1987_11_The_Gun_Club_La_Locomotive_01« Lesconcerts à la Locomotive désormais relégués à une heure du matin, dans le cadre de la boîte, il faut vraiment des groupes « à ne pas manquer » pour nous y attirer encore. C’est bien entendu le cas de ce retour – tant espéré – du Gun Club, « reformé » par un Jeffrey Lee Pierce méconnaissable (15 à 20 kg en moins, les cheveux noirs…), avec l’aide d’un Kid Congo lui aussi bien éloigné de son style « Cramps » (il faut dire qu’il est en même temps membre des Bad Seeds de Nick Cave, occupé, le Kid !)… Légère déception ? Malgré d’indéniable violence de ce set bien court – 45 minutes, ce qui est apparemment la règle désormais à la Loco ! – et si l’énergie est au rendez-vous, la folie semble elle avoir quitté la musique du Gun Club, pour se réfugier dans la tête du seul Pierce, quant à lui toujours – et définitivement – halluciné… 1987_11_The_Gun_Club_La_Locomotive_02Les morceaux sont joués de manière proprette, quasiment reconnaissables (hahahaha !), et la grande « faute » semble en incomber au jeu sobre de Kid Congo, qui fera ce soir l’unanimité parmi la bande de copains, mais l’unanimité contre lui ! Au lieu du déluge sonore habituel, il nous faudra donc nous contenter d’un bon groupe alignant quelques méchants jalons de la carrière d’une formation naguère légendaire, et pas vraiment « ressuscitée », elle : She’s Like Heroin To Me, seul grand moment hystérique en intro, Fire Spirit, Fire of Love, tonitruant et lourd (mon morceau préféré), My Cousin Kim, Bill Bailey (les meilleurs morceaux du dernier album), et bien sûr Sex Beat, où un Pierce aphone depuis longtemps marmonne « Yellow Submarine » en lieu et place du fameux anathème rugi par les spectateurs déchaînés… Allez, Jeffrey, reviens-nous avec tes kilos en trop et ta fixation sur Marilyn et Debbie Harry, on sera toujours là pour toi… Bon, je me plains, je me plains, mais objectivement, ce concert a quand même « cartonné »… »

Photos de Patrick M. - Merci à lui !