2011 09 WU LYF Moby Dick Club« Allez, on va dire qu'on va tomber à nouveau dans le piège de la "dernière sensation venue d'Angleterre", avec suffisamment d'innocence pour y prendre plaisir, et d'expérience pour ne pas forcément s'attendre à un éblouissement. Il faut ajouter que WU LYF font la une des journaux branchés, que mes amis parisiens, normalement de bon goût, les détestent, et que deux écoutes de l'album, "Go Tell Fire to the Mountain" m'ont plutôt fait l'effet d'une douche froide : musique informe, voix pénible, bof, bof ! Mais bon, l'idée d'une petite soirée cool entre copains au Moby Dick Club, que j'aime bien, avec Yannick et Luis est assez attrayante pour compenser la crainte de se faire royalement em... par un autre groupe bidon comme il y en a eu tant.

20 h 35 : comme toujours ici, je suis seul devant l'entrée de la salle, les gens arrivés avant moi préférant grignoter des tapas et écluser des bières dans les bars de l'Avenida del Brasil. On ne se refait pas... Yannick arrive 5 minutes plus tard... Puis c'est au tour de Luis. 21 h 00 : nous entrons les premiers dans la salle toujours aussi accueillante du Moby Dick Club, il ne nous reste plus qu'à patienter un verre de bière à la main, idéalement placés en face du micro du chanteur, l'arrivée de nos Mancuniens du jour...

2011 09 Wu Lyf Moby Dick Club 043Et, grosse tête ou arrogance puérile oblige, il va nous falloir attendre jusqu'à dix heures moins cinq que WU LYF (World United Lucifer Youth Foundation, rappelons-le...) entre en scène. Quatre petits jeunots à l'air plutôt ordinaire : à gauche, donc loin de nous (enfin, à trois mètres, vues les dimensions réduites de la scène), Evnse, le guitariste qui ne paye pas de mine et nous la jouera très pop anglaise (Yannick : "il me rappelle Two Door Cinema Club") ; vient ensuite Jeau, l'impressionnant batteur, à mon avis seul responsable de l'ossature de la musique de WU LYF, et qui sera également au cours du set celui qui élèvera par sa frappe puissante la musique vers quelque chose d'un peu plus inspiré. Devant nous, de profil, Elle Jaie, le chanteur-tête à claques, avec cette voix redoutablement désagréable qui est la marque de WU LYF. Jeune crétin arrogant et stupide, il est en quelque sorte le symbole de cette Angleterre péquenaude qui a pourtant toujours "conduit" le rock. Il joue (?) avec un ou deux doigts sur le minuscule clavier en face de lui, histoire de faire croire que tout ce qui sort de son instrument n'est pas vraiment commandé par l'ordinateur portable posé en dessous ; il hurle dans son micro, et le reste du temps il baragouine en anglais avec son copain Lung, le bassiste, histoire de se moquer visiblement du public qui ne comprendrait pas ce qu'il dit. Le bassiste donc, à notre droite, est celui qui a l'air un peu défoncé, qui fait les "ouh ouhouh" sur pas mal de chansons, pousse des cris de loup de temps à autre, fume des clopes (c'est interdit, c’est donc un rebelle…) et terminera le concert torse nu, parce que ça fait "wild punk" je suppose (Sid Vicious forever)...

Musicalement, au bout de quelques minutes on est fixés : c'est certes plus intéressant que sur le disque, particulièrement plombant reconnaissons-le, car il y a un peu d'énergie - on l'a dit surtout générée par la frappe du batteur -, qui fait que de temps en temps on s'éveille de la torpeur des chansons. Le son est plutôt bon pour la salle, mais c'est sans doute parce que l'on n'a pas à faire à une musique particulièrement raffinée : la voix est beaucoup plus audible que normalement ici, mais on serait presque d'avis de s'en plaindre... La lumière est par contre aussi inexistante que d'habitude, ce qui m'obligera même à utiliser le flash sur mon Lumix. Les morceaux s'enchaînent donc ainsi de manière indifférenciée, et on se résout vite à ne rien attendre de plus que ces rythmes furieux, ces morceaux hébétés construits uniformément sur la guitare qui carillonne et l'orgue qui plane : je reconnais quand même en avant-dernière position le single (?) Heavy Pop, un tantinet plus mémorisable que le reste. On termine ces 45 minutes à la limite du pénible par We Bros (je crois, je ne suis pas sûr, ayant le plus grand mal à distinguer les morceaux, et il n'y a pas de setlist sur scène...) avec une certaine frénésie...

2011 09 Wu Lyf Moby Dick Club 058Le public a gentiment accompagné le set en frappant dans les mains, en applaudissant à mon sens assez généreusement entre les chansons, et j'ai même vu derrière moi des gens qui chantaient les refrains (?) : les membres du « gang » WU LYF ne se sont pas montrés particulièrement "touchés" pour autant, et ce sont cantonnés - comme c'est malheureusement le cas de beaucoup de jeunes groupes anglais - dans une sorte d'autisme méprisant. Le dernier morceau terminé, les quatre quittent la scène sans plus de cérémonie, et il n'y aura - bien sûr - pas de rappel.

Il n'est pas encore onze heures et nous voici dans la rue : c'est bien, parce qu'on a plein de temps pour prendre un dernier verre, mais je me retrouve ce soir avec cette impression toujours déroutante de ne pas avoir assisté véritablement à un concert. Je ne suis jamais vraiment rentré dans la musique, même si je lui ai trouvé par instants une certaine intensité. Luis et Yannick sont sûrement un peu dubitatifs eux aussi, même si moins "négatifs" que moi. Oui, j'ai quand même du mal à comprendre la source de l'intérêt des media, ou du moins elle ne me paraît guère musicale : s'il y a effectivement de l'originalité chez WU LYF - on serait bien en peine de leur trouver des influences, ce qui est louable -, leur musique n'est guère intéressante pour autant. »

 

Les musiciens de WU LYF sur scène :

Ellery Roberts (voice, keyboards)

Tom McClung (bass)

Joseph Manning (drums)

Evans Kati (guitar)

 

La setlist du concert de WU LYF :

L Y F (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Cave Song (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Such A Sad Puppy Dog (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Summas Bliss (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Spitting Blood (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Concrete Gold (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

14 Crowns For Me And Your Friends (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Heavy Pop (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

Dirt (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)

We Bros (Go Tell Fire to the Mountain – 2011)