Play It Loud !!!! Le rock'n'roll, c'est fait pour la scène...

21 septembre 2020

Starcrawler - Mercredi 20 Novembre 2019 - Petit Bain (Paris)

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (3)

Encore un choix difficile ce soir à Paris : faut-il privilégier Temples, qui viennent de sortir un autre bon album, ou nos éternels chouchous du Rock garage, les Fleshtones, ou bien encore les prometteurs Starcrawler dans la petite salle assez magique du Petit Bain ? Dur, dur ! Ce sera finalement Starcrawler, punks angelenos que nous suivons depuis leurs débuts explosifs, malgré un second album qui les révélaient un peu "rentrés dans le rang"... et parce que leurs précédents passages à Paris avaient prouvé qu'ils pouvaient surprendre !

20h17 : on ne sait pas très bien si Pretty Sick est en retard ou en avance, les horaires de ce soir ayant changé à deux reprises... Le trio new-yorkais – Sabrina Fuentes et ses deux spadassins - semble très jeune, et a la fougue que l'on attend de leur âge. Un choix d'instruments inhabituel, puisque ce sont deux basses qui sont en avant, assumant à la fois le rôle traditionnel de la rythmique et celui de la guitare, absente. Pourquoi pas ? Du coup, le son est bien caverneux comme on aime, et la voix se place par là-dessus de manière… variable, dénotant un amateurisme qu’on aimerait trouver sympathique.

2019 11 20 Pretty Sick Petit Bain (14)

Du coup, la musique de Pretty Sick fluctue entre une agressivité séduisante, et un chaos certainement involontaire. Si l’on apprécie l'esprit de cette musique rebelle et mal peignée, à l'image des musiciens, qui honorent la meilleure tradition de la Big Apple (nous avons pensé un instant aux débuts de Sonic Youth, sans doute une association d’idées du fait de la bassiste-chanteuse aux longues jambes…), le résultat est tout simplement médiocre. Le dernier titre (a priori une reprise que nous n’avons pas reconnue…), presque glam, est le plus accrocheur, le plus punchy, ce qui nous permet de nous quitter quand même sur un bon feeling après 30 minutes vraiment pas au niveau de ce que l’on écoute de nos jours en première partie… N’y avait-il pas plutôt la possibilité de programmer l’un de ces innombrable excellents groupes français qui rament pour se faire entendre de nos jours ?

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (9)

21h17 : Starcrawler, le quatuor angeleno qui monte, qui monte – au moins aux Etats-Unis – effectue une entrée en scène explosive, qui nous rassure immédiatement sur la bonne santé de leur esprit punk : Arrow de Wilde n’a pas pris un gramme, est toujours vêtue de lambeaux de vêtements portant les traces de ses sanglantes exactions précédentes, qui lui donnent cet aspect de possédée d’un film gore de série Z, tandis que Henri a bouffé du lion ce soir, tant il ne tient pas en place et nous offre un festival de guitare et d’acrobaties, de grimaces psychotiques et de poses rock’n’rolliennes. Au milieu du déluge sonore, nous reconnaissons Home Alone : le son est délicieusement fort et aigu, la voix d’Arrow malheureusement un tout petit peu en retrait - en tous cas d’où nous sommes placés, sur la gauche juste en face des deux amplis (surmontés du traditionnel mouton en peluche ou en plastique…) – de Henri. On remarque immédiatement la puissance terrifiante de la section rythmique, et on se demande comment un petit jeunot à l’apparence si calme comme Tim Franco peut déclencher un tel séisme. Reconnaissons-le tout de suite, Starcrawler, ce sont quand même de sacrés musiciens, ce qui n’est pas habituellement ce qui frappe le plus chez des punks rockers.

Henri porte très élégamment son désormais traditionnel costume de scène blanc et rouge façon country crooner de Las Vegas, et Arrow semble ce soir beaucoup plus professionnelle, plus sous contrôle, même si elle nous décline son habituel répertoire de regards déments et de contorsions mi-gracieuses, mi épileptiques : ce soir, pas d’agression des premiers rangs, pas de (faux) sang craché sur le public durant le final de Chicken Woman, juste une petite caresse sur le crâne et une tape sur la joue de notre voisin !

Le set a donc démarré sur les chapeaux de roue, même s’il faudra quand même quelques morceaux pour que tout se mette en place, entre un groupe qui trouve ses marques et commence à cracher son Rock à pleine puissance, et un public qui va s’abandonner peu à peu à un pogo frénétique, avec un moshpit assez violent qui va envahir la quasi-totalité de la (petite) fosse du Petit Bain. Ambiance garantie, avec même quelques ces petits accrochages entre spectateurs – devenus inhabituels, maintenant que groupes et public se sont civilisés ??? - qui témoignent de la frénésie du set.

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (32)

Starcrawler joue ses morceaux nettement différemment sur scène, ce qui est tout à leur honneur puisque l’exercice live ne devrait pas, à notre avis, consister en la répétition soignée des albums… mais on a souvent du mal à retrouver les chansons que l’on pensait pourtant bien connaître. L’absence de setlist sur scène ne nous aide d’ailleurs pas à nous repérer au cours d’un concert qui ressemble surtout à une attaque en règle de notre équilibre mental. I Love L.A. permet néanmoins à bien des spectateurs de reprendre pied, et de donner de la voix, au milieu de ce chaos de riffs cinglants et de rythmes radicaux.

Un petit (très petit) ventre mou au bout d’une quarante de minutes intenses, mais le moshpit ne faiblit jamais, et on est partis pour le final redoutable qui montre de Starcrawler est désormais devenu un groupe assez monstrueux en live, avec Bet My Brains et Train en sommets indiscutables. Henri est allé faire son crowdsurfing sans lâcher sa guitare, et Arrow elle-même ira d’ailleurs faire un tour sur les bras levés du public, même si nous avons eu l’impression bizarre que les spectateurs étaient nettement moins enthousiastes à soulever cette brindille assez effrayante ! Une heure quand même avant le rappel de dix minutes (Chicken Woman, donc, comme toujours… ?), ce qui dépasse nos attentes, surtout dans le registre épuisant pratiqué par Starcrawler.

Arrow nous fait donc son show habituel avec du (faux) sang plein la bouche, ce qui fait toujours son petit effet, même si l’on s’est désormais un peu habitués au spectacle. Elle sort en rampant – comme elle est rentrée sur scène, d’ailleurs – laissant le groupe terminer le final frénétique du morceau. Et comme d’habitude, Henri va chercher deux spectatrices dans la salle, leur confie ses deux guitares, leur explique comment placer leurs doigts sur le manche, et les abandonne pour terminer le morceau à sa place. Punk DIY not dead !

C’est fini, et tout le monde est content… Epuisé et content, ce qui est exactement ce qu’on attend de ce genre de soirée, non ? Nous, en tous cas, bien placés en face de Henri, nous avons pu profiter d’un véritable festival de guitare, d’autant plus remarquable que Henri ne joue qu’avec 3 cordes au lieu des 6 habituelles de l’instrument. Mais, bon dieu, comment fait-il pour en tirer ces sons ?

Nous voici donc rassurés quant à l’avenir de Starcrawler, dont on attendra maintenant le troisième album qui devrait être celui de la consécration. On croise les doigts !

 

Les musiciens de Pretty Sick sur scène :

Sabrina Fuentes – vocals, bass

Wade Oates – bass

Austin Williamson – drums

 

2019 11 20 Starcrawler Petit Bain (56)

Les musiciens de Starcrawler sur scène :

Arrow de Wilde – vocals

Henri Cash – vocals, guitar

Austin Smith – drums

Tim Franco – bass

 

La setlist du concert de Starcrawler :

Intro

Home Alone (Devour You – 2019)

Used to Know (Single – 2017)

Lizzy (Devour You – 2019)

Tank Top (Devour You – 2019)

Let Her Be (Starcrawler – 2018)

Ants (Single – 2017)

I Love LA (Starcrawler – 2018)

Pet Sematary (Ramones cover)

Rich Taste (Devour You – 2019)

No More Pennies (Devour You – 2019)

Born Asleep (Devour You – 2019)

Different Angles (Starcrawler – 2018)

Pussy Tower (Starcrawler – 2018)

Bet My Brains (Devour You – 2019)

Train (Starcrawler – 2018)

She Gets Around (Devour You – 2019)

Chicken Woman (Starcrawler – 2018)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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16 septembre 2020

Fontaines D.C. - Dimanche 10 Novembre 2019 - Bataclan (Paris)

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan Billet

Dublin brûle-t-il ? Cela fait des mois que le buzz enfle autour de la jeune scène post-punk de la capitale irlandaise, particulièrement autour de deux groupes qui excitent au plus haut point le public parisien, The Murder Capital et, surtout, Fontaines D.C. : un groupe qui remplit quand même un Bataclan en quelques heures, après un premier passage au Point Ephémère en avril dernier (passage qui a fait beaucoup de bruit !), et un seul album, “Dogrel”, il est vrai très réussi. Grosse, grosse attente donc ce soir, et beaucoup d'excitation et de joie dans la queue Boulevard Voltaire...

2019 11 10 The Altered Hours Bataclan (4)

20 h : The Altered Hours, c'est la version dublinoise du shoegaze : 40 minutes de bruit saccadé, obsessionnel, dans un brouillard sonore opaque. Mais les voix sont sous-mixées et la basse au contraire trop omniprésente, et cette mauvaise balance - rare au Bataclan - nous privera du plaisir que cette approche rageuse aurait pu nous assurer. C'est dommage, car sinon, on gage qu'on aurait plus apprécié cette combinaison voix féminine (une chanteuse blonde en colère qui a dû apprendre à se faire entendre au milieu du choc des pintes dans les pubs) / voix masculine (un guitariste frisotté à la belle prestance scénique), cette section rythmique brutale et inarrêtable, ces guitares portées à l'incandescence. Là, pour ce coup, on a eu du mal à entrer dans le set, qui nous a paru parfois un peu stérile malgré sa radicalité. Même s’il faudra les revoir dans de meilleures conditions, The Altered Hours, qui ne manifestent pas trop d'influences évidentes, confirment en tous cas l'intérêt de la scène dublinoise actuelle.

