1977 09 Peter Gabriel 01« C’est ma seconde Fête de l’Humanité, et cette fois j’arrive beaucoup mieux préparé psychologiquement, prêt à affronter l’attente et la foule colossale. Et puis, cette fois, il y a Peter Gabriel, l’une de mes vraies idoles, en particulier depuis son départ de Genesis et la parution de son premier et excellent album solo.

La nuit tombe, la tension monte (à noter qu’il s’agit a priori ce soir de la première apparition scénique de Peter en solo e France, donc il y a de l’anticipation…), même si la foule comprend pas mal de badauds qui sont plus là par curiosité qu’autre chose. En apéritif, nous écoutons Brand X, le « second groupe » de Phil Collins : c’est une sorte de jazz bricolé, bref cela ne correspond pas à grand-chose qui m’intéresse, je m’ennuie donc un peu en attendant le Gab’.

Et puis IL est là : vêtu entièrement de blanc, les cheveux mi- longs, arborant une sorte de coupe au bol un peu ridicule alors que nous avons déjà commencé à tous nous raccourcir les cheveux pour suivre la vague punk qui commence à faire du bruit outre-Manche. Mais peu importe car l’enchantement est là : Peter Gabriel, seul au piano, entame la mélodie sublime de Here Comes the Flood, débarrassée de l’orchestration emphatique de l’album, et même si l’ambiance de la Fête de l’Huma ne se prête pas vraiment à ce genre d’exercice intimiste, je suis aux anges.

Le concert va durer plus d’une heure et demie (une heure quarante minutes, me semble-t-il) et Peter nous offrira la quasi intégralité de son album, complété de quelques titres inédits, qui paraissent être dans le même registre – c’est-à-dire refléter une démarche de modernisation et d’allégement de la forme « rock progressif ». On verra bien quand le second album sortira ! A la fin du set, le groupe au complet reprend Here Comes the Flood dans une version plus proche de celle de l’album. Et puis… ravissement général, c’est Back In N.Y.C., ce morceau « dur » de « Lamb Lies Down » qui avait à l’époque trahit le fossé de plus en plus grand qui s’ouvrait entre Peter et le reste de Genesis. Un triomphe ce soir, évidemment.

Un rappel, oui, un rappel, et… tout le monde hurle, Phil Collins est là, et s’installe derrière la batterie, pour une version titanesque de The Lamb Lies Down On Broadway, justement ! Le message que Peter et Phil veulent faire passer est clair : Genesis n’a pas explosé, il n’y a pas de problèmes entre les musiciens, seulement ces fameuses « divergences musicales ». Tant mieux, finalement.

Je quitte la Fête de l’Huma enchanté par cette première rencontre live avec Peter Gabriel, et savourant l’idée du prochain concert, à Lyon, dans quelques semaines. »

Les deux photos ont été prises quelques semaines plus tard à Offenbach.

 

1977 09 Peter Gabriel 02Les musiciens du concert de Peter Gabriel :

Peter Gabriel – voix, piano

Tony Levin – bass

Sid McGinnis - guitar

Jerry Marotta - drums

Bayette (Todd Cochran) - keyboards

+ Phil Collins - drums

 

La setlist du concert de Peter Gabriel

Here Comes the Flood (Peter Gabriel – 1977)

Slowburn (Peter Gabriel – 1977)

Moribund the Burgermeister (Peter Gabriel – 1977)

Modern Love (Peter Gabriel – 1977)

Indigo (new song)

Humdrum (Peter Gabriel – 1977)

White Shadow (new song)

I Heard It Through the Grapevine (Smokey Robinson & The Miracles cover)

Excuse Me (Peter Gabriel – 1977)

Waiting for the Big One (Peter Gabriel – 1977)

Solsbury Hill (Peter Gabriel – 1977)

Down the Dolce Vita (Peter Gabriel – 1977)

On the Air (new song)

All Day and All of the Night (The Kinks cover)

Here Comes the Flood (Peter Gabriel – 1977)

Back in N.Y.C. (Genesis song)

Animal Magic (new song)

Encore

The Lamb Lies Down on Broadway (Genesis song)