1988_06_Johnny_Clegg_Zenith_Billet« Nous sommes déjà à la mi-1988, et l’Afrique du Sud me paraît bien loin… Johnny Clegg est devenu une star du Top50 en France, il remplit le Zénith deux soirs de suite, et même les lycéens ont désormais sa photo dans leur chambre. J’avais bien prévu ce triomphe international, il y a trois ans quand j’avais découvert Juluka, mais quand même ! C’est dur de voir partager sa passion aussi largement !

1988_06_Johnny_Clegg_Zenith_02Heureusement, Johnny n’est jamais décevant sur scène : au contraire, il semble que le succès public ne fasse que souligner sa gentillesse, sa générosité (… même si ça sent le cliché !)… On aime croire que l’argent gagné, investi en partie dans le matériel, puisque son et lumières seront impressionnants ce soir au Zénith, n’aura pas encore corrompu le vieux sang zoulou… La musique de Savuka est certes plus « rock » que ne l’était naguère celle de Juluka, et les danses tribales moins systématiques, même si elles restent les moments les plus enthousiasmants du concert, grâce à la complicité entre Johnny et le jovial Dudu Zulu.

Perdu au milieu d’un public de teenagers dont certains portent la panoplie zoulou, il ne me faudra pas longtemps pour me dérider complètement… Même s’il est possible de regretter que la setlist n’explore plus désormais sur le glorieux passé sud-africain… Savuka est désormais une formidable machine à danser, sans que la traditionnelle « pureté » du son et des arrangements n’ait été contaminée par l’occidentalisation : d’où ce sentiment de simplicité préservée, décuplée par l’efficacité nouvelle des musiciens.

Attention néanmoins au retour de bâton des critiques : après avoir été hissé au sommet par les medias parce que l’Afrique du Sud se vendait bien, qu’adviendra-t-il de Johnny Clegg demain ? »

Photo de Jean-Pierre V - Merci à lui !