2010 11 SVIIB Sala El Sol Billet

« Ce soir du 10 novembre, c'est un peu l'enfer pour le fan madrilène de concerts de rock : une offre exagérée, un choix impossible pour qui n'est pas doué d'ubiquité. J'ai pris mon billet pour The Coral, l'un de mes groupes chouchou, renonçant à un shot de rock’n’roll avec le Black Rebel Motorcycle Club !... Jusqu'à ce qu'un voyage professionnel m'oblige à sacrifier cette soirée aussi : Juan Carlos héritera donc de mes entrées. Une solution quand même pour ne pas rester complètement "sec" : le set de School of Seven Bells qui doit démarrer à 22 h 30 à la Sala El Sol... Au final, mon avion arrive pour une fois à l'heure, mon chauffeur de taxi grille tous les feux entre l'aéroport et Gran Via pour me faire plaisir, et quand j'entre dans le sous-sol de la Sala El Sol à 22 h 50, School of Seven Bells vient seulement de monter sur scène : la chance a finalement été avec moi ! Je me rends compte que la salle n'est qu'à demi pleine, et, comme souvent ici avec cette scène si basse, le public s’est placé un peu en retrait des deux marches la surélevant, je n'ai donc aucune difficulté à me glisser au premier rang (le fait d'être vêtu de mon costume aide certainement à impressionner les gens qui me laissent passer...!), sur la gauche, tout près de Benjamin Curtis, le guitariste.

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Ayant lu le jour même sur la newsletter de Robert (Gil) que la configuration du trio avait changé, je ne suis donc pas surpris de ne voir qu'une des deux sœurs jumelles Deheza, alors qu'un batteur supplémentaire crée une rythmique puissante derrière les mélopées de School of Seven Bells. Plus de claviers donc, mais deux guitares - enfin une et demi car celle d'Alejandra Deheza me parait plus servir de décoration, ou à lui donner un peu de contenance sur scène -, et la dream pop a cédé la place à une ambiance plus rock, plus tendue : Benjamin - au look de rockeur sexy et élégant - se charge de la quasi totalité de la texture musicale, le son de sa guitare passant à travers un nombre impressionnant de pédales d'effets. Derrière, le nouveau batteur tape dur, et c'est - comme le soulignait Robert - un choc frontal entre cette rythmique puissante et la musique du "groupe", un choc qui crée quelque chose de différent, pas inintéressant a priori. Mais tous les regards sont évidemment dirigés vers Alejandra, la sœur restante, petite femme aux vêtements sombres, et au jeu de scène minimal - je secoue mes cheveux, j'agite mes mains, je mime quelques riffs sur ma guitare : oui, elle est assez mignonne (on peut penser à notre chère disparue, Marie Trintignant), oui, sa voix est aussi impeccable que sur le disque... Je dois dire que l'ambiance à la fois électrique et rêveuse me paraît au début assez plaisante, et ce d'autant que j'ai été l'un des seuls parmi notre groupe d'amis à ne pas tomber amoureux de leur premier album « Alpinisms »... Mais, au bout de deux ou trois morceaux, je me rends compte que tout cela n'est vraiment pas passionnant, et je sens l'intérêt du public autour de moi retomber comme un soufflé : toutes les chansons sont finalement très uniformes, et l'absence notable de mélodies, de rythmes accrocheurs ou de simples ruptures de ton n'offre finalement guère de prise à notre attention, qui se met peu à peu à dériver. Je suis aussi surpris de ne reconnaître absolument AUCUN morceau de « Alpinisms », que j'ai pourtant relativement bien écouté : s'agit-il d'une impasse totale sur le passé, étant donné la nouvelle configuration de School of Seven Bells, ou bien ce nouveau traitement sonore rend-il les chansons méconnaissables ? Il me faudra attendre de récupérer la set list à la fin pour trancher : trois titres de « Alpinisms » sur onze de la set list, Half Asleep en intro, My Cabal en final, Sempiternal en rappel… et je n’aurai rien reconnu !... Au bout d'une demi-heure, un morceau un peu plus électrique nous fait relever un peu la tête, et des applaudissements un peu plus chaleureux fusent. Benjamin nous confie en souriant qu'il s'agit d'une

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chanson composée à Madrid, avant d'ajouter, narquois : "mais je dis ça tous les soirs !"... Un peu plus de 55 minutes après le début du set, le trio sort de scène, et je ne suis pas certain de notre enthousiasme à réclamer un encore. Cette fois, nous avons tort, car le dernier morceau (Sempiternal, donc…) s'avérera, et de loin, le meilleur de la soirée : quittant franchement les atmosphères éthérées, voici que Benjamin se lance dans de longues déchirures électriques, violentes, qui génèrent enfin en nous un début d'excitation. Final (un peu plus…) sonique, aidé par la sonorisation comme toujours impeccable de la Sala El Sol, et nous voici au bout d'une heure cinq minutes d'autant plus perplexes : en s'aventurant plus clairement sur un terrain rock noisy, School of Seven Bells pourrait nous intéresser à nouveau, mais leurs fans de la première heure rétorqueront certainement que le charme rêveur de leur musique n'y survivrait pas...

Il est à peine minuit quand je récupère mon sac à dos au vestiaire. Vite, un taxi pour rentrer à la maison, sans trop plus penser à ce concert largement raté. Vendredi, j'espère un peu plus de fun avec The Drums ! »

 

La setlist du concert de School of Seven Bells :

Half Asleep (Alpinisms – 2008)

Heart is Strange (Disconnect From Desire – 2010)

Babelonia (Disconnect From Desire – 2010)

Joviann (Disconnect From Desire – 2010)

Dust Devil (Disconnect From Desire – 2010)

Bye Bye Bye (Disconnect From Desire – 2010)

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Dial (Disconnect From Desire – 2010)

Windstorm (Disconnect From Desire – 2010)

I L U (Disconnect From Desire – 2010)

My Cabal (Alpinisms – 2008)

Encore:

Sempiternal/Amaranth (Alpinisms – 2008)