, c'est parfaitement jubilatoire, sec, nerveux et racé comme il se doit. Même si leur nom évoque notre horrible « taïaut » des chasseurs, ils vont chercher leur inspiration du côté des groupes élégants à guitares, de New York à la Nouvelle Zélande. Il y a aussi un peu du Gun Club des tous débuts dans ces chansons tendues sur une rythmique inspirée - joli travail du bassiste, en particulier ! – emmenées par une voix impeccable. La plupart des morceaux ont une évidence mélodique plaisante qui en facilite l'accès, il manque peut-être seulement une touche de folie ou de rage, qui permettrait au concert de décoller. D'ailleurs les dernières chansons du set paraissent un peu plus faibles que celles qui les ont précédées, et la bonne tension s'est un peu relâchée, au long de 40 minutes quand même largement réjouissantes, et qui donnent envie de suivre nos Rennais...

22h30 : le quatuor de Melbourne entame donc ce qu'ils nous déclareront être leur premier set européen : on est flattés qu'ils aient choisi Paris, et eux ne savent pas comment nous remercier, mais Gus - affable et drôle - ne se privera pas de nous le répéter. Le son est impeccable où je suis placé au premier rang, entre Gus et Claudia, mais les lumières impossibles. Bon, dès Nothing At All, pas vraiment de surprise, on retrouve ces rythmes speedés ("Crazy Rythms", comme disaient les Feelies...) avec ces guitares carillonnantes. On pourrait vraiment se croire à un concert des Bats en 1990, ce qui n'est pas, vous en conviendrez aisément, la pire référence qui existe. Le chant de Claudia est parfait, juste dans ce ton inventé par Moe Tucker chez le Velvet, entre timidité enfantine et belle ténacité. En revanche, même si l’on s'y attendait un peu, et même si cela fait partie intégrante de ce style musical-là, Gus chante quand même très, très faux : là, on se souviendrait plutôt de Galaxie 500, et ça n'est pas non plus pour nous une référence honteuse, en fait !

2019 07 05 The Stroppies Supersonic (3)

Ce qui est bien, et on l'espérait très fort, c'est que la musique des Stroppies, sur scène, toute modeste qu’elle soit, gagne en dureté et en force. Après un très beau My Style, My Substance (« On my way home / I built a language / It’s wind in your ears… »), tout en finesse et en mélancolie, le sommet du set sera une superbe version, très électrique, de The Spy, et j'avoue qu'à la fin, j'ai très envie de continuer à chanter avec eux « I’m just that fly on the wall ». On remarque quand même que chaque fois que Gus abandonne sa Telecaster pour jouer des claviers, un Casio au son bien aigrelet et cheap comme il faut, il a l’air de s’amuser comme un fou, et c’est vrai que la combinaison avec la guitare d’Adam fonctionne particulièrement bien.

Ce set qui fait beaucoup de bien à l’âme se terminera malheureusement beaucoup trop vite (on n’atteindra pas la barre des 45 minutes !) par l’enchaînement parfait de Better than Before et du single, Cellophane Car. Un peu frustrant quand même vu tous les morceaux de l’album qui n’ont pas été joués ce soir (… « et alors, Entropy ??? ») ! Mais bon, au stand de merchandising, pendant qu’il dessine une voiture pour me dédicacer mon vinyle de "Whoosh!", Gus me promet qu’ils repasseront en septembre. Pour jouer où ? Mystère…

2019 07 05 The Stroppies Supersonic (16)

A une époque où les artistes se poussent généralement du coude pour glaner leurs dix minutes de célébrité dans le grand cirque médiatique, la modestie, l’esprit artisanal et la simplicité des Stroppies fait infiniment de bien. Mais le revers de la médaille, c’est que ces nouveaux "enfants du Velvet" peineront logiquement à fédérer un public conséquent. En attendant, nous allons essayer de porter la bonne parole autour de nous, et de les aider à continuer à faire de la bonne et belle musique !

 

La setlist du concert de Tally Ho! :

Adam's Asthma (Adam's Asthma – 2018)

Can't Wait

Ashley (Adam's Asthma – 2018)

Your Sister (Adam's Asthma – 2018)

Take It Slow

Keep Me Ill (Adam's Asthma – 2018)

I’m on a Leash (Adam's Asthma – 2018)

Sweethearts

Demolition

The Lines

Riverpool (Adam's Asthma – 2018)

Boomarang (Adam's Asthma – 2018)

 

2019 07 05 The Stroppies Supersonic (23)

Les musiciens de The Stroppies sur scène :

Claudia Serfaty – bass, vocals

Angus Lord – guitar, keyboards, vocals

Adam Hewitt - guitar

Rory Heane - drums

 

La setlist du concert de The Stroppies :

Nothing at All (Whoosh ! – 2019)

Present Tense (Whoosh ! – 2019)

All the Lines (The Stroppies EP – 2017)

First-Hand Favourites (Whoosh ! – 2019)

My Style, My Substance (Whoosh ! – 2019)

The Spy (Whoosh ! – 2019)

Production Lines (It’s a Hit ! EP – 2017)

Gravity Is Stern (The Stroppies EP – 2017)

No Joke (The Stroppies EP – 2017)

Go Ahead (The Stroppies EP – 2017)

Better Than Before (Whoosh ! – 2019)

Cellophane Car (Whoosh ! – 2019)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


10 juin 2020

Kevin Morby - Jeudi 20 Juin 2019 - Cabaret Sauvage (Paris)

2019 06 20 Kevin Morby Cabaret Sauvage Billet

Quand on a écouté pour la première fois "Oh My God", le cinquième album de l'Américain Kevin Morby, on s'est dit qu'on allait enfin pouvoir arrêter de pleurer la disparition de Leonard Cohen, et peut être même d'attendre aussi un nouveau Bob Dylan : voilà un petit gars qui cochait toutes les cases, les doigts dans le nez, des textes narquois bien troussés au lyrisme fiévreux. Paris avait bruissé de la rumeur d'un grand concert lors de son passage précédent au Point Éphémère, il ne fallait donc pas manquer l'apparition de ce nouveau messie au Cabaret Sauvage, sold out pour le coup.