21h15 : c’est avec une petite demi-heure de retard sur l’horaire initialement prévu pour le démarrage de leur concert, et après deux fausses alertes qui ont commencé à nous inquiéter, que les musiciens de Fontaines D.C. déboulent, accompagnés – et on les en remercie de tout cœur – par une chanson des merveilleux Pogues. Le quintet dublinois n’a pas l’air au mieux de sa forme : Carlos, l’espagnol de la bande, a sa bouteille de vin rouge à la main, déjà bien entamée, et Grian Chatten n’a pas non plus le regard trop clair ! Ajoutons à ça que la posture du groupe, peu communicative et plutôt tranquille, ne correspond pas vraiment à l’urgence punk que dégagent certaines chansons de “Dogrel”. Nous voilà bien obligés d’admettre que nous n’assistons pas ici à la naissance de nouveaux Undertones – à notre humble avis, le meilleur groupe que l’Irlande ait jamais enfanté…

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (14)

Le set démarre puissamment avec l’impeccable Chequeless Reckless, redoutable déclaration d’intentions de la part d’un jeune groupe qui estime avoir des choses importantes à dire : « A sell-out is someone who becomes a hypocrite in the name of money / An idiot is someone who lets their education do all of their thinking… ». Deux évidences immédiates : le son est magnifique, ample, riche, et tranche donc avec le choix fait pour l’album d’un son plus maigre, presque décharné, laissant la majorité du travail à la voix et aux textes de Grian ; et, justement, Grian, avec sa morgue étudiée, affichant une sorte de dédain, ou tout au moins d’indifférence vis-à-vis de son public pourtant très échauffé, semble surtout inspiré par le grand Mark E. Smith que par Shane McGowan ! Fontaines D.C. est donc, ce concert en est bien la preuve, un groupe “à textes”, voire “à message”. Hurricane Laughter suit et confirme… Dommage quand même que Grian ne donne pas un peu plus de lui-même, et reste aussi détaché, flottant dans ses vêtements trop grands de trois tailles et balayant des yeux les spectateurs d’un air blasé. On peut finalement regretter l’ère des crachats, où ce genre de choses se serait terminé par une belle bataille rangée entre le groupe et le public à coups de glaviots, non ?

Cela dit, placés juste devant Carlos, nous sommes probablement à la place idéale, car le guitariste assure le spectacle à lui tout seul : grandes lampées de vin à la bouteille – on lui en apportera une seconde à mi-parcours… mais il aura la gentillesse de partager avec une fan assoiffée -, jolis coups de pied en l’air, interactions variées avec le premier rang, poses photogéniques, rien à redire à la générosité scénique du Madrilène !

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (10)

Le concert est en plein ventre mou, car, logiquement, tous les titres de “Dogrel” ne sont pas des brûlots punks… Et Fontaines D.C. a quand même un peu de mal à maintenir la tension, qui retombe lentement. Heureusement, voilà que déboule Too Real : « None can revolution lead with selfish needs aside / As I cried, I'm about to make a lot of money / … / Is it too real for ya? ». Le Bataclan bascule enfin dans la frénésie en hurlant « Is it too real for ya? ». Là, on retrouve beaucoup plus le véritable esprit de 77, dont se réclament quand même largement nos rebelles dublinois… Des flashes nous reviennent du fond de notre mémoire : le Clash, au même endroit, il y a 42 de ça, les harangues de Joe Strummer, les riffs de Mick Jones. Eux aussi n’avaient à l’époque qu’un seul album et quelques singles sous la ceinture… Bon, il faut s’y résoudre, Dublin ne brûle pas encore ! Mais au moins, quelques groupes comme Fontaines D.C. attisent les flammes…

On approche de la fin, il est temps de rendre hommage au fier folklore local, avec Dublin City Sky : « I was down the bottom half of some old bar in Chinatown / Me shoes had brought the rain and soaked the space for lookin' down / As drunk as love is lethal, I spun a lady 'round / And I kissed her 'neath the waking of a Dublin City sky… ». On peut tergiverser à propos de l’accent dublinois qu’affiche Grian, à demi-anglais, et élevé loin de l’Irlande, mais rappelons-nous aussi que Shane MacGowan était né dans le Kent ! Une heure a passé, la conclusion logique s’appelle Big : « My childhood was small / But I'm gonna be big ! ». Acceptons-en l’augure, même si ce soir, nous n’avons pas encore de futurs géants. Ça viendra sans doute, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Grian nous a bien dit : « We don’t do encores! », donc on plie les gaules tranquillement, au milieu des habituelles discussions entre amis : « C’était génial ! » « Moi, je me suis fait un peu suer ! » etc. etc. Et si nous choisissions de nous souvenir plutôt du remerciement de Carlos : « En France, c’est vrai que vous faites de bons vins rouges ! » ? A nous, ça nous va bien. La révolution peut bien commencer dans un verre.

 

2019 11 10 Fontaines DC Bataclan (40)

Les musiciens de Fontaines D.C. sur scène :

Carlos O'Connell – guitar

Conor Curley – guitar

Conor Deegan III – bass

Grian Chatten – vocals

Tom Coll – drums

 

La setlist du concert de Fontaines D.C. :

Chequeless Reckless (Dogrel – 2019)

Hurricane Laughter (Dogrel – 2019)

Television Screens (Dogrel – 2019)

Sha Sha Sha (Dogrel – 2019)

A Hero's Death

The Lotts (Dogrel – 2019)

Lucid Dream

Roy's Tune (Dogrel – 2019)

Too Real (Dogrel – 2019)

Liberty Belle (Dogrel – 2019)

Boys in the Better Land (Dogrel – 2019)

Dublin City Sky (Dogrel – 2019)

Big (Dogrel – 2019)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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11 septembre 2020

Last Train / Bandit Bandit - Mercredi 6 Novembre 2019 - Trianon (Paris)

2019 11 06 Last Train Trianon Billet

Choix difficile ce mercredi soir à Paris pour tout amateur de musique à la recherche d’émotions fortes : entre The Murder Capital, Last Train et Jay Jay Johanson qui jouent en même temps dans la capitale (et dans trois salles complètes…), notre cœur balance… Mais c’est l’excellente réputation scénique des Français de Last Train qui nous convaincra que ce 6 novembre, ce serait au Trianon qu’il fallait être… Et a priori, vu les visages en larmes des spectateurs sortant du set à 22h30, notre décision aura été la bonne… Mais revenons en arrière de quelques heures…

2019 11 06 Bandit Bandit Trianon (4)

19h50 : Bandit Bandit est un combo lyonnais – en fait un duo / couple originaire de Montpellier, semble-t-il, renforcé par deux musiciens solides - qui, en 40 minutes puissantes, va lui aussi confirmer l'excellence de la nouvelle vague française. Vénéneuse, sensuelle, voici une musique qui emporte l’adhésion, et ce dès l'intro martelée de Néant. Le ballet des musiciens sur scène est inspiré, la musique pousse vers la transe. On pense - visuellement - à The Kills, dans le style danse de chats sauvages, mais la pulsation de la batterie nous enfonce des clous dans le crâne, avec un acharnement qui tient de la torture (une douce torture !)... Maëva chante comme une égérie des sixties - tantôt en anglais, tantôt en français - mais se laisse happer magiquement par l'extase. Le set se clôt un peu plus faiblement qu’il aurait dû, à la lisière seulement du chaos : pas certain que clore un concert garage-psyché par une mélodie au tzoura soit la meilleure idée de l’année... Bandit Bandit, c’est superbe, même si on sent que le groupe se retient un peu encore - le trac d'affronter le public parisien d'un Trianon complet ? -, et même si on regrette que le set n’ait jamais basculé dans l'hystérie comme le talent de Bandit Bandit le promettait. A revoir très vite pour une confirmation…

21h : Le Trianon est rempli jusqu'à la gueule ce soir d'un public à l'enthousiasme délirant pour accueillir les Alsaciens préférés de la planète Rock française, un groupe dont la renommée a grossi, grossi, ces 2 dernières années au fil de prestations live dantesques qui positionnent désormais Last Train comme le plus plausible héritier de la couronne de plus grand groupe populaire national (… si une telle chose existe encore, des décennies après Téléphone et Noir Désir !)… Et ce, en s'appuyant sur une musique qui est tout sauf commerciale, qui ne caresse personne dans le sens du poil : il n'est d'ailleurs pas aussi facile de qualifier, de cataloguer Last Train que l'on pourrait le penser a priori. Jean-Noël, l'explosif chanteur, sonne comme un Liam Gallagher recyclé grunge, tandis que le “rock à guitares" du groupe n'est pas tant dans la lignée indie noise (The Jesus & Mary Chain / Black Rebel Motorcycle Club) que leur style vestimentaire et leur amour de l'obscurité déchirée de flashs de lumière blanche le laisseraient imaginer. Non, dès le premier morceau de la soirée, All Alone, il est clair que le déferlement de puissance sonore et les montagnes russes émotionnelles de Last Train n'appartiennent qu'à eux, et aucune référence commode ne résiste devant cette vague de sensations qui oscille entre post-rock abstrait et hard-blues dantesque, où les deux guitares de Jean-Noël et de Julien dialoguent et construisent un fulgurant labyrinthe d'extases dans lequel nous sommes tous invités à nous perdre.

2019 11 06 Last Train Trianon (7)

Esthétiquement, ce que propose Last Train est tout bonnement superbe : de la disposition symétrique et rectiligne du matériel - avec l'alignement parfait des amplis Marshall de part et d'autre de la batterie bien au centre, à l'éclairage majoritairement blanc, en passant par le look strict et élégant des quatre musiciens, le soin apporté à l'aspect visuel est frappant (à l'image de la pochette du nouvel album, The Big Picture...). Mieux encore, sur une grande scène bien dégagée, la chorégraphie des trois musiciens arrive à la fois à être passionnante et spontanée : Last Train a un sens du - disons-le sans crainte - spectacle rock'n'roll (les gestes, les poses, les mouvements, toute cette élégance rageuse, toute cette classe impérieuse qui distinguent le Rock des autres musiques...) qui tranche avec le tout tout-venant. Bien entendu, le son est énorme, clair et parfait... même si le fait que nous soyons sortis de ce pandémonium de furie guitaristique sans acouphènes nous fait forcement regretter une époque où l'on pouvait encore jouer vraiment fort en live.

