1997 02 Têtes Raides La Laiterie Billet

Qui était il y a presque exactement un an à la Laiterie, lors du dernier passage des Têtes Raides par Strasbourg, se rend forcément à ce nouveau concert avec des tremblements dans tout le corps : quelle est la probabilité de vivre à nouveau ces moments sublimes qui sont restés gravés dans nos mémoires ? Pour nous, qui ne sommes ici que pour quelques jours de vacances - nos premières en France depuis notre départ l'été précédent au Brésil -, la chance de pouvoir assister à ce concert nous remplit déjà tellement de joie qu'il ne saurait y avoir de déception...

Et de déception, il n'en sera pas question, de toute façon : comme l'année précédente, c'est "le Bout du Toit", merveilleux album à la tonalité Brassens-punk (si, si !) qui constitue le coeur du set, et ses chansons bouleversantes emportent avec elles, comme dans une bourrasque de joie, toute la set list. Les cuivres donnent du punch, les cordes construisent l'émotion, l'accordéon de Christian Olivier fait le lien avec la "tradition française" qui, chez les Têtes Raides, ne sent pas le moisi. On rit, on pleure, on tempête. on tangue... Est-ce du rock ? me demandera-t-on forcément... Sans doute pas... Mais ce n'est pas non plus, c'est sûr, de la "chanson française"... Christian Olivier qui me semble se dégarnir bien vite, est toujours ce frontman impressionnant, comme on en a peu en France : on ne sait jamais s'il est de glace ou de feu, les deux sans doute. On ne sait pas non plus si c'est de la dureté ou de l'amour dans son regard. A la fin, Ginette nous emporte, des larmes plein les yeux, alors qu'oscillent les grandes lampes et que se creusent les ombres. Magnifique...