2019 06 20 Sam Cohen Cabaret Sauvage (2)

19h40 : Sam Cohen, c'est un bon pote à Kevin, qu'il produit et accompagne à la guitare électrique sur scène, et cela lui vaut, nous dit-il, de mettre les pieds pour la première fois en France, et à Paris : les meilleurs croissants de sa vie, cette salle trop, trop française, sa femme qui va acheter des vêtements qu'on ne trouve qu'ici, etc. Sam est content, et son set de 40 minutes va lui valoir un accueil sinon délirant, mais tout au moins chaleureux du public parisien, patient et attentionné. De quoi se faire de bons souvenirs, donc. Musicalement, Sam Cohen, c'est un peu curieux : des morceaux mid-tempo pour la plupart, pas extraordinairement originaux, mais qui se terminent presque à chaque fois par un long solo de guitare convaincant, parfois même très beau. On voit que le solo de guitare, c'est son kif à Sam : pourquoi pas ? Quand on a compris le plan, on patiente gentiment pendant chaque chanson en attendant ce final électrique. Une belle chanson atmosphérique (Unconditional Love) suivie par deux titres plus rock, plus mémorables aussi (Dead Rider, puis Let the Mountain Come to You) élèvent le niveau. Ah, j'ai oublié quelque chose d'important, pour la suite : le groupe (celui de Kevin, hormis le bassiste, donc...) joue superbement bien, créant une belle ambiance posée et raffinée. Ça laisse bien présager de la suite.

2019 06 20 Kevin Morby Cabaret Sauvage (1)

20h40 : le chapiteau atypique et charmant du Cabaret Sauvage, avec sa scène un peu basse, est bien plein pour ce démarrage inhabituellement tôt du set de Kevin Morby. Le public est, sans surprise vu le genre musical, plutôt pas très jeune, et plutôt poli et bien éduqué, mais la salle bruit d’une douce excitation qui est généralement la marque des concerts importants. Le grand Kevin monte sur scène sur les dernières notes d'un blues traditionnel que notre manque de culture en la matière nous empêche de reconnaître : il est vêtu d'un costume de scène noir, brodé un peu partout de motifs de couleurs et portant dans le dos le cri de l'album "Oh My God" ! Le OMG band, c'est sept autres musiciens, dont Sam à la guitare, deux choristes à la voix stupéfiante et un saxophoniste black époustouflant (tous les trois malheureusement relégués au fond de la scène vu sa relative étroitesse pour accueillir tout ce beau monde…). A ce groupe viendront se joindre à la fin du set le bassiste de Sam aux percussions et un trompettiste. Bref, Kevin fait dans le Big Band cette fois, ou plutôt la Rolling Thunder Review pour rester dans les images dylaniennes. Et, alors que Kevin attaque un Congratulations enflammé, on réalise que le son produit par tout ce joli monde est fantastique : ample, subtil, puissant

Kevin, grand échalas au visage juvénile, est visiblement aussi un grand nerveux, arpentant sans cesse la scène curieusement décorée de fausse neige en coton dans laquelle sont dissimulées de petites bougies électriques du plus bel effet (on est un peu ironiques là, pour le coup). Les pieds de micro sont quant à eux joliment ornementés de roses fraiches, rouges et blanches, que Kevin distribuera lui lui-même aux dames du public à la fin, une heure quarante minutes plus tard.

2019 06 20 Kevin Morby Cabaret Sauvage (10)

Ce qui est fort avec les chansons de Kevin Morby, et qui est la marque des vrais compositeurs, c'est qu'il suffit de les avoir écoutées une fois pour les mémoriser : chaque morceau de ce début de concert soulève l'enthousiasme, et on se laisse docilement entraîner dans cette atmosphère d'offrande spirituelle qui, soutenue par des chœurs féminins puissants, rappelle en effet notre cher vieux Len. OMG rock n roll vient enflammer tout cela, et prouve que Kevin sait faire parler la poudre quand il le faut : les constructions électriques des deux guitares de Sam et Kevin vont ainsi régulièrement porter le set vers une douce frénésie, qui me fait regretter que, justement, Cohen, et même le Dylan de ces dernières décennies, n'aient pas fait porter leurs chansons par un groupe aussi jeune et intense que ce OMG Band, qui peut transformer le moindre refrain intimiste en tuerie.

