2008 02 Morrissey Billet

« "Thanks for being you... (larmes)... I follow you since 1983. You're my only romance. You're the story of my life". (“Merci d’être toi, je te suis depuis 1983, tu es mon seul amour, tu es l’histoire de ma vie”)"... c’est un fan, au premier rang, à qui le Moz a tendu le micro, qui vient de parler. Le groupe sur scène applaudit, Morrissey décide d'arrêter là la séance d'interviews du public (il y reviendra quelques minutes plus tard en reconnaissant au premier range une fidèle qu'il connait par son prénom... Julia...). Voilà, cette ferveur, cette émotion, c'est le quotidien de Morrissey, et de lui seul...

Bonne ambiance devant l'Olympia ce soir, les fans, les vrais du Moz ayant déferlé de toute l'Europe, ce qui crée tout de suite le genre d'atmosphère passionnée qui rappelle l'époque où le Rock était un mode de vie, une école de pensée... avant, bien avant les années Marketing. Pour celà déjà, que les mânes des Smiths soient à jamais honorées. Un point noir quand même, avec tous les fanatiques arrivés bien avant nous, pas facile de s'assurer notre place au premier rang : nous y arriverons quand même, un peu trop décalés sur la gauche, mais rien de dramatique. Ce soir, nous sommes une bande un peu plus hétéroclite qu'à l'ordinaire, un contingent de copines diverses et variées ayant rejoint les RnRmotherf***s. clip ringard de BB ! Heureusement, sur l'écran, Vince Taylor viendra à la rescousse... Ce soir, les photos ne sont pas permises, et les videurs m'obligeront à rengainer immédiatement mon Lumix... Heureusement que Robert est là, dans la fosse...

2008 02 Girl In A Coma Robert Gil 0120 h 00, les 3 Texanes (à divers stades de l'obésité et punks : tout bien...) de Girl in a Coma débarquent sur un rockabilly énervé et classique, qui fait un instant douter de leurs influences - avec ce nom de groupe, pourtant ! Très vite, les compositions s'améliorent, avec quelques légères réminiscences mexicaines et une obédience punk old school du meilleur effet. Là dessus, la chanteuse latino miniature (mais déjà ronde, on l'a dit...), déchaînée, pose une bonne voix, avec une tendance un peu malheureuse à beugler. Et on finit sur une reprise des Ramones ("Do you wanna dance"), ce qui fait toujours plaisir, et, quelque part, rassure sur la transmission de nos euuuh... valeurs (mais oui papy, reste calme, papy !)... 30 minutes bien sympathiques !

2008 02 Morrissey Robert Gil 0320 h 55, on n'a rien vu venir et Morrissey est déjà sur scène, et après avoir annoncé : "Enfin, j'ai les jambes autour de Paris...", il attaque par une nouvelle chanson, a priori pertinemment intitulée I'm Throwing My Arms Around Paris. Tout de suite, on constate que le groupe, pas plus subtil qu'à l'habitude - une des constantes de la carrière solo de Morrissey, le fait de préférer l'accompagnement de "soudards" - joue même assez "dur", voire par instants "spectaculaire"... Je laisse passer devant moi Patricia, fan absolue elle aussi - plus que moi, qui ai déjà vu les Smiths et Morrissey de par le passé -, mais pendant les 90 minutes qui vont suivre, la foule autour de nous, totalement respectueuse et largement enamourée, restera assez "religieusement" calme, ne se ruant vers la scène que pour toucher le demi-dieu lorsque ce dernier s'approche, avec ses habituelles mimiques de midinettes, d'ailleurs un peu déroutantes chez un quasi cinquantenaire un peu alourdi. Des conditions idéales donc, avec un son excellent, même si la voix restera un moment en dessous du niveau nécessaire pour couvrir les centaines de spectateurs éperdus d'amour qui chantent TOUTES les paroles de TOUTES les chansons. Dès le deuxième morceau (How Soon Is Now ?, les Smiths des débuts), magnifique, où le groupe laisse dériver la musique vers le fracas, on sent que ce soir, Morrissey va être bon, meilleur en tout cas que toutes ces prestations seulement moyennes que l'on a récemment vues enregistrées sur DVDs. Sans doute est-ce le miracle de l'Olympia, salle littéralement magique, qui se répète ? Sur le long et tourmenté Life is a Pigsty, il va même retrouver des accents déchirants qui contrastent joliment avec l'énergie un peu simpliste de bien des interprétations ce soir (si ce simplisme va bien à l'hymne provocatrice Irish Blood, English Heart, on peut être plus dubitatif sur le traitement d'autres morceaux, plus fragiles...). Bien sûr, on pourra toujours chicaner en disant que la totalité des 3/4 des chansons interprétées ce soir, largement extraites de la discographie récente de Morrissey, n'arrivent pas à la cheville de deux minutes extraites du répertoire des Smiths... et de fait, Stretch out and Wait et Please please let me get what I want, principales rescapées des années de génie, seront les deux seuls instants complètement, absolument, parfaitement bouleversants. Expliquant mieux que tous mes discours pourquoi et comment il ne sera jamais ridicule de vénérer Morrissey.