Last Train aborde clairement ce concert dans un Trianon sold out, où nous découvrirons aussi que les familles des jeunes musiciens ont pris place au balcon, comme une étape symbolique importante de leur carrière, comme une sorte d’apogée temporaire de leur encore brève carrière. Ce soir, les quatre amis vivent leur rêve, et, devant un public extatique, conquis depuis le premier riff, ils vont avoir à cœur de nous offrir le meilleur de leur musique. Plus le set avance, plus l'enjeu semble élevé, et plus le pari paraît audacieux mais réussi. On l'a dit, la musique de Last Train n'est pas si aisément saisissable que cela, oscillant au cours de longues fresques sonores entre une sorte de classicisme du Rock à guitares heavy - de Led Zep à Nirvana (n'ayons pas peur des références lourdes !) et une expérimentation plus abstraite, déchirante et déconstruite qui les rapproche de leurs pairs des Psychotic Monks. On regrette par instants le manque de chansons plus directes, plus "pop" peut-être, qui offriraient une éclaircie au milieu d'un parcours à si haute teneur émotionnelle, mais on se laisse happer à nouveau très vite par la frénésie et la tension exceptionnelles de cette musique en lévitation.

2019 11 06 Last Train Trianon (39)

Une heure s'est presque écoulée sans que nous y ayons pris garde, Jean-Noël marche littéralement sur l'eau, porté par la foule dans une fosse irradiante. C'est un grand moment. Mais le rappel va encore faire exploser tout cela, nous emmener plus loin encore. Vers les larmes.

Car ce rappel de trois titres alternant violence libératrice (Cold Fever) et douceur sublime (The Big Picture, immense morceau épique, qui sera l'absolu triomphe de la soirée) va voir advenir l'un de ces miracles si impensables, si rares qu'ils justifient à eux seuls une vie entière à faire ou à écouter de la musique. Tous les remerciements ont été formulés, les papas et mamans et les amis debout au balcon ont vu le triomphe de leurs enfants, les attentes du public ont été satisfaites, la soirée a été superbe, on n'espère plus rien d'autre... quand d'un coup, la digue se fissure, puis cède. Devant nous, juste devant nous, dans l'obscurité, les larmes se mettent à ruisseler sur le visage de Julien. Le chant magnifique de Jean-Noël semble se briser, la musique bascule dans un souffle vers autre chose : la grâce, le sublime, une sorte d'extase totale comme on en connait une ou deux fois, au mieux, chaque décennie. Les dernières minutes de ce concert seront comme une mise à nu de toutes nos émotions enfouies, qui se libèrent enfin sans retenue. Les lumières se rallument, la musique s'arrête. Sur scène, les musiciens s'enlacent, s'embrassent, en larmes. Autour de nous, plein de gens vivent la même chose : ici et là, on se serre dans les bras, on sanglote même. On ne se souvient même plus de la dernière fois où l’avoir vécu ça, une telle catharsis, une si belle libération.

Last Train nous remercie, mais c'est bien nous qui devons les remercier, encore et encore, pour ce qu'ils nous ont offert ce soir : un cadeau de vie, de beauté et d'amour. La preuve que la Musique est toujours l'Art majeur, qui fait résonner à l'unisson nos âmes et nous élève.

Last Train, au Trianon, le mercredi 6 novembre 2019. Une pierre blanche.

 

2019 11 06 Bandit Bandit Trianon (24)

Les musiciens de Bandit Bandit :

Ari Moitier – basse

Anthony Avril – batterie

Hugo Herleman – guitare, voix

Maëva Nicolas - chant

 

La setlist du concert de Bandit Bandit :

Néant

Dimension

Fever (Bandit Bandit EP – 2019)

Siamese

Maux (Bandit Bandit EP – 2019)

Pixel (Bandit Bandit EP – 2019)

Nyctalope (Bandit Bandit EP – 2019)

Tachycardie

 

2019 11 06 Last Train Trianon (42)

Les musiciens de Last Train sur scène :

Jean-Noël Scherrer (chanteur et guitariste)

Julien Peultier (guitariste)

Timothée Gerard (bassiste)

Antoine Baschung (batteur)

 

La setlist du concert de Last Train :

All Alone (The Big Picture – 2019)

Way Out (Weathering – 2017)

House on the Moon (Weathering – 2017)

On Our Knees (The Big Picture – 2019)

One Side Road (Fragile EP – 2016)

Between Wounds (Weathering – 2017)

Disappointed (The Big Picture – 2019)

Fire (Weathering – 2017)

Leaving You Now (The Holy Family EP – 2015)

Encore:

Tired Since 1994 (The Big Picture – 2019)

Cold Fever (Weathering – 2017)

The Big Picture (The Big Picture – 2019)

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06 septembre 2020

Girl In Red - Mercredi 30 Octobre 2019 - Gaîté Lyrique (Paris)

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique Billet

Après son triomphe à la Boule Noire en mai dernier, et une apparition remarquée à Rock en Seine cet été (il est vrai un jour où la concurrence Rock était absente...), Marie Ulven, alias girl in red, remplit la Gaîté Lyrique sans avoir encore publié son premier album, ce qui n'est pas un mince exploit. Ce qui impressionne forcément des vieux routiers du Rock comme nous, c'est que le public ce soir est dans sa quasi-intégralité constitué de jeunes femmes n'ayant guère plus de 20 ans. Bien sûr, les jolis couples gays sont nombreux, mais il me semble qu'on ne peut plus "réduire" désormais le phénomène girl In red à la sphère LGBT. Et c'est très bien comme ça, vu la qualité de cette musique, certainement pas encore reconnue pour ses mérites.

2019 10 30 Isaac Dunbar Gaîté Lyrique (6)

20h : Isaac Dunbar a 16 ans (hurlements stridents du public…). Il arbore la panoplie du parfait rappeur, et bouge comme s'il était un cador du hip hop (hurlements stridents...). Il est américain du Massachussetts et dit des mots très gentils aux filles françaises qu'il aime (hurlements...). Il a une belle voix douce et chante, accompagné d'un batteur et d'un guitariste, des chansons sensuelles, dans un genre indécis marketé sous l'étiquette passe-partout d'indie pop, mais évoque un peu un jeune Michael Jackson. Tout ça est plutôt séduisant, malgré le jeu de scène bondissant pas très approprié. Même si certaines chansons sont un peu informes, et diluent notre attention, Isaac est un tout jeune homme talentueux, dont l'enthousiasme "juvénile" fait plaisir à voir (hurlem...).

21h : Marie Ulven fait figure de vétérane par rapport à Isaac Dunbar, avec ses 20 ans, mais elle n’a toujours qu’une paire de EP à défendre en public, ce qui fait que le set de ce soir ne dépassera pas les 60 minutes. Quand on utilise le terme de “défendre”, ce n’est vraiment pas le bon tant il est rare de voir un public aussi totalement conquis, corps, cœur et âme, à une artiste que celui de girl in red ! Les filles ont fait la queue des heures dans le froid dehors pour être le plus près possible de la scène, elles connaissent toutes les paroles de toutes les chansons par cœur, qu’elles chanteront toute la soirée, et chaque mot sortant de la bouche de la très volubile Marie est accueilli par des rires, des applaudissements, des cris. Les déclarations d’amour et les demandes en mariage se succèdent également… Bref, tout cela rappelle franchement l’adoration qui a longtemps entouré un Morrissey, dont la bedroom pop idéale, comme on dit désormais, semble avoir inspiré la musique de Marie Ulven…

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (9)

Bad idea! lance la soirée, et toutes les aiguilles montent immédiatement dans le rouge. Les quatre jeunes musiciens qui accompagnent Marie sont déchaînés, un gigantesque pogo se déclenche dans la salle, du premier au dernier rang, les cris sont assourdissants. Avec un son bien plus fort et bien plus clair qu’à la Boule Noire, avec un groupe qui semble s’être désormais “trouvé”, et joue rapide et concis comme les groupes anglais ne savent plus jouer aujourd’hui, les chansons de Marie ne peuvent plus être qualifiées en live de “dream pop” : c’est plutôt une “tuerie” systématique que girl in red nous offre. Le son cristallin des deux guitares carillonnantes rappelle certes Johnny Marr ou les débuts de Two Door Cinema Club, l’écho sur la voix de Marie et les tonalités surf de certaines chansons évoquent The Drums, mais la musique de girl in red a déjà gagné le droit de dépasser ses influences et de n’être qu’elle-même.

Dead girl in the pool, peut-être la meilleure chanson de girl in red, en tout cas celle qui conjugue le plus intimement mal être existentiel et énergie ado… pardon juvénile, est un triomphe. La Gaîté Lyrique n’est plus qu’un chaudron brûlant dans lequel crépitent et se percutent un millier de pop corns en folie. We fell in love in october est l’occasion de voir des centaines de spectateurs sortir leur feuille de papier portant le titre de la chanson, “october” étant écrit en rouge : il est toujours étonnant de constater comment une communauté de fans sait s’organiser pour créer ce genre de happening, qui touche droit au cœur. Watch you sleep, que Marie dit avoir chanté pour sa mère la veille, est LE moment d’émotion de la soirée, et prouve bien que girl in red a du potentiel derrière l’immédiateté de ses chansons pop dévalées à fond la caisse.

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (34)

Il faut maintenant revenir sur ces intermèdes, parfois trop longs, qui voient Marie parler, parler, parler, d’une façon que l’on peut trouver vaguement irritante, tant elle dit clairement ce qui lui passe par la tête, sans qu’on puisse vraiment saisir la plupart du temps quel est son propos. Cette logorrhée, parfois assez naïve, est très éloignée des discours de nombre de performers professionnels, qui “manipulent” la foule à l’aide de plaisanteries ou d’anecdotes qu’ils répéteront invariablement chaque soir. Marie, elle, papote comme si elle était avec des copines, et il faut bien dire que quelque chose de sa candeur, de son honnêteté passe : une vraie émotion se dégage de ces mini-confessions sur son grand amour, sur sa fatigue d’un trop long voyage ce matin-là, sur sa décision de mettre ses histoires de cœur au second plan par rapport à la musique et au besoin d’écrire (enfin) ce fameux premier album… On est peu à peu charmé, séduit presque par cette jolie âme que Marie nous dévoile avec tant de simplicité, d’honnêteté. Et on se dit que, au-delà de l’efficacité de ses compositions, c’est bien cette VERITE qu’elle nous laisse toucher qui fait d’elle une artiste importante de son temps. Une artiste profondément AIMEE.

