1989_05_Pixies_Town_and_Country_Club_Billet« Ah ! Retrouver enfin ce frisson exquis, cet emportement absolu des sens, cet engorgement d’émotions intraduisibles en mots… même si ce n’est pas du tout une surprise que cela incombe aux Pixies de rallumer l’ancienne flamme !  Auteurs d’albums parfaits, totalement novateurs et totalement jouissifs, ils se devaient de ne pas nous décevoir sur scène…

1989_05_Pixies_Town_and_Country_Club_01Mais quand même, cette rage, cette sublime et dévastatrice rage, déversée sur un public londonien en extase, pouvait-on vraiment s’attendre à la voir titiller nos vieux spectres (.. comme celui du Gun Club au Bataclan, au hasard…) ? Mais l’histoire, même celle du Rock, ne se répète jamais tout-à-fait : les Pixies sont une expression plus intelligence, plus calculée, plus « second degré » aussi du radicalisme rock. A témoin le dévastateur Debaser, balancé en début de set, qui fait hurler tous les spectateurs en chœur : « I Am Un Chien Andalucia »…

La quasi intégralité du magnifique « Doolittle » et les meilleurs moments de « Come On Pilgrim » et « Surfer Rosa » seront joués ce soir, de quoi constituer un set parfait, subtil équilibre entre mélodies décalées et enchanteresses et instants de totale hystérie : oh, les hurlements furieux et les gémissements pantelants de Tame, tandis que l’un des innombrables stage divers fait un rapide détour pour poser un gros bisou sur la joue de la radieuse Kim Deal (à la basse et aux sourires…), avant de plonger dans la foule !

1989_05_Pixies_Town_and_Country_Club_03Quant à Gigantic, peut-être le plus beau morceau de la soirée, il aurait falu un cœur de pierre pour ne pas palpiter à l’unisson de ce « Big Big Love » ! Car les Pixies, et c’est là le plus étonnant de tous ces petits miracles accumulés, savent ouer la plus cruelle des musiques depuis les Stooges et Joy Division sans jamais avoir recours à la traditionnelle panoplie d’attitudes « rock » : point de cuir noir – Black Francis était même pieds-nus sur scène -, point de morgue méprisante, mais un plaisir évident de jouer ces petites comptines sanguinaires…

Alors, en ces jours bénis de 1989 où la musique d’aujourd’hui se cristallise enfin, et à nouveau, sur l’un de ces groupes fondamentaux qui lui redonnent sa raison d’être, laissons-nous emporter par ce flot de bonheur frénétique : « This Monkey’s Gone To Heaven ! » »

Les musiciens des Pixies :

Black Francis – vocals, guitar

Kim Deal – bass guitar, vocals

David Lovering – drums

Joey Santiago – lead guitar

1989_05_Pixies_Town_and_Country_Club_04La setlist du concert des Pixies :

Into The White

Wave Of Mutilation (Doolittle – 1989)

Debaser (Doolittle – 1989)

River Euphrates (Surfer Rosa – 1988)

Crackity Jones (Doolittle – 1989)

I Bleed (Doolittle – 1989)

Monkey Gone To Heaven (Doolittle – 1989)

Isla De Encanta (Come On Pilgrim – 1987)

Dead (Doolittle – 1989)

Hey (Doolittle – 1989)

Cactus (Surfer Rosa – 1988)

Bone Machine (Surfer Rosa – 1988)

Gigantic (Surfer Rosa – 1988)

Caribou (Come On Pilgrim – 1987)

Mr. Grieves (Doolittle – 1989)

No. 13 Baby (Doolittle – 1989)

There Goes My Gun (Doolittle – 1989)

Levitate Me (Come On Pilgrim – 1987)

Gouge Away (Doolittle – 1989)

Tame (Doolittle – 1989)

Where Is My Mind? (Surfer Rosa – 1988)

Nimrod's Son (Come On Pilgrim – 1987)

Vamos (Come On Pilgrim – 1987)

Tony's Theme (Surfer Rosa – 1988)