2007 06 Kings of Leon Bataclan Billet

« Nous attendions des barbus avec des t-shirts ornés de drapeaux confédérés dans la queue, et il n'y avait encore une fois que des jeunes filles excitées ! De quoi commencer à croire que notre bon vieux Rock'n'Roll a changé de sexe, et que les tatoués restent désormais chez eux, remplacés par des piercées !  En tous cas, la longue attente (deux heures) devant le Bataclan ne me paraîtra pas si longue que cela, Gilles B nous faisant part de ses considérations catastrophées sur l'inoubliable merde qu'aura été le récent concert d'Aerosmith à Bercy, tandis que l'ami Vincent s'évertuait - en vain - à relativiser le phénomène de la solubilité du Rock dans l'âge et, surtout, dans l'argent. Comme quoi, il y a encore des raisons de se passionner et de se chamailler...

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20 h 00 : nous sommes au premier rang d'un Bataclan qui se remplit vite, ce soir, quand Snowden, d'Atlanta, montent sur scène, pour une bonne quarantaine de minutes d'un set que je trouverai plutôt intéressant : des compositions très moyennes, mais une musique habitée d'une jolie tension, parcourue ici et là d'éclairs frénétiques assez réjouissants, parfaitement symbolisés par la très élégante et très jolie bassiste, Corinne, qui nous régalera de sa belle rock'n'roll attitude et de son jeu de basse agressif.  A part cela, le chanteur demandera deux fois à la salle s'il se trouve quelqu'un pour l'héberger cette nuit, les méchants hôteliers parisiens refusant d'ouvrir leurs chambres à quatre personnes à la fois !  Comme quoi, la vie d'un groupe sur la route, ce n'est pas que du bonheur...

Nous attendions des barbus avec des t-shirts ornés de drapeaux confédérés sur la scène, et nous avons eu droit à quatre minets à peu près imberbes ayant choisi sans grand discernement leurs divers oripeaux en parcourant l'iconographie du Rock à travers les âges. Si le cousin Matthew a trouvé un bon look dans la tradition guitariste ténébreux (cuir et jean noirs, tignasse ébouriffée et éternelle clope accrochée à la bouche lippue), le frangin Caleb a tout faux, entre barbe de trois jours, cheveux longs et filasses, torse et bras de fermier, et collants bien tirés sur des jambes fines d'adolescentes, perchés sur des bottines à talons assez hauts : cherchez l'erreur !

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D'ailleurs, les filles dans la salle ne semblent pas trop en pâmoison devant son charme... euh déconcertant, mais le public dans son ensemble manifeste bruyamment une vraie ferveur envers les chansons de plus en plus bizarres au fil des trois albums de ce groupe à part : le Bataclan sold out, se transformant rapidement en étuve - nous aurons droit à de vrais évanouissements autour de nous ce soir -, l'enthousiasme des fans connaissant toutes les paroles des morceaux, témoignent d'une passion pour ce groupe qui va plus loin que l'habituelle et éphémère mode.

Le son sera rapidement excellent, très fort et très puissant, mais parfaitement équilibré, ce qui nous permettra d'ailleurs de juger que la voix de Caleb sur scène laisse à désirer, et est loin de dégager l'émotion des enregistrements : une première déception donc. Les guitares sont par contre superbes, et on aura droit à quelques beaux pics d'énergie qui prouvent la puissance potentielle du groupe, toute en sensualité et en élégance, bien loin des clichés du Rock Sudiste. Kings of Leon enchaîneront donc pendant 1h25 des morceaux de leurs trois albums, avec évidemment, une priorité pour les titres du dernier, par ailleurs beaucoup plus excitants que sur disque, et très bien reçus donc par les fans qui les connaissent déjà bien. Non, le vrai problème pour moi, et ce qui m'empêchera complètement de prendre du plaisir à ce concert, c'est l'étrange austérité de la famille Followill, dégageant tous à peu près autant de charisme et d'enthousiasme que quatre souches de palétuviers : Caleb a beau nous dire - d'un air absolument inintéressé - que nous sommes un bien meilleur public que les Allemands de la veille, on a beau fêter (?) ce soir l'anniversaire de frère Nathan, rien ne semble dérider nos fils de prêcheur pentecôtiste. Dans ce contexte de "on n'est pas là pour rigoler", le "God Bless You" final ne semble pas anodin, et c'est bien aux rejetons d'une certaine Amérique puritaine et peu sympathique que l'on a affaire ce soir. Bon, il ne doit y avoir que moi pour penser cela (les fans s'entredéchirant sans état d'âme pour le moindre médiator éjecté par les musiciens), et, à mon âge, je dois certainement attacher plus d'importance à la joie de jouer et d'être ensemble, au plaisir de partager une passion que ce quatuor de très jeunes gens, timides et encore imprégnés de leur certitude que Dieu est à leur côté.

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Les plus beaux morceaux de la soirée seront à mon avis, outre le classique Molly's Chamber, My Party (la foule chante en chœur), Charmer et son riff très heavy metal, et surtout McFearless, le morceau le plus excitant d'un troisième album un peu calme à mon goût...

Bref, on aura compris que si, musicalement, il n'y aura rien eu à reprocher à cette soirée, Kings of Leon est loin d'offrir une expérience émotionnelle passionnante ! »

 

La setlist du concert de Kings of Leon :

Black Thumbnail (Because of the Times - 2007)

Taper Jean Girl (Aha Shake Heartbreak - 2004

King Of The Rodeo (Aha Shake Heartbreak - 2004

True Love Way (Because of the Times - 2007)

My Party (Because of the Times - 2007)

Soft (Aha Shake Heartbreak - 2004

Fans (Because of the Times - 2007)

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Arizona (Because of the Times - 2007)

Molly's Chambers (Youth & Young Manhood - 2003

The Bucket (Aha Shake Heartbreak 2004)

Milk (Aha Shake Heartbreak - 2004)

Four Kicks (Aha Shake Heartbreak - 2004

On Call (Because of the Times - 2007

California Waiting (Youth & Young Manhood - 2003

Wasted Time (Youth & Young Manhood - 2003)

Trani (Youth & Young Manhood - 2003)

Encore

Knocked Up (Because of the Times - 2007)

Charmer (Because of the Times - 2007)

McFearless (Because of the Times - 2007)

Slow Night, So Long (Aha Shake Heartbreak - 2004)