Il est temps de conclure la soirée : « cette chanson a changé ma vie ! » dit Marie, et c’est parti pour une version intense et festive de i wanna be your girlfriend. Marie saute dans le public, pour un court crowd surfing, tandis que sur scène, les musiciens sont à fond. Tout cela n’est pas si loin, malgré la douceur qui se dégage de Marie, du véritable esprit punk de 1977 : faites de la musique qui parle de vous, qui parle aux autres, sans vous soucier d’être professionnel, sans vous préoccuper de ce que pensent les gens. Eh oui, en 2019, Marie Ulven est une véritable punk.

Quand, un jour peut-être, Marie sera devenue une grande star planétaire, on se souviendra avec émotion de cette soirée du 30 octobre à la Gaîté Lyrique.

 

2019 10 30 girl in red Gaîté Lyrique (37)

La setlist du concert de girl in red (ordre figurant sur la setlist mais modifié):

bad idea! (chapter 2 EP – 2019)

4am (chapter 1 EP – 2018)

rushed lovers (new song)

summer depression (chapter 1 EP – 2018)

i need to be alone. (chapter 2 EP – 2019)

forget her (single – 2018)

we fell in love in october (single – 2018)

say anything (single – 2018)

watch you sleep. (chapter 2 EP – 2019)

i’ll die anyway. (chapter 2 EP – 2019)

dead girl in the pool. (chapter 2 EP – 2019)

girls (chapter 1 EP – 2018)

i wanna be your girlfriend (chapter 1 EP – 2018)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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01 septembre 2020

The Divine Comedy - Lundi 28 Octobre 2019 - Salle Pleyel (Paris)

2019 10 28 The Divine Comedy Salle Pleyel Billet

Nous sommes nombreux à penser que Neil Hannon est depuis plus de 25 ans le plus grand compositeur “pop Classique”, le seul artiste sur la planète capable de continuer après une douzaine d’albums à nous émerveiller systématiquement à chaque nouvelle parution, avec des chansons splendides. Or, en 2019, Hannon nous a surpris avec un double album conceptuel – sur la sauvagerie de la vie de bureau et de l’économie -, “Office Politics”… Un double album qui le voyait sortir de sa zone de confort pour aller se frotter à l’électronique, au funk et à l’expérimentation. On avait donc hâte de constater comment cette nouvelle aventure se traduirait sur scène… On avait eu en outre de bons échos du concert de la veille à Bruxelles… malgré un Neil souffrant de problèmes de gorge !

The Divine Comedy à Pleyel, ce n'est bien sûr pas complètement antinomique (comme a pu l'être le passage de Cake dans la même salle voici peu...), mais ce n'est quand même pas idéal... surtout si l’on se souvient du formidable écrin qu'ont constitué les Folies Bergère lors du passage précédent de Neil à Paris. Outre la scène trop haute, sans crash barriers, le traitement absurde des photographes accrédités parqués au fond de la salle (!!), un certain manque de considération du staff envers le public Rock sans doute perçu comme indigne de lieux qui ont accueilli Mireille Mathieu, le fait que la grande majorité du public soit assise est un tue-l'ambiance garanti…

2019 10 28 Man & The Echo Salle Pleyel (9)

20h : la soirée commence avec Man & the Echo, un quatuor anglais à l’excellente réputation, entre tradition Northern Soul et textes politiquement engagés mais narquois, qui nous propose sa pop mélodieuse et funky : une musique qui, paradoxalement, sonne à la fois très directe dans son invitation à onduler des hanches, et plutôt intelligente. Les lyrics sont en effet bien troussés, pince-sans-rire. Et puis, ce n'est pas si courant pour un groupe anglais d’écrire une chanson sur Roland Barthes et de l'appeler Operation Margarine ! Le chanteur a une bonne voix, les rythme sont originaux et il y a même çà et là de jolies montées en puissance. Malheureusement les deux premiers morceaux (On Safari et Give Me The Pomp) sont les plus accrocheurs et ensuite on perd peu à peu en intérêt. Reste une bonne sensation de groupe talentueux et original qu'on a envie de découvrir.

21h : Le décor sur scène laisse craindre une transformation du concert de The Divine Comedy en une petite pièce de théâtre, ce dont nous n’avons pas vraiment envie, honnêtement : double porte IN / OUT, bureau avec chaise, lampe et ordinateur allumé, divers accessoires illustrant le thème de “Office Politics”… Le groupe – guitariste, bassiste, batteur et deux claviers ! – est en noir et blanc, vêtu de manière assez formelle, sinon corporate, mais Neil porte un superbe costume rouge vermillon. Neil fait un peu plus son âge qu’avant (49 ans !), petite barbe et lunettes de vue (qu’il quittera un moment en prétextant qu’il « a peur de nous voir trop nets, et qu’il préfère que le public soit flou… »). Il a l’air en outre assez fatigué, et sa voix n’a pas sa splendeur habituelle, ce dont il s’excusera plusieurs fois…

2019 10 28 The Divine Comedy Salle Pleyel (4)

Le groupe attaque fort avec une version hyper dansante de la merveilleuse scie électro-pop Europop, avant d’enchaîner avec une version elle aussi très swinguante de To Die a Virgin. Même si durant ces deux morceaux, la voix de Neil est un peu sous-mixée, le son sera ensuite parfait, et hormis des difficultés à monter dans les aigus – sur I Like, que Neil dira hésiter à chanter – nous n’aurons aucune raison de nous plaindre des performances vocales de celui qui est quand même l’un de nos chanteurs préférés ! Commuter Love, assez peu fréquemment joué nous semble-t-il confirme, après l’évidence de Generation Sex, la volonté de Neil de renouveler (enfin ?) l’expérience live qu’il nous offre : nombreux sont ceux qui se plaignent de setlists faisant la part trop belle aux éternelles mêmes chansons, alors que le song book de The Divine Comedy regorge de merveilles !

Neil nous embarque alors dans le récit au long court de “Office Politics”, qui dévoile en live beaucoup plus de charmes… même si le tunnel expérimental de The Synthesiser Service Centre Super Summer Sale reste toujours aussi vain et même pénible : la sélection des huit autres morceaux joués ce soir est en fait impeccable, du fracas Rock inhabituel (pour Neil Hannon…) de Infernal Machines au déchirant I’m a Stranger Here, cri de détresse de ceux qui sont de plus en plus déphasés, voire abandonnés sur le bas-côté par une société obnubilée par sa marche en avant. Mais, avouons-le, c’est quand même le bref retour au Divine Comedy éternel du génial To the Rescue qui provoque en nous la première grande, grande émotion de la soirée. Eh oui, nous qui réclamions à grands cris du changement, nous voilà ridiculement comblés par la plus classique des chansons jouées ce soir !

2019 10 28 The Divine Comedy Salle Pleyel (31)

Le set entre dans sa dernière ligne droite, avec un retour aux crowd pleasers éternels – le toujours jouissif National Express, ou le bouleversant Lady of a Certain Age, peut-être d’ailleurs le meilleur texte jamais écrit par Neil. Neil, qui n’en peut plus vocalement, tousse beaucoup et doit avaler gorgée d’eau sur gorgée d’eau pour pouvoir encore chanter.

Le rappel sera, logiquement, un peu écourté, et nous serons privés de notre premier amour, un Daddy’s Car prévu sur la setlist. Mais il nous restera deux immenses moments d’une beauté somptueuse : encadré – de très près – par toute sa troupe, Neil nous offre deux versions épurées, près de l’os, de Songs of Love, et surtout de Tonight We Fly, qui nous mettent, littéralement les larmes aux yeux : « And when we die / Oh, will we be / That disappointed / Or sad / If heaven doesn't exist ? / What will we have missed ? / This life is the best we've ever had »…

The Divine Comedy mérite toujours plus son nom dantesque, même lorsque les ambitions symphoniques et lyriques de Neil sont mises de côté comme en ce moment, pour sonner plus direct, plus Rock même. The Divine Comedy, même lorsque Neil cherche une nouvelle voie pour son projet, reste l’une des expériences scéniques les plus bienfaisantes qui soient ; entre rires et larmes, entre nostalgie et espoir, entre colère et bienveillance, nous avons parcouru en 1h40 toute la gamme des sentiments humains.

Qui dit mieux ?

 

La setlist du concert de Man & the Echo :

On Safari (Men of the Moment – 2019)

Give Me The Pomp (Men of the Moment – 2019)

Life On An Island (Men of the Moment – 2019)

Operation Margarine (Man & the Echo – 2016)

A Capable Man (Men of the Moment – 2019)

Filthy Jack Pye (Men of the Moment – 2019)

The Girl From Hamburg (Men of the Moment – 2019)

 

2019 10 28 The Divine Comedy Salle Pleyel (35)

La setlist du concert de The Divine Comedy :

Europop (Liberation – 1993)

To Die a Virgin (Victory for the Comic Muse – 2006)

Generation Sex (Fin de Siècle – 1998)

Commuter Love (Fin de Siècle – 1998)

Office Politics (Office Politics – 2019)

Norman and Norma (Office Politics – 2019)

Come Home Billy Bird (Absent Friends – 2004)

'Opportunity' Knox (Office Politics – 2019)

To the Rescue (Foreverland – 2016)

The Synthesiser Service Centre Super Summer Sale (Office Politics – 2019)

Infernal Machines (Office Politics – 2019)

You'll Never Work in This Town Again (Office Politics – 2019)

I'm a Stranger Here (Office Politics – 2019)

At the Indie Disco (Bang Goes the Knighthood – 2010)

I Like (Bang Goes the Knighthood – 2010)

National Express (Fin de Siècle – 1998)

After the Lord Mayor's Show (Office Politics – 2019)

A Lady of a Certain Age (Victory for the Comic Muse – 2006)

Absent Friends (Absent Friends – 2004)

When the Working Day Is Done (Office Politics – 2019)

Encore:

Songs of Love (Casanova – 1996)

Tonight We Fly (Promenade – 1994)

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30 août 2020

Adam Green - Vendredi 25 Octobre 2019 - Gaîté Lyrique (Paris)

2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique

Notre pote new-yorkais Adam Green, on imagine facilement qu'il est à moitié inconnu, vu son positionnement arty / (faux) branleur hors des sentiers battus, mais à chaque fois qu'il passe par chez nous, il y a de plus en plus de gens avec nous pour venir le voir et l’écouter... Une Gaîté Lyrique bien remplie, c'est sympathique pour accueillir un artiste aussi doué et versatile (musique, poésie, cinéma, dessin, BD, Adam est sur tous les fronts !). Avec la garantie d'une soirée cool...