C'est avec No Halo que le set s'élève vers ce que nous qualifierons de "sublime" : chaque phrase, chaque note se transforme en or pur, nous sommes tous suspendus à la Musique, dans cet état de grâce qui est la marque des grands, non des très grands concerts. O Behold, magistral moment d’intense beauté, enfonce le clou, et nous ne redescendons plus vraiment de notre petit nuage (…de coton) : « O behold the hole in my soul / Cannot be filled and it cannot be sewn up / And o behold the hole in my heart / Devil will come for us, try to tear us apart… ». Kevin déblatère un moment, nous racontant son passage au Point Éphémère devant 150 personnes (a priori beaucoup plus que sur les autres dates de sa tournée !), et son affection pour Paris consécutive à ce premier succès. Nothing Sacred / All things Wild, que nous chantons tous avec Kevin, soit en chœur, soit silencieusement dans notre cœur (« When you were young / You used to plea to make me believe / Nothing sacred (ooh, ah), all things wild… », des larmes plein les yeux…), clôt la première partie du set, consacrée au dernier album.

2019 06 20 Kevin Morby Cabaret Sauvage (20)

Une fois bouclé ce chapitre d’émotion intense, on retourne maintenant aux albums précédents, avec une sélection goûteuse de titres qui passent bien sur scène, qui rockent ou qui swinguent : City Music met de la joie dans les cœurs et des fourmis dans les jambes, le blues - classique mais sur lequel le saxophone part dans un délire magnifique – de Dry Your Eyes, ou encore, lors d’un rappel particulièrement bien enlevé, les pics lyriques et frénétiques de Parade et la sensualité nostalgique de Harlem River font merveille. Kevin n’arrête pas de répéter qu’il est particulièrement heureux de sa soirée (« je n’ai jamais eu autant de gens à un concert à Paris ! »), mais nous aussi, Kevin, nous aussi : tu nous as offert l’un des concerts les plus profondément beaux, les plus intensément musicaux que nous ayons eus cette année à Paris.

Le Cabaret Sauvage se vide très, très lentement, personne n’a envie je pense de retourner à la réalité, après cette démonstration magistrale de la puissance de l’inspiration. Sur la sono, quelqu’un a eu la brillante idée de nous passer le Rock’n’Roll du Velvet, comme pour nous rappeler, que, eh oui, notre vie a bien été sauvée par le Rock’n’Roll. Et que Kevin Morby s’inscrit de plein droit dans cette Histoire-là…

 

La setlist du concert de Sam Cohen :

Man on Fire (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

I Can't Lose (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

Something's Got a Hold On Me (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

Spinning Love (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

Let The Sun Come Through My Window

Unconditional Love (Cool It – 2015)

Dead Rider (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

Let the Mountain Come to You (Cool It – 2015)

Waiting For My Baby (The Future’s Still Ringing in My Ears – 2019)

 

La setlist du concert de Kevin Morby :

2019 06 20 Kevin Morby Cabaret Sauvage (18)

Congratulations (Oh My God – 2019)

Hail Mary (Oh My God – 2019)

Savannah (Oh My God – 2019)

Piss River (Oh My God – 2019)

OMG Rock n Roll (Oh My God – 2019)

Seven Devils (Oh My God – 2019)

No Halo (Oh My God – 2019)

O Behold (Oh My God – 2019)

Nothing Sacred / All Things Wild (Oh My God – 2019)

Beautiful Strangers (Single – 2016)

City Music (City Music – 2017)

Dry Your Eyes (City Music – 2017)

I Have Been to the Mountain (Singing Saw – 2016)

Cut Me Down (Singing Saw – 2016)

Dorothy (Singing Saw – 2016)

Encore:

Parade (Still Life – 2014)

Harlem River (Harlem River – 2013)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

05 juin 2020

Vox Low / J.C. Satàn / Jessica 93 au Festival des 15 Ans de New Noise - Vendredi 14 Juin 2019 - Trabendo (Paris)

2019 06 14 15 Ans New Noise Trabendo Billet

C'est la fête du "nouveau bruit" au Trabendo. Bière et food truck en écoutant Nine Inch Nails alors qu'un semblant de chaleur semble enfin réconcilier Paris avec ce mois de Juin difficile. Bon, expliquons-nous : c'est l’excellent magazine New Noise, combattant valeureusement depuis 15 ans au service de la musique indépendante, qui organise un festival pour son anniversaire dans ce bel endroit, à la fois Rock et convivial qu'est le Trabendo. Et ce soir, la célébration du bruit à la française a fière allure puisque nous pourrons écouter J.C. Satàn et Jessica 93, précédés par Vox Low, jeune groupe à la réputation grandissante.

2019 06 14 Vox Low Trabendo (9)

20h25 : Vox Low (étiqueté "post-punk pour dark-floor" dans la publicité pour le festival), pratique en effet un post rock mâtiné de post punk - la basse en avant dans la bonne tradition Joy D. : sur une rythmique métronomique, une guitare et / ou des synthés (vintage a priori, avec un son souvent remarquable...) qui déchirent la chape de plomb, et quelques vocaux minimaux qui participent à un sentiment lancinant de plongée sans fin dans un abîme glacé. Les textes – en anglais – sont d’ailleurs apparemment nourris par la littérature de SF la plus intelligente (le groupe cite Dick et Dantec…). Le résultat est souvent vraiment beau, parfois un tantinet longuet quand certains morceaux s'éternisent un peu trop, et qu'on finit par perdre la concentration requise par cette musique. Pour être vraiment exceptionnel, Vox Low devrait soit occasionnellement vraiment lâcher la bride et laisser sa musique exploser, soit au contraire aller plus loin encore dans la perfection métronomique obsessionnelle. 1h05 satisfaisante, qui recueille une large approbation de la part du public du Trabendo (un public familier du groupe et conquis à l'avance ?) : voilà une belle entrée en matière pour la soirée...

