1988_02_Bruce_Joyner_Rex_Club_04« Voilà quelqu’un que j’attends particulièrement : depuis le début des années 80 et la parution du magique premier EP de ses Unknowns, « Dream Sequence », Bruce Joyner est une légende pour une partie du public parisien, celui qui adule les Fleshtones, le Gun Club ou les Cramps. Notre chance est en outre de voir débarquer notre homme Bruce après ce qui est sans doute son meilleur album à date – et aussi un futur classique du rock américain -, « Hot Georgia Nights ». Et le miracle est que, malgré la barre de nos attentes placée très, très haut, Bruce Joyner s’avère encore meilleur que ce nous espérions. Pas meilleur chanteur, pas meilleur showman (au sens un peu réduit que ce mot peut revêtir quand on parle d’un homme qui n’a qu’on œil, et qui peut à peine se tenir debout, sans même parler de marcher sans aide…), mais certainement plus humain, et infiniment plus bouleversant que sa musique, fréquemment épileptique, et ses textes très littéraires le laissaient présager. Car ce concert est placé sous le signe de l’émotion !1988_02_Bruce_Joyner_Rex_Club_05

Appuyé sur sa canne ou assis sur un curieux siège en bois, Bruce Joyner nous offre ce soir l’intégralité de « Hot Georgia Nights », plus quelques anciens cocktails Molotov des regrettés Unknowns, déclenchant alors les grands moments d’hystérie de la soirée, et quelques extraits de ses précédents efforts solitaires. Moins d’effets de cordes vocales – enfin, ce qui lui en reste après l’injection, enfant, de révélateur photographique… -, même si la versatilité de sa voix, de la plus grande douceur à la plus forte terreur, et moins de trépidations : l’homme a muri et s’est certainement assagi, mais nous ne perdons rien au change, la maturité ne lui ayant rien ôté de sa ferveur, de son intensité… Témoin le plus BEAU moment du concert, une pétrifiante reprise d’une chanson tragique de Roy Orbison…

Oui, ce soir, au Rex Club, nous avons pu profiter d’une véritable légende vivante. »

Photos de Jean-Pierre V., merci à lui !