1978 02 14 The Jam Stadium Billet

Soyons clair, je ne peux pas dire j’ai bien écouté les deux albums de The Jam, un groupe dont j'apprécie moins le look (et la culture) "mod" que celui des groupes plus "punks" de l'époque comme les Clash ou les Pistols. Bien sûr, je connais les singles du premier album, qui ont bénéficié à leur sortie de l’étiquette "épingle à nourrice" que les maisons de disque aiment à coller sur tous leurs nouveaux disques, histoire de recruter les jeunes !

Nous nous sommes quand même aventurés dans le treizième arrondissement par une soirée glaciale d'hiver pour découvrir ce Stadium, une salle qui me semble immédiatement atroce avec une acoustique infecte. Arrivés en retard, au moment même où le trio attaque son premier morceau, The Modern World (« This is the modern world we don't need no one / To tell us what's right or wrong / This is the modern world ! »), nous devons nous contenter du fond de la salle… ce qui n’est vraiment pas une bonne position pour rentrer dans l’esprit d’un concert de Rock, punk au demeurant !

Je dirais que ce qui caractérise The Jam par rapport au reste des groupes anglais qui ont explosé en 1977, c’est leur étonnante raideur, accentuée bien entendu par les costards, les chemises blanches, les cravates et les coiffures impeccables. Mais c’est aussi une raideur fascinante dans leur jeu de scène, pourtant impeccablement dynamique – Paul et Rick semblent en permanence en mouvement : pas de laisser-aller avec les Jam, mais une efficacité acérée. En gros, ces mecs ne sont pas là pour rigoler !

1978 02 14 The Jam Stadium 02

Le format power trio est évidemment l’idéal pour jouer du rock, à condition d’avoir un bassiste qui sache aussi bien être rythmique que mélodique… ce qui est le cas du fantastique Bruce Foxton, qui sera le musicien qui m’impressionnera le plus ce soir. La voix de Paul Weller, en revanche, ne me convainc toujours pas trop, et sonne rapidement faux quand il la force. Ceci dit, je dois admettre que son attitude scénique est absolument impeccable de classe naturelle : ce type pourrait bien devenir une star une fois que la furie punk sera retombée…

Par contre, les chansons du second album, “This is the Modern World”, que j’entends pour la plupart pour la première fois, peinent à exciter la foule (ah ! ce terrible syndrome du second album, copie du premier en moins abouti, sorti trop précipitamment n’épargne pas même les groupes punks !).

« In the city there's a thousand things I want to say to you » : le public du Stadium hurle enfin, c’est In the City, toujours (et pour toujours ?) le morceau le plus marquant de The Jam… Suivi par All Around the World, le single, juste derrière. Si l’on ne s’arrête pas trop aux paroles, qui me semblent remettre en question la punk attitude (« What's the point in saying destroy / I want a new life for everywhere / We want a direction / All over the country »), c’est une belle conclusion à un concert qui ne m’aura jamais complétement soulevé : un concert presque pour rien…

… Et une rencontre manquée avec ce groupe, qui continue néanmoins à m’intriguer.

Photo prise lors d'un autre concert de la même tounrée, quelques semaines plus tôt...

Les musiciens de The Jam sur scène :

Paul Weller – vocals, lead guitar

Rick Buckler – drums, percussion

Bruce Foxton – vocals, bass guitar

 

La setlist du concert de The Jam :

The Modern World (This is the Modern World – 1977)

London Traffic (This is the Modern World – 1977)

I Need You (For Someone) (This is the Modern World – 1977)

The Combine (This is the Modern World – 1977)

Aunties and Uncles (new song)

Standards (This is the Modern World – 1977)

Here Comes the Weekend (This is the Modern World – 1977)

Sounds From the Street (In the City – 1977)

News of the World (new song)

London Girl (This is the Modern World – 1977)

In the Street, Today (This is the Modern World – 1977)

Bricks and Mortar (In the City – 1977)

In the City (In the City – 1977)

All Around the World (single – 1977)

Slow Down (Larry Williams cover) (In the City – 1977)