Mon sentiment que chaque groupe a amené son public se confirme lorsque je vois que la salle se renouvelle complètement pendant l'installation du matériel de J.C. Satàn.

2019 06 14 JC Satan Trabendo (7)

22h : la première chose qui me vient à l'esprit quand Arthur tire ses premiers riffs de la soirée de sa guitare et de l’ampli Orange juste en face de moi, c'est : "P... ! Je n'ai pas entendu quelqu'un jouer aussi fort depuis Gedge de Wedding Present en 1989 !" Ayant admis que ce soir, on perdrait un peu d'acuité auditive, il ne reste plus qu'à profiter d'un concert où tous les voyants sont dans le rouge. Arthur, c'est un peu notre Ty Segall à nous : virtuose de la gratte, passant du rock stoner au punk sans oubler le rock garage, Arthur fait un show intense, qui réjouit autant la vue que les oreilles (enfin, ce qu'il nous en reste...), du pur rock’n’roll vraiment furieux et tout joyeux à la fois. Le seul problème ce soir, mais il est de taille, c'est que les voix sont complètement inaudibles de là où nous sommes placés, devant la scène, ce qui empêche de rentrer totalement dans le set. Mais il est clair que ça n'empêchera pas les fans, les vrais, de transformer le Trabendo en un ballroom en folie : le mosh pit est bien allumé, mais on restera dans la joie et la bonne humeur, heureusement. Arthur s'humecte le gosier au Single malt 12 ans d'âge, Paula – la chanteuse - est à genoux quand elle n’est pas au micro, Romain cogne ses fûts comme un damné…, et d'un coup le set décolle complètement : metallic KO, my man, metallic KO ! J.C. Satàn ("garage-stoner-pop jésuférienne") va jouer une heure complète, soit 10 minutes de plus que prévu, et nul ne s'en plaindra. Une belle démonstration de puissance de la part d'un groupe qu'on n’est pas loin de qualifier d'exceptionnel. Mais un set de forcenés qu'on aurait certainement plus apprécié si on avait pu profiter du chant...

2019 06 14 Jessica 93 Trabendo (4)

23h25 : C’est avec vingt-cinq minutes de retard sur le programme que Geoffroy Laporte lance le set de Jessica 93, réduit ce soir encore à sa seul personne… ce qui est un peu malheureux car il nous a souvent semblé que la musique de Geoffroy s’enrichissait, s’ouvrait au contact d’autres musiciens, sans même parler d’adopter une plus grande décontraction sur scène, qui permet à la musique puissante de Jessica 93 de mieux respirer. Mais bon, faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et laissons-nous entraîner par le maelstrom de sons que nous offre notre Geoffroy, sacré maître du "cold-grunge outre-périph" pour attirer le chaland ! On connaît le rituel : sur des beats pré-enregistrés, Geoffroy construit d’abord des boucles de basse et / ou de guitare, sur lesquelles il interprétera ensuite les parties de guitare et / ou de basse de chaque morceau, et chantera. C’est fascinant à voir, sans aucun doute, parce que ça permet au spectateur de toucher du doigt l’architecture sonore de la musique, et sa fascinante complexité. Mais, comme pour J.C. Satàn précédemment, l’équilibre mal dosé entre ce fameux ampli Orange et la sono fait que la voix est quasiment inaudible au premier rang, et que l’équilibre entre les différentes couches sonores construites par Geoffroy est régulièrement mis en péril : bref, le spectacle offert par Geoffroy est superbe, mais pour apprécier la musique de Jessica 93 à sa juste valeur, ce ne sera pas pour ce soir. Heureusement, les aficionados à nos côtés au premier rang, qui connaissent tout le répertoire par cœur, s’en donnent à cœur joie, et l’ambiance générale restera à l’allégresse et à la ferveur. On pourra bien sûr regretter le choix habituel de Geoffroy de se dissimuler derrière ses cheveux : même si l’on comprend bien qu’il n’ait pas envie de se faire photographier, il y a quand même un effet de barrière entre l’artiste et son public qui l’adore, qui n’est pas des plus plaisants. Sinon, rien à redire à cette musique puissante, sorte de croisement contre-nature entre Nirvana et The Cure, ni à l’intégrité musicale de Jessica 93.

La soirée se termine, mais personne n’a vraiment envie de quitter ce cocon de bruit extrême qui nous semble à nous tellement confortable, tellement accueillant. Allez, une dernière bière avant de rentrer ? La nuit est encore si tiède… et le bruit si nouveau…

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 mai 2020

Fat White Family - Jeudi 13 Juin 2019 - Elysée Montmartre (Paris)

2019 06 13 Fat White Family Elysée Montmartre Billet

Ah ! La Fat White Family ! L’Angleterre éternelle, celle qui n’a pas nullement besoin de Brexit pour être singulière, à la fois profondément dérangée et paradoxalement attirante. Il y a l’attitude très rock’n’roll des musiciens, à base de drogues dures et d’une incontournable arrogance, mais surtout une musique difficile à classer, entre guitares punks et danse frigorifiée. Le nouvel album, "Serf’s Up!", est d’ailleurs très réussi, comme du LCD Soundsystem profondément neurasthénique mais aussi ouvert aux grands espaces morriconiens. Il est donc logique que FWF remplisse désormais complètement une salle de la taille de l’Elysée Montmartre, une salle de taille conséquente, accueillant des groupes déjà consacrés.

