1977 09 Iggy Pop Pantin Billet

C’est la première fois que je vais voir Iggy sur scène, Iggy Pop qui est l’une de mes idoles absolues depuis mes dernières années de lycée et la découverte des Stooges. Bon, on sait qu’Iggy, en 1977, ce n’est plus les Stooges, et son association avec Bowie l’a entraîné dans des directions nouvelles, plus “cold”, moins excitantes. J’avais un peu tiqué sur “The Idiot”, mais l’excellent “Lust for Life”, sorti il y a quelques jours, m’a immédiatement emballé... La veille au soir, notre homme a même fait le clown à la télé française : Yves Mourousi a bien rigolé, nous un peu moins, car on attend d’Iggy qu’il foute le feu, pas qu’il amuse les foules…

L’iguane, influencé par Bowie, a désormais adopté un look “garçon moderne” - un peu étonnant si on se rappelle le fauve déchaîné des années Stooges -, ses cheveux coupés très courts et même, au moins il me semble vu de loin, un abus de rouge à lèvres. Sur scène, c’est un survivant des Stooges, Scott Thurston, qui officie aux claviers, et on a le plaisir de voir les frères Sales à la rythmique, deux musiciens que j’associe à plusieurs très bons albums de ma discothèque, de Todd Rundgren à Sparks.

1977 09 23 Iggy Pop Live 04

La setlist de ce soir est largement dédiée à “Lust for Life”, avec – heureusement – trois morceaux des Stooges… Tous les titres récents seront d’ailleurs joués d’une manière bien plus énergique que sur l’album. Il faut dire aussi que, malgré le son assez médiocre, ce qui semble être une caractéristique de ce foutu Hippodrome de Pantin, le public est complètement allumé – d’ailleurs par moments, on ne se sent pas forcément rassuré dans la salle... – et porte donc le groupe vers l’excellence.

Intro martelée qui percute le crâne, les frères Sales sont déjà à fond, c’est… Lust for Life ! « Here comes Johnny Yen again… ! »… C’est nous les poulets hypnotisés, et Iggy, lui, en garçon moderne, l’a même « eu dans l’oreille, déjà ! ». Putain de voix ! Intouchable… l’iguane, intouchable ! Dans les premiers rangs (où j’aimerais vraiment être, ce soir…), au contact avec lui, les fans ont basculé dans l’hystérie.

The Passenger est une chanson imparable, avec sa mélodie qui vous rentre immédiatement dans la tête pour ne jamais plus en sortir. Tout le monde braille avec Iggy : « La, la, la, la, la, la ». Notre Iguane favori a enfin un tube ! Qui l’eut cru ?

“Aooouuuuooooouuuuuh”, un riff de métal fondu, une voix hautement radioactive : « Anytime I want I got a right to move / No matter what they say » (I Got a Right), c’est le retour de l’Iguane, le vrai, le Stooge suprême. Et c’est bon… Larsens, le son est bien pourri, mais qu’est qu’on attendait ? Qu’est-ce qu’on espérait, un « Metallic KO » ? Oh oui… !

On en arrive à Raw Power… quidéménage bien, mais on est quand même très loin, très, très loin de la brûlure ultime de 1974. Avec les chansons suivantes, le set va malheureusement marquer le pas : avec CC Rider, d’abord, Iggy fait du rock’n’roll vintage, paresseux, et le groupe derrière joue comme si on était à un bal populaire de province. A mon avis, c’est tout simplement sans intérêt. Suit un long morceau martelé, sur lequel Iggy délire et fait des effets vocaux, chante même un peu en français…

Bon, on s’ennuie un peu… jusqu’à ce qu’Iggy introduise le final, qui sera – inévitablement – orgasmique avec I Wanna Be Your Dog… On n’entend même plus la voix de l’Iguane (qui a repris pour l’occasion son chant des origines, beaucoup moins grave que sur ses derniers albums solos) parce que tout le monde braille le fameux refrain. Iggy hurle à l’agonie dans le micro, le morceau s’abime un peu dans une conclusion plus hard rock que punk. Un final apocalyptique pour un set court mais quand même joliment sauvage… la plupart du temps.

Finalement, je crois que si ce concert ne figurera pas au pinacle de mes concerts préférés “so far”, c’est surtout parce que j’étais placé assez loin de la scène, ce qui est quand même frustrant quand on ne peut qu’entrapercevoir une bête comme l’Iguane. Et aussi à cause de ces “mauvaises vibrations” émanant de certains membres du public (on a même entrevu un mec sortant la gueule en sang...). En tout cas, c’était rock’n’roll !

Ah, j’oubliais : Bowie n’est pas apparu. La rumeur de sa venue courait depuis quelques jours, et ce n’est pas que j’y croyais vraiment, mais bon, pour Paris, il aurait quand même pu faire cet effort, non ?

A noter aussi un fait important pour le Lyonnais de cœur que je suis, la première partie a été assurée par Starshooter, un petit groupe punk dynamique et très, très sympa, que j’ai croisé une paire de fois à la Brasserie de Parc, en face du lycée, lors de soirées alcoolisées. Du coup, j’attends avec impatience leur premier disque. Je ne dirais pas qu’ils ont été extraordinaires, le public surexcité ne leur en ayant pas laissé l’occasion, mais enfin ils n’ont pas été ridicules sur une scène aussi grande, surtout que passer avant Iggy Pop, ça a quand même dû les stresser un peu. Il faudra que je les revoie dans de meilleures conditions.

 

Les musiciens d’Iggy Pop sur scène :

Iggy Pop – vocals

Stacey Heydon – guitar

Scott Thurston – Keyboards, guitar

Tony Sales – Bass

Hunt Sales - Drums

 

La setlist du concert d’Iggy Pop :

Sixteen (Lust for Life – 1977)

Nightclubbing (The Idiot – 1977)

Lust for Life (Lust for Life – 1977)

The Passenger (Lust for Life – 1977)

I Got a Right (Iggy and The Stooges song)

Neighborhood Threat (Lust for Life – 1977)

Fall in Love With Me (Lust for Life – 1977)

Raw Power (Iggy and The Stooges song)

See See Rider (Ma Rainey cover)

Success (Lust for Life – 1977)

That's How Strong My Love Is (O.V. Wright cover)

I Wanna Be Your Dog (Iggy and The Stooges song)