1985_12_New_Order_Eldorado_Billet« Billet numéro 001, premier entré dans un Eldorado qui sera plein à craquer, ce soir, voici qui témoigne de ma ferveur envers New Order, l’un des groupes qui m’excitent le plus depuis l’explosion Blue Monday… Une ferveur encore renforcée par la parution de l’incroyable album « Low Life », véritable bombe mélodico-rythmique…

Et il est clair que je ne suis pas le seul à être excité, vu l’état chaud-bouillant du public qui s’entasse dans un Eldorado pour une fois surchauffé, et vu l’ovation incroyable qui accompagne les premières notes de Your Silent Face ! Et de fait, cette ferveur générale sera récompensée par un concert presque inouï : la violence froide, radicale, que l’on n’attendait plus des survivants de Joy Division, atteint des sommets vraiment inespérés (que de rumeurs alarmantes courent sur l’Ordre Nouveau sur scène !).

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Visuellement, il faut aussi dire que New Order impressionne : le look pirate-bûcheron de Peter Hook d’abord – juste en face de moi, au point que son manche de basse me frôle régulièrement la tête -, sa manière de tenir son instrument très bas, et les sons merveilleux qu’il en tire sont déjà tout un spectacle. Derrière, il y a le jeu démentiel de Stephen Morris à la batterie, qui est une sorte de boîte à rythme survoltée, à la précision imbattable. Devant, le frontman paradoxal qu’est Bernard Sumner, avec ce mélange d’arrogance butée et d’introspection voilée. Mais l’important, c’est la musique, cette musique qui est l’une des plus pertinentes du moment, lançant une nouvelle manière de jouer du rock extrémiste en exploitant les avancées de la dance music. Oui, ce soir, on en vint presque, tant ils étaient bons, nos « amis de New Order, à leur pardonner leur traditionnelle froideur – qui peut facilement passer pour du mépris – vis-à-vis du public… Pas un sourire, pas un regard, quelques vannes heureusement (Bernard se permettra quelques vannes : « votre contrôle des frontières n’a pas laissé passer nos roadies, du fait de leur QI particulièrement bas ! » ou, en introduction de State of the Nation : « Voici une nouvelle chanson, ça s’appelle Shame of the Nation, et ça parle de prostituées avec des gros seins »…), mais surtout, et c’est bien le principal, un tourbillon de sons déchirés et déchirants… C’est si beau que l’on supporte la chaleur terrible et la pression du public littéralement affolé ! Subculture – terrible – est accueilli par des hurlements démentiels… Blue Monday, forcément moins « tuerie mécanique » que sur disque, nous permettra d’apprécier une jolie guitare funky. Mais c’est évidemment la munificence de Atmosphere qui fait basculer tout le monde… même si Bernard Sumner me paraît un peu perdu dans les paroles de ce classique absolu des années Ian Curtis.

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Je sors de là rompu et harassé, mais avec le sentiment d’avoir vécu l’un de ces moments exceptionnels qui font le prix de notre vie de Rock’n’Roll fans. Long live New Order ! »

Les photos sont de Jean-Pierre V... Merci à lui !

Les musiciens de New Order :

Bernard Sumner – vocals, guitar

Peter Hook – bass, vocals

Stephen Morris – drums, synthesizers

Gillian Gilbert – guitar, synthesizers

 

La setlist du concert de New Order :

Your Silent Face (Power, Corruption & Lies – 1983)

Dreams Never End (Movement – 1981)

Temptation

Subculture (Low Life – 1985)

Leave Me Alone (Power, Corruption & Lies – 1983)

Sooner Than You Think (Low Life – 1985)

State Of The Nation

Blue Monday

Age Of Consent (Power, Corruption & Lies – 1983)

Atmosphere (Joy Division cover)

Sunrise (Low Life – 1985)