1987_12_New_Order_Mutualit__Billet« Bien qu’en 1987, New Order devienne de plus en plus un groupe « normal », il semble subsister dans l’inconscient du public une inexplicable mythologie qui, même à peine entretenue désormais par le groupe, transforme toute apparition du groupe en un évènement à part, destiné à rester gravé dans les mémoires… L’atmosphère est incroyablement tendue ce soir, à la Mutualité, et l’entrée dans la salle plutôt bousculée…

1987_12_Edwyn_Collins_Mutualit__01Mais avant New Order, nous aurons droit à une divine surprise : eh oui. il réapparaît comme un fantôme, en première partie inattendue : nous n’avions plus de nouvelles d’Edwyn Collins depuis près de deux ans…Pas de disque, pas même un entrefilet dans les magazines rock… Oui, Edwyn Collins, l’un des ex-petits génies du rock british, compositeur brillant et chanteur à la voix d’or, à l’instar d’un Roddy Frame ou d’un Lloyd Cole… Ce soir, Edwyn est à la Mutualité sans Orange Juice, mais avec un nouveau groupe. Moins jazzy, plus pop. Avec des chansons qui me semblent plus directes, plus fortes qu’avant. Avec cette voix chaude et riche de toujours. Deux (seulement…) reprises d’autrefois: Scaremonger et le génial Salmon in NY. En tout, plus de 45 minutes de concert, ce qui est génial pour une première partie : merci, New Order ! Epoustouflant de bout en bout, amenant à plusieurs reprises les larmes aux yeux des vieux fans, comme moi. A quand la suite ?

1987_12_New_Order_Mutualit__03Comme en 1985, à l’Eldorado, la salle prévue est bien trop petite pour la foule des fans de New Order : la Mutualité est pleine comme un œuf ce soir (concert sold out depuis des semaines…), en attendant « l’évènement »… Comme en 1985, le son va être très, très fort, et les lumières quasi inexistantes (Bonjour, les photos !). De plus, les musiciens semblent faire en permanence des aller et retours entre la scène et les coulisses, ballet permis par l’utilisation intensive de musique préenregistrée (les  fameuses « bandes », comme on dit !). Mais nous n’aurions laissé notre place pour rien au monde… Car New Order reste bien unique, au point que même leurs ritournelles les plus commerciales, telles l’imparable True Faith (version parfaite. ce soir !) semblent surnaturelles, bouleversante, proprement « in-ouïes ».

Bon, ce soir, le concert de New Order, malgré un public en fusion, aura été moins « rock », moins « jusqu’au boutiste » que le set mémorable de l’Eldorado, même s’il y eu de bruyants paroxysmes, avec un fulminant Bizarre Love Triangle en ouverture par exemple, comme si un ingénieur du son vicieux mettait d’un coup tous les potentiomètres au maximum ! Les machines jouèrent donc beaucoup toutes seules, comme sur un Blue Monday fidèle à l’original, forcément… sans que personne dans la salle ne songe à s’en offusquer.

Quant à Bernard Sumner, qu’on n’appelle plus Barney Albrecht, un peu bouffi, il a pris de l’assurance, son chant a progressé, au point d’ailleurs de perdre un peu de cette singularité qui nous séduisait tellement aux débuts du groupe. Peter Hook, égal à lui-même, austère et indifférent, avec sa basse ronflante et menaçante, il reste l’âme de cette musique mystérieusement irréelle, et la meilleure illustration de la « Substance » de l’Ordre Nouveau…

Pas loin d’une heure et demi de concert, ce qui est a priori très rare pour un groupe à qui l’on reproche souvent de ne jouer qu’à peine plus d’une heure : nous n’avons pas été volés ce soir à Paris… Et nous nous sentons réellement privilégiés d’avoir été là ce soir ! »

Photos de Jean-Pierre V. - Merci à lui...

1987_12_New_Order_Mutualit__01La setlist du concert de New Order :

Bizarre Love Triangle (Substance – 1987)

Touched by the Hand of God (new song)

State of the Nation (Substance – 1987)

True Faith (Substance – 1987)

As It Is When It Was (Brotherhood – 1986)

Paradise (Brotherhood – 1986)

586 (Power, Corruption & Lies – 1983)

Face Up (Low Life – 1985)

Temptation (1981-1982 EP – 1982)

Age of Consent (Power, Corruption & Lies – 1983)

The Perfect Kiss (Low Life – 1985)

Blue Monday (Substance – 1987)

Sister Ray (The Velvet Underground cover)