1987_09_X_10000_Maniacs_La_Cigale_Billet
« Indiscutable régression de la popularité française de X, qui pour remplir la Cigale, et encore à moitié seulement, doit se joindre à deux autres groupes américains à potentiel limité !

La soirée débute mal, avec The Call, qui, à trop mélanger les styles, du néo-progressisme anglais au boogie sudiste ( !), ne convainc pas et laisse une désagréable impression d’arrogance injustifiée…

1987_09_10000_Maniacs_La_Cigale_01Mini coup de foudre – à l’unanimité parmi les copains – pour l’étonnante Natalie Merchant, chanteuse de 10,000 Maniacs, au look de petite fille timide, tout droit sortie de la campagne américaine la plus reculée… Le genre de fraîcheur, simulée peut-être, mais alors à la perfection, mêlée d’un pouvoir de séduction ébouriffant – ah ! ces gestes tourbillonnants, ah ! ces saccades « innocentes » !!, qui est trop rare pour ne pas nous conquérir… Pas de coup de foudre par contre pour la musique de 10,000 Maniacs, juste et sobre, mais trop, trop conventionnelle : un brin rock, un brin country folk… Finalement, Natalie, il ne te reste plus, pour devenir une star, qu’à virer ton groupe !

Tornade inattendue à la Cigale : X est de retour en ville, et c’est pour tout dévaster. Exene est affreuse et bouffie, sans doute à cause de l’heureux évènement qu’elle attend, de toute évidence, et elle bouge moins (of course), mais tout semble aller à nouveau bien avec John Doe… John, lui, est déguisé en cow-boy hippie, mais est aussi déchaîné ! Il entraîne le groupe au rythme infernal d’un hardcore punk rock intégralement réussi. Tony 1987_09_X_La_Cigale_02Gilkyson, le remplaçant (définitif ?) du génial virtuose Billy Zoom, parvient pourtant à le faire oublier en deux riffs et trois solos : moins technique certes, il se révèle plus fou, plus radical, et il apporte à X la frénésie qui lui manquait sur scène. Le résultat sera une heure du plus beau concert punk que j’aie vu en dix ans : jouées à 100 à l’heure, les formidables chansons d’Exene et de John Doe sont dévidées dans l’hystérie la plus totale. De Los Angeles et Johnny Hit and Run Paulene (un sommet de la soirée…) du premier album à True Love ou Breathless (une véritable crise d’épilepsie en moins de deux minutes montre en main !) du quatrième album, du hard rock lourd et killer de Devil Doll (un autre sommet) aux titres un peu plus mesurés, plus lents du tout nouvel album, tout fut simplement parfait, jubilatoire, inoubliable… Une certitude, dix ans plus tard, X n’a pas perdu sa hargne, ni son talent…

Les absents ont eu tort, encore une fois… Espérons quand même un public plus fourni pa prochaine fois… »