2019 06 13 Murman Tsuladze Elysée Montmartre (12)

19h55 : Des Français qui honorent la Géorgie (à moins que ça ne soit l’Azerbaïdjan, mes notions linguistiques trouvent leurs limites dans ce coin de l’ex-Union Soviétique « entre la Mer Noire et la Mer Caspienne »…), pourquoi pas ? Un trio (guitare et claviers, basse et claviers, machines) arborant noms et vêtements "exotiques", jouant une musique refusant - et c'est plus que louable – le folklore et les étiquettes : de l'électro aux vagues sonorités slaves, du rock orientalisant quand Murman Tsuladze nous la joue dur, des poussées disco pour faire danser le public - amis et familles ont l'air d'être dans la salle -, pourquoi pas ? On parle tantôt en français tantôt en… langue locale (mais quelle langue locale ?), on fait pas mal de vannes pas forcément très drôles. Ça dure 40 minutes, un peu trop longtemps sans doute car l'inspiration est inégale. Murman quitte peu à peu ses vêtements, et des filles dans la salle crient « à poil », c'est un juste retour des choses après toutes ces années de machisme. Mais, à force d'hésiter entre viande et poisson, voire même de choisir l'option végétarienne, tout ça n'a pas grand goût. Bref, on aime bien le concept – le post-soviétisme, en mélangeant une ironie vaguement surréaliste et de vraies ambitions musicales - derrière Murman Tsuladze (le groupe), mais sa réalisation laisse encore à désirer.

21h05 : c’est avec une quinzaine de minutes de retard sur l’horaire prévu que le septette originaire de Peckham, un quartier particulièrement agité du Sud-Est londonien, monte sur scène. Les musiciens sont quasi alignés sur scène, avec Lias Saoudi au centre, son frère Nathan aux claviers tout à droite de nous, et Saul Adamczewski, le second chanteur, à la droite de Lias (donc à notre gauche, si vous me suivez…). Fat White Family, c’est une troupe bigarrée, collectionnant les looks improbables, certains d’une maigreur évoquant l’usage abusif de substances illégales… Mais tous les regards sont attirés immédiatement – et resterons fixés pour toute l’heure et dix minutes qui va suivre – sur Lias, hiératique dans son costume, la boule à zéro et le regard perçant, sans qu’aucun sourire ne se dessine sur son visage.

2019 06 13 Fat White Family Elysée Montmartre (5)

Le set démarre par When I Leave, clairement pas l’un des meilleurs titres de "Serf’s Up!", et pourtant… ! Pourtant… sur scène, cette musique acquiert une puissance incroyable : est-ce l’effet des guitares, beaucoup plus présentes que sur disque, ou bien la voix de Lias, plus autoritaire, plus impérieuse plutôt, ou bien encore la cohésion de ce groupe bizarre, assemblage disparate qui me rappelle – sans que je sache vraiment pourquoi – les Bad Seeds des années les plus vénéneuses de Nick Cave ? En tout cas, il est clair que FWF est capable de transcender en live même les chansons les moins impressionnantes de son répertoire.

Les deux titres suivants effectuent le traditionnel flashback qui rassurera les spectateurs nostalgiques des débuts plus chaotiques du groupe, mais c’est au quatrième morceau, l’irrésistible Fringe Runner que Lias passe aux choses sérieuses : ayant déjà tombé la veste (la chemise suivra bientôt, et le reste du concert sera assuré torse nu…), Lias descend dans la fosse au contact avec son public déjà passablement déchaîné et orchestre le chaos général. Sur Fringe Runner, les similitudes avec LCD Soundsystem sont frappantes, sauf que James Murphy est sans doute trop intellectuel, trop nourri de références pour parvenir à ce type de musique totalement viscérale, que FWF produit naturellement… A la fin, Lias nous lâchera enfin son premier sourire !

2019 06 13 Fat White Family Elysée Montmartre (13)

Billy’s Boyfriend, morceau assez atypique, vient calmer le jeu un instant, mais un instant seulement. Après Hits Hits Hits, c’est l’apothéose de la soirée avec le terrassant Feet, d’une majesté époustouflante, le genre de chansons qui illumine littéralement l’année musicale (un gag néanmoins, au moment de démarrer Feet, on se rend compte que le frangin Nathan a disparu, visiblement sorti de scène d’urgence pour un "natural break" pressant !).

A partir de là, disons que l’Elysée Montmartre aura basculé dans la frénésie. D’ailleurs le service d’ordre, sans doute plus très habitué aux "vrais" concerts de Rock, panique visiblement devant le flot pourtant pas très nourri de slammers. Lias entre régulièrement dans la foule pour exciter ses fans. Quand on en arrive au formidable single - avec ses connotations T-Rex très excitantes -, Tastes Good with the Money, Lias a d’ailleurs été complètement englouti dans la fosse, laissant la scène libre à… l’ami Baxter Dury qui nous fait là une belle apparition surprise !

2019 06 13 Fat White Family Elysée Montmartre (23)

C’est ensuite le tour de I Believe in Something Better, un titre certes bien troussé mais qui n’attire pas plus que ça l’attention sur l’album, mais devient une claque magistrale sur scène. Le set se termine – quoi, déjà ? – par un dernier coup d’œil dans le rétroviseur avec un Is It Raining in Your Mouth en forme d’apothéose. Et le groupe disparaît dans les coulisses…

Il n’y aura pas de rappel, et la salle mettra longtemps à se vider tant nul n’a envie de mettre déjà fin à la soirée. J’imagine que les fans purs et durs de la première heure vont regretter les sommets d’énergie punk qu’atteignait le groupe sur scène à sa "grande époque", mais il faut admettre que, dans cette nouvelle maturité, ou tout du moins cette apparente stabilité que le groupe semble avoir trouvée après un quasi éclatement, et après un possible sevrage des drogues dures, Fat White Family reste l’un des groupes les plus importants de sa génération.