2019 10 25 Ryder the Eagle Gaîté Lyrique (3)

20h : jolie surprise que cette réapparition de Ryder the Eagle (a.k.a. Adrien Chassignol), l’ex The Dodoz / Las Aves, cette fois en crooner déjanté, assez loin du souvenir qu'on avait de lui... Accompagné par son "groupe" virtuel sur un mini iPod (ou un bidule du genre…), Ryder se plaint d'entrée qu'Instagram ait supprimé son compte suite à un clip à demi-pornographique, avant de nous interpréter trois "torch songs" façon DIY, dans des circonstances "originales" : le drôle d’oiseau se dénudera peu à peu et finira accroché au balcon, dans une version pastiche - ou pas ? - de l'Iguane. Puis il repartira non sans avoir récité son numéro de portable à l'attention de ceux / celles que ça pourrait éventuellement intéresser. 15 minutes assez strange, mais dénotant une belle liberté.

2019 10 25 Jackie Cohen Gaîté Lyrique (9)

20h25 : Jackie Cohen, accompagnée par Kevin Basco, nous offre 35 minutes de folk intimiste et joliment barré, qui peut évoquer plein de belles choses qu'on aime, du côté peut-être de Galaxie 500 par exemple, en plus foldingue. Les chansons sont posées mais intègrent pas mal de fantaisie, que la jolie voix haut perchée de Jackie anime de manière joueuse. C'est à la fois souriant et un peu dépressif, c’est en tous cas très spontané, très frais. A la fin, Kevin casse une corde et s'empare de la guitare électrique de Jackie pour une conclusion semi improvisée et cacophonique. Bon, on a bien aimé, même si ça n'a évidemment rien de révolutionnaire. A noter que Jackie est l’épouse de Jonathan Rado (de Foxygen), et que les Lemon Twigs jouent sur ses disques, ce qui constitue quand même de belles références. Il est pourtant clair après ce joli set qu’elle n’a nul besoin de s’appuyer sur qui que ce soit d’autre…

21h20 : Adam Green déboule avec dix minutes d’avance sur le programme, ce qui traduit sans doute son impatience de profiter de ce set à Paris, qu’il prétend avoir « attendu de tout cœur… même si c’est un peu ringard de dire des choses comme ça ! ». La Gaîté Lyrique est vraiment bien pleine, mais ce qui étonne, c’est l’extrême enthousiasme manifesté par les spectateurs : une surprise qui est aussi celle d’Adam, qui va sembler passablement intimidé, voire déstabilisé par un accueil aussi triomphal (bon, il est possible que notre ami New-yorkais ait aussi abusé de certaines substances, car il a aussi un air un tantinet hébété !)… La merveilleuse Emily, en seconde position sur la setlist, a déjà fait exploser tous les compteurs de bonheur de la Gaîté Lyrique, qui n’a pas aussi bien porté son nom depuis des années… C’est d’ailleurs amusant de chanter tous ensemble des paroles comme « Jenny's got a mouth so full of pigeon's cum / On top a mountain made a bubblegum », typiques d’une époque où Adam aimait la provocation un peu gratuite.

2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique (4)

On avait oublié combien Adam a un réseau d’amis artistes à travers le monde entier, et puis on découvre que le batteur de ce soir est Leo Bear Creek (ex-Coming Soon et demi-Pirouettes), et que le guitariste n’est ni plus ni moins que Ryder the Eagle, d’un coup beaucoup plus retenu et "professionnel" que lors de sa flamboyante prestation en ouverture de la soirée ! C’est assez étonnant d’imaginer Adam rameuter ses copains – qui connaissent quand même un peu ses chansons avant, on imagine - quand il arrive quelque part pour jouer avec lui, mais ça fonctionne visiblement très bien. Sans virtuosité excessive – ce n’est pas le sujet ! -, le groupe assurera parfaitement toute la soirée.

Un autre aspect original d’un concert d’Adam Green, c’est le manque total de professionnalisme de son comportement scénique : Adam danse comme un fou, en courant de droite à gauche et en sautant en l’air, à peu près comme il doit le faire quand il est tout seul chez lui, et c’est absolument délicieux. De toute manière, sa principale préoccupation est de venir tout au long de la soirée faire des "high fives" avec le maximum de personnes dans le public, pour notre plus grand plaisir.

2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique (33)

Au fur et à mesure du concert, Adam se ressaisit de sa surprise initiale, et sa voix se raffermit, jusqu’à retrouver ses accents de crooner nonchalant "à la Leonard Cohen", ce qui nous vaut de beaux moments d’émotion. Il fait dire que la set list est un assemblage parfait de la plupart des meilleures chansons du répertoire d’Adam, même si chacun d’entre nous aura probablement attendu en vain l’une de ses favorites : on notera quatre chansons (seulement)de son dernier et excellent "Engine of Paradise", dont la formidable Escape from This Brain, et cinq titres de son fabuleux "Friends of Mine", mais également des extraits de chacun de ses autres disques… Le rappel se termine sur une version festive du classique de ses débuts, Dance with Me, qui est surtout l’occasion d’une invasion massive de la scène et de clore la soirée en dansant tous ensemble, comme si Adam nous avait invité chez lui pour faire la fête…

Il était ensuite possible de rejoindre Adam au stand de merchandising où il signait sa BD, "War and Paradise", mais vu l’empoignade pour aller féliciter notre héros, nous avons préféré ressortir directement de la Gaîté Lyrique avec dans la tête la mélodie enchantée de Jessica, et les paroles poignantes de We’re Not Supposed to be Lovers : « We're not supposed to be lovers / Or friends, like they'd have us believe / We're not supposed to know each other / Accept my apology… ».

Avouons-le, nous avions déjà hâte que notre pote new-yorkais Adam revienne nous rendre visite…

 

2019 10 25 Jackie Cohen Gaîté Lyrique (12)

La setlist du concert de Jackie Cohen :

Caught in a Feeling (Zagg – 2019)

Take Care of Your Skin (Zagg – 2019)

Maddy (Tacoma Night Terror – 2018)

Codebreaker

Chico Chico (Zagg – 2019)

Tacoma Night Terror (Tacoma Night Terror – 2018)

Maya

Old Friends

Bold (Tacoma Night Terror – 2018)

Yesterday's Baby (Zagg – 2019)

 

2019 10 25 Adam Green Gaîté Lyrique (7)

La setlist du concert d’Adam Green :

Cigarette Burns Forever (Minor Love – 2010)

Emily (Gemstones – 2005)

Engine of Paradise (Engine of Paradise – 2019)

Hollywood Bowl (Jacket Full of Dangers – 2006)

I Wanna Die (Friends of Mine – 2003)

Cheating On a Stranger (Engine of Paradise – 2019)

Be My Man (Sixes & Sevens – 2008)

Who's Your Boyfriend (Gemstones – 2005)

Gemstones (Gemstones – 2005)

Never Lift A Finger (Aladdin – 2016)

Freeze My Love (Engine of Paradise – 2019)

Escape From This Brain (Engine of Paradise – 2019)

The Prince's Bed (Friends of Mine – 2003)

Buddy Bradley (Minor Love – 2010)

Me From Far Away (Aladdin – 2016)

Friends Of Mine (Friends of Mine – 2003)

Jessica (Friends of Mine – 2003)

Encore:

We're Not Supposed to Be Lovers (Friends of Mine – 2003)

Dance With Me (Garfield – 2002)

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25 août 2020

The Struts - Jeudi 24 Octobre 2019 - Trianon (Paris)

2019 10 24 The Struts Trianon Billet

Ah, les Struts ! Comment résister à leur glam rock actualisé, à leurs mélodies "atomiques", à leur gouaille ravageuse ? Euh... eh bien il semble que, hormis une (bonne) poignée d'irréductibles gaulois-es (pardon, fans), cette musique généreuse et roborative laisse une grande partie du monde indifférente, justement... Bon, le cœur des fans des Struts bat quand même suffisamment fort pour le groupe pour qu'il faille faire la queue depuis 15h30 pour espérer être placé au premier rang, au centre, devant l'idole des idoles, le flamboyant Luke Spiller... Les fans vont devoir pourtant patienter jusqu'à 20h45, le programme de la soirée annonçant deux premières parties… mais pas n’importe lesquelles !

2019 10 24 Kyle Falconer Trianon (3)

19 h : Kyle Falconer est une légende outre-manche : le leader de The View, groupe écossais extrêmement populaire en Grande-Bretagne mais relativement ignoré en France, est tout seul sur scène ce soir, avec sa guitare acoustique et sa voix. Heureusement cette voix est assez remarquable pour nous tenir intéressés pendant les courtes 20 minutes de son set : quelque part du côté d'un jeune Rod Stewart, il empoigne des chansons de facture classique avec une fougue qui frôle quelque fois l'expéditif ! Il pousse aussi parfois sa voix trop haut, mais dégage quelque chose de touchant. Son accent à couper au couteau et son débit rapide rendent toute communication entre les morceaux incertaine. A peine terminé le dernier accord de sa dernière chanson, il s'enfuit littéralement ! …et fait étonnant, il a mâché un chewing-gum durant tout son set. La visible - et impressionnante - instabilité de Kyle correspond malheureusement un peu trop avec sa mauvaise réputation, avec ses histoires de drogues, d'alcool et de scandale à bord d'un avion. Son célèbre amour pour les Beatles se matérialisa ce soir avec une reprise de I’ve Just Seen a Face, jouée à 100 à l'heure ! Un drôle de coco, en effet pas dénué d'intérêt, même si on attendra quand même plutôt son retour éventuel avec The View…

2019 10 24 King Nun Trianon (5)

19h40 : King Nun est l'un des groupes londoniens qui monte, mais comme on se méfie depuis le temps de la hype anglaise, on attendait pour voir. Et on a vu. Et on a aimé : l'énergie juvénile d'un jeune quatuor qui se donne à fond, un chanteur rouquin survolté, à la voix aigüe, qui se prend tantôt pour Iggy Pop (même si le sang sur le torse nu est remplacé par du marqueur rouge - on ne vit plus la même époque !) et tantôt pour Pete Townshend avec de très beaux sauts en grand écart, une musique à la fois directe et savamment déconstruite, et qui n'évoque - bénédiction ! - pas grand-chose de particulier. 30 minutes qui déménagent, qui sont parfois même très excitantes. Le Trianon monte en température, le groupe se déclare heureux d'être là, "une occasion de sortir de notre foutu pays...", et on veut bien croire à leur sincérité juvénile. Et si, cette fois, la presse anglaise avait raison ?

