2000 05 Nits 01

« Nits, en l'an 2000, ce n'est plus vraiment les Nits : Robert Jan Stips est parti, et le triangle magique a perdu l'un de ses côtés, et pas des moindres, si l'on considère que les claviers fantaisistes de Jan Stips ont toujours constitué les trois quarts de la structure musicale du groupe. Il a fallu au moins deux musiciens (musiciennes, en fait) pour remplacer Robert, et la tonalité de la musique de Nits sur "Alankomaat ", leur bel album de 1998, a changé... Le nouvel album, "Wool" vient de sortir, et me paraît nettement moins inspiré, malheureusement. Mais bon, quand on aime... Alors que ce retour à Paris ne m'a pas remis sur le (droit) chemin des concerts, je me rends quand même à ce rendez-vous de l'Européen, petit théâtre à deux pas de la Place Clichy.

Voilà, les Nits sont sur scène, et, confortablement installé au centre de la salle, il ne me reste plus qu'à me laisser porter et espérer que la magie agira... La première remarque, c'est que le show est désormais magnifié par de superbes projections vidéos derrière le groupe, qui illustrent et commentant les morceaux joués par le joyeuse petite troupe. La seconde, c'est que, comme sur le disque, le "son Nits" a évolué grâce à l'arrivée d'Arwen (qui apporte donc de nouveau le son d’une basse au groupe…) et Laetitia, et que, à condition de ne pas espérer la perfection inouïe de l'époque de "Ting", cette évolution (douce, quand même...) est, comme sur l'album, parfaitement réussie. Et finalement, même si on a légèrement le sentiment de voir un groupe différent, la voix lennonienne, la guitare acide et l'humour chaleureux de Henk Hofstede restent évidemment inchangés, et nous ramènent doucement, au fil des classiques enchantés du groupe (Sketches of Spain, In the Dutch Mountains, Nescio, etc. etc.) vers les eaux sereines de la douce mélancolie qui a toujours caractérisé la musique de nos Hollandais volants. Cependant, et c'est logique, ce sont les morceaux récents, composés avec la nouvelle formation, qui sont sans doute les plus excitants (voir un Crime and Punishment très tendu... par exemple), et, hormis de beaux moments de fantaisie de Henk qui reste égal à lui-même, le sommet émotionnel de la soirée sera pour moi le "sequel" culotté du Mrs Robinson de Simon & Garfunkel, le magique Robinson...

Je n'ai pas parlé du public, car c'était ce soir encore "le public des Nits", ces gens qu'on ne voit pas ailleurs, jamais, qui peuvent avoir n'importe quel âge ou position sociale, mais qui se retrouvent toujours religieusement pour célébrer la pop abstraite des pous bataves. Un public dévoué, conquis, sans doute pas toujours très critique, avec lequel il fait toujours bon partager 90 minutes de "nitseries".

En conclusion de cette soirée finalement plus réjouissante que prévu, je dirais seulement que notre foi à tous en la pop hollandaise a tenu le coup, et que l'avenir reste souriant. »

Note : de nouveau, pas de photos de ce concert parisien, mais un beau cliché pris par des fans lors d'un concert en Hollande quelques jours seulement auparavant...

 

La setlist du concert des Nits :

Soul Man (Alankomaat – 1998)

Sister Rosa (Alankomaat – 1998)

Stand By Your Man (Tammy Wynette cover) 

Sketches of Spain (Kilo – 1983)

Ivory Boy (Wool – 2000)

Jazz Bon Temps (Wool – 2000)

The 'Darling' Stone (Wool – 2000)

Walking With Maria (Wool – 2000)

Crime & Punishment (Wool – 2000)

Night Fever (Bee Gees cover) 

Robinson (Alankomaat – 1998)

(Unknown) (Drumsolo by Rob Kloet)

26 A (Clouds in the Sky) (Wool – 2000)

The Wind, the Rain (Wool – 2000)

J.O.S. Days (In the Dutch Mountains – 1987)

Seven Green Parrots (Wool – 2000)

Angel of Happy Hour (Wool – 2000)

In the Dutch Mountains (In the Dutch Mountains – 1987)

Bike in Head (Henk – 1986)

Frog (Wool – 2000)

Dance Me to the End of Love (Leonard Cohen cover) 

Adieu Sweet Bahnhof (Adieu Sweet Bahnhof – 1984)

Encore:

Nescio (Omsk – 1983)

The Train (Hat – 1989)

An Eating House (In the Dutch Mountains – 1987)