Bref, si vous n’étiez pas là à l’Elysée Montmartre ce jeudi 13 juin, eh bien disons que vous avez eu salement tort ! »

 

2019 06 13 Fat White Family Elysée Montmartre (40)

Les musiciens de Fat White Family sur scène :

Lias Kaci Saoudi – vocaux

Saul Adamczewski – guitare, vocaux

Nathan Saoudi – claviers

Adam J. Harmer – guitare

Sam Toms – batterie

Adam Brennan – basse

Alex White – claviers, saxophone, flûte

 

La setlist du concert de Fat White Family :

When I Leave (Serfs Up! – 2019)

Tinfoil Deathstar (Songs for our Mothers – 2016)

I Am Mark E. Smith (single – 2014)

Fringe Runner (Serfs Up! – 2019)

Bobby's Boyfriend (Serfs Up! – 2019)

Hits Hits Hits (Songs for our Mothers – 2016)

Feet (Serfs Up! – 2019)

Touch the Leather (single – 2014)

Goodbye Goebbels (Songs for our Mothers – 2016)

Whitest Boy on the Beach (Songs for our Mothers – 2016)

Cream of the Young (Champagne Holocaust – 2013)

Tastes Good With the Money (Serfs Up! – 2019)

I Believe in Something Better (Serfs Up! – 2019)

Is It Raining in Your Mouth? (Champagne Holocaust – 2013)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

25 mai 2020

Peter Perrett - Lundi 3 Juin 2019 - Café de la Danse (Paris)

2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse Billet

Il y eut une époque, pas forcément bénie, où pour devenir une légende du Rock, un haut niveau de consommation de drogues, une accumulation de frasques, et la perspective de mourir le plus jeune possible constituaient un chemin obligé, le talent n’étant qu’accessoire. Peter Perrett, que très peu de gens connaissent encore, surtout en nos contrées, avait tout pour devenir une telle légende, si ce n’est qu’il avait en plus ce talent de songwriter qui le distinguait de ses pairs, et le faisait régulièrement comparer à Lou Reed ou à Bob Dylan. Après la séparation beaucoup trop prématurée de ses Only Ones, et de graves problèmes de santé dans les années 80, le sort de Peter en paraissait jeté. Mais tout n’est heureusement pas logique, et voilà qu’au XXIème siècle, notre homme est reparu, travaillant désormais avec son fils Jamie, et une fine équipe (… qui enregistra temporairement sous le nom de Strangefruit) qui constitue son nouveau groupe : presque une seconde vie, avec un premier album en 2017, “How the West Was Won”, et, incroyable mais vrai, déjà un nouvel album, à paraître, “Humanworld”. De quoi rameuter au Café de la Danse tout ce que Paris compte encore de vieux rockers comme nous, nostalgiques d’une certaine attitude – cuir et lunettes noires, morgue et élégance, ce genre-là…

2019 06 03 Laurent Blot Café de la Danse (1)

19h45 : on ne s’y attend pas forcément aussi rapidement après l’ouverture des portes, quinze minutes auparavant, mais voilà que déboule sur scène Blot (Laurent Blot, en fait), songwriter français armé de son courage face à la salle bien remplie et plongée dans le noir (il demandera qu’on rallume brièvement pour voir le public assis sur les gradins…), et de sa guitare électrique. Un exercice éminemment difficile, on le sait, mais dont Blot se dire avec panache : avec une voix élastique et versatile, un jeu de guitare original et surtout des chansons qui tiennent bien la route, il gagne rapidement notre attention, et même notre respect (… même s’il y a quelques individus bruyants dans la fosse qui gâchent un peu le moment…). Un petit tour loin d’être ridicule du côté des Beatles (All My Loving) nous dévoile ses sources d’inspiration. On espère avoir bientôt des nouvelles de Blot !

2019 06 03 Fun Time Café de la Danse (5)

20h35 : alors qu’on attend l’arrivée de Peter, c’est un duo qui apparaît sur scène. Lui est guitariste et elle chante, en plus d’être blonde et belle. Ils se présentent comme Fun Time (« Rien à voir avec Iggy Pop », commente le dit guitariste), et ils nous offrent un set très court d’un petit quart d’heure, où ils interprètent souvent à deux voix des chansons que l’on peut qualifier de “classiques”, un peu folk, un peu country : rien de déplaisant, mais rien non plus de particulièrement saillant. Ils terminent avec une belle reprise de Don’t Let Me Be Misunderstood, qui évoque peut-être un peu trop la version que Lana Del Rey en a fait il y a quelques années. Un mini-set peu mémorable… sauf que quand le groupe de Peter Perrett monte sur scène, nous nous rendons compte que lui, c’était Jamie Perrett, et qu’elle – maintenant au violon et claviers – c’est Jenny Maxwell, ex-Strangefruit, justement…

2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse (2)