20h45 : Pour The Struts, la scène a des allures de show à Broadway : estrade, piano blanc, décor doré, on fait clairement dans l’excès. Pourtant, sur scène, il n’y a que le quatuor original, toujours vaillant, même si le succès rencontré par le groupe n’est pas toujours à la mesure de ce que ses débuts tonitruants laissaient présager : « On a vécu de bons moments, on a vécu des moments de merde, mais on est toujours restés The Struts », dira d’ailleurs plus tard Luke Spiller, en nous encourageant à rester toujours fidèles à ce que nous sommes. Luke, Adam, Jed et Gethin ne font pas dans la discrétion, ni le banal quotidien, avec leurs costumes dorés et leurs paillettes, et le premier morceau, Primadonna Like Me, sur lequel le Trianon tout entier explose littéralement de joie, est une parfaite déclaration d’intention pour qui n’aurait – on ne sait jamais – pas encore saisi de quoi il retourne : « Oh, don't you wanna be a primadonna with me tonight? / Come on, bring it on / Don't you know it's all about me tonight? / So come on, try it on / Be a primadonna with me tonight… ».

2019 10 24 The Struts Trianon (8)

Si vous étiez trop jeunes pour voir sur scène Slade ou The Sweet, si vous avez même loupé Queen avant que Freddy nous quitte, et Supergrass avant leur séparation (attention, ils reviennent !) The Struts vous permettent de vivre à peu de frais, et dans une atmosphère beaucoup plus festive encore, ces "cheap thrills", dont l’Angleterre reste la meilleure pourvoyeuse. En 1972, on appelait ça dans les magazines du "Rock Décadent", et si Luke avait vécu à l’époque, il aurait fait toutes les couvertures de la presse en alternance avec Bowie et Bolan. Il faut dire, et c’est sans doute ce qui frappe le plus avec les Struts sur scène, c’est combien ce jeune type est beau. Et lumineux. Et charismatique. Et sympathique en plus (ce qui n’était pas forcément le cas de tous les gens nommés plus haut). Bon, il ruisselle de sueur avant même d’avoir entamé le second morceau du set, mais quel regard ! Quel sourire !

L’imparable Body Talk gagne la partie alors que ça ne fait pas dix minutes qu’ils sont sur scène. Sur la gauche de la scène, Jed Elliott, avec son look d’acteur hollywoodien aimante les jeunes femmes, tandis que sur la droite Adam (« la seule guitare » du groupe, comme dira Luke) abat un boulot considérable avec une élégance discrète. Bref, les Struts, c’est aussi sympa pour les yeux que pour les oreilles, même si c’est évidemment l’énorme charisme de Luke qui l’emporte. Pour ceux qui préfère le premier album, Dirty Sexy Money est une sorte de récompense après une première partie de set largement consacrée à YOUNG&DANGEROUS, mais alors qu’on commence à se demander comment le groupe – et le public - va tenir le rythme après un tel démarrage, Luke se met en "mode showman", nous haranguant, un peu à la manière de Pelle chez les Hives : avec moins d’humour néanmoins, mais plus d’empathie et de générosité, Luke est le modèle du musicien qui communique avec ses fans, son sourire lumineux affiché en permanence. C’est ainsi qu’il appelle sur scène celui qu’il déclare admirer depuis toujours, Kyle Falconer, pour reprendre avec lui une version survoltée du tube de The View, Same Jeans… Si l’on ajoute aussi, plus tard, son hommage au public français qui a accueilli très tôt les Struts au début de leur carrière, ses longs remerciements à toute l’équipe technique (petit sketch comique des roadies…), il est clair que Luke est une belle personne (ou alors, pour les cyniques parmi nous, quelqu’un qui sait comment s’y prendre avec son public…).

2019 10 24 The Struts Trianon (27)

Reste que le set a marqué le pas, et qu’il est temps de terminer en beauté. Seul au piano, Luke nous interprète un Somebody New très "à la manière de Freddy Mercury", avant la dernière ligne droite, Ashes et Could Have Been Me, extatiques, qui laisseront le Trianon pantelant, épuisé par 1h45 démesure rock’n’rollienne.

On a le droit de trouver tout cela "over the top", pas de très bon goût, manquant de subtilité – particulièrement les passages lyriques, à l’emphase très "Queen" -, mais il est impossible de nier le plaisir que procure un spectacle d’une telle générosité, surtout conduit par un leader aussi exceptionnel que Luke Spiller. »

 

Les musiciens de The Struts sur scène :

Luke Spiller – vocals, piano

Adam Slack - guitar

Jed Elliott – bass guitar

Gethin Davies - drums

 

2019 10 24 The Struts Trianon (28)

La setlist du concert de The Struts :

Primadonna Like Me (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Body Talks (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Kiss This (Everybody Wants – 2014)

In Love With a Camera (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Fire (Part 1) (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

One Night Only (YOUNG&DANGEROUS (Japan) – 2018)

Dirty Sexy Money (Everybody Wants – 2014)

Tatler Magazine (YOUNG&DANGEROUS – 2018) / The Ol' Switcheroo (Everybody Wants reissue – 2016)/ Black Swan (Everybody Wants – 2014) / Roll Up (Everybody Wants – 2014)

I Do It So Well (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Mary Go Round (Acoustic) (Everybody Wants reissue – 2016)

Same Jeans (The View cover)

Put Your Money On Me (Everybody Wants – 2014)

Where Did She Go (Everybody Wants – 2014)

Encore:

Somebody New (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Ashes (Part 2) (YOUNG&DANGEROUS – 2018)

Could Have Been Me (Everybody Wants – 2014)

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20 août 2020

Pixies / Blood Red Shoes - Samedi 19 Octobre 2019 - Olympia (Paris)

2019 10 19 Pixies Olympia Billet

Quelle semaine à l'Olympia de Paris ! Entamée avec la folie torride de King Gizzard, elle se termine avec l'éternel retour de nos héros absolus, Pixies, armés cette fois d'un album qui s'approche des niveaux d'excellence de leur première vie. De quoi, après leur remarquable passage au Zénith en novembre 2016, attendre ce set avec confiance !

Petit bonheur en pénétrant dans la salle, nous ne l'avions pas repéré, mais ce sont nos ex-chouchous de Blood Red Shoes qui officient en première partie. Si le duo n'affiche plus sur disque la flamboyance noisy pop de leurs premières années, c'est un nom qu'on a plaisir à retrouver !

2019 10 19 Blood Red Shoes Olympia (9)

20h : Blood Red Shoes officient désormais en format quatuor, avec l'ajout de claviers et d'une basse (tenue par Ayse Hassan, la remarquable bassiste de Savages), ce qui modifie assez profondément la texture de leur musique… Et la rend sans doute un tantinet plus conventionnelle, plus à même de séduire un public large (ce qu'on ne saurait évidemment leur reprocher après tant d’années d’un succès trop relatif !). Heureusement, alors que le set est composé quasi uniquement de chansons récentes, on retrouve la capacité de Laura-Marie et Steven à écrire et chanter des mélodies accrocheuses, facilement mémorisables, tout en faisant un boucan d'enfer. Laura-Marie, devenue blonde, semble plus souriante que naguère, mais c'est toujours Steven qui communique avec le public - dans un français impeccable - et qui fait le spectacle à la batterie. Les voix restent très belles, sur des rythmiques un peu plus heavy qu'auparavant, et chaque morceau propose son petit moment d'excitation. Le final sur Colours Fade, seul morceau rescapé des débuts, est un parfait tourbillon bruitiste et nous donne très envie de suivre à nouveau ce groupe que nous avons tant aimé et que nous avons laissé un peu tomber… Ils seront de retour à Paris en Novembre…

21h : Le concert des Pixies commence par une relativement longue montée en puissance sur des morceaux de “Surfer Rosa” et “Come On Pilgrim”, alors qu'on a connu des sets qui démarraient à fond dès les premières minutes : bon, on ne s’est bien sûr pas faits priés pour hurler « You are the son of a motherfucker ! / You are the son of incestuous union ! » sur Nimrod’s Son, mais il faut ce soir attendre un magnifique Gouge Away pour que se produise la première grande poussée d'adrénaline…

2019 10 19 Pixies Olympia (8)

Très peu de lumières, surtout au début du set, ce qui n'arrangera pas les affaires des photographes dans la fosse, mais un son impeccable, avec la guitare de Joe Santiago qui fait saigner nos oreilles d'un bout à l'autre de la soirée. Black Francis a pris un petit coup de vieux en 3 ans, accusant sans doute physiquement le choc de la rupture avec sa femme. Il s’est même laissé pousser un peu les cheveux, comme aux débuts des Pixies, ce qui n’est pas des plus gracieux. Sinon, le quatuor est égal à lui-même, avec Paz Lenchantin en forte contributrice au bon esprit général, grâce à ses sourires et son enthousiasme. Bon, comme d’habitude, il ne se passe rien de particulier sur scène – hormis le rituel numéro de Joe Santiago lors de son solo déstructuré de Vamos, cette fois un solo de guitare joué avec la casquette ! -, aucune communication (même pas un mot, ce qui peut en irriter certains, pas encore habitués au “style Pixies”) jusqu’au salut final, de plus en plus chaleureux par contre… Juste l’enchaînement systématique de quarante (40 !) chansons en deux heures et cinq minutes : Black Francis décide quel morceau sera joué, et après un signe aux musiciens, transmet ses instructions à la console via un micro placé juste devant la batterie !