Voilà, le meilleur est forcément derrière nous, mais cette arrogante mélancolie reste une formidable recette de vie. Alors, merci au fan qui a offert à Morrissey ce soir une collection de vieux 45 t de Sacha Distel (Moz : "A force que je vous parle de Sacha, j'ai peur de me faire frapper"). Merci au videur qui a sorti un canif pour découper équitablement la chemise trempée de sueur que le premier rang n'arrivait pas à se partager. Merci à Daniel Darc, au balcon, tout près, pour son sourire à la fin du set, qui semblait avoir effacé toutes les années et toutes les désillusions. Merci à ce jeune homme qui sanglotait presque en ce dirigeant vers la sortie, tant l'émotion avait été forte : nous avons pu sourire un instant de lui, mais qui sommes nous pour prétendre ignorer la force de cette musique ? »

J'ai posté ici deux belles photos prises par Robert Gil, et j'encourage tous les gens intéressés par les belles photos de muisque à aller visiter son très beau web site : www.photosconcerts.com

Les musiciens de Morrissey sur scène :

Morrissey (vocal)

Boz Boorer (guitar)

Jesse Tobias (guitar)

Michael Farrell (keyboards, trumpet)

Solomon Walker (bass guitar)

Matt Walker (drums)

 

La setlist du concert de Morrissey:

I'm Throwing My Arms Around Paris (New Song)

How Soon Is Now ? (The Smiths – Meat Is Murder – 1984)

Last of The Famous International Playboys (Bona Drag – 1990)

Stop Me If You Think You've Heard This One Before (The Smiths - Strangeways Here We Come – 1987)

That's How People Grow Up (New Song – Greatest Hits – 2008)

Mama Lay Softly On The Riverbed (New Song)

The Loop (Beethoven Was Deaf – 1993)

Sister I'm A Poet (The Best of Morrissey – 2001)

Death of A Disco Dancer (The Smiths - Strangeways Here We Come – 1987)

Irish Blood, English Heart (You Are The Quarry – 2004)

All You Need Is Me (New Song – Greatest Hits – 2008)

Life Is A Pigsty (The Ringleader Of The Tormentors – 2006)

Stretch out and Wait (The Smiths - Louder Than Bombs – 1987)

I Just Want To See The Boy Happy (The Ringleader Of The Tormentors – 2006)

Billy Budd (Vauxhall and I – 1994)

The World Is Full Of Crashing Bores (You Are The Quarry – 2004)

Tomorrow (Your Arsenal – 1992)

Something Is Squeezing My Skull (New Song)

Please, Please, Please Let Me Get What I Want (The Smiths - Hatful Of Hollow – 1984)

Encore

The First of The Gang To Die (You Are The Quarry – 2004)