21h : La première idée qui vient à l’esprit quand Peter Perrett (… et non, ami français facétieux, rien à voir avec notre vieil amuseur national, Pierre Perret et son “zizi”…) se plante derrière son micro juste devant nous, c’est : « Mon dieu, qu’il est petit !! ».  Immédiatement suivi de « My god, how old does he look !! ». Mais à quoi nous attendions-nous, donc ? A 67 ans, une vie d’excès et une santé précaire vont difficilement vous faire paraître dix ans de moins que votre âge, même si vous vous teignez les cheveux en noir ! Mais qu’importe le physique, quand on a le talent de compositeur de Peter, et que cette voix sexy et narquoise, qui distinguait les Only Ones du reste de la foule “new wave” de ces années-là, semble absolument inchangée ? Le set démarre de façon parfaitement envoûtante avec un Baby Don’t Talk en crescendo de puissance, datant de la première tentative de réapparition de Peter sous le nom de “The One”. Trois minutes parfaites, et c’est gagné : on sait qu’on ne sera pas déçus, ce soir !

Peter enchaîne alors les chansons de son album précédent, “How the West was Won”, ce qui permet de faire le point sur toute cette aventure : d’abord, le Café de la Danse est rempli de fans, de vrais, qui connaissent leur songbook de Peter Perrett, ce qui garantit une ambiance parfaite de complicité ; ensuite, Peter a la chance de pouvoir désormais s’appuyer sur un groupe magnifique, centré sur ses deux fils, Jamie en brillant guitar-hero, et Peter Jr. à la basse (tous deux ont fait partie d’ailleurs d’une version des Babyshambles…), un groupe qui conjugue énergie tranchante et classe folle. Enfin, Peter lui-même semble désormais la parfaite incarnation du “British Gentleman”, humour pince sans-rire et élégante légèreté comprise.

2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse (14)

Une petite parenthèse avec deux titres des Only Ones (From here to Eternity et surtout The Whole of the Law), et la seconde partie du set sera consacrée aux chansons du nouvel album qui sortira à la fin de la semaine, que le public ne connaît donc pas, mais qui vont se révéler d’une parfaite efficacité : intro avec un Once is Enough très rock, moment absolument enchanteur sur un Heavenly Day qui sera probablement pour tous le sommet de la soirée, puis grand moment d’excitation avec un Master of Destruction, qui est d’ailleurs surtout une chanson de et par Jamie. War Plan Red clôt le set dans une belle ambiance (logiquement) rougeoyante.

On attend le rappel, un peu stressés par l’horloge qui tourne, en sachant que 22h30 est l’heure du “strict show curfew”, et on ne sera pas déçus : l’ultra-classique (en fait LE titre de gloire des Only Ones) Another Girl, Another Planet débouchera sur un The Beast encore plus accrocheur, avant la cerise sur le gâteau, une belle (on aurait aimé dire une “longue”…) jam sur le What Goes On du Velvet, déchirée par de superbes éclats de guitare offerts par Jamie, décidément en pleine forme ce soir et responsable des meilleurs moments du concert.

Une heure et demie fort sympathique qui nous rappelle ce que la “classe Rock” signifie, une heure et demie qui remet Peter Perrett à sa juste place dans l’histoire de notre musique, sans doute trop tard pour qu’il connaisse le moindre succès commercial, voire même trop tard pour que la postérité retienne son nom... Mais, en le voyant sur scène ainsi, visiblement heureux d’être entouré de ses fils, et de pouvoir nous proposer de nouvelles et excellentes chansons à nous, qui lui sommes restés fidèles, on est prêts à parier que Peter n’a aucun regret. »

 

2019 06 03 Peter Perrett Café de la Danse (22)

La setlist du concert de Peter Perrett :

Baby Don't Talk (The One song)

How the West Was Won (How the West Was Won – 2017)

An Epic Story (How the West Was Won – 2017)

Hard to Say No (How the West Was Won – 2017)

Troika (How the West Was Won – 2017)

Sweet Endeavour (How the West Was Won – 2017)

Living In My Head (How the West Was Won – 2017)

From Here to Eternity (The Only Ones song)

The Whole of the Law (The Only Ones song)

Once Is Enough (Humanworld – 2019)

Heavenly Day (Humanworld – 2019)

Love Comes on Silent Feet (Humanworld – 2019)

Love's Inferno (Humanworld – 2019)

Master Of Destruction (Humanworld – 2019)

48 Crash (Humanworld – 2019)

War Plan Red (Humanworld – 2019)

Encore:

Another Girl, Another Planet (The Only Ones song)

The Beast (The Only Ones song)

What Goes On (The Velvet Underground cover)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du concert sur les blogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 mai 2020

Altin Gün / Pond / Courtney Barnett - Dimanche 2 Juin 2019 - Festival We Love Green (Bois de Vincennes)

2019 06 02 We Love Green J2 Bois de Vincenne Billet

On ne se fait pas trop d'illusions non plus sur la programmation rock de We Love Green, mais 2019 est plutôt un bon cru dans ce domaine, et cette seconde journée vaut surtout par son contingent venu des Antipodes : Pond, Courtney Barnett et Tame Impala...

14h : ... mais on commence par voyager un peu moins loin, on va d'abord en Turquie en compagnie du groupe hollando-turc Altin Gün (qui signifie a priori "l’âge d’or") qui défraie pas mal la chronique depuis quelques mois. Seul problème, ils vont devoir jouer devant un public des plus réduits, entre l'heure "matinale" de leur programmation et la chaleur aujourd'hui infernale qui règne devant la Scène de la Prairie. Mais dès les premières notes, on est rassurés, ce funk oriental à la fois dansant et rêveur colle parfaitement à l'ambiance estivale du jour.