La première partie du set aligne les morceaux chéris du public, extraits principalement des albums de la première vie du groupe, avec cette fois, pour notre plus grand bonheur, une visite inhabituelle de “Bossanova” (quel plaisir de réentendre Cecilia Ann, la reprise des Surftones !), provoquant de régulières explosions d'hystérie… même si le public ce soir semble un peu plus calme, car plus “mûr” qu'au Zénith, sans doute du fait du tarif élevé des places. On a quand même droit au formidable titre hardcore radical Saint Nazaire (« Her daddy’s dead and her eyes are black / Smells like spliff and Armagnac / … / She lost her head, but I like her smile ») et aux “deux minutes Paz Lenchantin” sur le psychédélique Los Surfers MuertosWhere is My Mind fait plaisir à toute la salle, mais on ne peut pas s’empêcher de sentir le groupe en pilotage automatique à ce moment-là, et le désormais trop rare Planet of Sound, délicieusement hystérique, rappelle combien Pixies ont été sauvages au XXè siècle…

2019 10 19 Pixies Olympia (25)

La vraie surprise de ce concert, c’est de constater qu’au moment où les règles implicites d’une bonne setlist voudraient que le groupe s’emballe et que nous entrions dans un tunnel d’excitation permanente, Black Francis siffle les arrêts de jeux, et nous propose une visite guidée des titres restant de Beneath the Eyrie ! Comme une partie du public n’a visiblement pas écouté l’album, et qu’on est dans un registre musical relativement différent de celui qui a toujours caractérisé le groupe, cette dernière partie du set est assez étonnante. Et confirme (peut-être) que le groupe a (enfin…) décidé de reprendre le fil de son histoire, d’évoluer au lieu de se contenter de jouer éternellement les mêmes chansons – aussi merveilleuses soient-elles – de sa grande période…

On boucle la soirée avec Velouria (elle aussi rarement jouée…) et les hurlements de damnés de Debaser. Pas de rappel, bien entendu, mais nous sortons de là aussi physiquement essorés qu’il se doit après un bon déluge d’électricité quasi ininterrompu en deux heures. Il y en a eu pour tous les goûts, les nostalgiques ont eu droit à la quasi-totalité des titres importants, tandis que ceux qui attendaient une évolution des Pixies ont été séduits.

On n’aurait jamais pensé écrire ça des Pixies en 2019, mais il n’y a guère qu’un seul mot approprié pour conclure : à suivre… 

 

2019 10 19 Blood Red Shoes Olympia (6)

Les musiciens de Blood Red Shoes sur scène :

Laura-Marie Carter – guitar, vocals

Steven Ansell – drums, vocals

+ Ayse Hassan – bass

+ James Allix - keyboards

 

La setlist du concert de Blood Red Shoes :

Elijah (Get Tragic – 2019)

God Complex (single – 2018)

Mexican Dress (Get Tragic – 2019)

Howl (Get Tragic – 2019)

Eye to Eye (Get Tragic – 2019)

Bangsar (Get Tragic – 2019)

Colours Fade (Fire Like This – 2010)

 

2019 10 19 Pixies Olympia (18)

Les musiciens de Pixies sur scène :

Black Francis – vocals, rhythm guitar

David Lovering – drums

Joey Santiago – lead guitar

Paz Lenchantin – bass guitar, vocals

 

La setlist du concert de Pixies :

Cactus (Surfer Rosa – 1988)

Break My Body (Surfer Rosa – 1988)

Brick Is Red (Surfer Rosa – 1988)

Nimrod's Son (Come On Pilgrim – 1987)

Bird of Prey (Beneath the Eyrie – 2019)

The Holiday Song (Come On Pilgrim – 1987)

Motorway to Roswell (Trompe le Monde – 1991)

Gouge Away (Doolittle – 1989)

Cecilia Ann (The Surftones cover) (Bossanova – 1990)

St. Nazaire (Beneath the Eyrie – 2019)

Los Surfers Muertos (Beneath the Eyrie – 2019)

Caribou (Come On Pilgrim – 1987)

I've Been Tired (Come On Pilgrim – 1987)

Something Against You (Surfer Rosa – 1988)

Isla de Encanta (Come On Pilgrim – 1987)

On Graveyard Hill (Beneath the Eyrie – 2019)

Monkey Gone to Heaven (Doolittle – 1989)

All the Saints (Head Carrier – 2016)

Wave of Mutilation (UK surf) (Doolittle – 1989)

Death Horizon (Beneath the Eyrie – 2019)

Here Comes Your Man (Doolittle – 1989)

Ana (Bossanova – 1990)

Mr. Grieves (Doolittle – 1989)

Vamos (Surfer Rosa – 1988)

Ready for Love (Beneath the Eyrie – 2019)

Where Is My Mind? (Surfer Rosa – 1988)

Hey (Doolittle – 1989)

Bel Esprit (Head Carrier – 2016)

Bone Machine (Surfer Rosa – 1988)

River Euphrates (Surfer Rosa – 1988)

Planet of Sound (Trompe le Monde – 1991)

This Is My Fate (Beneath the Eyrie – 2019)

Catfish Kate (Beneath the Eyrie – 2019)

In the Arms of Mrs. Mark of Cain (Beneath the Eyrie – 2019)

Havalina (Bossanova – 1990)

Silver Bullet (Beneath the Eyrie – 2019)

Ed Is Dead (Come On Pilgrim – 1987)

Daniel Boone (Beneath the Eyrie – 2019)

Velouria (Bossanova – 1990)

Debaser (Doolittle – 1989)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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15 août 2020

King Gizzard & The Lizard Wizard - Lundi 14 Octobre 2019 - Olympia (Paris)

2019 10 14 King Gizzard Olympia Billet

Le bonheur c'est tout simple, finalement : un bref retour inespéré de l'été indien à Paris et un concert à l'Olympia de nos très chers Australiens protéiformes... que demander de plus ? Avec (seulement !) deux albums publiés depuis le début de l'année, "Fishing for Fishies" et son boogie trans-temporel, et "Infest the Rat’s Nest" et son hard rock fermement planté dans les 70's, King Gizzard & the Lizard Wizard la jouent pépère en 2019, mais on peut évidemment s'attendre à tout sur scène, et c'est ce qui fait le sel de cette soirée… Une soirée 100% australienne, il faut le souligner, puisque nous avons droit ce soir à deux autres groupes en provenance de Down Under en ouverture du set de King Gizzard !

2019 10 14 Stonefield Olympia (7)

20h00 : Stonefield, ce sont quatre jolies jeunes femmes – australiennes, donc - très élégamment vêtues en costumes bleu foncé, qui martèlent un heavy rock millésimé début des années 70 : ça surprend au début, ce n'est évidemment pas désagréable, juste vite un peu routinier, insuffisamment inspiré pour dépasser le seuil du groupe sympathique. C'est la batteuse qui est la principale chanteuse, tout en tapant fort. Longue chevelure blonde virevoltante, elle a une bonne voix qui "braille" comme il faut pour ce genre de musique. La fin du set de 30 minutes voit la musique prendre enfin un peu d'ampleur, mais c'est trop tard pour nous emballer. Un groupe à revoir dans une petite salle, au cas où quelque chose puisse se déclencher dans des circonstances plus favorables ? A noter, car c’est un fait assez inhabituel, que nous découvrirons après le concert que les quatre demoiselles sont en fait quatre sœurs !

2019 10 14 ORB Olympia (4)

20h45 : ORB (à ne pas confondre avec The Orb, évidemment !)… et on continue (presque) dans le même registre musical : rock seventies entre hard psyché et prog heavy. Des morceaux largement instrumentaux, enjolivés par de belles irruptions d’une guitare wah wah distordue - façon Stooges, si l’on se sent généreux - et par le joli tour de main d’un batteur original. A la moitié du set, on échange les instruments entre bassiste et guitariste, et on balaye encore plus large, du côté de Santana parfois, voire des Doors. Tout cela manque, comme avec Stonefield, de magie, de mélodies, de puissance, ... de pas mal de choses en fait ! Ces types jouent très bien, mais nous donnent plus envie de bâiller que de danser… Et nous laissent une impression désagréable de retour aux mid seventies, juste avant que les punks ne filent un grand coup de Doc Martens dans la fourmilière d’un Rock endormi par sa propre virtuosité.

21h45 : les sept Australiens, rois du Rock psyché sous toutes ses formes imaginables - et dieu sait que Stu Mackenzie et sa bande ont de l'imagination ! - entrent sur la scène de l'Olympia noyée dans un bain de couleurs chatoyantes. Le public est en liesse, tout s'annonce pour le mieux pour King Gizzard & The Lizard Wizard. Ceux d’entre nous qui étaient au Bataclan en mars 2018 savent qu’il va être difficile de faire mieux... mais c'est sans compter avec le talent caméléonesque du groupe. On attaque façon heavy metal avec Venusian 2, le son est un peu faiblard et creux, mais ça va s'améliorer très vite. Stu et Joey ont échangé leurs places sur scène, mais la configuration du septuor reste à peu près semblable : la section rythmique (les deux batteurs et le bassiste) sont un peu en retrait, les claviers d’Ambrose (qui se montrera particulièrement exubérant ce soir, et sera souvent le point de convergence des regards du public) sont placés sur la gauche, et les trois guitaristes occupent le devant de la scène, tandis que dans le fond, tradition psyché oblige, on a droit à des projections de fascinantes vidéos abstraites et colorées…

2019 10 14 King Gizzard Olympia (3)

Les choses sérieuses débutent vraiment avec l'épique Crumbling Castle, et son ambiance prog rock dynamitée par l'esprit garage du groupe… Et sa mélodie médiévale obsédante, et ses ruptures de ton : le pur et long plaisir de la musique à la fois complexe et festive de King Gizzard. On poursuit notre balade dans l'univers des microtons et du Rock Progressif revisité par ces fous furieux, avec plusieurs morceaux du magnifique "Polygondwanaland", et on débouche par surprise sur une version pop pur sucre de Mr. Beat : c'est bien simple, c'est tellement léger et pétillant, on dirait presque du Sparks. Quelque chose a changé chez King Gizzard, la légèreté l'a emporté sur la fascination un peu geek de l’Heroic Fantasy passée au filtre du krautrock. C’est d’ailleurs quand le groupe se lance dans un pur boogie débridé, extrait de "Fishing for Fishies", qui sera peut-être le moment le plus magique de la soirée, qu’on réalise pleinement que derrière ce projet vaguement démentiel d’appliquer leur vision à toutes sortes de musiques différentes, se cache un formidable appétit musical, une joie exubérante de jouer qui permet à King Gizzard de transcender tout ce que le groupe touche.

