1988_06_Sting_POPB_Billet« Sting a désormais un problème grave d’image : à force de se présenter en théoricien, en moralisateur, en « honnête homme » d’après la définition du XVIIIème siècle, tout le monde l’a définitivement classé dans la catégorie des « chiants »… Plus personne n’écoute vraiment sans préjugé les belles chansons qu’il continue à composer (enfin, le grand public, si… !). Et voilà que maintenant, il a décidé de s’enlaidir, au risque de désespérer son contingent d’admiratrices !1988_06_Sting_POPB_02

Sur scène, avec son groupe… euh disons jazzy, il a du mal à faire prendre la sauce. Les virtuoses s’évertuent, suscitant un peu d’attention admirative, sans jamais arriver à jouer vraiment ensemble : il est vrai qu’ils ne sont pas là pour jouer du rock… Sting, avec sa voix un peu limitée, peine plutôt sans les côtes lors de la première partie, très jazzy, donc, et trop technique pour l’ex-policeman. Plus curieux encore est la tiédeur de cette musique : les méchants qui détestent Sting auraient raison ?

Non, non, car au fur et à mesure que Sting nous rejoue ses anciens succès pop, rock et reggae, la vieille magie est de retour. Et les breaks politico-démago-émotionnels, en souvenir des disparus du Chili ou des victimes oubliées en Afrique, loin de nous gonfler, arrivent à persuader le spectateur – cynique et exigeant – de la sincérité de notre homme…

Même si, au bout du compte, ce sont les merveilleux Message In A Bottle ou Every Breath You Take, joués sobrement, guitare acoustique et voix éraillée, qui réinstallent complètement la magie. Allons, il est temps d’arrêter de cracher dans la soupe Rock, surtout quand on a un tel don pour composer des mélodies éternelles… Oui, Sting, je vous le demande, pourquoi donc cherchez-vous à être reconnu pour votre intelligence plutôt que pour votre fantastique talent de compositeur ? »