2019 06 02 Altin Gün We Love Green J2 (19)

Cinq jeunes musiciens motivés et heureux d'être ensemble sur scène dans ce "Parisian Summer", et pour les Turcs du groupe, peut-être aussi loin de la dictature d'Erdogan que l'on imagine mal goûter cette musique occidentalisée d'une jeunesse pervertie. Merve Dasdemir, la charmante chanteuse rousse, qui nous a gratifié d'un joli "coucou" à son arrivée, attire tous les regards, tandis que Erdinc Ecevit Yildiz, chanteur, joueur de saz – un instrument traditionnel turc - et claviériste, a un look un peu dark, décalé avec la musique sensuelle et festive du groupe. Quelques morceaux organisent savamment la rencontre entre tradition et modernité, et s'avèrent les plus passionnants. Le groupe sait aussi faire monter l'intensité, mais le set d'une heure n'échappe pas complètement à un léger sentiment d'uniformité, ou tout au moins de répétition. De plus, on peut être réticents devant l'usage systématique de claviers au son très seventies, fatigants à la longue. On imagine toutefois ce jeune groupe plus convaincant dans une petite salle que dans ces conditions extrêmes. Bravo en tous cas d'avoir vaillamment relevé le défi de l'horaire et de la température !

2019 06 02 Pond We Love Green J2 (35)

15h30 : sur la scène de la Canopée, les premiers représentants du Rock Australien, Pond, attirent beaucoup de monde, eux. Et, quand on connaît mal le groupe, hormis son histoire commune avec celle de Tame Impala (puisque les deux groupes ont eu nombre de musiciens en commun), on ne s'attend pas vraiment au spectacle offert par Nick Allbrook, leader flamboyant, mini star absolue, entre gouaille rigolarde, théâtralité affirmée, excès en tous genres, etc. Si l'on marche dans son jeu, le concert de Pond devient une fête, on oublie les facilités musicales qui rappellent un peu INXS à l'époque de son triomphe planétaire, et on s'amuse… Pond joue plusieurs titres extraits de leur dernier album, "Tasmania", qui sont plutôt impressionnants, et immédiatement accrocheurs. A la fois inspiré, avec de belles envolées lyriques, dansant et parfois très rock (chaque fois qu'il s'empare de sa guitare, Nick nous expédie un solo foudroyant !), voici un set roboratif, qui soulève un profond enthousiasme dans le public.

Maintenant il faut courir pour ne pas manquer le début du set de Courtney Barnett, principale raison de notre présence aujourd'hui, avec dans la tête le souvenir de son très beau concert au Casino de Paris en novembre dernier. Heureusement Courtney joue sous le chapiteau de la Clairière, à deux pas...

2019 06 02 Courtney Barnett We Love Green J2 (2)

16h20 : Courtney est en formation trio aujourd'hui, donc avec un son plus "basique", mais qui finalement met bien en valeur son remarquable jeu de guitare. Une fois encore, on est frappés par l'assurance qui se dégage désormais de la jeune femme, qui prend un plaisir visible à l'exercice de la scène. Bien supportée par sa section rythmique, elle se laisse aller à de régulières exhibitions façon "guitar hero" sur le devant de la scène, à la plus grande joie du public qui hurle de satisfaction. La set list est une version raccourcie de celle de la dernière fois, avec un bon équilibre entre les titres des deux albums, auxquels vient s'ajouter la nouvelle chanson, Everybody Here Hates You, avec son final en crescendo. C'est pourtant toujours le radical I'm not your Mother, I’m not your Bitch qui est le point culminant du set, parfaite expression des revendications féminines et affirmation puissante d'une rockeuse qui n'a rien à envier à ses confrères masculins, au contraire... Le set se termine au bout de 55 minutes sur l'enchaînement parfait de Nobody Really Cares if you don’t Go the Party et du plus grand succès de Courtney, Pedestrian at Best. Courtney confirme donc haut la main qu'elle est désormais à un niveau qui la rend incontournable pour qui aime le rock bruyant et intelligent à la fois… tous sexes confondus !

Il est 17h15, plus de cinq heures à tuer devant des artistes qui ne nous intéressent pas outre mesure, avant la prestation de Tame Impala : il vaut mieux déclarer forfait... On aura bien une autre occasion de voir Kevin Parker sur scène cette année ! En tous cas, avec 80.000 spectateurs et ses deux jours sold out, We Love Green 2019 est clairement un succès...

 

2019 06 02 Courtney Barnett We Love Green J2 (15)

La setlist du concert de Courtney Barnett :

Avant Gardener (How to Carve a Carrot into a Rose EP – 2013)

City Looks Pretty (Tell me who you Really Feel – 2018)

Small Talk (new song)

Need a Little Time (Tell me who you Really Feel – 2018)

Nameless, Faceless (Tell me who you Really Feel – 2018)

I'm Not Your Mother, I'm Not Your Bitch (Tell me who you Really Feel – 2018)

Small Poppies (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit – 2015)

Depreston (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit – 2015)

Everybody Here Hates You (new song)

Elevator Operator (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit – 2015)

Nobody Really Cares If You Don't Go to the Party (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit – 2015)

Pedestrian at Best (Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit – 2015)

Cette chronique a déjà été publiée partiellement à l'époque du festival sur lesblogs Manitasdeplata et Benzine Mag.

Posté par Excessif à 07:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,