Le reste du set, qui sera limité à 1h30, malheureusement sans rappel du fait de l’heure tardive, volera à des hauteurs stratosphérique, devant un parterre de l’Olympia complet et en transe : magnifique détour par "Flying Microtonal Banana", avec les chansons les plus mélodiques de l’album, mémorable intervention vocale d’Ambrose en lead – avec sa voix si particulière -, sans même parler de notre jeune ami Ferdinand (13 ans) partageant la scène avec les musiciens dans la bonne humeur générale, pendant que dans la fosse, le tumulte va croissant.

Après un dernier volet boogie et une courte parenthèse thrash metal, c’est la conclusion joyeuse et jouissive de Am I in Heaven?, salutation du groupe à ses jeunes années : cinq ans seulement se sont écoulés, mais King Gizzard semble avoir vécu cinq vies dans l’intervalle.

Ce soir, nous avons pu assister au set mémorable d’un groupe en pleine maîtrise de son Art, mais qui sait utiliser sa virtuosité technique et son imagination pour proposer cent manières nouvelles de créer du bonheur : tout le monde souriait aux anges en sortant de l’Olympia. Il est bien difficile aujourd’hui d’étiqueter la musique de King Gizzard, loin désormais du pur garage psyché, mais vous savez quoi ? C’est justement ça qui est bien !

 

2019 10 14 Stonefield Olympia (11)

Les musiciens de Stonefield sur scène :

Amy Findlay – vocals, drums

Hannah Findlay – guitar

Holly Findlay – bass guitar

Sarah Findlay – keyboards, vocals

 

La setlist du concert de Stonefield :

Sleep (Bent – 2019)

Through the Storm (Far From Earth – 2018)

Dog Eat Dog (Bent – 2019)

66 (Bent – 2019)

People (Bent – 2019)

Delusion (Far From Earth – 2018)

Eyes (As Above So Below – 2016)

 

Les musiciens de King Gizzard sur scène :

Stu Mackenzie – vocals, guitar, keyboards, flute, bass guitar

Ambrose Kenny-Smith – vocals, harmonica, keyboards, guitar

Joey Walker – guitar, keyboards

Cook Craig – guitar, vocals, synthesizer

Lucas Skinner – bass guitar, vocals

Michael Cavanagh – drums, vocals

Eric Moore – drums

 

2019 10 14 King Gizzard Olympia (16)

La setlist du concert de King Gizzard :

Venusian 2 (Infest the Rat’s Nest – 2019)

Perihelion (Infest the Rat’s Nest – 2019)

Crumbling Castle (Polygondwanaland – 2017)

The Fourth Colour (Polygondwanaland – 2017)

Deserted Dunes Welcome Weary Feet (Polygondwanaland – 2017)

The Castle in the Air (Polygondwanaland – 2017)

Muddy Water (Gumboot Soup – 2017)

People-Vultures (Nonagon Infinity - 2016)

Mr. Beat (Nonagon Infinity - 2016)

Hot Water (I'm In Your Mind Fuzz – 2014)

This Thing (Fishing for Fishies – 2019)

Billabong Valley (Flying Microtonal Banana – 2017)

Nuclear Fusion (Flying Microtonal Banana – 2017)

Anoxia (Flying Microtonal Banana – 2017)

All Is Known (Gumboot Soup – 2017)

Boogieman Sam (Fishing for Fishies – 2019)

Mars for the Rich (Infest the Rat’s Nest – 2019)

Am I in Heaven? (I'm In Your Mind Fuzz – 2014)

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blogs : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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10 août 2020

MNNQNS / We Hate You Please Die - Jeudi 3 Octobre 2019 - Maroquinerie (Paris)

2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie Billet

« Alors on vient de Rouen, ou de ce qu'il en reste... »

La pertinente introduction de Raphaël, le leader inspiré de We Hate You Please Die, qui ouvre la soirée, est un excellent thème pour ce concert des deux groupes rouennais les plus impressionnants du moment, WHPD donc, et leurs "mentors", ceux qui leur ont donné envie de faire de la musique, MNNQNS (prononcez Mannequins...). Pendant que Rouen, notre Seveso national, stresse sous la menace de vapeurs "nauséabondes mais non toxiques", comme l'a juré le gouvernement, eux sont venus respirer l'air pur de Paris !

2019 10 03 WHYPD Maroquinerie (8)

20h00 : Incroyable entrée en matière, rageuse, névrotique et très inspirée (Melancholic Rain / Rita Baston), pour We Hate You Please Die : on jurerait que c'est l'un des plus beaux brûlots qu'on ait entendus cette année, avec en surplus un vrai supplément d'âme, de l'humour et une certaine théâtralité bien venue ! Raphael, sorte de version miniature de Reda Kateb, si l’on veut, fait le show - et quel show ! - tandis que le trio basse - guitare - batterie, impassible, austère presque, balance les boulons. Avouons-le, c'est exactement comme ça qu'on l'aime, notre musique : énervée, mélodique juste ce qu'il faut, modeste mais quand même spectaculaire. Oh, tout le set ne sera pas au même niveau, mais peu s'en faut quand même : d'ailleurs, sur Minimal Fonction, chanté par la blonde bassiste, Raphael descend dans la salle danser avec les fans et admirer ses comparses de notre point de vue de spectateurs... Barney se termine par une apothéose de cris bestiaux, et on finira les 30 minutes réglementaires par le titre éponyme, rugueuse déclaration d'intention, en conclusion bruitiste. Il y en a qui qualifient la musique de WHPD de garage rock, mais cela nous paraît bien paresseux… WHPD ont déjà acquis une excellente réputation, absolument méritée.

21h00 : le set de MNNQNS, très attendu par une Maroquinerie qui a fait le plein et est chaude comme de la braise, commence dans une ambiance solennelle et sombre, Marc martelant lentement, dans l’obscurité, son clavier avec une baguette, jusqu’à ce que le quatuor tout entier s’installe.

2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie (3)

Trois musiciens longilignes à la posture impressionnante, à la beauté et à l’élégance “classiques”, pourrait-on dire : cheveux très longs, vêtements soignés, poses Rock qui semblent bien étudiées, il y a peut-être là un écho au nom du groupe, non ? Heureusement, le batteur, cheveux courts et style beaucoup plus pragmatique, qui va durant tout le concert conduire une bonne partie de la communication avec le public, vient ramener tout ce joli monde à la réalité. Et heureusement aussi, la relative rigidité de la musique de MNNQNS, perceptible déjà sur l’album, explose régulièrement quand les morceaux partent en vrille et que le groupe se laisse aller à la furie sur scène. Et enfin, le grand sourire d’Adrian vient souvent illuminer un visage à la beauté frappante, trop parfaite.

Ce set d’un peu plus d’une heure sera avant tout consacré à cela, qui correspond à la fameuse déclaration d’intention du groupe : « Ecrire la meilleure chanson du monde pour la saloper sans respect ! ». On ne dirait pas encore que les efficaces et jouissives Fall Down ou Desperation Moon, certes très accrocheuses, sont les meilleures chansons du monde, mais la manière dont MNNQNS joue avec les dissonances et les rythmes décalés, sans pour autant sacrifier l’accroche mélodique de refrains convaincants est réellement impressionnante… Même si c’est, répétons-le, quand le groupe pète littéralement les plombs qu’il devient vraiment passionnant.

2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie (15)

Plus le concert avance, plus on sent que le set est en train de basculer vers la frénésie, et la belle froideur des débuts n’est plus qu’un souvenir. Le public est très, très chaud, ça se bouscule pas mal et le mosh pit a grossi au point d’envahir presque tout le parterre de la Maro. Mais c’est une reprise superbe du Totally Wired de The Fall – preuve de bon goût - qui va faire basculer réellement le concert. A partir de là, c’est à fond que les musiciens dévalent les derniers morceaux de la soirée, jusqu’à un final réellement grandiose, entre chaos sonique, plongeons dans la fournaise du mosh pit et destruction des instruments ! (Tiens, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un bassiste exploser aussi sa guitare basse – pas la Rickenbacker, rassurez-vous à la fin d’un set !).

De vrais mercis, du fond du cœur et les yeux dans les yeux, de la part du batteur, et il est indiscutable que MNNQNS est un groupe engagé, sincère, et beaucoup plus explosif finalement que sa musique pourrait a priori le faire penser. Tout le public de la Maro semble baigner dans ce bonheur si particulier qui suit un concert Rock – un double, ce soir – parfaitement réussi, et c’est la foire d’empoigne au stand de merchandising.

Bien joué, les Rouennais !

 

Les musiciens de We Hate You Please Die :

Raphaël Balzary – chant, guitare

Joseph Levasseur – guitare, chant

Chloe Barabé – basse, chant

Mathilde Rivet - batterie

 

2019 10 03 WHYPD Maroquinerie (15)

La setlist du concert de We Hate You Please Die :

Melancholic Rain (Kids are Lo-Fi – 2018)

Rita Baston (Kids are Lo-Fi – 2018)

Structure (Kids are Lo-Fi – 2018)

Got the Manchu (Kids are Lo-Fi – 2018)

Kill Your Buddy (Berserker) (Kids are Lo-Fi – 2018)

Minimal Function (Kids are Lo-Fi – 2018)

Barney

Hortense (Kids are Lo-Fi – 2018)

We Hate You Please Die (Kids are Lo-Fi – 2018)

 

Les musiciens de MNNQNS :

Adrian – chant / guitare

Grégoire – batterie

Félix – basse

Marc – guitare / claviers

 

2019 10 03 MNNQNS Maroquinerie (33)

La setlist du concert de MNNQNS :

Intro

Bored in This Town (Advertisement EP – 2018)

If Only They Could (Advertisement EP – 2018)

Fall Down (Body Negative – 2019)

Wire (Down to the) (Body Negative – 2019)

Urinals (Body Negative – 2019)

Drinking From the Pond (Body Negative – 2019)

Limits Of Town (Body Negative – 2019)

NotWhatYouThoughtYouKnew (Body Negative – 2019)

Totally Wired (The Fall Cover)

Desperation Moon (Body Negative – 2019)

Come to Your Senses (Capital EP – 2016)

Tape Counter

Glory Paul

Ce Live Report a déjà été au moins partiellement publié à l'époque du concert sur les blog : manitasdeplata.net et benzinemag.net

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