1993_04_Arrested_Development_Cigale_Billet« Ah, le rap, le hip hop, c'est quand même un peu un problème pour nous, ""(vieux) rockers blancs : c'est le premier phénomène musical d'envergure né au cours des dernières décennies à nous "exclure" de fait, et à contredire pas mal de nos sacro-saints préceptes rock'n'roll... Heureusement, il y a des artistes et des groupes qui font une sorte de cross-over entre les deux continents (le Rock et le Hip Hop), et qui, du coup, nous attirent plus : Arrested Development est clairement l’un de ces groupes, et nous voilà donc à la Cigale, ce 14 avril 1993, pour notre premier vrai concert de hip hop !

1993_04_Me_Phi_Me_Cigale_01... Et justement, à nous, "(vieux) rockers blancs", Me Phi Me offre tout ce que nous attendons – souvent en vain – du rap : de varis instruments et des musiciens qui savent en jouer, des blancs mélangés aux noirs, du funk trépidant qui ne renie pas l’héritage Motown, et même – incroyable ! – des mélodies... Mais surtout, Me Phi Me offre une belle énergie, poétiquement rebelle, qui vient du coeur même du rap. Il faut entendre – pour le croire – la reprise en reggae révolutionnaire de... Another Brick In the Wall (!!!) et voir la Cigale s’embraser d’enthousiasme… Belle, très belle première partie…  

1993_04_Arrested_Development_Cigale_02Arrested Development est en 1993 le groupe de rap le plus en vue, tout au moins auprès de la frange blanche du public... Pas de surprise donc si la Cigale est finalement peu métissée ce soir. Ceci dit, Arrested Development trempent leurs mélodies – façon De la Soul – dans le chaudron de la contestation black la plus classique : slogans pacifistes certes, mais appuyés, en faveur de l’éducation, de la culture noire, et du retour vers les racines africaines (... d’où le rôle symbolique du patriarche qui introduit et préside le concert).

Sur scène, c’est un joyeux méli-mélo de danses tribales et de cérémonie rap, les refrains, très entraînants et repris en choeur par le public enthousiaste, font mouche : on est donc à la fête ! La fête, sauf que, quelque part, il y a quelque chose d’un peu trop « évident », démagogique peut-être même qui gâche le plaisir.

Arrested Development, groupe à succès qui s’en donne les moyens, est-il un groupe sincère ? »

Photos de Patrick M, merci à lui !