1987_05_Spear_of_Destiny_Elysee_Montmartre_Billet« Retour tonitruant de l’ultime chantre des opprimés, le fougueux Kirk Brandon ! Dès l’intro du superbe Land of Shame, dans un déluge de plomb digne des années sauvages du Clash ou de Sham 69 (… pour l’énergie guerrière…), les quelques rares spectateurs présents, des fans jamais découragés malgré la troisième formation différente de Spear of Destiny, ont su qu’ils n’avaient pas tort de toujours y croire ! Une heure seulement de concert, mais quelle heure ! Le rock le plus 1987_05_Spear_of_Destiny_Elysee_Montmartre_04violent, le plus acharné que j’aie entendu depuis un bon moment : trop bon pour ne pas laisser monter en soi cette énergie libératrice, consolant de tant de musiques sans folies, et cette joie de se retrouver la rage au ventre, pogotant ad lib sur le Liberator final, d’un extrémisme absolu. Brandon a désormais expurgé toute joliesse de ses concerts : plus de reggae, plus de cuivres, plus de morceaux sentimentaux ! Rien que des guitares et du bruit, allant parfois jusqu’au metal et au mauvais goût, mais sans fausse honte… Haï par la presse anglaise, car trop fougueux, trop naïf, trop entier pour les rock critics branchés, délaissé par son public d’hier lassé par son intransigeance, Kirk Brandon nous a prouvé ce soir qu’il était toujours là, toujours le même, avec une musique plus dépouillée, plus essentielle sûrement.

« Court, mais bon ! » : avis unanime des présents, les absents ayant – comme souvent – tort ! »

Merci à Jean-Pierre V pour sa photo !